10/12/2007

Edgar Sánchez (MAS, Bolivie): mon siège appartient aux organisations populaires ...

À 28 ans, Edgar Sánchez Aguirre est un des plus jeune parlementaire de Bolivie. Avec une conception bien à lui du mandat d’un dirigeant paysan élu.

Bert De Belder
09-05-2007

Edgar Sánchez Aguirre est un élu du MAS (Mouvement vers le socialisme), le parti du président Evo Morales. Il est originaire de Lagunillas, un petit village de 1 000 à 1 500 habitants dans la province d’Oruro. C’est là qu’en 1999, le MAS a obtenu son premier poste de bourgmestre.

 

À l’époque, Edgar s’intéressait principalement au football. D’abord en tant que joueur et ensuite comme jeune président de l’équipe locale. Mais très vite, il s’est engagé dans le mouvement paysan. De 2002 à 2004, il a dirigé le syndicat des travailleurs agricoles d’Oruro. Plus tard, il est devenu délégué du mouvement des jeunes paysans autochtones des pays des Andes (Venezuela, Colombie, Équateur, Pérou et Bolivie) au sein de la coordination latino-américaine des organisations paysannes. Fin 2005, il a été élu au Parlement pour le MAS, qui a alors obtenu la majorité absolue avec 84 parlementaires et sénateurs sur un total de 157. « Comme lors de l’élection à la présidence d’Evo Morales, qui avec 54 % a obtenu le plus haut score jamais atteint lors d’élections présidentielles en Bolivie », explique Edgar. Où en est-il à présent, après un an et demi passé au gouvernement ?

 

Edgar Sánchez. Il a fallu s’habituer à siéger au Parlement. À présent, nous sommes devenus les « oficialistas » (les officiels, le parti du gouvernement,ndlr) (rire) et nous ne pouvons plus protester contre le gouvernement ! C’est assez étrange comme sentiment car nous étions habitués à lutter pour des changements structurels. J’ai donc choisi de me partager entre le Parlement où j’élabore lois et projets, d’une part, et le travail sur le terrain, d’autre part.

Les décisions politiques prises par le MAS sont basées sur un consensus au niveau des organisations sociales. Ces organisations évaluent la politique du gouvernement et veillent à ce que le MAS ne s’éloigne pas des intérêts du peuple et ne se laisse pas absorber par le système.

 

Pour vous, quelle est l’importance de la coopération internationale ?

Edgar Sánchez. Nous sommes bien conscients que notre pays ne peut progresser seul. Mais nous ne sommes pas seuls, il y a aussi le Venezuela, l’Équateur, le Nicaragua, le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, où des présidents progressistes sont au pouvoir. L’intégration économique et sociale de l’Amérique latine offre de nouvelles perspectives. Nos ancêtres se sont investi des siècles durant et enfin nous y sommes parvenus grâce à l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) (opposée à l’ALCA, l’association de libre-échange que les USA veulent imposer,ndlr) et grâce aux Accords commerciaux des peuples (une alternative aux accords de libre-échange bilatéraux avec les USA, ndlr).

 

Quelle est votre opinion sur le rôle de Cuba en Amérique du Sud ?

Edgar Sánchez. Les gens sont agréablement surpris de tout ce que fait Cuba pour eux. 5 000 jeunes Boliviens ont obtenu une bourse pour aller étudier à Cuba et 1 500 médecins cubains travaillent actuellement en Bolivie. La classe moyenne voit cela d’un œil très critique mais les pauvres sont très contents car auparavant ils n’avaient pas accès aux soins de santé.

20:29 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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