09/12/2007

Cuba • Le président cubain dont Bush rêve, reçu à Bruxelles ...

De Gucht a reçu Caleb McCarry, désigné proconsul par Bush pour remplacer Fidel Castro après la « transition ». L’Initiative Cuba socialiste proteste.

Katrien Demuynck
09-05-2007

La Belgique va-t-elle vers la soumission complète aux États-Unis ? (Photo Xinhua)

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L’Initiative Cuba socialiste (ICS) n’est pas la seule qui a un problème avec le voyage à travers l’Europe du proconsul pour Cuba assigné par Bush. En Irlande, il a été chassé d’un campus universitaire. Dans son communiqué de presse, ICS explique pourquoi.

Caleb McCarry est un citoyen des États-Unis nommé en juin 2005 par Condoleezza Rice pour prendre, dès la période dite de transition, le pouvoir à Cuba. Il dirige la Commission for Assistance to a Free Cuba dont les membres sont nommés par les USA et formeront le futur gouvernement cubain. Bref, Caleb McCarry sera pour le futur Cuba ce qu’était Bremer pour l’Irak.

Ceci est évidement bien plus qu’une provocation symbolique, puisque le gouvernement des USA s’octroie le droit de déterminer l’avenir politique et économique d’un pays souverain. Ce futur gouvernement vassal a obtenu des moyens de l’ordre de 59 millions de dollars pour rendre possible sa propre prise de pouvoir à Cuba. Dans deux rapports (2004 et 2006) de cette « commission », est détaillé comment sera appliqué le « plan Bush ». Comme à la fin de 2006, les avancées se faisaient attendre, plus de 80 millions de dollars ont encore été injectés afin de couvrir les dépenses des années 2006 et 2007. Soit, 31 millions pour financer l’opposition interne à Cuba, 10 millions pour stimuler la subversion dans les universités, 24 millions pour inciter la propagande contre Cuba, et 15 millions pour obtenir le soutien de la communauté internationale.

C’est dans ce but que McCarry voyage dans toute l’Union européenne et qu’il a obtenu ce rendez-vous au cabinet du ministre De Gucht.

La Belgique dans les ornières de Bush ?

Peut-être vient-il chercher du soutien pour la suppression de la gratuité des soins de santé, la privatisation des cliniques et écoles, la remise au travail des pensionnés à Cuba, car tout cela et plus encore est décrit dans le « plan Bush ». Ou bien la Belgique pourra-t-elle aider à l’invasion de Cuba, car toute personne au courant de la situation sait qu’il faudra une grande opération militaire étrangère pour parvenir à ce changement de régime voulu à Cuba. Sur le site officiel du gouvernement des États-Unis, chacun peut lire la totalité du « plan Bush », à part... un volet secret. Quoi d’autre que la description des opérations militaires peut être décrit dans ce volet puisque tout le plan est rempli de violations flagrantes des droits internationaux.

Jusqu’à présent la Belgique a toujours eu une position diplomatique autonome vis-à-vis de Cuba. Notre pays s’est distancié de l’agressivité des États-Unis (blocus, tentatives de changement de régime, provocation par air et par mer, attentats terroristes). McCarry est le porte-parole de la ligne agressive néo-conservatrice du gouvernement Bush.

C’est pourquoi cette visite suscite un certain nombre de questions. Est-ce avec ce genre de personnage que la politique étrangère de la Belgique devrait coopérer ? Cette réception au ministère de De Gucht étant en rupture avec la politique de la Belgique, n’a-t-on pas utilisé la dissolution du Parlement pour pouvoir s’en écarter ? Et surtout en ce qui concerne notre politique avec Cuba, évoluerons-nous vers une soumission totale vis-à-vis des États-Unis ?

21:48 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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