08/12/2007

08/12/2007: Mexique : la fraude électorale fait un tabac en salles ...


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Sujet: Fw: Mexique : la fraude électorale fait un tabac en salles
Date: Sat, 8 Dec 2007 09:52:28 +0100
De: melusine <melusine@nerim.net>



Rue89,
24 novembre 2007
Par Anne Vigna (Journaliste)

Mexique : la fraude électorale fait un tabac en salles

"Ose regarder la vérité" : c’est avec ce sous-titre que le réalisateur Luis Mandoki invite le public mexicain à découvrir le récit du truquage de l’élection présidentielle. "Fraude 2006" a été réalisé avec près de trois mille heures de vidéo amateurs.

En salles depuis vendredi, le documentaire a battu les records d’entrée. Les projections sont animées dans tout le pays. Mandoki, auteur notamment des "Voix innocentes" et d’"Une bouteille à la mer" a déclaré au quotidien La Jornada :

"Il y a un vrai intérêt des gens pour savoir ce qui s’est réellement passé. Ils se sentent attaqués par ce qu’ils voient, et indignés par les preuves présentées."

Luis Mandoki était aux côtés de Lopez Obrador, le candidat de la gauche, alors favori de la présidentielle, avant, pendant et après l’élection, quand Felipe Calderon (PAN, conservateur) a finalement été déclaré vainqueur. Il dit s’être intéressé au cas Obrador en 2005, lors de l’épisode du "desafuero" : une tentative d’évincer sa candidature, abandonnée par l’ex-président Fox, à la suite de manifestations monstres à Mexico. Le réalisateur débarque alors d’Hollywood, après des années de succès facile, et trouve son pays en révolte. Il dira : "J’ai senti qu’il se passait quelque chose et qu’il fallait le filmer."

Trois mille heures de vidéos amateur comme base de travail

 Mandoki ne lâchera pas sa caméra pendant deux ans, et va réalise un premier portrait du candidat ("Qui est monsieur Obrador ?"). Mais "Fraude 2006" est lui bâti avec près de trois mille heures de vidéos filmées par les citoyens, grâce un appel que Mandoki lance juste après l’élection pour que les gens enregistrent ce qui se passe alors dans les 300 districts du pays.

Ce matériel constitue bien sûr une partie des preuves. Le public découvre donc les recomptages qui ont lieu début juillet : dans tout le pays, il manque des voix à un seul des candidats -Obrador- quand le score de Calderon est exagéré. En août, après la décision du Tribunal fédéral électoral d’un second recomptage des plus partiels (9% des votes émis sur 60% d’irrégularités détectées), les citoyens étaient encore armés de caméra : les urnes, normalement gardées par l’Armée, sont toutes éventrées et les fonctionnaires, pris en flagrant délit de "tripatouillage". Ces images ne sont bien sûr jamais passées à la télévision.

Des manifestations monstre passées sous silence par la télévision d’Etat

Le grand mérite du documentaire est de mettre en parallèle ces images avec le compte-rendu télévisuel qui sera donné des évènements en ces mois d’été. Comme le souligne un des journalistes interviewés par Mandoki, "pas une seule fois les commentateurs politiques vedettes n’ont mis en doute l’élection, alors que toutes les preuves étaient là".

La télévision ferme aussi son antenne aux manifestations qui se déroulent alors, et apparaît finalement dans "Fraude 2006" comme un média à la solde de l’Etat. C’est pourtant le seul canal d’information de la majorité des Mexicains. Beaucoup d’entre eux ne sauront rien de qui s’est passé à Mexico en ces jours de juillet.

"Un film de millions de Mexicains dirigé par Luis Mandoki."

"Fraude 2006" se présente comme "un film de millions de Mexicains dirigé par Luis Mandoki." En hélicoptère, celui-ci montre les premiers défilés, considérés comme les plus grands de l’histoire du Mexique : des images diffusées sur Internet et dans la presse, mais jamais vues sur Televisa, la première chaîne du pays.

Mandoki a aussi filmé la colère et la déception quand après un mois de blocage permanent à Mexico, les manifestants n’obtiennent pas de recomptage total des votes. Des images fortes d’hommes et de femmes en pleurs.

Le documentaire est exceptionnellement bien distribué (223 salles contre 60 en moyenne pour le genre) et se vend déjà copié. De quoi gêner la présidence ? Pas de commentaires de Felipe Calderon, qui s’occupe pendant ce temps, des victimes des inondations dans le Tabasco, la casquette visée sur le front, les manches retroussées, à la manière d’un Georges Bush en Nouvelle-Orléans. Des images qui, elles, passent en boucle à la télévision.

20:05 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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