10/12/2007

Bolivie :: La dette extérieure divisée par cinq en un an

La Bolivie a un nouveau président depuis un an et demi, Evo Morales. Allié du Venzuela et de Cuba, il impulse une politique de gauche au pays. Rencontre avec Cristian Inchauste, ambassadeur de Bolivie en Belgique.

Bert De Belder
29-08-2007

En Bolivie, Evo Morales a lancé des programmes sociaux importants : la construction d’hôpitaux publics en zones rurales et urbaines, l’alphabétisation… (Photo archives)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


Evo Morales a lancé des programmes sociaux importants : la construction d’hôpitaux publics en zones rurales et urbaines, l’alphabétisation, le programme d’opérations de la vue Opération Miracle, ont été de grandes réussites. « L’Opération Miracle, effectuée par des médecins cubains, fut un grand succès », explique l’ambassadeur. « A Copacabana, une ville sur la rive du Lac Titicaca, 8000 Boliviens ont été opérés. En plus, il y a des Péruviens qui sont venus de l’autre côté du lac pour se faire opérer chez nous. »

Maître de son propre destin

Ces programmes sociaux ont été réalisés avec l’aide cubaine et vénézuélienne, certes, mais surtout grâce à l’augmentation des revenus comme conséquence des mesures économiques prises par le gouvernement de Morales. Depuis que l’Etat bolivien a pris le contrôle de la production du gaz naturel, la recette a plus que triplé : de 600 millions de dollars d’impôts par an à 2 milliards. Le gouvernement a également effectué la nationalisation du secteur de l’eau, chassant la multinationale française Suez, et de la fonderie d’étain de Vinto, contre la multinationale suisse Glencore. Il y a juste un mois, la Bolivie a aussi pu racheter les raffineries pétrolières de la compagnie brésilienne Petrobras. Tout cela constitue une belle victoire, selon M. Inchauste, car « sous le néolibéralisme, nous étions aliénés de nos propres ressources naturelles, nous n’étions pas maître des contrats et des négociations ». Autres résultats économiques : en trois ans, la dette extérieure du pays a baissé de 5 milliards de dollars à un milliard ; les réserves, par contre, ont grimpé de 1 milliard à 5 milliards de dollars.

« Il reste des défis »

Tout va bien, donc ? Non, il reste des interrogations, des défis importants, comme la question de l’autonomie : les provinces les plus riches exigeant une plus grande autonomie. « Mais en fait, la Bolivie connaît déjà un grand degré d’autonomie et de décentralisation, raconte M. l’Ambassadeur. On connaît une décentralisation au niveau des préfectures – un peu comme le modèle français – et au niveau des communes, ce dernier à travers la Loi sur la Participation populaire – la seule bonne mesure du président néolibéral, Sánchez Lozada. »

Un diplomate qui bouge

« Ça a été un jour très chargé », me dit, souriant, l’ambassadeur de Bolivie en Belgique, M. Cristian Inchauste Sandoval, quand je rentre dans son bureau. « J’ai été toute la matinée au Palais de Justice. » Effectivement, c’était ce jour-là, le lundi 20 août, qu’un juge devait décider du sort de Rosa Claros, une femme bolivienne sans papiers qui a été arrêtée et enfermée au centre fermé de Bruges… après avoir appelé la police lors d’une agression subie par sa copine équatorienne ! Heureusement, le juge a eu le bon sens de libérer la brave femme. N’empêche que les policiers au Palais de Justice étaient surpris d’y voir apparaître l’ambassadeur…

« Je veux aider concrètement les gens »

Affaire peu conventionnelle. « C’est ça notre conception de la diplomatie », explique M. Christian Inchauste.«  Nous voulons être proches de nos gens et les aider concrètement. »

La dite « diplomatie des peuples », concept développé par le Ministre bolivien des Affaires étrangères, M. David Choquehuanca, veut rompre avec le schéma classique de la diplomatie. M. Inchauste : « Il s’agit d’être au service de la communauté bolivienne à l’étranger – ils sont trois millions, dont un millier en Belgique – et d’activement chercher des contacts avec des partis, des organisations sociales, des associations culturelles et d’autres organisations du pays d’accueil. Tout en n’abandonnant pas la diplomatie traditionnelle, bien entendu. » Avec cette approche ouverte à tout le monde, la Bolivie veut partager sa musique, ses danses, la beauté du pays, mais aussi l’analyse, la vision et les changements de société propulsés par le gouvernement du président Evo Morales Ayma, au pouvoir depuis janvier 2006.

 


20:27 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.