11/12/2007

Apprendre de nos erreurs ou...

VENEZUELA :
Arnaud Rubi - Apprendre de nos erreurs ou...
Une défaite qui peut être salutaire, estime un coopérant français à Caracas

Erreurs  

Apprendre de nos erreurs ou...

Arnaud Rubi  Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer
 
Depuis Caracas, un jeune coopérant français dresse un premier bilan du référendum...
 
A la surprise générale, le projet de réforme partielle de la Constitution Bolivarienne de Venezuela n'a pas été ratifié par le peuple vénézuélien lors du referendum du 02/12/2007. Pour que nos amis francais se fassent une idée de l'ampleur de la surprise, nous pourrions comparer ce résultat avec la qualification de l'extrême droite au second tour des préseidentielles de 2002.

Apres dix victoires consécutives en neuf ans, les bolivariens se sont réveillés lundi matin avec un sacré “ratón moral” . Bien qu'il soit encore tôt pour tirer toutes les lecons qui s'imposent, nous devons dès maintenant réfléchir et analyser les causes ainsi que les implications de la décision des électeurs vénézuéliens. Sans prétendre présenter une analyse exhaustive, je souhaiterais cependant partager avec vous les réflexions qui suivent, pour qu'elles puissent etre debattues.

Ce texte se divise en trois parties:
A/ Les Bonnes Nouvelles
B/ Quelques éléments d'explication de la victoire du “NON”
C/ Implications du referendum pour le camp bolivarien comme pour l'opposition.


A/ Les Bonnes Nouvelles:
? 1/ Une fois de plus, le peuple vénézuélien s'est massivement rendu aux urnes, démontrant son civisme tout comme son respect de la démocratie .

? 2/ Toute la campagne médiatique de désinformation à l'oeuvre contre le processus bolivarien aux quatre coins du monde s'est vu sérieusement décridibilisée par les évenements du 02 décembre 2007. En reconnaissant immédiatement et sans polémiques sa défaite, en félicitant l'opposition pour leur victoire, Chávez a montré au monde le grand démocrate qu'il est. Bien qu'il ne faille pas s'attendre à un changement dans les stratégies médiatiques utilisées à l'encontre de la Révolution Bolivarienne, on peut tout de même penser qu'il leur sera plus difficile de présenter Chávez comme un dictateur autoritaire qui manipule les élections. Ou tout du moins que la manque de crédibilité et d'éthique de ces grands groupes de presse n'en sautera que plus facilement aux yeux.

? 3/ La transparence du pouvoir electoral ne peut plus se nier. Alors que l'opposition vénézuelienne n'arrêtait pas d'accuser le Conseil National Electoral d'être à la solde de l'exécutif depuis l'arrivée des bolivariens au pouvoir en 1998, cette fois-ci elle joue l'amnésique et savoure sa victoire. Pour autant, le Venezuela a montré au monde entier la qualité de son système démocratique. Il est d'ailleurs intéressant de souligner que pour le référendum de dimanche dernier, aucun observateur international n 'avait été envoyé de manière officielle par les trois organismes qui surveillent généralement les processus élctoraux au Venezuela .

? 4/ La Constitution Bolivarienne du Venezuela est enfin reconnue par tous les secteurs de la société vénézuelienne. L'opposition, qui avait appelé à voter contre la Constitution en 1999, vient de la défendre avec véhémence lors de la campagne contre la réforme de cette dernière. En ce sens, c'est bien le Venezuela dans sa totalité qui sort gagnant du vote du 2 décembre 2007.

? 5/ La “Gifle” que le gouvernement vient de recevoir était sans doute nécessaire. Cela oblige à méditer, reconnaître ses erreurs, et s'améliorer. C'est la seule manière de pouvoir espérer promouvoir la Révolution Bolivarienne.

? 6/ La victoire du “NON” devrait éloigner, pour un moment, (même si nous savons pertinemment que cela ne durera pas longtemps) les risques d’intervention étrangère , qu’une ratification du projet de réforme aurait pu générer. Tous les plans de déstabilisation révélés la semaine dernière peuvent nous laissez penser que même la CIA n’avait pas prévu une victoire du “NON”.

