25/03/2008

24/03/2008: 3719 sites Internet bloqués par les USA ...


-------- Message original --------
Sujet: Fw: 3719 sites Internet bloqués par les USA (www.plumenclume.net)
Date: Mon, 24 Mar 2008 20:16:49 +0100
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Pour :: sortir de l europe <sortirdeleurope@yahoogroupes.fr>


----- Original Message -----

Sent: Monday, March 24, 2008 7:14 PM
Subject: 3719 sites Internet bloqués par les USA (www.plumenclume.net)

 
ENTRE LA PLUME ET L'ENCLUME

3719 sites Internet bloqués par les USA

 

Qui est eNom, qui a bloqué 3.719 sites Internet déplaisant aux Etats-Unis ?
par Rosa Miriam Elizalde

Les Etats-Unis financent des organisations comme Reporters sans Frontières pour attaquer certains pays sur le thème de la liberté d'Internet. Or, ces mêmes Etats-Unis ont bloqué 3.719 domaines.com en violant leurs propres lois.

Cubadebate, 06/03/2008
Traduit par Jose Gregorio pour Investig'Action

Le New York Times a raison de qualifier de 'scandaleuse' la décision nord -américaine d' appliquer à internet, et cela dans tous les pays, des réglementations dont la légalité est insoutenable même sur le propre territoire des USA.

C`est un excellent article, mais qui laisse de côté des éléments d`information essentiels qui aideraient à comprendre pourquoi la censure des sites web dont les noms portent le suffixe .com, le plus utilisé sur le réseau des réseaux, n'est en fait que la partie émergée de l'iceberg d'une agression de plus grande portée contre Cuba et contre le réseau mondial.

Combien de noms de domaine liés a Cuba apparaissent-ils sur la liste noire du Département du Trésor nord-américain?

Revue avec une patience toute asiatique, la liste noire de l`OFAC recense 557 entreprises 'maudites' dans le monde et 3719 domaines .com qui ont été bloqués sur le net sans la moindre notification préalable à leurs propriétaires. Pour se faire une idée de ce que cela signifie, il suffit de regarder le rapport le plus récent relevé du registre de domaine en Amérique latine (www.latinoamericann.org ).

On constate que Cuba possède 1434 sites web avec nom de domaine .cu . C'est dire que les USA ont bloqué quasi trois fois plus de sites que tous ceux qui sont enregistrés par l'île sous le générique «.cu ».

- Qui est eNom, l'entreprise qui a bloqué les sites de Mr Marshall?

L'entreprise eNom est la 2ème plus grande entreprise au monde en registre de domaines, accréditée par l`ICANN (acronyme en anglais de Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, société internet pour l`assignation, l'attribution de noms et numéros), une organisation supposée indépendante sous laquelle s'ordonne le net.
L`ICANN désigne les noms et numéros de domaine, l'équivalent des codes postaux sur internet.

- Les USA peuvent-ils bloquer tout le net?

C'est une nouvelle preuve que les USA contrôlent non seulement l'accès de leurs citoyens au cyber-espace, mais aussi celui de tous les usagers de l'internet global.

Bien qu'il existe sur le net une grande rhétorique libertaire au niveau mondial, l'ICANN dépend du Département du Commerce US et des législations nord-américaines, à tel point qu'elle viole sans sourciller ses propres statuts.

Ses interventions sur le net sont supposées être d'ordre technique et ne peuvent censurer de sites, ni combattre ou appuyer aucune norme légale ou politique.
S'il y a la moindre réclamation sur le droit de propriété, elle doit la soumettre à l`arbitrage international.Néanmoins, eNom, inscrite à cette corporation et avec les mêmes fonctions, non seulement s'est soumise à une décision du gouvernement nord-américain, violant ainsi les législations d'autres pays, mais en plus sans même le notifier aux entreprises et personnes ainsi lésées, comme le signale le New York Times.

Le fait démontre que les USA contrôlent les principaux serveurs internationaux et peuvent en pratique bloquer tout ce qu'ils veulent sur le net sans même le prétexte d'une agression terroriste.

- Quelle loi les USA utilisent-ils pour violer la souveraineté de notre pays et de tous les pays du monde sur le net?

La Loi Torricelli ou Loi d`autorisation et de défense nationale pour l'année fiscale 1992, qui autorisa la connexion de l'île au réseau par satellite avec la condition que chaque megabyte (rang de vitesse de connexion) devait être sous contrat avec une entreprise américaine ou une de ses filiales et approuvé par le Département du Trésor.

Cette loi établit des limitations et des sanctions extraordinaires, comme des amendes de 50000 dollars pour chaque violation, pour ceux qui favoriseraient dans ou hors des USA le négoce électronique ou le moindre bénéfice économique pour l'île.

Ceci a été appliqué rigoureusement depuis et, petit à petit, l`OFAC a complété sa liste noire, jusqu'au délire récemment découvert par le journal nord-américain.

Par ailleurs, ce bureau consacre bien plus de fonctionnaires à surveiller les citoyens du monde qui voyagent ou envoient de l`argent à Cuba qu'à poursuivre les transactions suspectées de financer le terrorisme aux USA.

En avril 2004, l`OFAC informait le Congrès que, parmi ses 120 employés, quatre étaient désignés pour suivre la piste des finances d`Osama Bin Laden et Saddam Hussein, pendant que près de deux douzaines s'occupaient de renforcer le blocus contre Cuba.

Ils ont admis utiliser internet comme source fondamentale pour suivre les pistes de l'argent.

- Que peut-on faire?

L`OMPI, Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, établit le droit de chaque personne à présenter une demande liée à un nom de domaine enregistré sous .com .net .org.
Conformément à l`article 4 de l`ICANN, on peut soumettre à l`arbitrage international tout cas d'enregistrement abusif d`un nom de domaine ou toute censure de celui-ci avec circonstances démontrées dans la demande écrite.

Et bien, grâce à cet article du New York Times et aux spécialistes consultés par ce journaliste, il existe 3719 demandes potentielles pour censure de la part des USA. Qui commence?

 

http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-03-19%2015:04:17&log=invites



18:09 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, democratie, liberte, actualite, internet, imperialisme, cuba, usa | |  Facebook | |  Imprimer | | |

19/03/2008

07/03/2008: Comment le "New York Times" a inventé Fidel Castro...


-------- Message original --------

Sujet: [CSP] Comment le "New York Times" a inventé Fidel Castro
Date: Fri, 7 Mar 2008 21:41:24 EST
De: Denisjpmo@aol.com
Répondre à :: CubaSolidarityProject@yahoogroupes.fr


 
Comment le "New York Times" a inventé Fidel Castro

LE MONDE 2 | 06.03.08 | 14h19

En février 1957, Castro était donné pour mort après un catastrophique
débarquement à Cuba. Perdu dans la montagne avec une poignée de rebelles, il
semblait condamné à l'oubli. La rencontre avec un journaliste du "New York Times"
allait lui conférer une stature internationale. Récit d'une résurrection
médiatique.

Lors de son dernier voyage aux Etats-Unis, à l'occasion du Sommet du
millénaire de l'ONU, en septembre 2000, Fidel Castro trouve le temps de se rendre au
New York Times. Alors qu'il déambule dans les couloirs du célèbre quotidien,
devant les portraits de personnalités qui ont marqué le siècle, il s'exclame
soudain : "Où se trouve le portrait d'Herbert Matthews? Ça, c'était un
journaliste!" Mais malgré trente-six ans de service comme grand reporter et
éditorialiste, Herbert Matthews ne fait pas partie des légendes officielles du New
York Times.
En revanche, à 2500 kilomètres de Manhattan, au Musée national de la
révolution de La Havane, le journaliste américain a trouvé place dans une vitrine,
au beau milieu d'uniformes militaires élimés, de portraits de révolutionnaires
et de vieux fusils. On l'aperçoit sur une petite photo en noir et blanc,
assis en pleine forêt, cigare aux lèvres et carnet de notes à la main. A ses
côtés, le jeune Fidel Castro s'allume lui aussi un cigare.

