10/12/2007

Bolivie • La privatisation de l’or bleu par Suez est tombée à l’eau ...

L’Argentine avait déjà remercié Suez en 2005. Aujourd’hui, c’est au tour de la Bolivie de tirer un bilan négatif de la privatisation de l’eau.*

02-05-2007

En 1993, la capitale argentine Buenos Aires et ses dix millions d’habitants voient ses services d’eau confiés pour trente ans à Aguas Argentinas, une filiale de la multinationale française Suez.

 

En 1997, en Bolivie, Aguas del Illimani, autre filiale de Suez, remporte l’appel d’offre pour la gestion de l’eau et d’assainissement de la capitale La Paz et de ses faubourgs.

La participation du privé dans l’approvisionnement de l’eau à domicile a connu une expansion fulgurante dans le monde : elle ne touchait que 90 millions de personnes en 1988 (dont près de la moitié en France), mais 250 millions en 2000.

Pendant toute cette période, Suez et ses filiales vont faire l’objet de critiques en raison de l’augmentation démesurée du prix de l’eau. Et pas seulement ça. Dans la capitale argentine, Aguas Argentinas se verra retirer la concession par décret en septembre 2005. L’opérateur privé a distribué de l’eau contenant des taux élevés de nitrates et n’a pas respecté le contrat de concession. L’entreprise AySA, détenue à 90 % par l’Etat et à 10 % par le syndicat des travailleurs, prend le relais en mars 2006.

« Guerre » populaire contre Suez

En Bolivie, les habitants de la Paz déclenchent leur « guerre » contre Suez en 2005. Cette mobilisation éclate contre l’augmentation des tarifs liée à un service insuffisant qui laisse plus de 200 000 personnes sans accès à l’eau potable.

Le président Carlos Mesa cède à la pression en janvier 2005 et décrète que le contrat liant Suez à La Paz-El Alto est rompu. Suez refuse de mettre en doute l’efficacité de sa gestion ainsi que sa responsabilité dans l’augmentation des tarifs. Seulement, le 3 janvier de cette année, le gouvernement d’Evo Morales arrive à un accord. Suez se retire et laisse la gestion de l’eau à une « nouvelle entreprise publique et sociale ».

Ces mobilisations populaires montrent que les privatisations ne sont pas inéluctables. Peut-être devrions-nous nous en inspirer dans les pays européens ?

 

* Résumé d’un article de Marjolaine Normier, « Bye Bye Suez », Le Jouet enragé, 2007, http://risal.collectifs.net.

20:32 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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