25/01/2008

Élection de l’Assemblée nationale à Cuba :: Taux de participation : 95 %.....

Dimanche, quelque huit millions d’électeurs se sont rendus aux urnes pour élire une nouvelle Assemblée nationale qui décidera de l’avenir de Fidel Castro.

Julien Versteegh
23-01-2008

Le taux de participation a atteint 95 % alors que les élections sont libres et, donc, non obligatoires. À comparer avec le taux de participation américain qui, aux dernières présidentielles, tournait autour de 30 %, ce serait plutôt une leçon de démocratie. (Photo Xinhua)

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Ce dimanche, 8,1 millions d’électeurs ont eu à désigner les 614 députés de l’Assemblée nationale parmi…614 candidats. Vous direz sans doute : voilà une bien étrange démocratie où les candidats sont presque garantis d’être élu. Mais à y regarder de plus prêt…

Des candidats issus de la population

Les élections cubaines sont dans leur organisation et leur déroulement bien différentes des nôtres.

C’est d’abord une élection par niveau. La première étape consiste à élire des assemblées municipales, genre de Parlements locaux. Cette première étape a eu lieu en octobre 2007. Ces assemblées municipales désignent ensuite en leur sein les candidats pour les élections aux Assemblées provinciales et à l’Assemblée nationale. Ces candidats doivent alors recevoir plus de 50% des voix de l’électorat.

La désignation des candidats tout au long du processus dénote fort. Ceux-ci sont directement désignés par la population pour ce qui est des élections des assemblées municipales. Ils sont désignés par des assemblées populaires dans les quartiers sur base de propositions faites par les différentes organisations sociales : syndicats, organisations de femmes, d’étudiants, les associations paysannes… De là une composition des listes assez inédites par rapport à nos pays européens avec cette année 42% de femmes candidates et surtout 63% de nouveaux candidats par rapport à l’Assemblée nationale précédente. Notez également une forte représentation ouvrière avec 29% des candidats issus de la production et des services (contre 1% au Parlement belge).

Le système politique cubain s’axe autour de deux principes : chaque élu doit rendre des comptes sur son travail et tout élu peut être révoqué par ses électeurs. De plus les élus ne bénéficient d’aucun avantage en salaire ou en nature pour le mandat exercé.

Enfin le vote est libre et non obligatoire. Et pourtant les élections de dimanche ont enregistré un taux de participation de 95%.

Et Fidel dans tout ça?

De la composition de la nouvelle Assemblée nationale dépendra l’élection des 31 membres du nouveau gouvernement cubain (le Conseil d’État). Cette élection se tiendra, selon Raúl Castro, le 24 février.

La grande question est évidemment : Fidel Castro en fera-t-il partie ? Il était en tout cas à l’Assemblée nationale, tout comme son frère Raúl, qui viennent tout deux d’être élus dans la circonscription de Santiago de Cuba. Réponse donc le 24 février.

13:01 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

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