20/06/2009

20/06/2009: Les mensonges de Reporters sans frontières sur le Venezuela...

Sent: Saturday, June 20, 2009 1:39 PM
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Subject: Salim Lamrani "allume" les mensonges de RSF à propos du venezuela

 
 
 Les mensonges de Reporters sans frontières sur le Venezuela

 Salim Lamrani

 

            Le 29 mai 2009, Reporters sans frontières a publié une lettre ouverte destinée au président vénézuélien Hugo Chávez dans laquelle l’association dénonce « une véritable charge du pouvoir et de l’administration » contre Globovisión, « une chaîne privée d’information ». Selon l’organisation parisienne, Globovisión « fait l’objet d’une procédure administrative pouvant mener à sa suspension d’antenne pour une durée de soixante-douze heures » pour avoir « relayé l’information [du séisme du 4 mai 2009] en se référant aux données de l’Institut géologique des Etats-Unis1 ».

 

            Les autorités vénézuéliennes reprochent à la chaîne « d’avoir enfreint l’article 29 de la Loi de responsabilité sociale en radio et télévision (Loi Resorte) sanctionnant les médias qui ‘promeuvent, font l’apologie ou incitent à la guerre ; promeuvent, font l’apologie ou incitent aux altérations de l’ordre public ». RSF questionne : « En quoi une information donnée sur un tremblement de terre, pour imparfaite qu’elle puisse être, cadre-t-elle avec la définition de l’infraction2 ?».

 

            Présentée de cette manière, l’affaire a de quoi surprendre l’opinion publique internationale. Mais contrairement à ce qu’affirme RSF, la réalité est autre et soigneusement éludée par l’entité française de « défense de la liberté de la presse ».

 

Globovisión contre la démocratie

 

            Depuis 1998, Globovisión n’a eu de cesse de s’opposer au gouvernement démocratique d’Hugo Chávez. En avril 2002, la chaîne de télévision avait activement participé au coup d’Etat de Pedro Carmona Estanga. Dans n’importe quel pays du monde, Globovisión aurait été fermée et ses dirigeants condamnés à de lourdes peines de prison. Mais le Tribunal suprême, contrôlé par l’opposition à l’époque, avait refusé de reconnaitre la réalité du putsch et s’était contenté de prononcer une « vacance de pouvoir » pour expliquer le coup de force.

 

Par la suite, la chaîne a multiplié les appels à l’insurrection3. En mai 2007, Globovisión s’est même rendue coupable d’incitation à l’assassinat du président Chávez en manipulant des images et en lançant des messages subliminaux. Lors de la diffusion du programme Aló, Ciudadano, où une interview de Marcel Granier, directeur de la chaîne RCTV, critiquant fortement Chávez était diffusée, la chaîne a montré simultanément les images de l’attentat contre le Pape Jean-Paul II survenu en mai 1981. Globovisión n’avait pas su expliquer pourquoi elle avait diffusé des images de l’attentat dans un programme traitant du non renouvellement de la concession de RCTV4. Plusieurs experts en sémiotique avait été catégoriques à ce sujet : « On incite à l’assassinat du Président5 ». En France, de tels agissements auraient conduit les journalistes de la chaîne ainsi que leurs dirigeants derrière les barreaux.

 

Les journalistes de Globovisión ainsi que les présentateurs de la chaîne ont également multiplié les expressions diffamatrices à l’égard du gouvernement en utilisant les termes « dictature » et « tyrannie », afin de justifier les appels à la désobéissance civile et les actes de violence. De telles expressions sont inimaginables en Occident6.

 

L’affaire du séisme

 

            Le 4 mai 2009, une secousse sismique a frappé l’état de Miranda à 4 heures 40 du matin, suivie de trois répliques (4h50, 6h23 et 6h24), sans faire de dégâts humains. A 5h25, le ministre de l’Intérieur et de la Justice Tarek El Aissami a indiqué que le tremblement de terre avait été ressenti à plusieurs endroits. « Nous recevons actuellement des rapports sur les dégâts. Nous sommes en train de déterminer l’épicentre et la magnitude à travers la Funvisis (Fondation vénézuélienne de recherche sismologique). Nous voulons informer que pour l’instant nous n’avons aucun rapport de dommages matériels ou humains. Nous souhaitons lancer un appel au calme. Nous avons ordonné immédiatement un déploiement de patrouilles afin de protéger les personnes qui ont quitté leur demeure », a-t-il déclaré7. A 5h44, El Aissami a rendu public un second rapport informant qu’il s’était entretenu avec le président ainsi que le vice président Ramón Carrizález, soulignant par la même occasion que Chávez avait ordonné le déploiement de la Garde nationale bolivarienne afin d’assurer la sécurité des citoyens7.

 

De son côté, Francisco Garcés, président de Funvisis, a informé à 5h40 que deux secousses avaient frappé la capitale Caracas ainsi que la zone métropolitaine et a demandé aux médias de lancer des appels au calme à la population. A 6h05, le ministre des Travaux publics et du Logement, Diosdado Cabello, a indiqué que le métro, le chemin de fer et l’aéroport fonctionnaient parfaitement. Hector Navarro, ministre de l’Education, a également souligné que les écoles et les universités n’avaient pas été touchées par le séisme et qu’elles restaient ouvertes. Jesús Mantilla, ministre de la Santé, a fait part du fonctionnement normal des centres hospitaliers du pays. A 6h47, la ministre des Télécommunications et de l’Informatique Socorro Hernández a informé la population que le réseau de télécommunications n’avait pas été affecté. Alejandro Hitcher, président de Hidrocapital, a expliqué pour sa part que le système des aqueducs fonctionnait normalement. A 7h, Blanca Ekhout, ministre de la Communication et de l’Information, a signalé que l’ensemble des organismes de l’Etat était entré en état d’alerte dès la première secousse. Jacqueline Faría, chef du gouvernement du District de la capitale, ainsi que Rafael Ramírez, ministre de l’Energie et du Pétrole, ont tenu la population informée dans leurs attributions respectives8.

 

            Cependant, à 5h20 du matin, soit à peine 40 minutes après la première secousse sismique, le directeur de Globovisión Alberto Federico Ravell, s’est empressé d’intervenir personnellement en direct sur sa chaîne pour – après avoir fourni une information erronée sur l’épicentre du séisme se basant sur des informations en provenance… des Etats-Unis – s’en prendre directement au gouvernement et l’accuser d’incurie tout en transmettant un message de peur et d’angoisse. « Nous sommes très inquiets, nous n’avons trouvé personne, nous n’avons trouvé aucune autorité susceptible de nous informer de manière précise et exacte […]. Nous sommes dans l’attente d’une information précise et vérace de la part de nos autorités car nous n’avons personne à qui nous adresser. Nous avons appelé Funvisis mais on a été coupé, nous n’avons pas pu entrer en contact avec les pompiers. Le maire [Gerardo] Blay n’indique pas s’il y a des dégâts dans sa région9 ».

 

            A ce moment de la conversation, le présentateur de Globovisión a interrompu son directeur pour lui rappeler une réalité. « Directeur, nous venons d’avoir une nouvelle fois au téléphone le président de Funvisis qui nous informe qu’il se trouve en voiture et que c’est la raison pour laquelle il lui a été impossible de nous fournir des informations. Cependant, il a affirmé que dès qu’il arrivera à destination, il nous informera en direct à la télévision pour nous fournir une meilleure information10 ».

 

            Loin d’entendre l’appel à la raison, Ravell en profita pour stigmatiser de nouveau les autorités : « Les médias officiels qui font tant de propagande devraient être en train d’informer les citoyens en ce moment, sans que nous ayons à recourir aux services météorologiques des Etats-Unis pour informer les gens qu’à Caracas il y a eu un tremblement de terre11 ».

 

            Tarek el Assaimi a dénoncé « l’attitude mesquine et l’utilisation irresponsable d’un moyen de communication ». Ravel, au lieu de transmettre un message de tranquillité, a instrumentalisé une catastrophe naturelle pour des fins politiques et « semer la crainte au sein de la population », selon Cabello, ministre des travaux Publics12. Que se passerait-il en France si le directeur de la chaîne privée TF1 avait attaqué le gouvernement de Nicolas Sarkozy, avec la même virulence, quarante minutes après le début des inondations survenues en 2008, l’accusant d’abandonner les victimes à leur sort ?

 

La désinformation de RSF

 

            RSF a bien évidemment soigneusement censuré cette réalité et tente de faire passer une grave atteinte à la déontologie journalistique et un sérieux manquement à la responsabilité des médias pour une violation de la liberté de la presse. En référence au coup d’Etat de 2002, l’organisation parisienne reconnait qu’« une procédure judiciaire, assortie d’un débat contradictoire, sur l’attitude de certains médias privés au cours de ces évènements n’était pas sans fondement à l’époque » mais feint d’ignorer les agissements continuels et illégaux de Globovisión en s’interrogeant : « Sur quel contenu repose désormais l’accusation, plus de sept ans après les faits13 ? ».

 

Enfin, RSF affirme que « Globovisión est le seul média télévisuel du réseau à émettre une voix nettement critique envers votre gouvernement. […].Dans d’autres pays d’Amérique latine, où vos homologues ont été durement confrontés à des médias hostiles ou considérés comme tels, jamais la réplique de l’État n’a pris une tournure aussi extrême. Jamais n’a eu lieu la subordination de la quasi-totalité du secteur télévisuel à la seule voix dirigeante ». Ici, le mensonge est triple : l’entité du président Robert Ménard tente de faire croire que les agissements de Globovisión sont monnaie courante en Amérique latine, que le gouvernement Chávez s’en prend à la chaîne en raison des critiques émises à son encontre et que les autres médias télévisuels du pays  sont à la solde du leader bolivarien14.

 

Encore une fois, il est aisé d’infirmer les propos de RSF. D’une part, aucun média latino-américain n’a appelé au renversement du président élu tel que l’a fait Globovisión. Par ailleurs, il suffit de regarder les chaînes de télévision privées qui occupent plus de 80% de l’espace médiatique du pays pour se rendre contre que la critique à l’encontre des autorités y est acerbe et constante. Enfin, tout analyste sérieux sait pertinemment qu’aucun pays du continent américain ne peut se targuer de disposer d’une liberté d’expression et de la presse similaire à celle qui règne au Venezuela. Ainsi, pour RSF, les médias doivent inciter à l’insurrection et au renversement de l’ordre établi comme le fait Globovisión pour ne pas être considérés comme étant à la botte du pouvoir.

 

            Depuis l’élection d’Hugo Chávez à la présidence de la République bolivarienne du Venezuela, RSF a pris fait et cause pour l’opposition antidémocratique et putschiste et n’a eu de cesse de défendre ses intérêts au niveau international. Ainsi, lors du coup d’Etat du 11 avril 2002, RSF s’était bien gardée de dénoncer le rôle principal joué par les médias privés opposés au président démocratiquement élu. Pis encore, le 12 avril 2002, RSF avait publié un article reprenant sans aucune réserve la version des putschistes et avait essayé de convaincre l’opinion publique internationale que Chávez avait démissionné :

 

« Reclus dans le palais présidentiel, Hugo Chávez a signé sa démission dans la nuit, sous la pression de l’armée. Il a ensuite été conduit au fort de Tiuna, la principale base militaire de Caracas, où il est détenu. Immédiatement après, Pedro Carmona, le président de Fedecámaras, a annoncé qu’il dirigerait un nouveau gouvernement de transition. Il a affirmé que son nom faisait l’objet d’un "consensus" de la société civile vénézuélienne et du commandement des forces armées15 ».

 

            RSF n’est pas une organisation de défense de la liberté de la presse mais une sombre entité à l’agenda politique bien précis chargée de discréditer par tous les moyens possibles les gouvernements progressistes à travers le monde et qui se trouvent sur la liste noire des Etats-Unis. Rien d’étonnant quand on sait que Washington finance substantiellement l’organisation par le biais de la National Endowment for Democracy, une officine écran de la CIA selon le New York Times16.

 

Notes

 

1 Reporters sans frontières, « Acharnement gouvernemental contre la chaîne Globovisión : lettre ouverte au Président Hugo Chávez », 29 mai 2009. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=31466 (site consulté le 2 juin 2009).

 

2 Ibid.

 

3 Agencia Bolivaria de Noticias, « Periodistas coinciden en que Globovisión es promotor de protestas de oposición », 29 mai 2007.

 

4 Agencia Bolivaria de Noticias, « Ministro Lara denunció que medios de oposición incitan a magnicidio », 27 mai 2007.

 

5 Agencia Bolivaria de Noticias, « CNN miente sobre Venezuela y Globovisión incita al magnicidio », 28 mai 2007.

 

6 Agencia Bolivaria de Noticias, « Globovisión continúa con la instigación a la desestabilización », 29 mai 2007.

 

7 Luigino Bracci Roa, « Fuerte temblor sacudió región central del país esta madrugada sin causar daños », Yvke Mundial, 4 mai 2009. http://www.radiomundial.com.ve/yvke/noticia.php?23910 (site consulté le 15 juin 2009).

 

8 Ibid.

 

9 Globovisión, « ¿Quién sintio el temblor primero? ¿Los chavistas o los opositores? », 4 mai 2009. http://www.youtube.com/watch?v=TwC0pLR-ajQ (site consulté le 15 juin 2009).

 

10 Ibid.

 

11 Ibid.

 

12 Ibid.

 

13 Reporters sans frontières, « Acharnement gouvernemental contre la chaîne Globovisión : lettre ouverte au Président Hugo Chávez », op. cit.

 

14 Ibid.

 

15 Reporters sans frontières, « Un journaliste a été tué, trois autres ont été blessés et cinq chaînes de télévision brièvement suspendues », 12 avril 2002. www.rsf.org/article.php3?id_article=1109 (site consulté le 13 novembre 2006).

 

16 Salim Lamrani, Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009).

 

 

Salim Lamrani est enseignant chargé de cours à l’Université Paris-Descartes et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a publié, entre autres, Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008). Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Ce que les médias ne vous diront jamais (Paris : Editions Estrella, 2009) et comporte un prologue de Nelson Mandela.

Contact : lamranisalim@yahoo.fr ; salim.lamrani@parisdescartes.fr

15:47 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, presse, romain, silence, medias, revolution, venezuela, amerique, rsf, mensonsonges | |  Facebook | |  Imprimer | | |

12/06/2009

12/06/2009: Cuba, les Usa, l' Oea: Déclaration du Gouvernement Révolutionnaire de Cuba...

 

Sent: Friday, June 12, 2009 7:54 PM
To: roger
Subject: Tr : Fwd: "Déclaration du Gouvernement Révolutionnaire de Cuba", du 8 juin 2009.



pour info.
>
> DÉCLARATION DU GOUVERNEMENT RÉVOLUTIONNAIRE DE CUBA
>
> L'Organisation des États américains (OEA) vient, en un geste à la signification historique particulière, d'enterrer formellement la honteuse résolution par laquelle elle avait, en 1962, exclu Cuba du système interaméricain.
>
> Bien que contraire aux objectifs et aux principes mêmes consacrés dans sa Charte, cette décision infâme et illégale était toutefois dans le droit fil de l'histoire de l'OEA, répondait à l'objectif en vue duquel l'organisation avait été fondée, promue et défendue par les États-Unis ; elle s'inscrivait dans la logique de son rôle, à savoir servir d'instrument de l'hégémonie étasunienne dans le continent, et elle correspondait à la capacité de Washington d'imposer sa volonté à l'Amérique latine au moment historique où triomphait la Révolution cubaine.
>
> L'Amérique latine et les Caraïbes vivent aujourd'hui comme région une autre réalité. La décision adoptée par la Trente-neuvième Assemblée générale de l'OEA est le fruit de la volonté des gouvernements les plus liés à leurs peuples, les plus sensibles aux problèmes réels de la région et dotés d'un sens de l'indépendance qui faisait malheureusement défaut en 1962. Cuba reconnaît les mérites des gouvernements qui se sont efforcés d'effacer formellement cette résolution qui a été qualifiée à cette même Assemblée de « cadavre non enseveli ».
>
> La décision d'abroger la Sixième Résolution adoptée par la Huitième Réunion de consultation des ministres des affaires étrangères de l'OEA constitue un camouflet incontestable à la politique suivie par les États-Unis envers Cuba depuis 1959. Elle vise à corriger une injustice historique et constitue une réparation envers le peuple cubain et les peuples d'Amérique.
>
> Malgré le consensus dégagé à l'ultime minute, cette décision a été adoptée contre la volonté de Washington qui a fait des démarches auprès des gouvernements de la région et exercé sur eux des pressions intenses. Elle inflige ainsi à l'impérialisme une défaite en recourant à son propre instrument.
>
> Cuba se félicite de cette marque de souveraineté et de civisme, tout en sachant gré aux gouvernements qui, faisant preuve d'un esprit de solidarité, d'indépendance et de justice, ont défendu le droit de Cuba à retourner dans l'Organisation. Elle comprend aussi leur désir de laver l'OEA de ce stigmate qui avait perduré comme symbole de son servilisme.
>
> Cuba ratifie toutefois une fois de plus qu'elle ne réintégrera pas l'OEA.
>
> Dès le triomphe de la Révolution, l'Organisation des États américains a soutenu activement la politique hostile de Washington contre Cuba. Elle a officialisé le blocus économique, décrété l'embargo sur les armes et les produits stratégiques,  stipulé que les pays membres devaient obligatoirement rompre les relations diplomatiques avec notre État révolutionnaire. Des années durant, elle a même prétendu, malgré notre exclusion, nous maintenir sous sa compétence et nous soumettre à sa juridiction et à celle de ses organes spécialisés. C'est là donc une organisation dont Cuba repousse le rôle et les agissements.
>
> Le peuple cubain a su résister aux agressions et au blocus, surmonter l'isolement diplomatique, politique et économique, et faire face seul, sans plier, à l'agressivité permanente de l'Empire le plus puissant que notre planète ait jamais connu.
>
> Notre pays a aujourd'hui des relations diplomatiques avec tous les pays du continent, exception faite des États-Unis, et il a noué de vastes liens d'amitié et de coopération avec la plupart d'entre eux.
>
> Cuba a par ailleurs conquis sa pleine indépendance et marche irrésistiblement vers une société toujours plus juste, plus équitable et plus solidaire.
>
> Elle l'a fait au prix d'un maximum d'héroïsme et de sacrifices, forte de la solidarité des peuples d'Amérique. Elle a épousé des valeurs qui sont contraires à celles du capitalisme néolibéral et égoïste que promeut l'OEA et elle estime avoir le droit et l'autorité nécessaires pour dire NON à l'idée de retrouver un organisme au sein duquel les États-Unis continuent d'exercer un contrôle oppressant. Les peuples et les gouvernements de la région sauront interpréter cette juste position.
>
> On peut comprendre aujourd'hui plus clairement qu'en 1962 que c'est bel et bien l'OEA qui est incompatible avec les désirs les plus brûlants des peuples latino-américains et caribéens, que c'est elle qui est incapable de représenter leurs valeurs, leurs intérêts et leurs vraies aspirations à la démocratie, que c'est elle qui n'a pu trouver des solutions aux problèmes de l'inégalité, de la disparité de richesses, de la corruption, de l'ingérence étrangère et de l'action prédatrice du grand capital transnational. Que c'est elle qui s'est tue devant les crimes les plus horribles, qui fait siens les intérêts de l'impérialisme, qui recourt au complot et à la subversion contre des gouvernements authentiques et légitimement constitués et bénéficiant d'un soutien populaire évident.
>
> Les discours et les prises de position entendus à San Pedro Sula ont été on ne peut plus éloquents. On ne saurait passer comme si de rien n'était sur les critiques dûment fondées à l'anachronisme de l'organisation, à sa coupure d'avec la réalité continentale et à sa trajectoire infâme.
>
> La requête concernant la levée définitive du criminel blocus économique imposé par les États-Unis à Cuba reflète la sensibilité toujours plus irrépressible de tout un continent. C'est avec cet esprit d'indépendance représenté par beaucoup d'orateurs que Cuba s'identifie.
>
> La soif d'intégration et de concertation de l'Amérique latine et des Caraïbes est toujours plus manifeste. Cuba participe activement – et se propose de continuer de le faire – aux mécanismes régionaux représentatifs de ce que José Martí a appelé « Notre Amérique », qui va du Rio Bravo à la Patagonie, et comprend toutes les Antilles.
>
> Consolider, élargir et harmoniser ces organismes et ces groupements, telle est la voie choisie par Cuba, et non l'illusion saugrenue de réintégrer une organisation qui n'admet pas de réformes et qui a d'ores et déjà été condamnée par l'Histoire.
>
> Pour riposter à l'ignominieuse Huitième Réunion de consultation des ministres des affaires étrangères de l'OEA, le peuple cubain – représenté par plus d'un million de personnes réunies sur la place de la Révolution en Assemblée populaire - avait adopté le 4 février 1962 la Deuxième Déclaration de La Havane.
>
> Celle-ci affirmait entre autres :
>
> « Si grande qu'ait été l'épopée de l'indépendance de l'Amérique latine, si héroïque qu'ait été cette lutte, il revient à l'actuelle génération de Latino-Américains d'écrire une épopée encore plus grande et encore plus décisive pour l'humanité. Car si les générations passées ont lutté jadis pour se libérer du pouvoir colonial espagnol, d'une Espagne en décadence et envahie par les armées  de Napoléon, la lutte de libération qu'il nous incombe aujourd'hui nous oppose à la métropole impériale la plus puissante du monde, à la force la importante du système impérialiste mondial, et le service rendu à l'humanité sera encore plus grand que celui rendu par nos ancêtres.
>
> […]
>
> « Cette grande humanité a dit "Assez !" et elle s'est mise en marche. Et sa marche de géants ne s'arrêtera qu'à la conquête de la véritable indépendance pour laquelle ils sont morts plus d'une fois en vain. »
>
> Nous serons loyaux à ces idées qui ont permis à notre peuple de conserver Cuba libre, souveraine et indépendante.
>
> La Havane, le 8 juin 2009

22:49 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, actualite, courcelles, cuba, usa, presse, romain, belgique, imperialisme, silence, socialisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |