10/12/2007

Cuba • L'absence de Fidel Castro signifierait-elle le chaos ?

Le responsable Relations Internationales du Parti communiste cubain parle des défis auxquels Cuba est confronté.

Leonel Herrera
07-02-2007

Fernando Remirez (au centre) lors d'une rencontre à Cuba avec Peter Mertens et Lydie Neufcourt, membres de la direction du PTB. (Photo Solidaire)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


Comment va votre président Fidel Castro ?

Fernando Remirez. Il récupère bien, son état est satisfaisant. Selon certains analystes, il ne reprendrait jamais plus la tête du gouvernement et la passation de pouvoir aurait déjà eu lieu. Non seulement, nous voulons qu’il revienne mais, compte tenu des dernières nouvelles concernant sa santé, nous sommes convaincus que ce sera le cas. Ce qui se passe en ce moment à Cuba n’est pas une transition mais une continuation de la révolution et du socialisme. Selon le gouvernement Bush, l’absence de Fidel va engendrer une situation chaotique et favorable à une intervention. Or à Cuba, la situation est tout à fait stable.

 

Il n’y aura donc pas de passage au capitalisme ?

Fernando Remirez. Nous pensons que non. La majorité des Cubains soutiennent le socialisme et la révolution.

 

La révolution est-elle menacée ?

Fernando Remirez. Par une attaque des Etats-Unis. Le plus grand défi auquel est confronté le peuple cubain a toujours été de préserver son indépendance et sa souveraineté. (…) Certains fonctionnaires haut placés ont mis en garde contre des facteurs internes qui risqueraient de compromettre la continuité de la révolution, comme la corruption et la disparition de l’esprit révolutionnaire chez les nouvelles générations. Ils ont raison. Nous devons faire front à ces défis. Mais nous nous identifions très fort au sentiment d’indépendance et de défense de la révolution.

Les gouvernements nord-américains ont tenté de nous anéantir en 1961 avec l’invasion de la baie des cochons, mais aussi par des centaines d’actes terroristes qui ont coûté la vie à 3000 Cubains, et un embargo commercial qui n’est rien d’autre qu’une guerre économique qui nous a coûté près de 86 milliards de dollars. Pourtant, Cuba tient bon grâce au soutien de la grande majorité du peuple. Mais nous devons prêter plus d’attention aux nouvelles générations et à leurs questions politiques.

 

Vous parlez « d’approfondir la révolution ». Quelles sont les mesures prises récemment ?

Fernando Remirez. L’analphabétisme a été éradiqué très tôt, dès le début de la révolution en 1961. Le degré de scolarisation moyen atteint aujourd’hui le niveau d’enseignement secondaire et nous comptons près de 800 000 diplômés de l’université. Mais comme cela ne suffit pas, nous avons ouvert 3000 nouvelles classes là où il n’existait pas d’enseignement supérieur. Nous avons ainsi pu augmenter le nombre d’étudiants et atteindre un chiffre record encore jamais atteint dans l’histoire, à savoir 620 000 universitaires.

Par ailleurs, nous avons récupéré un grand nombre de jeunes qui ne travaillaient ni ne faisaient d’études, de sorte que la moitié d’entre eux étudient à présent à l’université. Et, afin de satisfaire les besoins culturels de la population, nous avons lancé une série de nouvelles chaînes télévisées éducatives.

Dans le domaine des soins de santé, nous avons élaboré un vaste et ambitieux programme visant la modernisation des principaux hôpitaux du pays avec augmentation du personnel.

Nous avons également pris des mesures en faveur des groupes à faible revenu. L’an dernier, le salaire minimum et la pension minimum ont été doublés, nous avons mis sur pied un réseau de distribution de vivres pour les groupes les plus vulnérables, les pensionnés notamment. Nous avons augmenté les allocations familiales pour les familles dont un membre est handicapé.

Concernant ce que nous appelons « la révolution énergétique », nous nous efforçons de produire de l’énergie plus efficacement : depuis 2005 les « pannes » ne sont plus qu’un mauvais souvenir. En 2006, la croissance économique a augmenté de 12,5% par rapport aux années précédentes et le taux de mortalité infantile était plus faible que jamais. Ces mesures nous ont permis d’approfondir la révolution et de relever le niveau de vie des Cubains. Malgré les problèmes, nous allons de l’avant.

 

Quelle est la recette du succès de la révolution ? Quels sont les facteurs qui ont permis à la révolution de survivre depuis 48 ans ?

Fernando Remirez. C’est parce que nous nous identifions complètement aux intérêts du peuple. Soulager les besoins des Cubains a toujours été la priorité et l’objectif central de notre lutte.

Leonel Herrera est un correspondant du journal Diario Co Latino

20:20 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.