POURQUOI LE “NON” A-T-IL GAGNÉ?
Quand on observe les résultats du vote du 2 décembre 2007, on peut déduire quatre tendances:
- 1/ Il y a 25% du corps électoral vénézuelien qui ne vote jamais.
- 2/ Le “noyau dur” de Chávez a voté en faveur de la réforme.
- 3/ L’opposition a maintenu le nombre de votes qu’elle avait obtenu lors des dernières élections. Elle n’a pas augmenté de manière significative .
- 4/ Une grande partie des 3 millions de Vénézueliens qui ont voté pour Chávez en 2006 se sont abstenus.

Il est évident qu’il n’existe pas un seul facteur pour expliquer la défaite du chavisme lors du referéndum du 2 décembre. Nous présentons ici quelques pistes de reflexión, en insistant sur le fait que toutes n’ont pas eu la même influence, ni n’ont touché de la même manière l’ensemble des électeurs qui ont voté “NON” ou n’ont tout simplement pas voté.

-1/ Une gestion particulièrement mauvaise de la campagne pour le “OUI”, pleine de suffisance et qui laissait penser que la victoire était acquise. Cette arrogance a eu de fortes répercussions.
A/ L’Etat a sous-estimé l’impact que pouvait avoir la campagne intensive de désinformation, et a toléré la circulation de publicités et propagandes remplies de mensonges, ocultant et manipulant le contenu du projet de réforme partiel de la Constitution Bolivarienne.
Le fait de ne pas réagir a permis et même légitimé la diffusión de matrices d’opinion qui annoncaient que si le “OUI” l’emportait, l’Etat allait: “Te kidnapper tes enfants pour les envoyer à Cuba”, “qu’ils allaient t’exproprier ton commerce”, “que plus personne ne serait propiétaire de rien, que tout appartiendrait à l’Etat”, “que Chávez serait président jusqu’à sa mort”, “que le Venezuela serait identique à Cuba”, “qu’il serait désormais interdit de se teindre les cheveux”, “ que les strings seraient interdits sur la plage”etc.…

B/ Nous avons pu assister à un rejet systématique des propositions de l’opposition, sans même prendre le temps d’analyser leur potentielle pertinence. Je me réfère ici particulièrement à la proposition qui consistait à voter la réforme article par article. Je ne suis pas de ceux qui pensent que cela aurait été la meilleure option, car beaucoup d’articles sont organiquement liés entre eux. Néanmoins, je considère qu’il aurait parfaitement été posible de voter par thèmes (nouvelle géométrie du pouvoir; nouveau modèle productif; défense et sécurité; renouvellement des mandats; droit du travail; souveraineté; etc…).

2/ La grande majorité des électeurs, indépendamment de leur orientation politique, n’a simplement pas lu le projet de réforme constitutionnelle. Cette “paresse citoyenne” a une grande responsabilité en ce qui concerne la circulation d’interprétations erronées et dramatisantes, ce qui a eu pour conséquence de faire croire n’importe quoi au peuple vénézuélien.

3/ L’abstention n’a pas joué en faveur des bolivariens. Il est intéressant à ce sujet de rappeler qu’en comparaison des présidentielles de 2006, le taux d’abstention enregistré lors du 2 décembre a augmenté de 20%. Du coup, pendant que l’opposition a amélioré son score de 211.000 votes, les bolivariens ont perdu près de 3.000.000 de votes!

4/ D’une manière plus générale, l’identification d’une grande partie de la classe moyenne, ainsi que de certains secteurs populaires au message de l’opposition est également le résultat d’une politique qui n’a pas suffisamment attaqué les interets de l’oligarchie vénézuélienne, générant une situation dans laquelle beaucoup de vénézuéliens ont offert leur vote à des partis qui ne représentent en rien la défense de leurs intérets de classe:
A/ Selon un rapport de la CEPAL publié en 2007 sur le niveau d’imposition des pays latinoaméricains, le Venezuela arrive en dernière position, en compagnie du Honduras. Ce calcul permet de mesurer la part que représente la collecte d’impots sur l’ensemble du PIB de chaque pays. Alors qu’au Brasil le pourcentage est de 30%, qu’en Argentine il frise les 25%, en Colombie les 20%; le Venezuela arrive à peine à 8%. Cela signifie qu’une très faible minorité de citoyens vénézuéliens paie un impôt sur les revenus. Quand on compare ces données avec des pays comme la France (60%) ou la Suède (prés de 80%), on est obligé de reconnaître que ces pays capitalistes ont su élaborer un système beaucoup plus socialiste que le Venezuela en ce qui concerne la contribution des classes favorisées à l’intérêt général de la Nation.

B/ Comment peut-il se faire qu’il n’existe pas un Impôt sur la Grande Fortune au Venezuela? Si le gouvernement bolivarien proposait l’application de cette taxe, je pense qu’il serait beaucoup plus difficile pour l’opposition de convaincre les classes moyennes et populaires de s’opposer à sa mise en application.

5/ En ce qui concerne l’influence des groupes et personnalités qui se sont déclarés contre le projet de réforme alors qu’ils appuyaient jusqu’ici la Révolution Bolivarienne, il est difficile de mesurer l’impact sur le vote final. Le parti politique “Podemos”, l’ex ministre de la défense Raúl Baduel, ou encore l’ex première dame du Venezuela ont appelé clairement à voter “NON”. Pour leur part, certains groupes trotskystes et anarchistes ont montré leur intention de s’abstenir. Certains ne manqueront pas d’argumenter que ces votes ont été décisifs, au vu du très faible écart entre les deux camps (50.7% pour le “OUI”, contre 49.29% pour le “NON” ). Je dois avouer que je n’ai pas de chiffres en ma possession pour confirmer ou pour infirmer cette affirmation .
Mais au-delà de la potentielle influence de ces personnes et groupes politiques, ce qui est certain c’est que si les résultats finaux avaient été inversés – c’est-à-dire si le “OUI” l’avait emporté avec une marge aussi faible – les grands groupes de presse du monde entier auraient sans aucun doute déclaré les élections truquées. Comme l’a justement reconnu le président Chávez:
“il est préférable pour les bolivariens perdre de cette manière que de gagner avec une différence aussi infime”.

6/ Il y aura toujours des personnes déclarant que l’une des raisons fondamentales de la défaite du “OUI” est que ce projet de réforme constitutionnelle est arrivé trop tôt. Au-delà de se présenter l’année même où l’Etat a décidé le non renouvellement de la concession à la chaine de televisión RCTV , certains analystes pensent qu’il aurait été préférable attendre, et se concentrer pour le moment à faire “mûrir” les conditions objectives et subjectives de la transition au socialisme du XXIeme siècle.


C/ IMPLICATIONS POUR LE GOUVERNEMENT

1/ La victoire du “NON” doit s’interpréter selon moi beaucoup plus comme une défaite du chavisme que comme une victoire de l’opposition. Et ceci pour deux raisons fondamentales. Tout d’abord, l’opposition regroupe des secteurs politiques très divers, depuis l’extrême-droite jusqu’à un groupe d’ultra-gauche, en passant par des centristes et sociaux-démocrates. De plus, selon ce que nous pouvons observer, l’opposition n’a pas de projet alternatif pour le pays, aucun véritable Projet National.
C’est pour cela que j’affirme que l’un des principaux facteurs qui nous permet d’expliquer la victoire du “NON” est précisément le fait qu’ils n’ont pas eu à proposer d’alternatives.
En déclarant “Nous nous opposons à ce projet”, sans avoir à énoncer un projet propre, leurs opportunités de victoire étaient bien plus réelles que s’il s’agissait d’une élection présidentielle!

2/ Il existe au moins deux manières d’interpréter la décision du peuple vénézuélien du 02/12/07:
A/ Voir en ce résultat un échec personnel d’Hugo Chávez. Il est vrai que ce dernier est à l’origine de la proposition, et qu’il s’est très fortement impliqué dans la campagne, allant même jusqu’à déclaré que celui qui votait “NON” votait contre Chávez.
Je ne me reconnais pas dans cette interprétation, mais il est certain que le Président de la République se doit d’être plus diplomate dans ses relations avec ceux qui s’opposent au projet bolivarien. Le fait d’être le “leader” du processus révolutionnaire l’oblige á montrer l’exemple, et cela implique entre autres une conduite qui sache combiner la conviction avec la tolérance. Sinon, il continuera á “offrir” des arguments de forme à ses détracteurs, ce qui leur permettra de ne pas avoir à se prononcer sur le fond du projet révolutionnaire, ni à reconnaitre toutes les victoires sociales et économiques que le gouvernement a su remporter depuis déjà neuf ans.

B/ Une autre lecture des évènements – qui me convainc bien plus – est celle qui consiste à voir dans les résultats du référendum un vote qui vient punir tous les “boli-bourgeois”, les corrompus et autres “cuartorepublicanos ” qui n’ont pas encore disparu et qui, sous couvert de se déclarer chaviste, continuent à exercer des conduites clientélistes et bureaucratiques .

3/ Un des combats que Chávez n’a pas encore pu gagner est bien celui contre la corruption.
Et cette véritable plaie a eu sans nul doute une influence dans la perte des votes en faveur de Chávez.

4/ A cette liste de facteurs nous pouvons également ajouter le rôle de certains maires et gouverneurs “chavistes”, qui ont discrètement appelé à voter “NON”, car ils redoutaient le transfert d’une partie de leurs responsabilités – et donc de leur budget – aux communautés organisées en Conseils Communaux.

5/ Plus que le “début de la fin” du bolivarianisme au Venezuela, je pense que cette défaite doit être interprétée comme un fort avertissement lancé au gouvernement. Il ne faut pas oublier que 63% des Vénézuéliens qui se sont prononcés lors des présidentielles de 2006 ont voté pour Hugo Chávez et un projet bien spécifique maintes fois discuté, à savoir la transition au socialisme du XXIeme siècle.

6/ Comprendre les raisons de la défaite et faire une véritable auto-critique est indispensable à la survie de la révolution bolivarienne. Nous ne pouvons plus admettre que tous ces “déguisés”, “opportunistes”, membres de la “derecha endógena ” continuent á exercer une influence quelle qu’elle soit au sein de la Révolution. Un grand débat doit s’ouvrir entre les bolivariens, où, loin de vouloir se détruire, nous sachions débattre, argumenter, reconnaitre nos faiblesses, réagir, en luttant avec des idées et non avec des attaques personnelles comme cela s’est trop souvent vu.

7/ Le principal défi qui attend le gouvernement est, à mon sens, l’approfondiseement du travail social, de la politique de transfert de pouvoirs et d’éducation du peuple à la logique, éthique et production socialiste. Je suis convaincu que c’est à travers la progressive prise de pouvoir des communautés organisées que nous marcherons vers une société plus juste. Seule l’alliance entre le “pouvoir constitué” et le “pouvoir constituant” peut nous donner une réponse efficace aux grands maux dont souffre toujours à l’heure actuelle le Venezuela. L’exercice de la “democracia plena” depuis l’échelle territoriale la plus infime (Conseil Comunal) est le seul moyen de faire en sorte que le peuple soit acteur de son histoire, et donc de l’histoire de son pays.
La démocratie représentative a dramatiquement échoué dans sa prétention à résoudre les problèmes instaurés par le capitalisme rentiste parasitaire qui caractérise le Venezuela. C’est pour cela que nous, les révolutionnaires, nous devons redoubler d’efforts, nous regarder sans complaisance, apprendre de nos erreurs et continuer à donner toute notre énergie jusqu’à ce que se matérialise la naissance de cette société que nous savons meilleure.
Le chemin ne sera pas facile, et nous ne pourrons pas compter sur tout le monde. Nous aurons besoin de plus d'humilité et d’efficacité, mais aussi de savoir reconnaître quand nous nous trompons ou quand des critiques de l'opposition peuvent être constructives pour le Venezuela.

8/ Il est important également de ne pas tomber dans le piège de la dramatisation. On n’efface pas neuf ans de victoire par un échec. Le Gouvernement peut compter sur un bilan très positif en ce qui concerne sa politique de lutte contre les inégalités sociales. Comme le souligne la CEPAL dans son rapport sur la pauvreté en Amérique latine, le Venezuela est, avec l'Argentine, le pays qui a le plus réussi à réduire la pauvreté en 2007. Après avoir été déclaré territoire libre d'analphabétisme par l'UNESCO en 2005, les missions d'éducation ont continué à s’intensifier, tout comme dans le domaine de la santé, de la culture, des oeuvres d'infra-structure, du sport etc...

Au niveau économique, le Venezuela peut se vanter d’avoir un taux moyen de croissance du PIB de 9 % par an depuis 2004 et la récupération du “paro petrolero” [12]. En outre, le Gouvernement Bolivarien a réussi à placer dans les Réserves Fédérales du pays plus de 30 milliards de dollars, et surtout, a réussi à enfin se libérer de sa dette externe face au FMI.

Au niveau politique, le Venezuela est passé du stade de pays inconnu, dont l'importance dans le système monde capitaliste était uniquement rattachée à sa fonction de pourvoyeur de matières premières, à un authentique "laboratoire social", vu par les pays exploités comme un sérieux espoir de reéquilibre de l'ordre mondial, et par ses ennemis comme un danger qu'il faut maintenir coute que coute isolé.

9/ En résumé, le processus révolutionnaire vénézuélien est arrivé à un moment-clé de son histoire. Ou il “lave son linge sale”" d'une manière efficace et constructive, ou le peuple vénézuélien cessera à un moment ou un autre d’appuyer le Projet National qu'il défend depuis neuf ans.

IMPLICATIONS POUR L'OPPOSITION

1/Après dix défaites électorales consécutives en neuf ans, et de nombreuses manières de réagir face à elles , l'opposition vénézuélienne a enfin réussi à obtenir plus de voix que les bolivariens. Cela leur permet de pouvoir recommencer à espérer représenter un jour la majorité du pays.

2/Mais pour pouvoir y arriver, elle devra changer radicalement de stratégie. S'ils continuent à concentrer leurs efforts dans l’espoir d’alarmer la communauté internationale, il leur sera plus compliqué d'affirmer que le Venezuela est une dictature où il n'y a pas de liberté d'expression et où Chávez contrôle tous les pouvoirs.

3/ Il serait bien plus judicieux pour eux d’établir un dialogue avec le Gouvernement. Mieux vaut adopter une attitude humble face à la victoire du 2 décembre, car il serait malvenu de se voir plus puissant qu’ils ne le sont . En étant modeste dans la victoire, ils gagneraient en une crédibilité pour représenter une alternative crédible pour le pays.

4/ Au jour d’aujourd’hui, il ne semble pas avoir surgi un leader de l’opposition vénézuélienne. Pour cela, ils doivent premièrement résoudre les sérieuses contradictions idéologiques et stratégiques qui existent au sein des opposants a Chávez. C’est quelque chose que je vois réellement difficile, car dans la mosaique de tendances qui forme l’opposition vénézuélienne, le seul point sur lequel tout le monde se rejoint est qu’il faut sortir Chávez du pouvoir, et ce à n’importe quel prix.

L’opposition devra donc se prononcer et décider ce qu’il va se passer avec la partie des étudiants qui les a appuyés durant la campagne. Quel espace sont-ils réellement disposés à leur octroyer lors de la répartition des rôles? Du même mode, avec Manuel Rosales, qui n'est déjà plus populaire à l'intérieur d'une partie de l'opposition . Il est intéressant de rappeler que son discours prononcé depuis le camp du "Non" immédiatement après l’annonce des résultats a été coupé par Globovisión au moment même où il affirmait soutenir deux réformes proposées par Chávez .
En outre, aux candidats traditionnels de l'opposition se sont unis des nouveaux : anciens bolivariens, comme le Général Baduel, le parti “Podemos”; ce qui nous permettra d'assister probablement à des alliances surprenantes.

CONCLUSION

Bien que la légitimité du président Chávez et du processus révolutionnaire vénézuélien n'ait pas été remise en cause par les résultats du 02/12/07, nous ne pouvons pas nier pour autant que cela nous oblige à réfléchir, à faire notre autocritique, prendre les mesures nécessaires afin de démontrer concrètement la valeur de l’engagement que nous avons avec la Révolution Bolivarienne. Il ne suffit pas de porter un tee-shirt rouge, d'aller aux manifestations, de crier "Vive Chávez", ou d’essayer de répandre le message de la révolution si cela ne se traduit pas dans chacun de nos actes.

Les bolivariens ont moins le droit que quiconque de reproduire la conduite et les pratiques de la quatrième république, puisque ceux-là ne prétendaient pas changer le monde, ou créer “l’Homme Nouveau". L'éthique révolutionnaire nous amène à une responsabilité plus grande.
Face à tel défi, il est indispensable d'être un exemple, d'être cohérent et d'exprimer dans les actions “micro" ce que nous énonçons dans les discours "macro". Car, si nous ne nous améliorons pas,si nous nous détruisons tout seul, nous porterons une attaque “fatale” non seulement à la gauche vénézuélienne, mais aussi à tous les mouvements progressistes du monde entier.



Arnaud RUBI
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23:21 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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