"DÉBARQUEMENT PATHÉTIQUE"
Cette scène méconnue s'est déroulée en février 1957, dans le crépuscule
humide de la Sierra Maestra, une zone montagneuse à l'est de Cuba. Trois mois
plus tôt, Castro se trouvait encore au Mexique, où il s'était exilé après avoir
purgé un an et demi de prison pour sa participation, le 26 juillet 1953, à
l'attaque de la Moncada, un baraquement de l'armée de Batista à Santiago.
Convaincu que les Cubains, exaspérés par la violence et la corruption du régime,
étaient prêts à se soulever, il avait élaboré et vanté publiquement un plan
tout simple : il allait déclencher une insurrection populaire à travers le pays
en faisant coïncider son débarquement, au sud-est de l'île, avec un
soulèvement prévu à Santiago de Cuba.
Le 25 novembre 1956, Fidel Castro et 81 compagnons embarquent donc à bord
d'un vieux yacht, le Granma. Chahutée par une forte mer et des pluies
torrentielles, la frêle embarcation s'échoue dans les marécages cubains avec deux
jours de retard. Les mitrailleuses de Batista sont au rendez-vous. Informé du
projet, ce dernier a déjà écrasé sans mal le soulèvement de Santiago. C'est une
hécatombe. Les corps de Raul et Fidel Castro sont officiellement identifiés
et enterrés par l'armée.
Pourtant, une douzaine de survivants – parmi lesquels les frères Castro et
Ernesto Guevara – parviennent à gagner les montagnes. Le 4 décembre 1956, un
éditorial du New York Times intitulé "Les violents Cubains" s'interroge sur le
but de ce "débarquement pathétique d'environ quarante jeunes hommes se
prenant pour une armée d'invasion". L'éditorialiste n'en revient pas que le chef
de cette aventure, Fidel Castro, ait pu délibérément révéler ses plans avant
l'opération. "Peut-on imaginer quelque chose de plus fou?" s'interroge-t-il,
avant de conclure : "Il n'y a pas la moindre chance qu'une révolte réussisse
dans les circonstances actuelles", en référence à la puissance militaire de
Batista.
SON FLAIR EST INTACT
Effectivement, un mois plus tard, la petite bande qui survit dans la forêt
avec l'aide des paysans du coin semble condamnée à l'oubli. La presse cubaine
étant censurée, Castro comprend qu'il lui faut contacter la presse étrangère
pour rallier l'opinion à sa cause. Il envoie un messager à Ruby H. Phillips,
la correspondante du New York Times à La Havane. Trop connue des autorités
locales pour entreprendre elle-même ce reportage, Phillips contacte le journal à
New York qui dépêche alors Herbert Matthews.
Déguisés en touristes, Matthews et sa femme Nancy partent pour la province
d'Oriente, où ils retrouvent les hommes de Castro dans la ville de Manzanillo.
La nuit tombée, les rebelles conduisent Matthews à travers les champs de
canne à sucre et franchissent un barrage de l'armée en le faisant passer pour un
riche investisseur américain. Ils finissent par couper à pied dans la forêt.
La pente est raide, le sol glissant. Certes, Matthews en a vu d'autres : il a
couvert la guerre civile espagnole, la campagne d'Italie… Mais à 57 ans, ce
type grand et mince n'est plus au faîte de sa forme.
Son flair, en revanche, est intact. Alors qu'il attend toute la nuit, assis
sur une couverture, l'arrivée du chef des rebelles, Matthews pressent qu'il
s'agit peut-être d'un moment historique. En effet. Le jeune Fidel Castro finit
par le rejoindre et lui accorde un entretien de trois heures – le scoop de sa
vie. "Il y avait un reportage à écrire et une censure à braver, écrira
Matthews dans ses Mémoires. C'est ce que j'ai fait, et ni Cuba ni les Etats-Unis
n'allaient être les mêmes après cela." Deux jours plus tard, Nancy dissimule
dans sa gaine les notes de son mari, qui portent la signature de Castro
comme gage d'authenticité, et les Matthews rentrent aux Etats-Unis. Les 24, 25 et
26 février 1957, le New York Times publie trois grands articles, dont deux
en première page. Ils décrivent en détail la corruption du régime et les
atrocités commises par l'armée, tout en dénonçant le soutien militaire et
diplomatique des Etats-Unis au régime de Batista.
REBELLE CHARISMATIQUE
Cette analyse récuse catégoriquement la ligne officielle qui fait de Cuba une
île prospère et docile, gouvernée par un régime favorable aux intérêts des
Etats-Unis – vision qui perdure au sein du gouvernement et du public
américain, malgré les signes croissants du fort mécontentement populaire. Matthews
fait l'éloge de tous les groupes d'opposition, mais il distingue et propulse sur
le devant de la scène Fidel Castro et le Mouvement du 26-Juillet (ce jour
où, trois ans et demi plus tôt, Castro attaquait la Moncada). Il est subjugué
par ce rebelle charismatique de 30 ans. Il relève que son programme politique
est assez vague, mâtiné de nationalisme, d'anticolo nialisme et
d'anti-impérialisme, mais souligne que Castro n'éprouve aucune animosité à l'égard des
Etats-Unis. Le journaliste estime que ces rebelles sont porteurs d'"un
changement radical et démocratique pour Cuba, et donc anticommuniste". Enfin, il
annonce que les guérilleros "dominent" militairement la Sierra Maestra et
humilient régulièrement la fleur de l'armée cubaine. Il cite Fidel Castro décrivant
ses troupes, "des groupes de dix à quarante combattants", et évalue lui-même
l'entourage du guérillero à une quarantaine d'hommes. En réalité, le Mouvement
du 26-Juillet ne compte pas plus de dix-huit compañeros, certes motivés et
solidement idéalistes, mais mal armés et complètement isolés.
Deux ans plus tard, Castro racontera, à l'Overseas Press Club, à New York,
devant un Herbert Matthews un peu gêné, comment il trompa le reporter : durant
l'interview, ses hommes échangèrent leurs fripes et tournèrent autour du
journaliste pour lui donner l'impression qu'ils étaient plus nombreux. Raul
interrompit même l'entretien pour donner des nouvelles d'une "seconde colonne"
imaginaire.
Enragé par les articles du Times, Arthur Gardner, l'ambassadeur des
Etats-Unis à La Havane, se hâte de rassurer Washington : Batista a la situation "bien
en main". Le commandant militaire de la province d'Oriente, dont les hommes
sont chargés d'éliminer les derniers rebelles, affirme d'ailleurs que "les
déclarations de cet homme de presse nord-américain sont absolument fausses car
il est physiquement impossible de se rendre dans la zone où l'interview
imaginaire a prétendument eu lieu. Personne ne peut pénétrer cette zone sans être
vu". "A mon avis", conclut-il, Matthews "n'a jamais mis les pieds à Cuba".
Dans l'île, toutefois, les articles font l'effet d'une bombe. Castro, qui a
envoyé un de ses hommes à New York pour les photocopier en urgence, fait
distribuer sous le manteau des milliers de copies, de La Havane à Santiago de
Cuba. Quel ques jours plus tard, Batista lève temporairement la censure,
permettant aux radios et journaux locaux de commenter les articles du Times : tous
les opposants au régime apprennent ainsi que Castro est vivant, et que la
lutte continue. Une propagande inespérée.
Pour sauver la face, le ministre de la défense cubain déclare alors que
"Monsieur Matthews n'a pas interviewé l'insurgé communiste Fidel Castro" et que
"l'interview et les aventures décrites par le correspondant Matthews peuvent
être considérées comme le chapitre d'un roman de fiction". Il s'étonne même de
ce que le reporter n'en ait pas profité pour se faire photographier avec
Castro afin d'authentifier cette fable. Le New York Times s'empresse alors de
publier la déclaration du ministre… accompagnée de la photo, prise par l'un des
rebelles, désormais exposée au Musée de La Havane. Batista est convaincu
qu'il s'agit d'un montage.
Mais le président de la Banque nationale de Cuba a compris. Il lui souffle
alors : "Si c'est publié dans le New York Times, c'est vrai à New York, vrai à
Berlin, vrai à Londres et vrai à La Havane. Vous pouvez être certain que le
monde entier croit à cette histoire." La suite est connue. Le 8 janvier
1959, après deux ans de combats, Fidel Castro fait une entrée triomphale à La
Havane avec des milliers de guérilleros. Cela fait maintenant deux ans
qu'Herbert Matthews, devenu le "Monsieur Cuba" du New York Times depuis cette fameuse
interview, écrit presque tous les articles et les éditoriaux sur le sujet.
Jamais il ne s'est départi de sa première impression : Castro, répète-t-il,
n'est pas un communiste. Il implore les Américains d'ignorer son mauvais
caractère et ses déclarations intempestives. Il les enjoint même de soutenir cette
révolution sociale et les prévient que, dans le contexte de la guerre froide,
la détérioration des relations avec Cuba ferait tomber l'île dans
l'escarcelle des communistes qui tentent déjà, là-bas, de s'approprier la révolution.

RESPONSABLES DE L'ÉCHEC
Mais en 1960, la ligne rouge est franchie : la réforme agraire heurte
directement les intérêts économiques américains et les relations diplomatiques se
tendent dangereusement. Au sein du New York Times, Matthews est graduellement
marginalisé, jugé coupable de subjectivité. Il continue d'écrire des
éditoriaux mais n'est plus envoyé sur place. En janvier 1961, le président Eisenhower
rompt les relations diplomatiques avec La Havane; la révolution glisse vers
le communisme – les Etats-Unis ont perdu Cuba. Pour la droite américaine, les
alliés de Batista et la presse conservatrice, Herbert Matthews et le New
York Times sont, et demeurent aujourd'hui, les responsables de cet échec.
En 1960, l'ambassadeur Earl T. Smith, qui remplace Gardner, accuse le
journaliste d'avoir influencé le département d'Etat américain. Devant le
sous-comité du Sénat aux affaires intérieures, il annonce que les articles du New York
Times "ont permis à Castro d'acquérir une stature internationale et une
reconnaissance mondiale. Jusque-là, Castro n'avait été qu'un autre de ces bandits
des montagnes d'Oriente (…)". La même année, une caricature parue dans la
revue conservatrice The National Review montre Castro, à cheval sur Cuba, avec
cette légende : "J'ai trouvé mon job dans le New York Times." Dans une lettre
adressée à son ami Ernest Hemingway, rencontré pendant la guerre civile
espagnole, Matthews raconte que des manifestants se sont groupés devant
l'immeuble du New York Times pour protester contre lui. "Qu'est-ce que je ne dois pas
subir ces temps-ci", se plaint-il. Il est profondément déçu par la tournure
que prennent les événements, tant à Cuba qu'aux Etats-Unis. Mais il reste
persuadé qu'il ne s'est pas trompé, que Castro n'était pas communiste, qu'il a
opéré un rapprochement pragmatique avec ce parti seulement à partir de 1960.
Après avoir reçu des menaces de mort, le journaliste est placé sous
protection du gouvernement. Il doit quitter préci pitamment l'estrade de l'université
du Nouveau-Mexique suite à une alerte à la bombe. Il est aussi exclu de
l'Association interaméricaine de la presse et préfère éviter l'Overseas Press
Club. En 1965, Eisenhower lui-même l'accuse d'avoir, "presque à lui tout seul",
fait de Castro "un héros national".
Même après sa mort, en 1977, vingt ans après sa rencontre avec Fidel Castro
dans la Sierra Maestra, Matthews est resté dans le collimateur des
conservateurs. En 1987, William Ratliff, un chercheur de la Hoover Institution de
l'université Stanford, dira encore : "Rarement dans l'histoire un seul écrivain
aura donné le ton avec autant d'influence (…) quant à un personnage, un
mouvement, un phénomène historique." Herbert Matthews niera toujours avoir "fait"
Castro. A ses yeux, il s'agissait "d'un homme promis à une destinée hors du
commun qui aurait fini de toute façon par s'imposer". C'est fort probable. Mais
les articles du New York Times ont peut-être accéléré le cours de
l'histoire.
Deux ans plus tard, Castro racontera comment il trompa le reporter. Raul
interrompit même l'entretien pour donner des nouvelles d'une "seconde colonne"
imaginaire.
Julie Pêcheur

13:56 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

07/03/2008: Rafael Correa ...


-------- Message original --------
Sujet: Fidel Castro, Correa et Raùl Reyes
Date: Fri, 7 Mar 2008 10:14:05 +0100
De: melusine <melusine@nerim.net>
Répondre à :: melusine <melusine@nerim.net>



----- Original Message -----
Sent: Friday, March 07, 2008 6:49 AM
Subject: Fidel Castro, Correa et Raùl Reyes


RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL

Rafael Correa

Je me rappelle la visite qu’il nous a faite, quelque mois avant le début de la campagne électorale à laquelle il pensait se présenter comme candidat à la présidence de l’Équateur. Il avait été ministre de l’Économie du gouvernement d’Alfredo Palacio, un chirurgien au grand prestige professionnel qui nous avait aussi rendu visite en sa condition de vice-président du pays, avant d’accéder à la présidence du fait de circonstances imprévues, et qui avait été réceptif à un programme d’opérations ophtalmologiques que nous lui avions offert à titre de coopération. Il existait de bonnes relations entre nos deux gouvernements.

Correa venait de démissionner de son poste de ministre de l’Économie. Il était en désaccord avec ce qu’il qualifiait de corruption administrative attisée par Oxy, une société étrangère qui avait fait de la prospection pétrolière et de gros investissements, mais qui s’emparait de quatre barils de pétrole sur cinq. Il n’avait pas parlé de la nationaliser, mais de lui faire payer des impôts élevés dont le montant serait assigné à des investissements sociaux détaillés. Il avait déjà approuvé les mesures correspondantes qu’un magistrat avait déclarées valides.

Comme il n’avait pas prononcé le mot « nationalisation », je pensais que le concept lui faisait peur. Ce qui ne m’étonnait pas, d’ailleurs, puisqu’il avait fait de brillantes études d’économie dans une université bien connue des États-Unis. Je n’avais pas cherché à aller plus loin dans ce domaine, mais je le criblais de questions tirées de l’arsenal que j’avais accumulé dans la lutte contre la dette extérieure que nous avions engagée en 1985 et de l’expérience cubaine elle-même.

Il existe des investissements à risque extrêmement lourds et impliquant des technologies de pointe qu’aucun pays de la dimension de Cuba ou de l’Équateur ne pourrait assumer.

Comme, en 2006, nous étions résolument décidés à promouvoir la révolution énergétique que Cuba été le premier pays au monde à proclamer comme une question vitale pour l’humanité, j’avais insisté particulièrement sur cette question. Je me suis arrêté après avoir saisi l’une de ses raisons.

Je lui ai raconté la conversation que j’avais eue peu de temps auparavant avec le président de la compagnie espagnole Repsol. Celle-ci, associée à d’autres compagnies internationales, allait entreprendre une opération coûteuse pour forer off-shore, à plus de deux mille mètres de profondeur, en recourant à des techniques de pointe, dans les eaux juridictionnelles de Cuba. J’ai demandé au chef de la société espagnole : Combien coûte un puits d’exploration ? Je vous pose la question parce que nous voulons participer ne serait-ce qu’à 1 p. 100 de ces coûts, et nous voulons savoir ce que vous pensez faire de notre pétrole.

De son côté, Correa m’avait raconté que de cent dollars obtenus par les compagnies, seulement vingt revenaient au pays, que ces sommes n’étaient même pas inscrites au budget, affirmait-il, mais étaient versées à un fonds à part destiné à n’importe quoi, sauf à l’amélioration des condition de vie du peuple.

J’ai dérogé aux normes, m’a-t-il dit, et j’ai alloué 40 p. 100 de ce fonds à l’éducation et à la santé, au développement technologique et routier, et le reste au rachat de la dette au cas où son prix nous favoriserait, ou au contraire à des investissements dans quelque chose de plus utile. Avant, nous devions acheter chaque année une partie de cette dette qui ne cessait d’enchérir.

Dans le cas de l’Équateur, a-t-il ajouté, la politique pétrolière frisait la trahison à la patrie. Pourquoi le faites-vous, ai-je demandé ? Par peur des Yankees ou pour des pressions insupportables ? Il m’a répondu : Si vous avez un ministre de l’Économie qui vous dit qu’en privatisant, vous améliorez l’efficacité, pensez donc un peu … Moi, je n’ai pas fait ça.

Je l’encourage à poursuivre et il m’explique calmement : La société étrangère Oxy est une entreprise qui a résilié son contrat et qui tombe, aux termes des lois équatoriennes, sous le coup de la caducité. Ce qui veut dire que le champ opéré par cette société doit passer aux mains de l’État. Mais, à cause des pressions des Yankees, le gouvernement n’ose pas l’occuper, et il se crée une situation non prévue par la loi. La loi dit : caducité, un point c’est tout. Le juge de première instance, qui était président de PETROECUADOR, en a décidé ainsi. J’étais membre de PETROECUADOR et on nous a convoqués d’urgence à une réunion pour le chasser de son poste. Je n’y ai pas assisté et on n’a pas pu le licencier. Le juge a déclaré la caducité.

Que voulaient les Yankees, ai-je demandé ? Ils voulaient une amende, explique-t-il aussitôt. En l’écoutant, j’ai compris que je l’avais sous-estimé.

J’étais pressé, une foule d’engagements m’attendait. Je l’ai invité à assister à une rencontre avec un groupe nourri de professionnels cubains hautement qualifiés qui devaient partir en Bolivie rejoindre la brigade médicale. Celle-ci compte le personnel suffisant pour plus de trente hôpitaux, dont, entre autres activités, dix-neuf postes opératoires qui permettent de faire plus de  130 000 opérations de la vue par an, tout ceci sous forme de coopération gratuite. En Équateur, il existe trois centres similaires, dotées de six postes opératoires en ophtalmologie.

Le dîner avec cet économiste équatorien s’est prolongé jusqu’au 9 février 2006, tard dans la nuit. C’est à peine si j’ai laissé passer une question sans l’aborder. Je lui ai même parlé du mercure si nocif que les industries modernes déversent dans les mers de la planète. J’ai insisté bien entendu sur la surconsommation ; sur le coût élevé du kilowatt-heure dans les centrales thermiques ; sur les différences entre les formes de distribution socialiste et communiste ; sur le rôle de l’argent ; sur le billion de dollars gaspillé en publicité et que les peuples amortissent forcément dans les prix des marchandises, et sur les études réalisées par des brigades sociales d’étudiants qui ont recensé, parmi les cinq cent mille foyers de la capitale, la quantité de personnes âgées vivant seules. Je lui ai expliqué l’étape d’universalisation des études universitaires dans laquelle nous étions engagés.

Nous sommes restés très amis, quoiqu’il ait peut-être eu l’impression que j’étais suffisant. En ce cas, ça a été totalement involontaire de ma part.

Depuis, j’ai observé chacun de ses pas : les élections, sa vision des problèmes concrets des Équatoriens, la victoire populaire sur l’oligarchie.

L’histoire unit beaucoup nos deux peuples : Sucre a toujours été une figure extraordinairement admirée, aux côtés de celles de Bolivar. Selon Marti, ce que ce dernier n’a pas fait reste à faire en Amérique ; selon Neruda, il se réveille tous les cent ans.

L’impérialisme vient de commettre un crime monstrueux en Équateur. Des bombes meurtrières ont été larguées au petit matin sur un groupe d’hommes et de femmes qui, presque sans exception, étaient en train de dormir. On le déduit de tous les rapports officiels émis dès le premier instant. Les accusations concrètes contre ce groupe de personnes ne justifient pas l’action engagée. Ce sont des bombes yankees qui sont tombées, guidées par des satellites yankees.

Absolument personne n’a le droit de tuer de sang-froid. Si nous acceptons cette méthode impériale de guerre et de barbarie, des bombes yankees guidées par des satellites peuvent tomber sur n’importe quel groupe d’hommes et de femmes d’Amérique latine, sur le territoire de n’importe quel pays, avec ou sans guerre. Que cette action se soit produite sur une terre dont les preuves indiquent qu’elle était équatorienne constitue une circonstance aggravante.

Nous ne sommes pas ennemis de la Colombie. Mes Réflexions antérieures et nos échanges prouvent combien nous nous sommes efforcés, tant l’actuel président du Conseil d’État cubain que moi-même, de nous en tenir à la politique de principe et de paix que nous avons proclamée depuis des années dans nos relations avec les autres États d’Amérique latine.

Que tout ceci soit à présent en danger ne nous convertit pas en belligérants. Nous sommes des partisans décidés de la paix entre les peuples de ce sous-continent que Marti a baptisé comme Notre Amérique.

Garder le silence ferait de nous des complices. On veut maintenant asseoir notre ami, l’économiste et président de l’Équateur, Rafael Correa, au  banc des accusés, ce que je n’aurais jamais pu concevoir dans la nuit du 9 février 2006. Mon imagination semblait capable d’envisager des rêves et des risques de toute sorte, sauf quelque chose d’approchant à ce qui s’est passé samedi 1er mars 2008, au petit matin.

Correa a pu réunir les rares survivants et le reste des cadavres. Les deux qui manquent prouvent que le territoire équatorien a été occupé par des troupes ayant franchi la frontière. Tout comme Emile Zola, il peut maintenant s’écrier : J’accuse !

Fidel Castro Ruz

4 mars 2008

20 h 36



13:26 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

12/03/2008

11/03/2008: LES $300 MILLIONS DE CHAVEZ AUX FARC : UNE INVENTION...



-------- Message original --------

Sujet: une invention :les 300 millions de d. de Chavez aux Farc
Date: Tue, 11 Mar 2008 23:00:37 +0100
De: linala@club-internet.fr


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http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6148
 
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http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6148
 
8 mars 2008
LES $300 MILLIONS DE CHAVEZ AUX FARC : UNE INVENTION

PALAST Greg
 
Raul Reyes et son ordinateur portable magique
Rédaction : bien que les événements aient évolué depuis la
rédaction de cet article de Greg Palast, ce dernier nous donne un
petit - tout petit - aperçu de l’étendue de la désinformation,
volontaire ou non, à laquelle les grands médias peuvent se livrer.
Bonne lecture quand même.

C’est dingue, non ?

Le semaine dernière, la Colombie a envahi l’Equateur, a tué un chef
de la guérilla dans la jungle, puis a ouvert son ordinateur portable
et… devinez ce que les Colombiens ont trouvé ? Un message à Hugo
Chavez selon lequel il aurait envoyé 300 millions de dollars aux FARC
pour acheter de l’uranium et fabriquer une bombe !

C’est ce que Bush nous raconte. Et il le tient de son copain, l’étrange
président d’extrême droite de la Colombie, Alvaro Uribe.

Donc : une fois l’acte accompli, la Colombie justifie sa tentative de
provoquer une guerre des frontières comme un acte destiné à
éliminer la menace d’une Arme de Destruction Massive ! Hum... on a
déjà entendu ça, quelque part...

La presse étasunienne a repris l’histoire des « 300 millions de dollars
de Chavez aux terroristes » en moins de temps qu’il n’aurait fallu au
jeune Bush pour sniffer un rail de poudre colombienne.

Ce que la presse étasunienne a omis de faire [pas que cette presse
là, d’ailleurs – NDT] c’est de vérifier l’information fournie par un
courrier électronique trouvé dans un ordinateur portable magique.
(On suppose que les dernières paroles du dirigeant des FARC furent,
« et mon mot de passe est … »)

J’ai lu ce courrier. Et vous aussi vous pouvez le lire, ici :
http://www.gregpalast.com/farc-docu...

Vous pouvez lire tout le document en espagnol, mais voici la
traduction du seul et unique passage qui fait mention des prétendus
300 millions de Chavez :

« … en ce qui concerne les 300, que nous désignerons désormais
comme le "dossier", des efforts sont déployés sur instructions du
chef au "cojo" (terme d’argot pour "handicapé"), que j’expliquerai
dans un autre courrier. Appelons le patron "Angel" et le handicapé
"Ernesto" ».

Vous avez compris ? Où est Hugo ? Où sont les 300 millions ? Et de
quels 300 parle-t-on ? En fait, remis dans le contexte, la note parle
de l’échange d’otages avec les FARC sur lequel Chavez travaillait à
l’époque (le 23 décembre 2007), à la demande du gouvernement
colombien. En réalité, tout le reste du courrier ne parle que des
modalités d’échange des otages. Voici la suite :

« pour accueillir les libérés, Chavez propose trois solutions : Plan A.
Recourir à une « caravane humanitaire » qui impliquerait le
Venezuela, la France, le Vatican [ ?], la Suisse, l’Union Européenne,
des démocrates [société civile], l’Argentine, la Croix-Rouge, etc. »

Pour ce qui concerne les 300, il me faut souligner que le précédent
échange des FARC concernait 300 prisonniers. S’agit-il des mêmes
300 dont parle Reyes ? Qui sait ? A la différence d’Uribe, de Bush et
de la presse US, je ne vais pas me lancer dans des conjectures ou
inventer une histoire fantasmagorique sur Chavez et des courriers
envoyés au milieu de la jungle.

Pour apporter de l’eau à leur moulin, les Colombiens affirment, sans
aucune preuve, que le mystérieux « Angel » est le nom de code de
Chavez. Mais dans le courrier découvert, Chavez est appelé par le
nom de code de… Chavez.

Et alors ? Et alors, ceci…

L’invasion de l’Equateur est une violation flagrante du droit
international, condamnée par tous les pays latins membres de
l’Organisation des Etats d’Amérique. Mais George Bush a tout
simplement adoré. Il a appelé Uribe pour soutenir la Colombie contre
« les assauts incessants des narco-terroristes ainsi que les
manœuvres provocatrices du régime vénézuelien ».

Notre président s’est peut-être bien un peu mélangé les pinceaux,
mais Bush sait ce qu’il fait : il soutient son dernier allié vacillant en
Amérique du Sud, Uribe, qui est désespéré et dans une situation
politique difficile. Uribe affirme qu’il va traîner Chavez devant la Cour
Pénale Internationale. Si Uribe s’y rend en personne, je lui suggère
d’apporter sa brosse à dents : on vient de découvrir que des
escadrons de la mort d’extrême droite on tenu des réunions
préparatoires dans le ranch même d’Uribe. Les amis d’Uribe ont été
convoqués devant la Cour Suprême colombienne et risquent la
prison.

En d’autres termes, c’est le moment où jamais pour Uribe de sortir ce
vieux lapin politique de son chapeau, la menace d’une guerre, pour
noyer les accusations de crimes portées contre lui. De plus, les
attaques d’Uribe ont littéralement mis fin aux négociations en tuant
le négociateur des FARC, Raul Reyes. Reyes était en pourparlers
avec l’Equateur et Chavez sur un nouvel échange de prisonniers.
Uribe avait autorisé les négociations. Cependant, Uribe savait que si
ces négociations aboutissaient à la libération de prisonniers, tout le
crédit en serait revenu à l’Equateur et à Chavez, et tout le discrédit
sur lui.

Heureusement pour un continent au bord d’une explosion, le
président de l’Equateur, Raphael Correa, est un des hommes les
plus réfléchis et les plus posés qu’il m’est arrivé de rencontrer.

Correa s’est rendu à Brasilia et Caracas pour tenter d’empêcher un
embrasement. Tout en plaçant des troupes à la frontière car aucun
chef d’état ne peut tolérer de voir des blindés étrangers fouler le
territoire national. Correa refuse que l’Equateur serve de sanctuaire
aux FARC. En fait, l’Equateur a démantelé 47 bases des FARC, plus
même que l’armée corrompue de la Colombie.

Pour sa gestion calme et posée de la crise, je vais pardonner à
Correa de s’être excusé d’avoir qualifié Bush de « Président crétin
(dimwitted - NDT) qui a causé beaucoup de dégâts dans son pays et
dans le monde. » (voir un extrait de mon interview de Correa ).

L’heure des amateurs a sonné

Nous pouvons faire confiance à Correa pour maintenir la paix au sud
de la frontière. Mais pouvons-nous faire confiance aux futurs
ex-présidents ? L’actuel occupant du bureau ovale, George Bush, ne
peut tout simplement pas s’en empêcher : une invasion illégale par
un promoteur des escadrons de la mort lui conviendrait
parfaitement.

Mais devinez qui n’a pas pu s’empêcher d’imiter Bush ? Hillary
Clinton, qui en est encore à expliquer que son vote en faveur de
l’invasion de l’Irak n’était pas un vote en faveur de l’invasion de
l’Irak, a fait une déclaration en termes quasi identiques à ceux de
Bush, qualifiant l’invasion de l’Equateur comme le droit de la
Colombie « à se défendre ». Elle ajouta, « Hugo Chavez doit cesser
ses provocations ». Ah bon ?

Je pensais qu’Obama éviterait ce terrain miné – surtout après avoir
été accusé d’être un amateur en politique étrangère pour avoir
suggéré qu’il franchirait la frontière Pakistanaise pour pourchasser
les terroristes. Il est embarrassant de voir Barack répéter
pratiquement mot pour mot les phrases de Hillary en déclarant « le
gouvernement Colombien a tout à fait le droit de se défendre ».

(Je suis certain que la position de Hillary n’a rien à voir avec le prêt
pour sa campagne électoral accordé par Frank Giustra. Giustra a
versé plus de 100 millions de dollars aux projets de Bill Clinton.
L’année dernière, Bill Clinton a présenté Giustra à Uribe, le président
Colombien. Aussi sec, Giustra a signé un accord juteux avec Uribe
sur le pétrole colombien.)

Sans oublier M. Héros de la Guerre, John McCain, qui en tient déjà
une sacrée couche, et qui a déclaré que « Hugo Chavez est en train
d’instaurer une dictature » probablement parce que, contrairement à
Bush, Chavez, lui, fait compter tous les bulletins de vote lors des
élections vénézueliennes.

Mais voici que les choses deviennent vraiment vicieuses.

Le critique des medias Jeff Cohen m’avait dit qu’il fallait guetter le
moment où la presse allait commencer à qualifier McCain d’expert en
politique étrangère et les Démocrates d’amateurs. Et ça n’a pas
loupé. Le New York Times, dans son édition de mercredi, qualifia
McCain de « pro de la sécurité nationale ».

McCain, c’est ce « pro » qui avait affirmé que la guerre en Irak ne
coûterait pratiquement rien en terme de vies et d’argent.

Mais, parlant de l’invasion de l’Equateur par la Colombie, McCain a dit
« j’espère que les tensions baisseront, que le président Chavez
retirera ces troupes de la frontière – de même que les Equatoriens –
et que les relations continuent à s’améliorer entre les deux. »

Ce n’est pas tout à fait de l’anglais (les approximations
grammaticales de McCain ont été plus ou moins rendues dans la
traduction française – NDT), mais ce n’est définitivement pas du
Bush. Et bizarrement, ce n’est définitivement pas du Obama ou du
Clinton en train de saluer bruyemment l’agression Colombienne
contre l’Equateur.

Démocrates, entendez-vous ? Il y a quelque chose de pire que de
voir les medias accuser Obama et Clinton d’être des amateurs, et
c’est de voir les candidats Démocrates se démener comme des fous
pour leur donner raison.

Greg Palast
6 mars 2008

Traduction par Le Grand Soir

18:41 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

07/03/2008

07/03/2008: Quel est exactement le rôle de la France ?


-------- Message original --------
Sujet: Quel est le rôle de la France ?
Date: Fri, 7 Mar 2008 08:30:43 +0100
De: bleitrach.danielle <bleitrach.danielle@wanadoo.fr>


Quel est exactement le rôle de la France ?

http://socio13.wordpress.com/

Notons deux faits : j'inscris ici un article argentin parmi tous ceux que je reçois journellement et qui disent la même chose sur la crédibilité d' uribe dans cette affaire. Si nous prenons la presse française dont on sait à quel point elle est désormais tenue en laisse par le pouvoir jamais une telle analyse ne transparait, on s'interroge au meilleur des cas sur la crédibilité des documents trouvés dans l'ordinateur, mais jamais n'est posé la question de ce qu'a réellement fait uribe, il s'agit de montrer des latinos excessif et un Chavez hors de lui alors que cela ne le concerne pas. Uribe devient plus ou moins un simple maladroit, la caution des Etats-Unis le protège. Jamais il n'est fait état du rôle réel de la France ou alors c'est une petite phrase égarée.

la question que l'on peut pourtant se poser est celle de savoir si la france n'agit pas en liaison avec les Etats-Unis pour créer ce piège, en inventant un président humanitaire soucieux des otages et confronté à la fois aux méchants Farc et à l'irresponsable Chavez mais dans les faits ayant contribué au piège qui produit actuellement une crise d'une grande gravité en Amérique latine dont ici il n'est pas question. Quand est-ce que la gauche, les communistes vont-ils se décider à poser une question au gouvernment français sur son rôle réel dans ce drame ? Qui est complice de quoi ?

danielle Bleitrach

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Alvaro uribe ne veut pas la libération des otages

Por Luis Bruschtein
Même à l'’époque des dictatures militaires les dictateurs n’'ont jamais accompli d’'actes comme celui fomenté par Uribe en equateur. Malgré la parenté idéologique, les militaires étaient  sensibles la présence de forces d’'autres pays dans leurs territoires. Pour pouvoir le faire, ils ont créé une infrastructure spéciale nommée Opération Condor. Chaque fois qu’'un prédateur  entrait dans un pays voisin, il l’'annonçait et coordonnait l'’intrusion avec les locaux. Ce qu'’a fait le dirigeant colombien, Alvaro Uribe, n'’aurait pas été permis même par ces dictatures qui s’'appuyaient sur  une idéologie (la doctrine de la sécurité nationale et la troisième guerre mondiale) assez proche de l’'actuelle guerre contre le terrorisme de George Bush.
Le président équatorien Rafael Correa  a eu une réaction furibonde parce que l’'opération antiguerrillera a été exécutée alors que se déroulait un processus de négociation, qui avait été accepté  par le même Uribe, il était commencé par plusieurs pays, en particulier la France et l'’Equateur, utilisant comme porte parole et contact le président venezuelien Hugo Chavez. Tous sans complaisance  avec les FARC. Les forces armées de l'’Équateur ont démontés plus de 40 campements guerrilleros à la frontière. Personne ne peut dire que le président conservateur de la France, Nicolas Sarkozy, est pro guérilla. Et même Chávez a été très critique avec la guérilla colombienne.
Le processus de négociation pour la libération des otages a nécessité des contacts, des transactions (économiques et politique), et de ce fait, dans un processus de négociation on doit éviter les déclarations publiques qui peuvent leur nuire. Uribe s'avait parfaitement le contenu de tous les contacts et discussions avec les FARC dont le porte-parole était Raoul Reyes.
. Il y avait des précédent . Quand a eu lieu le premier échange sur les preuves de vie de vie des otages, Uribe a tendu un piège aux  messagers et rendu caduque ce début de négociation. Quand a eu lieu l’'Opération Emanuel, les forces armées colombiennes ont bombardé durant un mois et demi la zone où devait se faire la remise des premiers otages et l'’opération n'’a pas pu se faire. Les Français disent que la négociation avait avancé à nouveau avec la libération d’'autres otages la semaine dernière. Pour eux, l'’accord pour libérer Ingrid Betancourt et d'’autres otages était imminent. C’'est à ce moment là que s'’est produite l’'attaque où a été assassiné le négociateur de la guérilla, qui pour accomplir sa mission  s'’était placé en situation très vulnérable. Bien que l'’opération eût été planifiée depuis quelques jours avant sa réalisation, Uribe n'en a pas prévenu Correa, qui en liaison avec Uribe négociait également avec les FARC.
Après l’'attaque, Uribe a menti à Correa, en lui disant que l’'action était une réponse défensive et Correa a réagi dans un premier temps avec résignation, en attribuant sûrement la responsabilité des faits à une attitude de provocation déraisonnable  de la part des FARC. Peu d'’heures plus tard, il s'’est rendu compte que l'’attaque sur son territoire avait été planifiée depuis un certain temps, que en premier lieu  Uribe la lui avait cachée et que de surcroît  il lui avait menti et que  lui même comme Chávez avaient été les acteurs involontaires du piège .
De fait Uribe a été déloyal avec tous parce qu'’il a présenté le contenu des négociations -auxquelles il avait consenties et dont il était informé- comme une complicité avec la guérilla. "Nous sommes fatigués des mensonges des FARC", dit Uribe pour empêcher  toute possibilité de négocier une sortie pacifique avec la guérilla. Le paradoxe est  que tout au long de ce processus sur déjà plusieurs mois, celui qui apparaît comme le protagoniste le moins fiable est Uribe lui même.
Traduit par danielle Bleitrach
Luis Bruschtein, Pagina/12 (Argentine), 6 mars 2008.
 
http://www.pagina12.com.ar/diario/elmundo/subnotas/100206-31579-2008-03-06.html
 


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18:48 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

05/03/2008

05/03/2008: FARC, assassinat du No2: qui a permis aux Américains d'identifier le téléphone satellitaire de Reyes ...

 -------- Message original --------

Sujet: FARC, assassinat du No2: qui a permis aux Américains d'identifier le téléphone satellitaire de Reyes
Date: Wed, 05 Mar 2008 01:22:11 +0100
De: Gilbert Leonard <gleonard2008-kr@yahoo.fr>


Paris, le 4 mars 2008,

Après l'assassinat de Raul Reyes, numéro 2 des FARC, par l'armée colombienne [qui au passage a violé le territoire équatorien sans déclencher de vives protestations] les médias mettent l'accent sur les relations qu'entretiendrait le FARC avec les pays de la région, notamment pour son financement.


L'AFP rapporte une source militaire selon laquelle "un coup de téléphone satellitaire de Raul Reyes et un informateur de l'armée ont permis de localiser avec précision le camp où vivait en territoire équatorien le numéro deux des Farc"

Alors que les opérations de libération d'otages semblaient progresser, faisant monter la côte de Hugo Chavez, cette attaque apparaît comme une opération planifiée et concertée non favorable à une libération immédiate de tous les otages.

Cela soulève une question importante.
Avec qui Raul Reyes était en communication quand il a été localisé par les services américains ?

Le quai d'Orsay a reconnu que Raul Reyes était l'interlocuteur des émissaires de la France, de la Suisse et de l'Espagne.
Raul Reyes était-il en communication avec l'un de ces émissaires ?
Son interlocuteur aurait-il été utilisé à son insu par les services américains ?
Son interlocuteur aurait-il piégé le numéro 2 du FARC en communiquant aux Américains des informations permettant de le localiser: numéro, heure, voire des informations géographiques ?


Gilbert Léonard

18:31 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

04/03/2008

04/03/2008: Mort de Raúl Reyes - Communiqué du Secrétariat de l'état major central des FARC-EP ...

-------- Message original --------

Sujet: Mort de Raúl Reyes - Communiqué du Secrétariat de l'état major central des FARC-EP
Date: Tue, 4 Mar 2008 14:38:59 -0500
De: Antonio Artuso <pueblo@sympatico.ca>



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Communiqué du secrétariat de l'état major central des Forces armées révolutionnaires de Colombie - Armée du Peuple ( FARC-EP )
 
Communiqué diffusé le mardi 4 mars 2008
 
1) Nous informons les peuples de Colombie et du monde de la mort du commandant Raúl Reyes, révolutionnaire intègre et exemplaire, qui a consacré sa vie à la cause des exploités, de la libération nationale et de la Grande Patrie latino-américaine, rêve de Bolívar.  Nous lui rendons hommage, ainsi qu'aux 15 autres guérilléros qui sont tombés avec lui.
 
2) Le commandant est tombé alors qu'il avait pour mission de réaliser, par l'intermédiaire du présidente Chávez, une entrevue avec le président Sarkozy pour trouver des solutions à la situation d'Ingrid Betancur et effectuer un échange humanitaire.
 
3) La trahison de l'attaque, la perversité et le cynisme d'Álvaro Uribe, ses mensonges sur les circonstances de la mort du comandant Raúl visent à tendre encore plus dangereusement les relations de son gouvernement avec les républiques soeurs, à réduire gravement les possibilités d'un échange humanitaires et à bloquer sérieusement les possibilités de réalisation d'un échange humanitaire, et elles ont empêché une solution politique au conflit avec ce régime paramilitarisé et favorable aux États-Unis.
 
4) Nous encourageons les présidents Hugo Chávez, Nicolás Sarkozy, Rafael Correa, Daniel Ortega, Cristina Fernández, Evo Morales, tous les gouvernements aimant la paix, les membres des familles des prisonniers et l'immense majorité de personnes qui appuient l'échange humanitaire à continuer à lutter pour l'évacuation de Florida et de Pradera.
 
5) La cause d'une paix basée sur la justice sociale, pour laquelle le commandant Raúl Reyes a donné sa vie, flotte toujours, comme un drapeau, sur les plus hautes montagnes de la Colombie.  Cette cause est inscrite dans la Plateforme bolivarienne, dans le Plan stratégique des FARC et dans la volonté inébranlable des guérilléros et du peuple dans tout le pays.  Nous nous souviendrons toujours de Raúl avec une profonde tendresse, et soulignerons sa fermeté révolutionnaire, sa persévérance, son opiniâtreté et son efficacité en faisant connaître à la communauté mondiale la réalité des FARC en tant qu'armée révolutionnaire, son intégrité et sa capacité de promouvoir et de dynamiser la stratégie bolivarienne qui vise l'unité continental.
 
6) Nous vous informons qu'à partir d'aujourd'hui le commandant Joaquín Gómez se joint en tant que membre à part entière au Secrétariat de l'état major central.
 
Honneur et gloire éternelle au commandant Raúl Reyes.
 
Pour une Colombie nouvelle, pour la Grande Patrie latino-américaine et pour le socialisme :
nous ne reculerons pas d'un pas!
 
Secrétariat de l'état major central des Forces armées révolutionnaires de Colombie - Armée du Peuple ( FARC-EP )

Des montagnes de la Colombia, le 2 mars 2008.

 

----- Original Message -----
From: Tonantzin
To: Undisclosed-Recipient:;
Sent: Tuesday, March 04, 2008 10:19 AM
Subject: Comunicado Secretariado del Estado Mayor Central de las FARC-EP
 
----- Original Message -----
From: Zacarías Blanco de la Barra
To: zblancodelabarra@yahoo.com
Sent: Tuesday, March 04, 2008 9:40 AM
 
Comunicado Secretariado del Estado Mayor Central de las FARC-EP
 
Marzo 4 de 2008

Comunicado

 1. Informamos al pueblo colombiano y a la opinión internacional, que ha muerto el comandante Raúl Reyes, revolucionario integral y ejemplar, que entregó toda su vida a la causa de los explotados, la liberación nacional y la Patria Grande que soñó Bolívar. Rendimos honores para él y para los otros 15 guerrilleros caídos a su lado.

2. El comandante, cayó cumpliendo la misión de concretar a través del Presidente Chávez, una entrevista con el presidente Sarkozy, donde se avanzara en encontrar soluciones a la situación de Ingrid Betancur y al objetivo del intercambio humanitario.

3. La alevosía del ataque, la perversidad y el cinismo mentiroso de Álvaro Uribe para deformar las circunstancias de la muerte del comandante Raúl, no solo tensionan peligrosamente las relaciones de este gobierno con las repúblicas hermanas, sino que golpearon de gravedad las posibilidades del Intercambio Humanitario y anularon la salida política al conflicto con este régimen paramilitarizado y pro-yanqui.

 4. A los presidentes Hugo Chávez, Nicolás Sarkozy, Rafael Correa, Daniel Ortega, Cristina Fernández, Evo Morales y a todos los gobiernos amigos de la paz, a los familiares de los prisioneros y a esa inmensa mayoría que apoya el Intercambio Humanitario los alentamos a continuar luchando por el despeje de Florida y Pradera.

5. La causa de la paz cimentada en la justicia social por la que el comandante Raúl Reyes ofrendó su vida, sigue ondeando en lo más alto de las montañas de Colombia, en la Plataforma Bolivariana, el Plan Estratégico de las FARC y en la voluntad inquebrantable de lucha de los guerrilleros y del pueblo en todo el país. A Raúl lo recordaremos siempre con profundo cariño, destacándose en él su firmeza revolucionaria, su perseverancia, su tesón y eficacia para dar a conocer ante la comunidad internacional la realidad de las FARC como ejército Revolucionario y, su entereza para dinamizar la estrategia bolivariana de unidad continental.

6. Informamos que el comandante Joaquín Gómez ingresa a partir de la fecha como miembro pleno del Secretariado del Estado Mayor Central.

Honor y Gloria eterna para el comandante Raúl Reyes.

¡Por la Nueva Colombia, la Patria Grande y el Socialismo: Ni un paso atrás!

Secretariado del Estado Mayor Central de las FARC-EP 

Montañas de Colombia Marzo 2 del 2008.

23:22 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

03/03/2008: Allocution de Felipe Pérez Roque, Ministre des Relations Extérieurs de la République de Cuba au Segment de Haut Niveau de la Septième Session du Conseil des Droits de l'Homme....

Allocution de Felipe Pérez Roque, Ministre des Relations Extérieurs de la République de Cuba au Segment de Haut Niveau de la Septième Session du Conseil des Droits de l'Homme.
Genève, le 3 Mars, 2008.

Excellences

Je m'adresse à vous au nom de Cuba, le pays en butte au blocus le plus prolongé et le plus cruel de l'Histoire, le petit pays insurgé qu'on menace d' « un changement de régime », auquel on ne pardonne pas sa noblesse et sa fermeté.

Que Cuba soit membre fondateur de ce Conseil prouve qu'en fin de compte, le droit prime la force, que la défense des principes vainc le pouvoir et l'argent. Qu'on ne peut tromper tout le monde tout le temps.

Nous avons conclu pour l'essentiel, durant l'année 2007, la construction institutionnelle du Conseil des droits de l'homme. C'est la victoire de notre majorité - en particulier du Mouvement des pays non alignés - sur le tout petit groupe de pays - tel ou tel puissant - qui a conspiré jusqu'au dernier moment pour faire échouer ce processus. C'est le résultat, nous le savons tous, d'un équilibre délicat.

Quand l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté en décembre 2007, à partir de l'action du Mouvement des pays non alignés, la résolution 62/129 portant approbation de la construction institutionnelle du Conseil des droits de l'homme, ceux qui, comme nous, s'étaient battus des années durant parce qu'ils étaient convaincus qu'il était possible et indispensable de créer un nouvel organe qui se substitue à la Commission des droits de l'homme, désormais discréditée, ont vu finalement récompensés leur patience et leurs efforts sérieux et honnêtes.

Voilà où nous en sommes aujourd'hui. Mais une question se pose : « Est-il bien sûr que le nouveau Conseil sera différent de la vieille Commission ? Sera-t-il vraiment un organe qui contribuera à la promotion et à la protection de tous les droits de l'homme pour tous les habitants de la planète ? »

Non, rien n'est moins sûr. C'est maintenant que le Conseil connaîtra vraiment le baptême du feu.

La légitimité du Conseil dépendra dans une bonne mesure de la façon dont fonctionnera en fin de compte le Mécanisme d'examen périodique universel.

Il ne suffira pas que tous les pays se soumette à ce mécanisme novateur : le Conseil devra fonctionner dans le respect le plus rigoureux des principes d'objectivité, d'impartialité et de non-sélectivité. Sinon, nous courrons carrément à l'échec.

Si ses conclusions et ses recommandations finissent par être fonction de la puissance et de l'influence de chaque pays, alors le Conseil répétera les mêmes erreurs qui ont fait voler en éclats la vieille Commission.

Si le Conseil s'érige de nouveau en tribunal chargé de juger les pays du Sud, en instrument d'agression contre ceux qui se rebellent, tout en regardant ailleurs quand il s'agit de violations de droits de l'homme commises par un puissant pays, alors le Conseil échouera lamentablement.

Et ce sera pis encore, car nous aurions droit de nouveau à la vieille Commission, déguisée maintenant sous le pelage d'une prétendue universalité.

Les puissants pays qui ont imposé à la Commission leurs intérêts mesquins et leur vision sont-ils prêts maintenant à rectifier ?

C'est la question à laquelle ils devront répondre dans les faits, non par des mots.

Le Conseil des droits de l'homme devra prouver maintenant qu'il est vraiment un organe différent, basé sur la coopération et le dialogue respectueux, sans sélectivité ni diktat. Un organe qui contribue vraiment, dans le plein respect de l'indépendance de chaque pays, à la promotion et à la protection des droits de l'homme dans le monde entier.

Aux hypercritiques, à ceux qui ont impitoyablement attaqué le Conseil parce qu'ils ont perdu leurs anciens droits et privilèges, à ceux qui n'ont pas compris que le monde change et que les peuples ont dit assez et se sont mis en marche, aux Etats-Unis et à tel ou tel « sceptique », je conseille l'humilité et la reflexion. Faire échouer les travaux du Conseil serait une énorme responsabilité dont ils devraient assumer la faute devant l'Histoire.

Messieurs les délégués

Le Mouvement des pays non alignés, qui a été un acteur clef dans la construction institutionnelle, défend la nécessité du Conseil des droits de l'homme. Celui-ci doit exister et doit en plus agir.

Tant qu'on menacera de bombarder une soixantaine de pays, qu'on appelle avec mépris de « sombres recoins du monde », ce Conseil des droits de l'homme devra exister et agir.

Tant que cinq combattants antiterroristes cubains resteront injustement et cruellement emprisonnés - ils le sont depuis bientôt dix ans - aux Etats-Unis, ce Conseil des droits de l'homme devra exister et agir.

Tant que quelqu'un défendra l'asphyxie comme un moyen légitime d'arracher des aveux, ce Conseil des droits de l'homme devra exister et agir.

Tant que l'on continuera d'enlever des personnes un peu partout, qu'on organisera des vols clandestins pour les transférer et qu'on les confinera dans des camps de concentration en plein XXIe siècle, ce Conseil des droits de l'homme devra exister et agir.


Tant que l'héroïque peuple palestinien n'aura pas son État à lui et n'exercera pas ses droits, ce Conseil des droits de l'homme devra exister et agir.

Tant que l'injustice et l'inégalité persisteront dans le monde, tant que celui-ci comptera presque 900 millions d'affamés, 800 millions d'analphabètes, 11 millions d'enfants mourant avant cinq ans, 600 000 femmes pauvres mourant à l'accouchement, ce Conseil des droits de l'homme devra exister et agir.

Tant que le droit au développement restera une chimère pour plus d'une centaine de pays, tant que 1,6 milliards de personnes continueront de ne pas savoir ce qu'est l'électricité, tant que persistera cet ordre économique et politique international injuste et fondé sur l'exclusion, ce Conseil des droits de l'homme devra exister et agir.

Messieurs les délégués

Mais 2007 a aussi été l'année de la victoire historique de Cuba, que tous ceux qui admirent la fermeté et l'honnêteté avec lesquelles notre pays a fait face et continue de faire face aux mensonges et à l'intoxication médiatiques ont aussi fêtée.

Au terme de vingt longues années de « lutte cubaine contre les démons », le Conseil des droits de l'homme a mis fin à la manoeuvre injuste et sélective que les Etats-Unis avaient conçue et imposée en guise de prétexte leur permettant de légitimer leur agression contre notre patrie.

Et voici le bilan de cette bataille inégale : Cuba, l'accusée, convertie en membre fondateur du Conseil, présidant le Mouvement des pays non alignés et oeuvrant d'une manière constructive à la consolidation du Conseil ; les Etats-Unis, notre accusateur, converti en un "Etat en banqueroute" en la matière, responsable des plus graves crimes et violations des droits de l'homme, ennemi du nouveau Conseil parce qu'ils n'ont pas pu le manipuler ni le contrôler, et que nous voyons maintenant aller sans cap ni autorité, à l'aveuglette, garant toujours des pires causes, défendant la torture, gérant des prisons secrètes, organisant des vols clandestins.

Voilà donc le dénouement de cette bataille : victoire éloquente du petit David - mais grand en dignité - sur le géant Goliath, puissant par ses armes nucléaires et ses menaces de guerres préventives, mais nain en matière d'autorité morale et de respect international, le plus précieux trésor auquel puisse aspirer un pays.

Et nous mettrons aussi fin un jour au blocus criminel qu'on nous impose pour tenter d'amener notre reddition par la faim et les maladies.

Et voilà pourquoi c'est maintenant, et seulement maintenant, une fois vaincus le chantage et le mensonge, que nous faisons de notre propre gré, d'une manière indépendante et souveraine, ce qu'on n'a pas pu et qu'on ne pourra jamais nous arracher comme concession.

Et voilà pourquoi c'est maintenant, et pas avant, que nous avons invité une nouvelle fois un rapporteur du Conseil et pourquoi, si le climat constructif qui prévaut aujourd'hui persiste et si la campagne contre nous ne reprend pas, nous en inviterons d'autres.

Et voilà pourquoi c'est maintenant, et pas avant, que nous avons signé les Pactes internationaux relatifs aux droits de l'homme.

Et voilà pourquoi c'est maintenant, et pas avant, que nous nous disposons à travailler sérieusement afin de nous présenter en 2009 devant le Mécanisme d'examen périodique universel.

Cuba réitère de nouveau aujourd'hui sa volonté de coopérer aux travaux du Conseil, de coopérer avec les mécanismes des droits de l'homme à caractère universel, non discriminatoires et respectant strictement notre souveraineté.

Elle réitère aussi sa décision inébranlable de faire face à toute nouvelle tentative d'introniser au Conseil la sélectivité, la politisation, le deux poids deux mesures et l'hypocrisie.

Messieurs les délégués

Un mot sur ma patrie, Cuba.

Notre pays vient de conclure des élections qui, en accord avec notre Constitution et nos lois, ont débuté en septembre dernier. Il s'est agit d'une sorte de référendum où notre peuple a appui massivement la Révolution et le socialisme à Cuba.

Les autorités locales et l'Assemblée générale ont été élues au suffrage direct et secret.

Bien que le président Bush ait appelé les Cubains à ne pas aller voter, presque 97 p. 100 des plus de huit millions d'électeurs l'ont fait. On verra bien si les États-Unis peuvent afficher de pareils résultats aux prochaines élections.

Bien que le président Bush ait appelé les Cubains à déposer un bulletin blanc, moins de 4 p. 100 des électeurs l'ont fait. Bien qu'il ait invité les Cubains à ne pas voter pour tous les candidats proposés, comme le recommandait la Révolution, 91 p. 100 des électeurs a soutenu librement et consciemment la totalité des candidats qu'elles proposait.

C'est là une victoire politique extraordinaire que nul ne peut occulter ni dénaturer.

Le monde a été témoin du civisme et de la culture politique du peuple cubain.

Fidel rit encore à Cuba de la réaction mesquine et médiocre de ceux qui croyaient que son autorité émanait de ses fonctions, de ceux qui croyaient qu'écarter Fidel de ses responsabilités ou l'assassiner était la solution magique pour liquider la Révolution cubaine.

Il s'avère que non. Parce que Fidel est son peuple ; parce que ses idées sont celles de son peuple ; parce que Raúl, fort de toute l'autorité que lui confère sa propre histoire, est aussi Fidel en matière de loyauté à la patrie, à la Révolution et au socialisme ; parce qu'en fin de compte Fidel est tout homme ou toute femme qui lutte dans le monde pour la justice et la liberté des peuples.

Et l'Empire se retrouve impuissant, sans savoir quoi faire ni que dire. Conscient qu'il ne peut empêcher les Cubains de prendre leurs propres décisions et de suivre le chemin qu'ils ont choisi librement. Et ceci s'explique parce que notre patrie a fait une profonde révolution sociale. Parce que le peuple y est vraiment au pouvoir. Parce que, pour une fois dans l'histoire, ceux d'en bas, les oubliés de toujours, sont enfin les députés, les ministres, les chefs militaires. Parce que le peuple est au pouvoir, maître de ses destinées et maître de son pays.

Voilà, messieurs les délégués, à quel carrefour se trouve Cuba. Soit sauver la Révolution et rester un peuple libre, soit retourner à la condition d'esclave, de colonie virtuelle, comme nous l'avons déjà été, d'un voisin puissant et vorace.

Je remercie ceux qui soutiennent notre lutte : ils sont nombreux, ils sont la majorité. Nous nous battons aussi pour l'indépendance et le respect des peuples que vous représentez.

Peu nous importe ceux qui soutiennent notre adversaire, par conviction, par hypocrisie ou par peur. Nous saurons porter au front la dignité qui leur fait défaut.

En cette année qui marque le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, Cuba renouvelle son engagement de lutter pour un monde de justice, de liberté et d'égalité pour tous. La gageure est énorme, mais notre optimisme l'est plus encore.

Je vous remercie.

20:04 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

04/03/2008: Politique du pire à Bogotá ...

-------- Message original --------
Sujet: Politique du pire à Bogotá par Maurice Lemoine
Date: Tue, 4 Mar 2008 19:15:25 +0100
De: ecolonna <e.colonna@free.fr>


lundi 3 mars 2008
Politique du pire à Bogotá

Porte-parole des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et ministre des affaires étrangères de cette organisation d’opposition armée, le commandant Raúl Reyes est mort, le 1er mars, en territoire équatorien (à moins de deux kilomètres de la frontière). Contrairement à ce qu’a affirmé dans un premier temps le président colombien Alvaro Uribe à son homologue équatorien Rafael Correa, il n’y a eu aucun affrontement entre le groupe de guérilleros qui accompagnait Reyes et l’armée colombienne. Ils ont été victimes, pendant leur sommeil, d’une « bombe intelligente » de technologie américaine larguée par un avion ayant violé de dix kilomètres — revenant sur son objectif par le sud — le territoire équatorien. Pénétrant également dans le pays voisin, un commando héliporté a parachevé le travail — le président Correa évoque un « massacre » —, emportant le seul corps de Raúl Reyes, comme un trophée.

Parvenue sur les lieux, l’armée équatorienne a trouvé, dans un campement provisoire, les corps des seize autres guérilleros en pyjama, ainsi que deux guérilleras blessées.

Raúl Reyes appartenait au secrétariat des FARC, l’instance dirigeante de cette organisation. Des sept hommes le composant, il était le plus vulnérable parce que le plus exposé. Ses contacts avec les journalistes et les émissaires négociant la libération des « prisonniers politiques » et des otages de la guérilla l’obligeaient à séjourner régulièrement dans la partie du Putumayo proche de la frontière équatorienne. Aucun service de renseignement, qu’il soit américain ou colombien, ne pouvait l’ignorer. Reyes connaissait les risques et les avait acceptés.

Plus qu’une victoire militaire — Reyes était un cadre politique —, il s’agit là d’un coup très dur porté aux tentatives menées pour résoudre la question de l’échange humanitaire — prisonniers des FARC contre guérilleros — demandé depuis des années par les FARC, les familles des otages, dont celle de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, et de nombreux représentants de la communauté internationale (parmi lesquels le président français Nicolas Sarkozy). Là était l’objectif de cette action.

Alors que le président Uribe refuse obstinément cette négociation, les efforts déployés par la sénatrice colombienne Piedad Cordoba (Parti libéral, droite) et le président vénézuélien Hugo Chávez venaient de porter leurs fruits. Six otages civils ont été libérés unilatéralement et sans conditions par les FARC. Ce geste d’ouverture plaçait en situation difficile Bogotá qui, dans sa logique guerrière, et en phase avec Washington, s’obstine à qualifier les FARC de groupe « terroriste », type d’organisation avec lequel aucun gouvernement ne saurait négocier. Il s’agit également de mettre un terme aux efforts couronnés de succès de M. Chávez — lesquels mettent en évidence, dans cette affaire, la mauvaise volonté du président colombien.

Cette attitude de M. Uribe ne s’est jamais démentie. On rappellera l’arrestation, en janvier 2004, à Quito, du commandant des FARC, Simón Trinidad, au cours d’une opération de la police équatorienne, en lien avec les services de renseignement colombiens et américains. Mandaté par son organisation, M. Trinidad se trouvait à Quito pour y mener des conversations — entre autres avec la France et le représentant des Nations unies James Lemoyne — sur le thème de l’échange humanitaire. Ramené en Colombie puis extradé aux Etats-Unis, M. Trinidad vient d’y être condamné, au terme d’un procès politique, à soixante ans de prison.

De la même manière, et pour les mêmes raisons, le commandant Rodrigo Granda fut enlevé à Caracas, en décembre 2004, par les services colombiens et des gardes nationaux vénézuéliens grassement rémunérés (1).

Outre l’inquiétude qu’elle provoque quant à un dénouement positif pour les « prisonniers politiques » des FARC (on sait Mme Betancourt en très mauvaise santé), le viol délibéré du territoire équatorien par l’armée colombienne provoque une grave crise régionale entre Quito, qu’appuie Caracas, et Bogotá.


(1) M. Granda a été libéré depuis, à la demande du président Sarkozy. Après un passage par Cuba, il a rejoint la guérilla.

Dans Le Monde diplomatique :

  • « Libérations en Colombie », La valise diplomatique, 13 janvier 2008.
    La médiation réussie du président vénézuélien Hugo Chávez et la libération, le 10 janvier 2008, par les FARC, de deux de leurs otages civils prouvent, s’il en était besoin, qu’un échange humanitaire est possible en Colombie pour peu que cette guérilla paysanne dispose d’un interlocuteur.
  • « Un chef des FARC parle », par Maurice Lemoine, août 2007.
    Entretien avec Rodrigo Granda, membre de la Commission diplomatique des FARC. Enlevé clandestinement par la police colombienne en décembre 2004 à Caracas, et libéré en juin 2007, il donne sa version des tractations impliquant les FARC et leurs otages.
  • « Dans l’inhumanité du conflit colombien », par Laurence Mazure, mai 2007.
    Reportage dans un pays secoué par le scandale de la « parapolitique », provoqué par les relations de certains membres du monde politique et économique avec les paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (AUC). Ces dernières sont responsables à 70 % des fosses communes mises au jour sur le territoire.
  • « La Colombie d’Ingrid Betancourt » (M. L.), avril 2006.
    La lecture faite en France de la réalité colombienne comporte bien des points aveugles. Mise en perspective, à travers un reportage, des récupérations discutables dont fait l’objet la cause d’Ingrid Betancourt.
  • « Impunité pour les paramilitaires colombiens », par Carlos M. Gutiérrez, octobre 2005.
    La « loi de justice et de paix », par laquelle le président Alvaro Uribe prétend « faire la paix » avec les groupes paramilitaires d’extrême droite, est rebaptisée par le New York Times « loi de l’impunité pour assassins de masse, terroristes et grands trafiquants de cocaïne ».
  • « Comment des milliers de militants ont été liquidés en Colombie », par Iván Cepeda Castro et Claudia Girón Ortiz, mai 2005.
    Parti légal, l’Union patriotique a été littéralement décimée. Cette tragédie révèle « un contexte de démocratie formelle camouflant des techniques sophistiquées d’élimination systématique des opposants ».
  • « Les paramilitaires au cœur du terrorisme d’Etat colombien » (H. C. O), avril 2003.
    Les paramilitaires des AUC, par ailleurs principaux exportateurs de cocaïne du pays, ne sauraient être considérés comme le « troisième acteur » du conflit colombien, au même titre que les mouvements de guérilla et le gouvernement : « C’est le bras clandestin et illégal de l’Etat », dénonce un défenseur des droits humains.
  • « En Colombie, la bataille du sud Bolivar » (M. L.), octobre 2001.
    Le sabotage des négociations du gouvernement d’Andrés Pastrana — prédécesseur d’Alvaro Uribe — avec l’autre guérilla du pays, l’Armée de libération nationale (ELN), illustre la détermination de l’armée et des paramilitaires colombiens à garder la main.

Toujours disponible :

  • Amérique latine rebelle, Manière de voir n° 90, décembre 2006-janvier 2007.
    Une vague d’élections a porté la gauche au pouvoir dans nombre de pays d’Amérique latine. Les espoirs de réformes sont immenses au sein d’une population qui attend depuis si longtemps.

19:35 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |