10/12/2007

Bolivie • Bras de fer entre gouvernement et opposition ...

Président de la Bolivie depuis janvier 2006, Evo Morales mène une politique qui s’inspire de celle mise en oeuvre au Venezuela. Mais cela déplaît aux Américains et aux riches boliviens.

André Crespin
10-01-2007

Le président bolivien Evo Morales s’est engagé dans un programme similaire à celui de Chavez au Venezuela, ce qui suscite l’enthousiasme populaire. (Photo Lise Vandecasteele)

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Les soins de santé, l’éducation, la nationalisation des hydrocarbures ou encore la redistribution des terres sont au centre des actions du nouveau gouvernement. Les liens étroits que tisse Evo Morales avec ses pairs Fidel Castro et Hugo Chávez déplaisent aux Américains ainsi qu’aux grands propriétaires boliviens, renvoyés dans l’opposition.

Depuis quelques semaines, cette opposition s’est fait remarquer par de multiples actions visant à décrédibiliser et déstabiliser le gouvernement démocratiquement élu d’Evo Morales. Dans une situation complexe, celui-ci veut faire adopter une Constitution favorable au peuple, par l’Assemblée constituante.

La raison directe de cette opposition vient du fait que le gouvernement a approuvé récemment la nouvelle loi de réforme agraire qui vise à redistribuer aux paysans pauvres les terres qui ne sont pas exploitées. Par cette mesure, le gouvernement touche directement les grands propriétaires fonciers qui sont par ailleurs presque tous membres de l’opposition politique ainsi que propriétaires des plus grands médias privés du pays.

L’opposition a organisé le 15 décembre 2006 de grands meetings – rassemblant des centaines de milliers de personnes - dans les quatre départements du pays qui possèdent l’essentiel des ressources gazières et qui revendiquent leur autonomie par rapport au gouvernement central.

Opération déstabilisation

La presse – aux ordres des riches – parle de menace de guerre civile, les groupes fascistes de la région de Santa Cruz multiplient leurs intimidations auprès des militants du MAS (parti d’Evo Morales) et la loyauté de l’armée n’est pas acquise à 100 %. Quelques officiers haut gradés se sont prononcés contre les réformes entreprises par Evo Morales et quelques-uns d’entre eux n’hésiteraient pas à prendre le contrôle de la situation sous prétexte de rétablir l’ordre dans les régions insurgées.

A l’instar de ce qui s’est passé au Venezuela il y a quelques années, l’opposition de l’élite – appuyée par les Etats-Unis - devient virulente et dangereuse pour la stabilité du pays lorsqu’on s’attaque directement à ses intérêts. Une situation similaire à celle du Venezuela risque de se produire en Bolivie, avec l’intensification des grèves menées par l’opposition de droite, pouvant mener à un coup d’état, comme ce fut le cas à Caracas en avril 2002.

Evo Morales et son gouvernement ont su résoudre avec brio les différents conflits qu’ils ont eu avec l’opposition depuis leur arrivée au pouvoir en janvier dernier. Gageons qu’à nouveau le président bolivien saura sortir de cette situation complexe et qu’il pourra poursuivre son travail pour une Bolivie plus juste et plus équitable.

20:35 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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