26/12/2007

25/12/2007: Plus de 500 artistes et universitaires des Etats-Unis exigent la levée du blocus ...

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Sujet: Plus de 500 artistes et universitaires des Etats-Unis exigent la levée du blocus
Date: Tue, 25 Dec 2007 20:04:19 +0100
De: Joss Rovélas <jossrovelas@msn.com>


Bulletin Cubart  : www.granma.cu

 

Plus de 500 artistes et universitaires des Etats-Unis exigent la levée du blocus

Par: Pedro de la Hoz

Plus de 500 artistes, écrivains, et universitaires étasuniens ont apposé leur signature sous le texte dirigé au président des Etats-Unis Georges W. Bush, lui demandant de lever le blocus contre Cuba et de cesser d’empêcher les échanges culturels entre les deux pays.

« Nous vous écrivons en tant que représentants de la sphère culturelle des Etats-Unis. Nous vous écrivons en tant que citoyens nord-américains. Nous vous écrivons pour exprimer notre profonde consternation en ce qui concerne l’hostilité persistante de votre gouvernement envers Cuba. Nous vous écrivons pour faire part de notre opposition aux politiques qui nous maintiennent éloignés de nos collègues cubains et représentant des obstacles à l’échange culturel entre les deux pays. Nous pensons qu’il est temps de promouvoir la coopération et une relation constructive avec Cuba », déclare le texte.
 
L’initiative, réalisée sous l’auspice de l’Organisation pour les échange culturels Cuba-Etats-Unis a été adoptée après que de nombreux membres de cette association aient reçu la lettre écrite le 26 octobre dernier par la prima ballerina assoluta Alicia Alonso, dans laquelle elle appelait les artistes à se prononcer contre le blocus et fassent en sorte que les artistes et écrivains cubains puissent faire preuve de leur talent aux Etats-Unis et qu’ « on ne vous interdise pas de venir dans notre île pour partager vos connaissances et vos valeurs ; pour qu’une chanson, un livre, une étude scientifique ou une chorégraphie ne soient pas considérés de manière irrationnelle comme un délit ».

Parmi les signataires de cette lettre au président se trouvent des acteurs nord-américains très populaires comme Sean Penn (Oscar 2004 pour Mystic River), Peter Coyote (ET et Erin Brocovich), Harry Belafonte et Danny Glover, ainsi que des écrivains connus comme Alice Walker (El color purpura), William Kennedy (Prix Pulitzer en 1983 pour Taller de hierro), Gore Vidal (Juliano et Williwaw) et Cristina Garcia (finaliste du National book award en 1992 pour Soñando cubano).

De nombreux musiciens et cadres de l’industrie musicale, parmi lesquels le fameux guitariste Carlos Santana, le chanteur-compositeur Tom Waits, le producteur et guitariste Ry Cooder, co-leader du groupe Buena vista social club ; le rocker Tre Cool (du groupe Greenday), Mickey Hart (ex membre de Grateful Dead), Tom Morello (ex Rage against the machine et membre actuel du groupe Audioslave) ; les icônes folk Holly Near et Bonnie Raitt, lauréate de neuf Grammy tout au long de sa carrière, et le chanteur de salsa Andy Montañez.

De nombreux signataires sont issus de la communauté intellectuelle latina, dont les universitaires cubano-américains Nelson Pérez Valdés, Enrique Sacerio Gari et Lisandro Pérez.

11:54 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

25/12/2007

Ernesto « Che » Guevara: 40 ans après ...

Né à Rosario, en Argentine, le 14 juin 1928, exécuté à La Higuera, en Bolivie, le 9 octobre 1967. Sur les flacons d’after-shave, sur les montres et les horloges, les slips, les drapeaux dans les stades de foot, les couettes, les portefeuilles …. 40 ans après sa mort, le portrait du « Che » est partout. Mais qui était-il vraiment? Comment vivait-il? Quelles étaient ses idées, quels étaient les idéaux pour lesquels il a sacrifié sa vie?

Hans De Vriend et Bruno Stas
03-10-2007

Une vie de lutte contre l’injustice

Che Guevara en ministre de l'Industrie visite une entreprise. (Photo Raul Cordes et Alberto Korda)

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Ernesto Guevara est né en Argentine le 14 juin 1928. Très jeune, il devient asthmatique. Une maladie qui le poursuivra toute sa vie, mais qui l’aidera aussi à se forger une volonté de fer.

Le Che étudie la médecine. Durant ses études et après l’obtention de son diplôme, il voyage à travers tout le continent latino-américain. Le second voyage qu’il entreprend sur sa moto a inspiré le célèbre film « Carnets de voyage ». C’est au cours de ce voyage qu’il va rencontrer le peuple et se rendre compte de la misère effroyable dans laquelle il vit. Les mines du Chili et du Pérou, les paysans sans terre de Colombie et du Venezuela le marquent profondément.

Pour payer ses voyages, Ernesto fait toutes sortes de boulots (convoyeur de marchandises, matelot, photographe et même plongeur dans un petit restaurant à Miami). En 53, il se rend au Guatemala. Là, il travaille comme médecin pour le syndicat et soutient le gouvernement progressiste d’Arbenz. C’est là aussi qu’il rencontre sa première épouse, la péruvienne Hilda Gadea. Quand les Etats-Unis envahissent brutalement le pays, Ernesto fuit au Mexique. Il y rencontre Fidel Castro et s’associe à son projet de libérer Cuba. Ernesto est surnommé le « Che » parce que, comme la plupart des Argentins, il ponctue toutes ses phrases avec le mot « che ». Avec Fidel et d'autres, ils débarquent le 2 décembre 1956 sur la côte sud-est de Cuba et entament une lutte révolutionnaire.

Très vite, le Che se distingue pour ses qualités combatives et humaines. Son autorité met fin aux tensions entre les révolutionnaires. Mais il s’intéresse aussi aux besoins de tous les camarades. Le Che organise de grandes offensives – la plus importante étant l’attaque de Santa Clara – qui mettront fin à la dictature de Batista. Le 1er janvier 1959, Batista plie bagages et deux jours plus tard, le Che et Fidel entrent à la Havane, acclamés par la foule. Le Che s’est entre-temps remarié avec Aleida March, une guerillera blonde qu’il a rencontrée lors de la bataille de Santa Clara.

Le Che est chargé de la réforme agraire, il devient président de la banque nationale, il est nommé ministre de l’industrie et ambassadeur auprès des Nations Unies. Le Che est également l’inspirateur du travail bénévole, encore aujourd’hui fortement ancré dans la tradition cubaine.

En 65, il écrit sa célèbre lettre d’adieu à Fidel et au peuple cubain : « … d’autres régions du monde réclament ma modeste contribution… ». On connaît moins l’émouvante lettre d’adieu adressée à ses cinq enfants, Hildita, Aleidita, Camilo, Celia et Ernestito (voir ci-dessous). En avril, il se rend au Congo avec un groupe de soldats cubains. Mais très vite, ils doivent battre en retraite face à l’armée de Mobutu qui bénéficie de l’appui de mercenaires. Un an plus tard, le Che se rend clandestinement en Bolivie. Avec un petit groupe de guerilleros, il fonde l’Armée de Libération Nationale de Bolivie dont le noyau est composé de soldats de nationalités diverses. Le Che prend le commandement de cette armée.

Le 8 octobre 1967, Che Guevara est blessé au combat dans le ravin du Yuro. Les militaires boliviens le capturent. Il est clair que cet homme, symbole de la lutte pour la justice, ne peut être laissé en vie. Le 9 octobre, à 13 h 10, le Che est assassiné sur ordre de la CIA dans la petite école du village La Higuera.

Le fils de l'assassin du Che remercie les médecins cubains

Mario Terán est le sous-officier qui a assassiné le Commandant Ernesto Che Guevara. Il agissait sous les ordres des généraux Barrientos et Ovando, de la Maison Blanche et de la CIA.

Le fils de ce monsieur vient de remercier dans El Deber, un journal bolivien, les médecins cubains qui viennent de rendre la vue à son vieux père, après l’avoir opéré de la cataracte, dans le cadre de l’Opération Miracle (aide médicale cubaine en Amérique latine pour soigner les yeux).

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Quels étaient ses idéaux ?

On a écrit un tas de choses sur le Che mais on lui donne rarement la parole. C’est là une habile manière de le neutraliser politiquement.

On le présente comme un doux rêveur, un aventurier romantique, un leader de guérilla raté. Qui était-il vraiment ? Nous l’avons laissé s’exprimer sur six points1.

Che Guevara, le père

Alors que le Che s’engage dans la lutte au Congo en 1965, il écrit la lettre suivante à ses enfants.

« A mes enfants

Si un jour vous avez à lire cette lettre c’est que je ne serai plus parmi vous.

Vous m’aurez presque oublié et les plus petits ne se souviendront de rien.

Votre père a été un homme qui agit comme il pense, et qui sans aucun doute a été fidèle à ses convictions.

Devenez de bons révolutionnaires. Etudiez beaucoup pour maîtriser la technique qui permet de dominer la nature. N’oubliez pas que la Révolution est ce qu’il y a de plus important et que chacun de nous, tout seul, ne vaut rien.

Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, où que ce soit dans le monde. C’est la plus belle qualité d’un révolutionnaire.

Adieu, mes enfants, j’espère encore vous revoir. Un gros baiser de Papa »

L’importance des études

Le Che était un vrai rat de bibliothèque. Adolescent, il lisait déjà les ouvrages marxistes dans la bibliothèque de son père. Plus tard, il a écrit : (...)Il (Marx) interprète l’histoire, explique sa dynamique et prévoit l’avenir. Il va au-delà de son devoir scientifique puisqu’il formule un concept révolutionnaire. Il ne suffit pas de comprendre la nature des choses, il faut également la modifier. » Pourquoi il y a-t-il tant de misère et pourquoi le fossé entre riches et pauvres ne cesse de s’élargir ? Pourquoi les Etats-Unis sont-ils aussi violents ? L’étude du marxisme apporte à ces questions la meilleure des réponses.

La brutalité de l’impérialisme

Les médias occidentaux banalisent la violence avec laquelle les armées américaines et occidentales s’en prennent à la population en Irak et en Afghanistan. C’était déjà le cas à l’époque du Che. Le Che était à chaque fois outré par la brutalité de l’impérialisme. Au Congo, par exemple, la révolte des nationalistes congolais après l’assassinat de Lumumba a été réprimée par les mercenaires et les paras belges, qui ont assassiné des centaines de milliers de Congolais. « Ces événements nous ont appris deux choses. Tout d’abord la bestialité de l’impérialisme, qui n’est pas liée à une frontière ou un pays en particulier. Les troupes d’Hitler étaient des bêtes tout comme le sont les Nord-américains aujourd’hui ou les paras belges (…). C’est la nature de l’impérialisme qui fait des hommes des bêtes, qui les transforme en prédateurs sanguinaires, prêts à égorger, à tuer. »

Liberté conquise par la lutte?

« Nous ne pouvons ni ne devons entretenir l’illusion que l’on peut conquérir la liberté sans lutte. Cette lutte ne ressemblera pas à une explosion de colère que l’élite au pouvoir peut réprimer en quelques jours... Ce sont eux qui nous imposent cette lutte, nous n’avons pas d’autre choix que d’engager le combat. » Le Che se rendait bien compte que tôt ou tard la lutte entre les opprimés et les oppresseurs serait inévitable. « La violence n’est pas la propriété des exploitants, les groupes exploités peuvent aussi y recourir. Je dirai même qu’ils doivent y recourir au moment opportun. » Il ajoute qu’il faut être prudent à ce propos : « Il est tout à fait correct d’éviter les sacrifices inutiles. »

Une conviction inébranlable

« Le communisme est le but de l’humanité, (…) C’est la société idéale, la profonde aspiration de l’homme pour aller de l’avant ». Pour accéder au communisme, la première étape est le socialisme: « Pour nous, il n’est d’autre définition valable du socialisme que l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme ». 

« Nous devons être fiers d’être les pionniers de la construction d’une société socialiste en Amérique latine. C’est pour nous un honneur et un exemple. Un exemple dont les pays d’Amérique latine peuvent s’inspirer. » Aujourd’hui, 40 ans après sa mort, l’exemple de Cuba est effectivement de plus en plus suivi en Amérique latine : Venezuela, Bolivie, Equateur...

Le Che et Fidel Castro, aéroport José Marti, La Havane. (Photo Raul Corrades et Alberto Korda)

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Nécessité d'un parti

On ne peut être communiste tout seul dans son coin. Il faut un parti. Le parti communiste c’est l’avant-garde mais cela ne signifie pas qu’il est au-dessus ou isolé des gens. « Les meilleurs ouvriers sont introduits dans le parti par leurs camarades. ... Le parti est un exemple vivant. » Le rôle du parti c’est aussi de veiller à ce que grâce à sa force organisationnelle les idées révolutionnaires deviennent réalité : « Sans organisation les idées perdent de leur force. Elles tombent alors dans la routine et puis dans l’oubli. »

L’homme nouveau

Le capitalisme est inhumain. Le Che voulait en finir avec ce système. Il a renversé l’échelle des valeurs. « La vie d’un seul homme vaut mille fois plus que toutes les richesses de l’homme le plus puissant du monde. »

Pour le Che, l’homme est au centre de la révolution. C’est pourquoi les premières priorités de la révolution cubaine ont été l’organisation d’une campagne d’alphabétisation à grande échelle, les réformes agraires, l’emploi, les progrès en matière de soins de santé, la gratuité de l’enseignement, etc. Pour réaliser tous ces objectifs, on avait besoin de nouvelles structures. « Pour construire le communisme il faut, parallèlement à la rénovation de la base matérielle, créer un homme nouveau. »

« L’individualisme en tant que tel, en tant qu’acte solitaire (…), doit disparaître. L’individualisme de demain doit être le dévouement tout entier d’un individu au profit de la collectivité. »

Fidel Castro a dit du Che: « Ceux qui ont éliminé le Che et l’ont fait disparaître ne comprendront jamais que les traces qu’il a laissées resteront à jamais gravées dans l’histoire. Son regard prophétique est devenu un symbole pour des milliards de pauvres dans ce monde. (…) Ensemble nous poursuivrons la lutte pour un monde meilleur2. »

1 D’après M. Vandepitte. Che, « Niet voor watjes » dans « In de voetsporen van Che », publié par Initiative Cuba Socialiste, 2004. • 2 Prononcé le 17 octobre 1997, lors de l’inhumation de la dépouille mortelle du Che et celles de ses camarades morts en Bolivie.

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Le Che, l’exemple pour tous les révoltés

Que représente encore le Che pour les jeunes aujourd'hui?

De prime abord, rien ne lie cet Argentin au cœur gros à deux jeunes belges de six décennies ses descendants. Ni la situation sociale, ni la situation politique. L’Amérique Latine et son sous-développement, l’Europe et ses fastetés. La dépendance contre la société de consommation.

Pourtant, son parcours exemplaire l’érigeât en symbole pour des millions de gens, frères d’infortunes dans la misère des peuples exploités ou doux rêveurs irascibles et révoltés dans le berceau de la civilisation.

Le Che nous a laissé après sa mort le rêve de l’Homme Nouveau qu’il voulait voir se développer. Ce qu’il attendait de l’homme, il se l’est d’abord exigé de lui-même. D’étudiant en médecine de famille aisée qu’il était, il s’est transformé par force de caractère, en un révolutionnaire exemplaire. C’est ce travail sur lui-même qui doit être avant tout une source d’inspiration pour nous, jeunes révoltés.

Ses qualités sont guides d’action. Le Che incarnait la fusion entre l’homme d’idées et l’homme d’action. Intellectuel au départ, son goût prononcé pour son travail, sa faculté à se mettre au service du peuple l’écarte des schémas traditionnels de l’intellectuel centré sur son propre monde et le place indiscutablement au statut d’exemple pour notre génération.

Réapproprions-nous le Che, redécouvrons sa pensée, son œuvre, son parcours ; portons haut les couleurs de l’Internationalisme. Que la célébration des quarante octobre passés depuis sa mort soit l’occasion de faire honneur au véritable Che, celui qui trône dans le cœur de tous les révoltés. (Bruno Stas)

En savoir plus sur le Che

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23:27 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

18/12/2007

Ceci est un texte qui date de 2000, mais je vous le livre quand même pour rappel à ceux qui auraient oublié, ou ceux qui ne savaient pas ...


Ceci est un texte qui date de 2000, mais je vous le livre quand même pour rappel à ceux qui auraient oublié, ou ceux qui ne savaient pas ...
RoRo

ESPAGNE "démocratique" capitaliste : opinion espagnole sur 25 ans de régime...

 

ESPAGNE


Opinion sur les 25 ans de régime de Juan Carlos de Bourbon


Ces derniers jours nous avons été bombardés, jusqu'à satiété, pour les
25 ans de règne de Don Juan Carlos de Bourbon. On nous a répété en bloc
toutes les qualités que réunit notre roi, qualités qu'au long de son
règne on nous avait déjà égrenées plus d'une fois en essayant de nous
convaincre de la chance qu'avaient les Espagnols depuis son accession au
trône.
Avant de tenter de dévoiler la grossière farce qu'a été la campagne
Juan
Carlos de Bourbon
pour notre pays, je voudrais dédier quelques lignes au
règne de ses ancêtres, pour rappeler des souvenirs historiques.
On laissa partir, magnanimement, son grand père Alphonse XIII, à
l'étranger avec toute sa fortune, quand le peuple espagnol renversa la
monarchie le 14 avril 1931. Ainsi finit la monarchie des Bourbon sans
que soit versée une seule goutte de sang. Le peuple est ainsi généreux.
Il se contenta qu'enfin s'écarte du pouvoir l'odieuse monarchie
responsable des privilèges illimités de la noblesse, d'un clergé
antichrétien, obscurantiste et rétrograde, du féroce caciquisme, des
propriétaires terriens latifundistes, des patrons exploiteurs
insatiables, des banquiers et usuriers, de l'analphabétisme, du manque
de libertés démocratiques, de la destruction des libertés en Catalogne
ce fatidique 11 septembre (libertés qui ont encore été confisquées par
les militaires putschistes sans honneur); une monarchie qui envoyait les
fils du peuple à l'abattoir des guerres coloniales de Cuba et d'Afrique,
tandis que les fils de riches étaient exemptés pour 300 duros; une
monarchie responsable des bas salaires des ouvriers et des millions de
journaliers qui mourraient de faim.
Seule la République pourra donner au peuple «l'école et le garde manger»
comme le disait Joaquín Costa, donner la terre à des millions de
journaliers et de bouviers sans terre, donner un salaire décent,
garantir les libertés démocratiques, le droit syndical, politique et
d'expression, c'est à dire réaliser en Espagne la révolution
démocratique bourgeoise déjà réalisée en Europe depuis la Révolution
française de 1789.
Les rapaces qui se nourrissaient de la monarchie rétrograde et pourrie
ne purent supporter l'avancée et le progrès que représentait la
République. Sans espoir de récupérer leurs privilèges les militaires
félons déclenchèrent le soulèvement militaire du 18 juillet 1936 appuyés
par les latifundistes, les banquiers, les industriels, le clergé
antichrétien et toute la société ancrée dans le moyen âge, avec l'aide
illimitée de puissances fascistes d'Italie, d'Allemagne, et du Portugal,
tandis que les puissances dites démocratiques: la France et l'Angleterre
refusaient leur aide à la République en le dissimulant peureusement avec
la farce du COMITÉ DE NON INTERVENTION, tandis que les États-Unis
fournissaient à crédit tout le carburant et les moyens de transport à
Franco qui ensuite paya en les laissant installer des bases militaires à
Cadix, Torrejón et Saragosse, transformant l'Espagne en un appendice
yankee.
Profitant du droit d'expression que m'attribue la Constitution
monarchique, si manipulée, mais qu'elle ne garantit pas, comme beaucoup
d'autres droits qui y sont inscrits, je veux exprimer mon désaccord sur
les qualités démocratiques attribuées au monarque qui sont présentées
comme une panacée pour notre pays.
Je nie énergiquement que le roi soit démocrate, que la transition nous
ait apporté la démocratie. C'est un fait que la bourgeoisie, ou
l'ensemble des exploiteurs qui condamnent à la misère les travailleurs
et les masses populaires, se sont appropriés le mot démocratie, tandis
qu'ils s'enrichissaient (comme l'a découvert Karl Marx) en encaissant la
plus-value que produit la force de travail, c'est à dire la différence
entre la valeur que l'ouvrier produit et le salaire qu'il reçoit du
bourgeois pour le dit travail. Nos gouvernants qui sont les fidèles
serviteurs des intérêts capitalistes prétendent gouverner en démocratie.
Démocratie est un mot composé des expressions grecques DEMOS (peuple) et
KRATOS (pouvoir) ce qui signifie pourvoir du peuple. C'est ce que dit le
dictionnaire et il ajoute que le contraire de la démocratie est
l'aristocratie et la monarchie. Le dictionnaire s'est-il trompé ou bien
le roi et le système qui nous gouvernent sont-ils une exception? Les
gouvernements dont nous souffrons depuis la transition, vêtus des
plumages voyants de la démocratie, sont-ils démocrates en réalité?
Personne ne peut ignorer que le système qui nous gouverne n'est pas une
démocratie mais une ploutocratie, comme le dit le dictionnaire à partir
des mots grec PLOUTOS (richesse) et KRATOS (pouvoir), par conséquent
nous sommes gouvernés par les riches, les banques, les transnationales
sans entrailles qui manipulent les fils des marionnettes tournantes qui
nous gouvernement qu'elles s'appèlent Suárez, Felipe, Aznar ou le pantin
Pierre.
Il est clair que, lorsque l'armée des écrivains et journalistes
célèbres, prestigieux, de couleurs politiques différentes pour ne pas
paraître semblables, les moyens et hauts hiérarques de l' Église
affirment à cors et à cris que la démocratie gouverne l' Espagne et que
le roi bourbon est un démocrate, on nous insulte véritablement, on nous
prend pour une bande de moutons stupides. Le peuple aurait-il élu
Juan
Carlos
, roi d' Espagne ? Nous savons tous que, sur sa fin, le félon et
génocidaire Francisco Franco, pour laisser tout en ordre, a assis sur le
trône l'actuel roi. Ce sont les mains sanglantes du criminel Franco qui
l'ont placé pour que tout reste semblable. Ce fut l'horrible dictateur,
qui au cri de «arriba España!» et au nom d'un Dieu, qui selon la
religion catholique peut seul donner ou ôter la vie, négocia
l'intervention de la légion italienne Littorio, de la légion allemande
Condor, et des tabors maures, pour détruire nos villes, nos richesses et
tuer «les rouges» et les «antéchrists». Franco et le franquisme sont
couverts du sang d'un million d'espagnols, de ceux qui moururent dans
ses rangs et de ceux qui moururent dans les nôtres, de tous , ils sont
responsables de centaines de milliers de fusillés après la guerre, de
millions d'années de bagne et de travaux forcés, de plus de 20 millions
d'années d'exil pour ceux qui réussirent à échapper à la tuerie. Le roi
n'est qu'un griffon, fixé sur l'arbre coupé de la République, qui couvre
de son manteau royal non seulement les crimes du franquisme, bénis par
la Sainte église et le Vatican, mais aussi les grandes fortunes
accumulées dans cette période qui composent l'épine dorsale du grand
capital actuel, des banques et des transnationales. L'installation du
roi Juan Carlos a été un véritable point final. Il y a des milliers
d'exemples qui démontrent que cette fausse démocratie monarchiste qui
nous gouverne mal n'a pas été la panacée pour l'espagnol moyen, celui
qui travaille et crée la richesse, mais un filon sans fin
d'enrichissement facile pour ceux qui ne travaillent ni ne créent de
richesse, pour les parasites, les corrompus, les exploiteurs, les
fraudeurs, le prévaricateurs, c'est à dire toute la cohorte de ceux qui
sucent le sang et vivent du système d'exploitation de l'homme par
l'homme. En plus de ne pas être démocrate le roi n'est pas souverain
parce qu'il a toujours été tenu par des fils que tenaient d'abord en
main le franquisme et, depuis la transition, l' Union européenne et les
États-Unis avec leur organisation militaire l' OTAN.
Je vais ensuite tenter de montrer le mal qu'ont fait à notre pays les
gouvernements couverts par le manteau royal de la Constitution
monarchique.
1. Introduction de l' Espagne dans l' OTAN, organisme militaire agressif
de l'impérialisme yankee, ce qui non seulement nous a fait perdre notre
souveraineté nationale mais nous a obligés à participer aux agressions
militaires génocidaires contre l' Iraq et la Yougoslavie sans l'avis du
Parlement et du peuple espagnol, en passant même par dessus l' ONU. C'est
un fait humiliant et honteux dont s'enorgueillissent Aznar et son PP, le
PSOE avec Solana [.] et tout le reste des partis du système.
2. Où sont les droits à l'information des citoyens quand les grands
moyens d'information comme la télévision et la radio sont aux mains des
gouvernements et qu'ils les utilisent pour leurs sales intérêts
partisans? La même chose se produit avec la télévision et la radio
privées aux mains de puissants groupes financiers ainsi que pour la dite
grande presse. Ce sont de simple agents de diffusion des nouvelles de
grandes agences d'informations des États-Unis et de leur culture
déclinante. Alors que la télévision pourrait être un puissant moyen
culturel et éducatif, elle sert principalement à abrutir avec ces films
de violence, sa pornographie, ses concours d'argent, ses tables rondes
où participent seulement les défenseurs du système, où des artistes de
basse qualité, ou le football qui s'est transformé en entreprise à
fournir des dividendes.
3. Avec l'entrée dans l' Union européenne, après les négociations
précipitées du «socialiste» Felipe González et de son PSOE, menée à
terme par une incompétente cohorte d'économistes, ingénieurs
professeurs, politiques de toutes les couleurs et, comment donc l'appui
inconditionnel du PP, de CIU, d'IC, des autres partis régionaux,
l'abstention manquée d'Izquierda Unida, tous au service du pouvoir du
grand capital, des transnationales, on donna un coup mortel à notre
agriculture. On nous vendit l' Europe avec une étiquette de progrès et de
bien-être. Il suffira de signaler quelques faits pour démontrer que
l'entrée dans l' Union européenne n'a pas apporté le progrès sinon la
ruine pour l'agriculture.
L' Union européenne a fait abattre 450.000 vaches laitières laissant
l' Espagne déficitaire d'un demi million de tonnes de lait et ruinant les
éleveurs, spécialement dans la corniche cantabrique.
On subventionna la jachère quand des millions d'êtres humains meurent de
faim dans le monde; ces subventions bénéficient seulement aux
propriétaires terriens et non au petit paysan. On prétend nous faire
arracher des centaines de milliers d'hectares de vigne. Le prix élevé du
pétrole et les bas prix en aviculture, élevage et produit des champs
condamnent à la ruine totale la campagne espagnole.
De plus bien que l' Espagne soit le second pays de l' Union européenne
pour sa superficie en terres cultivables et le second également pour la
population agricole, c'est elle qui reçoit le moins de subventions:
Espagne 4%, Irlande 12%, Italie 17%, France 23%.. La campagne espagnole
se meurt, les zones agraires se désertifient, seul reste le secteur des
fruits et légumes. Pour remédier à la ruine des paysans on conseille «le
tourisme rural» ainsi nous arrivons au destin que Hitler prophétisait
pour l' Europe soumise au nazisme: «l' Espagne pour la distraction».
4. L' Espagne qui était une des premières puissances en pêche et
chantiers navals a été obligée de réduire drastiquement ses capacité
ruinant les deux secteurs. La même chose est arrivée avec les
hauts-fourneaux modernes de Sagunto, fermés avant d'entrer en service,
la fermeture ou la réduction d'autres industries métallurgiques au
bénéfice de la puissante industrie allemande, ou bien la fermeture
systématique de mines, mettant nos ouvriers à la rue.
5. Le PP au gouvernement accélère la politique entreprise par le PSOE
pour privatiser les biens et entreprises nationales rentables. Il pousse
également à la privatisation de l'enseignement et de la santé publique,
qui ont coûté tant d'efforts et de luttes aux travailleurs, pour les
transformer en simple négoce qui génère des bénéfices pour les
entrepreneurs. Avec ces mesures les perdants seront les travailleurs et
les gens humbles. La médecine et l'enseignement supérieur seront
réservés exclusivement aux riches.
6. L'armée qui selon la constitution monarchique est la garante de la
défense nationale s'est transformée en une armée de mercenaires aux
ordres de l' OTAN, bras agressif de l'impérialisme des États-Unis, qui veut
imposer le dictat de son nouvel ordre mondial.
7. Le roi est un grand voyageur qui parcourt l' Espagne de part en part
présidant des réunions, visitant les universités, inaugurant des
ouvrages, distribuant prix et médailles, justifiant par sa présence que
«l' Espagne va bien», mais il est incapable de voir que la misère
dépeuple les régions agricoles parce que les capitaux vont s'investir
hors d' Espagne, là où ils recueillent davantage de bénéfices. Il ne voit
pas, ni ne veut voir que dans «l' Espagne qui va bien» en toute région on
peut lire des affiches disant: «LE VILLAGE EST À VENDRE». Au cours de
ses nombreux voyages à l'étranger il est toujours accompagné d'une nuée
de représentants rapaces, de l'industrie, du commerce et des banques,
voulant voir où ils peuvent investir leur millions fruits de leurs
rapines en Espagne, investissement et prêts qui augmenteront la dette
extérieure du tiers monde qui ne peut déjà plus être remboursée.
8. Karl Marx disait qu'une nation qui en opprime une autre ne peut pas
être libre «Eh bien, l'État monarchique espagnol est un État oppresseur
de nations. Les ancêtres Bourbons du roi arrachèrent à la Catalogne tous
ses droits et sa liberté un fatidique 11 septembre. L'Euzkadi qui refusa
majoritairement la Constitution monarchique et l' OTAN, et qui désire
l'indépendance, a subi la guerre sale des GAL et d'autres méthodes
policières et politiques. Les cris stridents et les campagnes des
médias, conduits par les partis du système et par le gouvernement, en
faveur de l'indépendance de l' Estonie, la Lettonie, la Lituanie et du
reste des pays de la défunte URSS, campagne qui se poursuivit pour les
pays qui formaient la Yougoslavie: la Slovénie, la Bosnie, la Croatie
pour lesquels ils couvrirent des guerres fratricides, ne sont pas
valables pour l' Euzkadi. Enfin pour le Kosovo pour l'indépendance duquel
l' OTAN a attaqué la Yougoslavie, l'a détruite en un monstrueux génocide,
l' OTAN était présidée par le «socialiste» Solana et l'armée espagnole a
collaboré à l'attaque sans qu' Aznar ne consulte le Parlement et sans que
le roi émette de protestation
Je m'excuse pour tout ce qui a porté préjudice à notre pays et à la
majorité de ses citoyens durant «les 25 ans de règne de Juan Carlos de
Bourbon en démocratie» et que, bien qu'important, je n'ai pas signalé,
car la totalité des dommages causés ne tient pas en un article et que
mes connaissances n'en embrassent pas la totalité. Cependant j'espère
que ce que j'ai rappelé servira à démontrer le caractère fallacieux du
«règne démocratique».
Rodrigo Moreno,
décembre 2000
[Nuestra Lucha, Organe central du Front
marxiste-léniniste espagnol, n° du 1.1.01]
[Traduit par Josette LINARES]

http://users.skynet.be/roger.romain/paysE.html

-------- Message original --------
Sujet: Fw: [ForumCommuniste] "Il peut être espagnol (...) mais c'est un fasciste"
Date: Mon, 12 Nov 2007 16:42:23 +0100
De: melusine <melusine@nerim.net>


----- Original Message -----
Sent: Sunday, November 11, 2007 9:39 PM
Subject: Fw: ] "Il peut être espagnol (...) mais c'est un fasciste"

Bravo Chàvez !
Il faut appeler un chat, un chat et Aznar... non, pas un fasciste mais un ami des fascistes.
Attention, Hugo, tu es un peu trop "bouillant", comme dit Delahousse de Francedeux, lui qui a oublié de traduire tes paroles mais pas celles de Sa Majesté Juan Carlos, le roi assis sur un trône restauré par le fascisme, t'invectivant de façon peu aristocratique : " Pourquoi tu ne te tais pas ? ".
Les téléspectateurs de F2 qui n'ont pas internet ne sauront pas pourquoi tu t'es mis en colère lorsque Zapatero t'a prié de remarquer qu'Aznar, étant espagnol, ne pouvait pas être fasciste. Comme Franco.
GP
----- Original Message -----
From: Al Faraby
Sent: Saturday, November 10, 2007 8:28 PM
Subject: ] "Il peut être espagnol (...) mais c'est un fasciste"

"Il peut être espagnol (...) mais c'est un fasciste"
( Samedi, 10 novembre 2007 )
Visiblement furieux, le roi d'Espagne, Juan Carlos, a lancé publiquement samedi au président vénézuélien Hugo Chávez, "pourquoi tu ne te tais pas ?", juste avant la clôture du sommet ibéro-américain qui s'est déroulé à Santiago.
Le sommet ibéro-américain a été cloturé ensuite samedi après-midi par la présidente chilienne Michelle Bachelet.
M Hugo Chavez, qui avait traité l'ancien président du gouvernement espagnol Jose Maria Aznar de "fasciste", s'en est pris à l'actuel chef du gouvernement espagnol Jose Luis Rodriguez Zapatero, qui exigeait du "respect" pour un Espagnol.
Le bouillant président vénézuélien a ensuite réaffirmé, que selon lui, M Aznar n'était qu'un "fasciste", qui avait approuvé un coup d'Etat contre lui.
"Il peut être espagnol (...) mais c'est un fasciste" a insisté M Chavez.
Le roi Juan Carlos, nerveux, a tenté d'intervenir, a-t-on pu voir à la télévision de la salle de presse, en lançant visiblement furieux à l'adresse du président vénézuélien : "Pourquoi tu ne te tais pas ?"
Plus tard, dans une conférence de presse impromptue, M. Zapatero a réclamé à nouveau au président Chavez d'avoir plus de "respect". "Que ce soit la dernière fois!", a lancé le chef du gouvernement espagnol.
En fin de session, M Chavez, qui avait délaissé le costume et la cravate de la veille pour une chemise bleue foncée, a demandé la parole et commencé à attaquer les Etats-Unis pour avoir renversé l'ancien président Salvador Allende en 1973 au Chili. Ensuite il a fustigé Washington et l'Union européenne pour avoir approuvé un coup d'Etat contre lui en avril 2002.
Enfin, après avoir attaqué les multinationales, ainsi que l'oligarchie, l'église vénézuélienne et le pape, Hugo Chavez est revenu à la charge contre Jose Maria Aznar, le traitant à nouveau de "fasciste" alors que le chef du gouvernement actuel M Zapatero n'a cessé depuis deux jours d'appeler au respect des personnes.
Dès son arrivée à Santiago le dirigeant vénézuélien a critiqué le thème central du sommet la "cohésion sociale" pour ensuite lancer des piques contre un chef d'entreprise espagnol, l'ex-chef du gouvernement M Aznar tout en se gardant d'évoquer le roi Juan Carlos.
Le sommet ibéro-américain réunissait du jeudi au samedi vingt chefs d'Etat et de gouvernement d'Amérique latine et de la péninsule ibérique à Santiago.
fc
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00:06 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

16/12/2007

« Nous continuerons à renforcer le socialisme »...

Venezuela :: Chávez perd le référendum sur la nouvelle constitution

Malgré le fait que 50,7 % des électeurs aient voté contre la proposition de modification de la constitution. Chávez ne perd pas courage.

Pol De Vos
05-12-2007

Chávez se rendant au bureau de vote dimanche dernier. (Photo Sergio Di Mario)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


À 1 h 15 heure locale – 6 h 15 en Belgique – le résultat était connu. Le conseil électoral national avait reporté de plusieurs heures les premiers résultats, parce que la différence était très minime. Mais, finalement, avec 88 % des votes comptés, il a été annoncé que le NON avait remporté le référendum par 50,7 %, contre 49,3 % pour le OUI1.

H. Chávez a déclaré : « je comprends et accepte que soit rejetée la réforme que j’avais proposée. C’était une proposition entièrement élaborée dans tous les détails. Sans cette réforme, reposant donc sur notre actuelle constitution, nous continuerons à bâtir le nouveau Venezuela. Le fait que, malgré toutes les remarques, 49 % des électeurs ont opté pour ce projet socialiste, est un important bond qualitatif en avant. Notre lutte sera une longue lutte. Provisoirement, nous avons perdu ce combat pour une nouvelle constitution. Mais nous n’abandonnerons pas »

Pourquoi le soutien à cette nouvelle constitution a-t-il été insuffisant ? La question se pose de savoir si la campagne mensongère et les attaques politiques des USA et de l’élite proaméricaine ont été suffisamment contrées. La manipulation médiatique et les ingérences de l’étranger ont-elles été correctement évaluées et contrées ?

L’opération Tenaille

Il y a quelques jours, on découvrait un document émanant de Michael Steere, agent de la CIA résidant à l’ambassade des USA à Caracas, et analysant l’évolution de l’« opération Tenaille », un plan de déstabilisation contre Chávez2. Il s’avère que la CIA a fait du zèle dans son soutien à l’opposition pour qu’elle rejette la nouvelle constitution. Elle a dirigé une campagne de pub contre la constitution, y est allée d’actions psychologiques visant à influencer les gens et a collaboré avec des agences de presse et des médias nationaux et internationaux.

Ainsi, on a effrayé de petits commerçants en leur disant qu’ils seraient expropriés et que leur boutique allait devenir bien d’État. Un autre exemple absurde de la campagne anti-Chávez consistait en une pleine page de réclame intitulée : « Si vous êtes mère, vous êtes perdante ! Car vous perdrez votre maison, votre famille et vos enfants (les enfants deviendront propriété de l’État). » Cette publicité illégale a été interdite par le conseil électoral vénézuélien mais, entre-temps, elle avait déjà été reprise par tous les médias privés. La réaction de Chávez a été d’en plaisanter lors de ses nombreux discours, histoire d’en contrer l’influence.

Lors de sa réaction au résultat, le président Chávez a cité son grand exemple, Simon Bolívar, le combattant pour l’indépendance de l’Amérique latine du 19e siècle : « J’ai écouté la voix du peuple et je le ferai toujours. » Lors des élections présidentielles de décembre 2006, 7,3 millions de Vénézuéliens soutenaient encore Chávez. Cette fois, ils n’étaient que 4,3 millions. Nombreux sont aussi ceux qui sont restés chez eux (44 %). « Nous devons analyser cette situation. Nous ne sommes pas parvenus à atteindre ces personnes et nous devons donc voir ce qui s’est passé », a déclaré Chávez.

Chávez reste toutefois optimiste : « Cette défaite ne signifie sûrement pas que notre projet d’avenir a capoté. Non, sur base de la constitution actuelle, nous poursuivrons la construction d’un Venezuela qui se renforcera politiquement, économiquement, socialement et moralement. Mais cela se fera désormais plus lentement, avec davantage de difficultés. Nous sommes des combattants et nous n’abandonnerons pas l’idée de renforcer le socialisme. »

 

1 Radio nationale du Venezuela • 2 www.venezuelanalysis.com/news/2942 - 3 décembre 2007

 


Réactions

1.Jean Grimal (5 décembre 2007)

J'ai vu autour du 11 septembre dernier une émission, pour une fois fort intéressante à propos du coup d'Etat fasciste de Pinochet en 1973. Il y avait là l'ambassadeur US au Chili de l'époque. Il a dit à un moment textuellement : "Allende voulait arriver au socialisme par les élections, pourtant, Castro lui avait dit que ce ne serait pas possible, nous le savions nous aussi..."
N'avons-nous pas assisté à un n-ième épisode de cette vérité sans cesse renouvelée ? Le poids de l'idéologie dominante, même dans un pays dirigé par les progressistes est tel que, à moins de briser l'Etat bourgeois en établissant la dictature du prolétariat, on peut humaniser le capitalisme, mais pas toucher à ses structures profondes. Or ce projet de constitution, fort intéressant, contenait des mesures de type socialiste, introduisant la propriété collective des grands moyens de production.
Assez intéressant au moment ou, en Europe, depuis deux décennies on nous abreuve avec d'autre voies pour aller au socialisme, l'impérialisme US, lui, ne s'y est pas trompé.

10:21 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

L’opposition agite la menace du coup d’État ...

Bolivie :: La nouvelle constitution presque approuvée

Ce 9 décembre, l’assemblée constituante a approuvé la révision de la constitution. Mais l’opposition de droite brandit la menace d’un coup d’État.

Pol De Vos
12-12-2007

Un membre de l'assemblée constituante fête l'approbation du changement de la Constitution. Ce changement, qui doit encore être approuvé par un référendum, donne plus de pouvoirs à la majorité indienne du pays. (Photo Epa, Martin Alipaz)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


La nouvelle constitution, qui doit encore être confirmée par un référendum populaire, confère davantage de pouvoir politique à la majorité indienne et rend possible une réforme agraire profonde. Elle confirme également la nationalisation des richesses naturelles et garantit l’unité nationale du pays contre les plans de scission des départements, tel celui de Santa Cruz, où sont concentrées les richesses de la Bolivie. En outre, la Bolivie aura une économie différenciée : outre la propriété privée, la propriété d’État et la propriété communautaire figureront aussi dans la constitution. D’autres articles stipulent que l’État doit garantir que l’enseignement, les soins de santé et le sport soient accessibles à tous les Boliviens, sans la moindre distinction ni discrimination. Toutefois, toutes ces réformes manifestement démocratiques sont inacceptables aux yeux de l’opposition de droite.

La minorité riche de Bolivie vit depuis des centaines d'années dans une sorte de régime d’apartheid qui traite les paysans indigènes comme du rebut. En 2005, quand Evo Morales, lui-même d’origine indienne, a remporté les présidentielles avec 54 % des voix, les Boliviens aisés ont déjà ressenti la chose comme une sévère humiliation. Mais, aujourd’hui, la Bolivie connaît la meilleure croissance économique depuis 20 ans. En 2006, les rentrées des exportations ont grimpé à un record historique de 4 milliards de dollars, soit un bond de 44 % par rapport à 2005. Les rentrées fiscales ont crû de 46 % en 2006 et, avec 3,2 milliards de dollars, le pays possède une réserve plus importante que jamais. Avec les nouvelles rentrées, Morales a pris des mesures sociales, telles que l’octroi d’une allocation mensuelle de 26 dollars par enfant scolarisé dans les familles pauvres, une pension de 25 dollars par mois pour tous les Boliviens de plus de 60 ans, une campagne d’alphabétisation, etc.

Rien que des dépenses superflues, estiment les grands propriétaires fonciers et les riches Boliviens d’origine européenne, qui n’acceptent absolument pas de devoir partager leurs terres avec les paysans pauvres, ni de voir le pétrole et le gaz devenir des propriétés d’État et, en outre, de voir les recettes servir à payer les pensions… Inadmissible également à leurs yeux le fait que tout cela sera confirmé par la nouvelle constitution, laquelle, de plus, rend impossible le désir de scission des élites des provinces les plus riches.

L’opposition cherche la confrontation

L’opposition de droite contrôle les quatre provinces orientales, où vivent surtout les Boliviens d’origine européenne. Ces provinces détiennent les terres agricoles les plus riches, de même que les réserves de pétrole et de gaz. Elles couvrent 70 % du territoire bolivien. Par contre, 67 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Aussi la grande majorité des Boliviens soutient-elle Morales et son Movimento al Socialismo (MAS), qui réunit les cultivateurs indigènes de coca, les mineurs des provinces andines très pauvres et une part importante de la classe ouvrière et moyenne des villes.

Dans les provinces en révolte, des groupes paramilitaires sèment la terreur avec l’aide des autorités locales. Ils sont entraînés par des instructeurs provenant entre autres d’Israël et de Croatie. Et, tout comme au Venezuela, les riches locaux peuvent compter sur le soutien de l’ambassade des États-Unis. Lorsque le projet de révision de la constitution a été discuté lors du week-end des 24 et 25 novembre, des troubles ont fait quatre morts et plus de cent blessés. Quelques jours plus tard, l’opposition annonçait une grève de 24 heures dans six des neuf provinces.

Un référendum pour sauver l’unité

Le 6 décembre, le président bolivien Evo Morales tenait un discours télévisé dramatique dans lequel il annonçait un référendum visant à faire confirmer par les électeurs son mandat et celui des neuf gouverneurs de province. « Si les gens disent : ‘Evo doit partir’, cela ne me pose aucun problème », a déclaré Morales. Les quatre gouverneurs qui mènent la résistance contre la révision de la constitution ont déjà dit qu’eux aussi étaient prêts à mettre leur mandat en jeu. Mais ils continuent à s’opposer au vote sur la nouvelle constitution du 9 décembre. La menace de coup d’État ou de guerre civile continue donc à planer sur le pays. Une telle évolution signifierait une catastrophe pour le pays ainsi que pour tout le continent.

10:10 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

15/12/2007

07/06/2007: La révolution ne sera pas transmise - The revolution will not be televised - La revolución no será televisada ...

-------- Message original --------
Sujet: La révolution ne sera pas transmise - The revolution will not be televised - La revolución no será televisada
Date: Thu, 7 Jun 2007 16:24:33 -0400
De: Antonio Artuso <pueblo@sympatico.ca>
Pour :: 00-artusoantonio <pueblo@sympatico.ca>



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[Français] + [English] + [Español]
 

Venezuela - Documentaire exceptionnel «La révolution ne sera pas transmise»

sur le coup d'État d'avril 2002 contre Hugo Chávez

Venezuela - Exptional documentary "The Revolution Will Not Be Televised"

on the April 2002 coup d'État against Hugo Chávez

Venezuela - Documental exepcional "La Revolución no será televisada"

sobre el golpe de estado de Abril 2002 contra Hugo Chávez  [Français] Le documentaire «La révolution ne sera pas transmise» (The Revolution Will Not Be Televised), aussi connu sous le nom de «Le coup d'État contre Chávez vu de l'intérieur» (Chavez: Inside the Coup), a été tourné en 2002.  Il montre le coup d'État perpétré en avril 2002, qui a renversé le président du Venezuela Hugo Chávez pour une très courte durée et qui a échoué parce que le peuple a encerclé le palais envahi par les putchistes et, avec l'aide des militaires qui sont restés fidèles à Chávez, ont arrêté les meneurs. Quand les événements ont commencé le 11 avril 2002, l'équipe de télévision irlandaise de Radio Telifís Éireann était au Venezuela, en train de tourner un documentaire sur Chávez.  Elle a alors décidé de changer de sujet et de faire un documentaire sur les événements.  Les images tournées par l'équipe montrent que les explications fournies par l'opposition à Chávez, c'est-à-dire (1) les médias privés, (2) le Département d'État des États-Unis et le secrétaire de presse de la Maison Blanche, Ari Fleischer.  Le documentaire affirme que le coup d'État a été le résultat d'une conspiration entre différents secteurs de la vieille garde et de différentes factions des forces anti-Chávez au Venezuela et aux États-Unis.  Le documentaire a gagné douze prix à des festivals de films et a été choisi pour concourir à quatre autres prix.  Bien qu'il n'a pas été distribué largement, un nombre de groupes sont en train d'en distribuer des copies et il se trouve sur l'Internet en anglais, en espagnol et en français.  Un autre documentaire en espagnol, «Venezuela Bolivariana: People and Struggle of the Fourth World War» (Venezuela bolivarienne : le peuple et ses combats dans la Quatrième guerre mondiale», porte en grande partie sur le même sujet et utilise une partie du documentaire «La révolution ne sera pas télévisé». 

C'est l'un des plus beaux documentaires que j'ai eu l'occasion de voir.  Chávez a réussi à intéresser à la politique, une fois de plus dans son histoire, une population découragée, à la faire participer au processus de changement et à connaître la Constitution du pays.  Vous avez devant vous un avenir qui s'ouvre [...].»

DOCUMENTAIRE EN FRANÇAIS : http://www.sbqc.org/index.php?action=view&id=21&module=newsmodule&src=%40random45bd877f2bdb2

 
La révolution ne sera pas transmise
posted by System Administrator on 01/29/07

Version française de "La revolución no sera transmitida". Kim Bartley et Donnacha O'Brian. Irlande, 2003. 74 Minute.
 


Chavez (MVR) est élu en 1998 dès le premier tour avec 57 % des voix, en 2000 avec 59,5% des voix (et en 2006 avec 63 % voix toujours dès le premier tour) Le 12 avril 2002, un coup d'État est organisé contre le Parlement élu et la coalition au pouvoir(MVR,Podemos,PPT,MEP,PCV). Il est préparé par les cadres de la compagnie pétrolière du Venezuela, ainsi que par des dirigeants militaires, avec la complicité des propriétaires des chaînes privées de télévision et de l'ambassade des États-Unis à Caracas. Une manifestation de l'opposition organisée et fomentée par les médias privés se dirige vers le palais présidentiel de Miraflores. Au niveau du pont "Llaguno", de mystérieux snipers postés sur les édifices alentours ouvrent le feu sur la foule, faisant 15 morts tant du coté de l'opposition que du coté des partisans de Chavez. Dans la soirée, un groupe de militaires demande à Hugo Chávez de démissionner, mais il refuse. Cependant Chavez accepte de quitter Miraflores suite à un ultimatum du commandement militaire putchiste menaçant de faire exploser le batiment avec tout le personnel à l'intérieur. Hugo Chávez est arrêté et emmené dans un lieu secret et un nouveau gouvernement autoproclamé est mis en place. Pedro Carmona, président de la chambre de commerce du Venezuela, en prend la tête. Il a été reçu, quelques temps auparavant, à la Maison Blanche et par le Premier ministre espagnol, José Maria Aznar. Quelques États, notamment les États-Unis et l'Espagne, reconnaissent le nouveau régime, en poussant leur ambassadeur respectif à se rendre auprès de Pedro Carmona. Le lendemain, malgré un 'black out' médiatique établi par les putschistes en place, a lieu une manifestation massive de la population de Caracas. La junte militaire en place y répond par une répression policière féroce faisant 60 morts et plus de 300 blessés. Malgré tout Carmona est renversé par la puissance du mouvement populaire, et le vice-président Diosdado Cabello assume l'intérim de la présidence, jusqu'à ce qu'Hugo Chávez soit localisé, puis libéré. Ces événements sont filmés par des journalistes d'une chaîne irlandaise Radio Telifís Éireann, qui étaient sur place pour tourner un reportage sur le programme d'Hugo Chávez.
 [English] 

"The Revolution Will Not Be Televised (a.k.a. Chavez: Inside the Coup) is a 2002 documentary about the April 2002 Venezuelan coup attempt which briefly deposed Venezuelan President Hugo Chávez.

 

A television crew from Ireland's Radio Telifís Éireann happened to be recording a documentary about Chávez during the events of April 11, 2002. Shifting focus, they followed the events as they occurred. During their filming, the crew recorded images of the events that they say contradict explanations given by Chávez opposition, the private media, the US State Department, and then White House Press Secretary Ari Fleischer. The documentary says that the coup was the result of a conspiracy between various old guard and anti-Chávez factions within Venezuela and the United States. The film has won twelve awards at film festivals and has been nominated for another four. Although the documentary was not widely distributed, a number of groups are distributing copies and it is available on the internet. A Spanish language documentary, Venezuela Bolivariana: People and Struggle of the Fourth World War, covers much of the same subject and uses some footage from The Revolution Will Not Be Televised."

 

This is one of the most beautiful documentaries I've seen. Chavez has inspired the apathetic to become interested in politics again and learn the country's constitution. That is the future right there.

  Two possibilités : choose the clip that functions better:

1) Documentary in one part only; or

2) Documentary in 8 parts. 1) Documentary in one part only but with technical problems"The Revolution Will Not Be Televised", Kim Barley and Donnacha O'Briain (Irland), 

NOTE: I apologize for the audio being out of sync. The source I got this from apparently has a problem with the audio encoding. I may post a another higher quality version sometime in the future. Thanks.

The Revolution Will Not Be Televised [2/8]

http://www.youtube.com/watch?v=vs7MrB...

Get it on DVD!  http://www.venezuelasolidarity.org.uk/

http://video.google.com/videoplay?docid=5832390545689805144 

2) Documentary in 8 parts but with no technical problem.

 

[1 of 8]          http://www.youtube.com/watch?v=8gRUrQCTtNI

 

[2 of 8]          http://www.youtube.com/watch?v=vs7MrBgc9sc&mode=relat...

 

[3 of 8]         http://www.youtube.com/watch?v=zOHvCwD6TDc&mode=relat...

 

[4 of 8]          http://www.youtube.com/watch?v=0QTRlPKQWbI&mode=relat...

 

[5 of 8]         http://www.youtube.com/watch?v=Gkcq7WpoAmc&mode=relat...

 

[6 of 8]         http://www.youtube.com/watch?v=hKRnKgyYiz0&mode=relat...

 

[7 of 8]         http://www.youtube.com/watch?v=8EVXp56Y-yI&mode=relat...

 

[8 of 8]         http://www.youtube.com/watch?v=BxekFKY2G_I&mode=relat...

  [Español] La revolución no será transmitida (1 de 8), transmitida por joaquinsan.Documental sobre el golpe a Hugo Chávez orquestado por la oligarca, los medios de información privados y el gobierno de los Estados-Unidos. [1 de 8]         http://www.youtube.com/watch?v=RWDN0qFpIFk [2 de 8]         http://www.youtube.com/watch?v=hFnW-uruwDg&mode=relat... [3 de 8]          http://www.youtube.com/watch?v=dLHhg192-gU&mode=relat... [4 de 8]         http://www.youtube.com/watch?v=VrgHjvzMuR0&mode=relat... [5 de 8]         http://www.youtube.com/watch?v=oyc6waJF4Kg&mode=relat... [6 de 8]         http://www.youtube.com/watch?v=BZas1QapRiM&mode=relat... [7 de 8]        http://www.youtube.com/watch?v=WHFm8oDcm3M&mode=relat... [8 de 8]        http://www.youtube.com/watch?v=CMlafPoxdkg&mode=relat... 

14:11 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Venezuela • Chávez nationalise des secteurs stratégiques ...

Hugo Chávez entame très fort son deuxième mandat :« Tout ce qui a été privatisé sera à nouveau nationalisé ».

Pol De Vos
17-01-2007

Il s’agit des entreprises publiques de certains secteurs stratégiques, privatisées sous les précédents gouvernements1. Dont la société de télécommunications CANTV (l’équivalent vénézuélien de Belgacom), la plus grosse firme du pays, privatisée en 1991 et aujourd’hui contrôlée par la firme américaine Verizon.

Chávez veut changer la Constitution pour donner au gouvernement la possibilité de mener une politique économique et financière. ça ne plaît pas aux multinationales. (Photo Xinhua)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


Figurent également sur la liste de Chávez les compagnies d’électricité. La plus importante d’entre elles, EdC (Electricidad de Caracas), alimente la capitale Caracas et est propriété de la société américaine AES Corporation.

La compagnie pétrolière d’Etat, PDVSA, doit en outre retrouver une participation majoritaire dans sa collaboration (joint-ventures) avec des multinationales pétrolières. Ce problème n’a pas encore été réglé durant la période précédente. Les contrats avec ces firmes prévoient la production de 600 000 barils par jour, soit 18 % de la production totale du Venezuela. Sont entre autres visées ici les sociétés américaines Exxon-Mobil et Chevron, la française Total et la britannique BP2.

Limitations pour la Banque centrale, néolibérale

Dans la nouvelle réforme de la constitution, Chávez propose en outre de supprimer l’indépendance de la Banque centrale. Cette indépendance que Chávez qualifie d’« instrument du néolibéralisme » empêche le gouvernement de mener sa propre politique économique et financière. Du fait qu’elle peut suivre son propre cours, la Banque centrale parvient entre autres à imposer les dictats des marchés financiers.

Ensuite, Chávez veut également modifier l’article de la constitution qui stipule qu’un président ne peut exercer au plus que deux mandats.

Dans une réaction extrêmement modérée, un porte-parole du Département d’État américain a fait savoir que « l’histoire a prouvé qu’en général, les nationalisations n’étaient guère profitables à la population »3.

Dans les bidonvilles de Caracas, on ne voit guère de visages renfrognés. Bien au contraire : les gens soutiennent la politique de leur président. Ces mines déconfites se rencontraient plutôt dans les principaux quartiers des multinationales mentionnées et dans quelques quartiers huppés de la capitale où l’on se rend compte que ces mesures risquent de rogner une grosse part du pouvoir économique de la bourgeoisie.

Le Projet national Simon Bolivar

Chávez parle du début d’une nouvelle ère, le Projet national Simon Bolivar 2007-2021. Ce projet doit aboutir à « un socialisme bolivarien nécessitant un niveau plus élevé d’enjeux et d’engagement, de clarté et d’efficacité, de qualité révolutionnaire »4.

Si, au cours des prochains mois et années, Chávez met ces plans en pratique, l’influence économique des États-Unis (et de l’Europe) au Venezuela continuera à régresser. Il est peu probable que Washington laisse faire sans sourciller… Aussi la confrontation avec les États-Unis et l’Europe risque-t-elle d’ici peu de se durcir. Tout semble indiquer que les Vénézuéliens défendront bec et ongles leur droit à décider eux-mêmes de leur propre avenir.

1 Gregory Wilpert. Chavez Announces Nationalizations, Constitutional Refom for Socialism in Venezuela. 8 janvier 2007. www.venezuelanalysis.com • 2 Emilio Marin. Relaciones con estados unidos será, aún más tirantes. www.laarena.com.ar. 11 janvier 2007. • 3 Webb-Vidal & Guy Dinmore. Stocks plunge on Venezuela utilities fears. Financial Times. 10 janvier 2007, p. 3. • 4 Gregory Wilpert, op.cit.

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L’Etat vu d’en bas : les conseils de quartier

Le gouvernement vénézuélien renforce les conseils de quartier, les nouvelles formes de participation populaire lancées l’an dernier.En 2007, le gouvernement vénézuélien leur consacrera 5 milliards de dollars. Soit trois fois plus de moyens qu’en 2006. Une partie de cette manne est déjà nécessaire pour supporter l’augmentation attendue du nombre de ces conseils. Fin 2006, 13 000 d’entre eux étaient actifs. On s’attend à ce qu’ils soient environ 21 000 fin 20071. Ces conseils comptent chacun entre 200 et 400 familles. Le gouvernement veut ainsi créer un instrument démocratique autonome favorisant le développement local. Ces organisations démocratiques réunissent les anciennes formes d’organisation, tels les comités des terrains urbains (pour l’obtention de titres de propriété) et les comités organisant des projets sociaux. Ces conseils à la direction élue, doivent élaborer des programmes de développement au niveau des districts. Ils peuvent demander des fonds spéciaux pour des projets ayant trait à l’enseignement, la construction, les transports, les soins de santé, l’agriculture ou le logement. Hugo Chávez a expliqué qu’avec ces conseils, il entendait travailler à de nouvelles formes de pouvoir d’Etat censées remplacer progressivement les structures étatiques existantes. Selon Chavez, cet « État venu d’en bas doit démanteler » progressivement « l’État bourgeois », car ce dernier « a été instauré pour empêcher les révolutions ». Et d’ajouter qu’il veut désormais voir cette ancienne forme d’État se muer en « État révolutionnaire ».

1 Steven Mather. Venezuelan Government Announces $5 Billion for Communal Councils in 2007. www.venezuelanalysis.com. 10 janvier 2007.

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Le Venezuela promet son aide massive au Nicaragua

17 ans après sa défaite électorale historique de 1990, Daniel Ortega, dirigeant de la révolution sandiniste en 1979 et président du Nicaragua dans les années 1980, est redevenu président de son pays.

« Dans les 5 années à venir, le Nicaragua verra les résultats d’une véritable collaboration menée sur une base de solidarité. (…) Nous entendons contaminer l’Amérique latine avec notre modèle. » C’est en ces termes pleins d’assurance que l’ambassadeur du Venezuela au Nicaragua a fait savoir qu’Hugo Chávez tiendrait sa promesse de soutenir le Nicaragua (après Haïti, le pays le plus pauvre de l’Amérique latine) à l’aide d’un programme économique et social ambitieux.

Dans ce pays de 5,2 millions d’habitants, dont 40 % n’ont pas accès à l’eau potable, de tels propos requinquent le moral. Pour le président américain Bush, la victoire d’Ortega et la collaboration prévue avec le Venezuela constituent toutefois une énième tuile pour sa chasse gardée.

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Bruxelles Caracas

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10:55 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

14/12/2007

07/11/2007: L'agroalimentaire à Cuba ...

L'agroalimentaire à Cuba

Cuba est trop souvent cachée par l'image d'Épinal touristique faite de plages blondes, de rhum et de cigares! Il existe une réalité cubaine tout autre: celle d'un pays soucieux de l'environnement (loi sur l'eau draconienne), du développement durable et des énergies renouvelables: cette éthique est soutenue par le haut niveau de la formation de la population en général mais aussi par la qualité de sa recherche et de ses ressources humaines. En outre, et par voie de conséquence, Cuba est leader sur le marché ibéroamericain. Cuba est donc un partenaire de choix pour le développement de l'innovation, que ce soit au niveau de la recherche, de l'industrialisation ou de l'exploitation de licences, ce partenariat pouvant se conjuguer tant à l'export qu'à l'import. Ces opportunités sont particulièrement sensibles dans les domaines suivants: les technologies de l'environnement, la biotechnologie, l'agroalimentaire, le hardware médical, les logiciels et les énergies renouvelables. Voici une première fiche sectorielle.

L'industrie agroalimentaire cubaine couvre la production de produits laitiers, de céréales, confitures, boulangerie viennoiserie, la transformation de produits carnés, les conserves de fruits et légumes, sodas, bières, malte et rhum.

Les productions de tabac et de produits de la pêche sont classées à part, de même que la production sucrière.

Près de 750 unités industrielles, réparties sur l'ensemble du territoire, assurent cette production.

Le MINAL contrôle 96 sociétés, intégrées dans des unions d'entreprises spécialisées dans les différentes branches composant cette industrie :

Union de la viande,
Union laitière,
Union des conserves de fruits et légumes,
Union meunière,
Union de la confiserie,
Union des boissons et sodas,
Union des brasseries.

Le système de production est certifié via la norme de qualité ISO 9000, mis en place et contrôlé par le Centre national d'inspection de la qualité.

Le développement de l'industrie alimentaire cubaine a été limité par l'insuffisance de ressources financières de l'île du fait de la détérioration des termes de l'échange. L'objectif des autorités est de réaliser une intégration complète de la filière, de la production à la commercialisation. A ce titre, sont recherchées des coopérations avec des partenaires étrangers, pourvoyeurs de financements et de savoir-faire, susceptibles d'introduire de nouvelles technologies et d'ouvrir des marchés extérieurs.

Cuba n'a jamais assuré son autosuffisance alimentaire et continue d'importer près de la moitié des aliments consommés.

Le volume total des ventes de produits agroalimentaires à Cuba avoisinait les 2,2 milliards de pesos en 2004 (équivalent dollars). L'essentiel des produits vendus sont en fait réservés à la population et distribués à des prix subventionnés.

En 2004, le marché domestique en devises et le secteur touristique ont rapporté plus de 265 millions de CUC à la filière. La même année, les exportations de produits agroalimentaires ont augmenté de 16 % par rapport à 2003, atteignant plus de 73 millions de dollars.

ORGANISATION DU MARCHÉ

Le marché des produits alimentaires exportés vers Cuba est tributaire de l'industrie du tourisme. Effectivement, à l'exception des produits alimentaires et agricoles de base destinés à la population locale, le gouvernement cubain importe des produits alimentaires afin de répondre aux demandes des touristes. La demande pour les produits importés devrait s'accroître, puisque le nombre de touristes continue d'augmenter. Le secteur de l'hôtellerie restauration est le principal débouché. 70% des hôtels cubains sont classés en catégorie 4 et 5 * et proposent des formules de séjour tout inclus.

Les circuits de distribution en monnaie nationale et en devises

Il existe 3 marchés en monnaie nationale à Cuba :

. Un marché subventionné garantissant l'approvisionnement de la « Libreta » par les bodegas ;

. Un marché où les prix sont contrôlés et fixés par l'État. Le MINCIN est en charge de ce circuit de distribution. Il s'agit d'enseignes du type Doña Yuya.

. Un marché plus étroit, où les prix sont fixés entre les agriculteurs et l'État qui contrôle, correspondant aux marchés paysans.

La plupart des produits étrangers vendus sur ces circuits sont achetés par ALIMPORT. Il s'agit souvent de produits à bas prix.

Il existe, d'autre part, le marché en devises qui est alimenté par des sociétés d'import-export.

. CUBALSE : importe des produits destinés à son circuit de distribution, notamment les boutiques pour diplomates ;

. TRD CARIBE : alimente un réseau de 1 200 points de vente ;

. CARACOL : approvisionne le secteur du tourisme (centrale d'achat du MINTUR) ;

. CIMEX : alimente également 1 200 points de vente ;

. HABAGUANEX : approvisionne les centres commerciaux de la Vieille Havane.

Ces cinq sociétés importent exclusivement des produits qui seront distribués par leur propre réseau.

Cinq autres entreprises disposent d'une licence d'importation. Elles peuvent alimenter les sociétés précitées, ainsi que l'industrie touristique et l'industrie alimentaire (de transformation).

. ALIMPORT : 90% de ses achats sont destinés à l'approvisionnement de la population, soit via des bodegas, soit par l'intermédiaire des points de vente en monnaie nationale. Les 10% restants sont destinés au marché en devises ou à l'industrie.

. D'LEONE : entreprise mixte hispano-cubaine ;

. ITH, du MINTUR ;

. INVERSIONES LOCARINOS ;

. GAVIOTA : centrale d'achat appartenant au MINFAR.

A noter que les entreprises mixtes de l'industrie agroalimentaire peuvent importer directement leurs produits, sans passer par l'une de ces sociétés.

NORMES

Obligation de registre sanitaire des produits alimentaires avant toute commercialisation sur le marché local. L'INHA (Institut national d'hygiène des aliments) contrôle l'enregistrement sanitaire (indépendant du Registre vétérinaire et du Registre phytosanitaire pour les espèces d'origines animale et végétale respectivement et contrôlés par le ministère de l'Agriculture). Le Registre sanitaire, délivré entre 10 et 20 jours à partir de la présentation des échantillons, doit être sollicité par le distributeur et/ou par l'importateur direct à qui il convient de "tenir la main", et il est généralement préférable de faire établir autant d'enregistrements que de types de produits alimentaires proposés à l'importation..

En matière d'étiquetage, les produits doivent satisfaire le CODEX STAN 1-1985 sur l'étiquetage des produits alimentaires préemballés.

De manière générale, les normes requises sont similaires aux normes sanitaires européennes et/ou celles codifiées dans le Codex Alimentarius.

TARIFS DOUANIERS

La France bénéficie du statut de la « Nation la plus favorisée » - NPF, donc de tarifs préférentiels appliqués aux produits en provenance du territoire français.

Les droits de douane sont supportés par l'importateur qui doit être muni de la licence correspondante délivrée par le ministère cubain du Commerce extérieur - MINCEX.

FOIRE SECTORIELLE

ALIMEXPO : foire internationale de l'alimentation, de l'emballage et des équipements.

Le MINAL organise chaque année à la Havane la Foire internationale de l'industrie agroalimentaire, ALIMEXPO.

Louis Michel Bonnemaire

Association Cuba Linda
9 rue Pablo Picasso
24750 BOULAZAC
www.cuba-linda.com

__._,_.___

20:19 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

14/11/2007: Qui devrait "la fermer" ? Hugo Chavez ou Juan Carlos ? : site Michel Collon ...

Qui devrait "la fermer" ? Hugo Chavez ou Juan Carlos ?
Pascual Serrano  Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer
 
 
Le jour où Juan Carlos de Bourbon a dit quelque chose qu’on ne lui avait pas écrit
Traduit par  Fausto Giudice



Le samedi 10 novembre, durant la session plénière du 17ème Sommet ibéroaméricain, nous avons assisté à une bronca sans précédent entre le président vénézuélien  Hugo Chávez, l’Espagnol José Luis Rodríguez Zapatero, le Nicaraguayen Daniel Ortega et le roi d’Espagne Juan Carlos 1er. “Pourquoi tu ne la fermes pas?”, a lancé le roi espagnol au président vénézuélien, qui avait qualifié de “fasciste” José María Aznar pour le soutien que celui-ci avait apporté au coup d’État au Venezuela en avril 2002.  Le Bourbon, visiblement courroucé, a quitté la séance de clôture du Sommet ibéroaméricain pour ne pas avoir à entendre les critiques du président nicaraguayen Daniel Ortega, contre la multinationale espagnole Unión Fenosa. De son côté, Rodríguez Zapatero a exigé de Chávez du «respect» pour Aznar, soulignant qu’il avait  «été élu par les Espagnols».

Passons en revue le comportement de chacun des protagonistes.




Montonero, combattant des guerres d'indépendance de l'Argentine et de l'Uruguay, symbole de tous ceux qui, depuis 2 siècles et demi, refusent de "la fermer"


Hugo Chávez
On a dit que cela n’avait pas de sens de critiquer Aznar au cours d’un sommet qui avait pour thème la cohésion sociale de la communauté ibéroaméricaine, mais peu de médias ont rapporté que l’intervention de Chávez antérieure à l’incident était une réponse à des propos récents de  Zapatero, lequel avait affirmé qu’un pays ne pourrait jamais progresser s’il cherche des justifications dans des interventions extérieures visant à arrêter ses progrès. Le président vénézuélien a exprimé son désaccord et a répondu que  “l’on ne peut pas minimiser” l’impact des facteurs externes, se référant à l’appui donné par Aznar au coup d’État au Venezuela en avril 2002.
On accuse Chávez de recourir aux insultes contre Aznar et de ne pas respecter les formes et la bonne éducation. Mais n’oublions pas les raisons de l’indignation de Chávez: un gouvernement veut renverser un président légitime et appuie un coup d’État et face à cela, la réaction est d’accuser le président d’insulter le putschiste. Le monde à l’envers !

On s’est aussi plu à répéter que ce n’était ni le lieu ni le moment adéquats pour formuler cette accusation. La droite espagnole a dit la même chose lorsque le ministre des Affaires étrangères Miguel Ángel Moratinos a rappelé dans une émission de télévision l’implication du gouvernement  Aznar dans le golpe contre Chávez. Quel est donc le bon moment pour dire ce genre de choses? Il n’y a pas de sommets ibéroaméricains sur le thème “les coups d’État tentés en Amérique latine et ceux qui étaient  derrière”, si bien qu’il faudra bien l’exposer à un moment où les présidents se réunissent pour débattre.

Rodríguez Zapatero
Le Président du Conseil espagnol s’est fâché contre les critiques de Chávez à l’ex-président Aznar et il a rappelé que celui-ci avait été élu démocratiquement. Un président peut avoir l’obligation de défendre les institutions de son pays contre des critiques étrangères, mais pas la politique d’autres gouvernements. Si le président du Venezuela s’en était pris au parlement espagnol, à la Cour suprême ou à toute autre institution, la réaction de Zapatero aurait été justifiée mais ce qu’a affirmé Chávez sur la participation espagnole au golpe, non seulement était vrai mais avait été aussi reconnu et révélé par le ministre espagnol des Affaires étrangères, d’abord dans une émission de télévision et ensuite devant la Chambre des députés. La vérité ne devrait jamais déranger.

Le président espagnol s’est aussi permis l’impertinence d’affirmer devant les journalistes après le sommet qu’il avait averti le Vénézuélien qu’il espérait que c’était   "la dernière fois" que dans un forum comme le Sommet ibéroaméricain quelqu’un agissait comme il l’avait fait en critiquant l’ex-président José María Aznar. Pourquoi un président ne pourrait-il pas dénoncer au cours d’un sommet l’appui d’un pays à un coup d’État ?

Zapatero a tenu de nouveaux propos malheureux peu après dans un meeting à Buenos Aires, où il a dit que, dans une réunion internationale, si quelqu’un attaque et disqualifie un de vos compatriotes, même si c’est un rival et un adversaire, "vous allez prendre sa défense" . Devons-nous défendre Franco ? Et aussi les Espagnols qui ont participé aux attentats d’Atocha (le 11 mars) et ont été condamnés pour cela ? Les Allemands doivent-ils défendre Hitler ? Qu’allons-nous faire en Irak avec les Irakiens qui défendent leur compatriote Saddam Hussein ? Que ferions-nous face à un Saoudien qui défendrait son compatriote Ben Laden?

Si Zapatero veut défendre des compatriotes, ce qu’il devrait faire, ce serait de demander au procureur général qu’il appuie les avocats de la familla Couso, qui demande justice pour l’assassinat du journaliste José Couso par des militaires usaméricains à Bagdad. C’est là qu’on devrait voir un président défendre ses concitoyens.

Juan Carlos de Bourbon
Le roi d’Espagne a pour la première fois dit spontanément quelque chose qui n’avait été écrit auparavant par aucun conseiller, ni par la Maison royale ni par un membre du gouvernement. Nous autres Espagnols nous avons pu voir sa capacité d’analyse, son niveau intellectuel, ses connaissances géopolitiques, ses talents diplomatiques  et son respect pour un gouvernement légitime dans sa phrase : " Pourquoi tu ne la fermes pas?". Beaucoup des médias et d’analystes disent dans leurs commentaires que le roi a craqué; je suis convaincu que non, que simplement, pour une unique fois, il a parlé avec sa propre bouche et non pas pour répéter ce qu’on lui avait indiqué de dire. Nous savons déjà de quoi est capable le Bourbon quand on le laisse tout seul. À certains d’entre nous, ce " Pourquoi tu ne la fermes pas?" évoque furieusement le fameux  “Asseyez-vous, connards ” d’un autre militaire espagnol l [1] . Mais peut-être ce qui a alarmé Juan Carlos de Bourbon, ce sont les détails secrets du golpe au Venezuela que Chávez était en train de raconter. Peut-être a-t-il pensé qu’on risquait quelque révélation dangereuse ?

Voyons maintenant les réactions
Partido Popular

Par la voix de son secrétaire à la communication, Gabriel Elgorriaga, il a assuré que l’incident était la conséquence "de l’imprévoyance, de la négligence et du manque de capacité d’agir" du président Zapatero. Zapatero croyait-il que le fait de défendre le golpisme d’ Aznar face aux vérités de Chávez allait lui valoir des applaudissements de la droite ?

Gaspar Llamazares
Le coordinateur de la Gauche Unie (Izquierda Unida) a fait preuve de bon sens en admettant que l’on  "peut discuter de l’opportunité des formes", mais en soulignant que "ce qui est indiscutable, c’est ce que Chávez a dit sur l’implication et l’appui " du gouvernement Aznar "à la tentative de le renverser en 2002”.
Pour Llamazares, "ce que fait Chávez, c’est dire la vérité ", et le fait que "à ce niveau, certains soient scandalisés" par la censure de ces manœuvres "est, pour le moins, hyporcite".

Éditoriaux d'El País et El Mundo
“Don Juan Carlos était aussi dans son rôle, étant donné que le président vénézuélien a, par ses propos disqualifiants, franchi la ligne du tolérable dans une relation entre pays souverains”, écrit  El País dans son éditorial. Après des années passées à critiquer la mauvaise éducation et l’absence de formes du président vénézuélien, il suffit qu’apparaisse  Juan Carlos de Bourbon disant « Pourquoi tu ne la fermes pas ? " au président d’un autre pays dans la séance plénière d’un sommet et pour le quotidien mondial , “il est dans son rôle”.
L’éditorial d’ El Mundo est sur la même longueur d’ondes : il s’en prend “à la brutalité politique du président vénézuélien Hugo Chávez, qui est en train de contaminer d’autres présidents comme le Nicaraguayen Daniel Ortega. Et c’est le Roi d’Espagne qui a coupé l’herbe sous les pieds du  caudillo (sic! NdT) vénézuélien en présence de tous les chefs d’État ibéroaméricains, en lui disant ce qu’on aurait du lui dire depuis longtemps”. "Pourquoi tu ne la fermes pas?", voilà ce qu’il faut dire aux présidents latinoaméricains quand ce qu’ils disent ne nous plait pas, selon les critères de ce quotidien. En outre, entre un roi non élu et un président élu par les urnes,  El Mundo réserve la qualification de “caudillo” au second.

Le quotidien Público

Son titre proclame : “Daniel Ortega attaque aussi l’Espagne” et c’est répété en page 2 : “Les représentants du Nicaragua et de Cuba critiquent aussi l’Espagne”. Ce n’est pas vrai, personne n’a attaqué l’Espagne, Chávez a critiqué Aznar et Daniel Ortega Unión Fenosa. Ni Aznar ni cette entreprise privée ne sont “l’Espagne”. Un des analystes de Público , Jesús Gómez, écrit: “La dernière chose dont la gauche latinoaméricaine ait besoin, c’est d’une dose extraordinaire de messianisme et de mépris pour la démocratie et ses formes”. Ce qui est inquiétant, c’est qu’il ne fait pas là allusion aux putschistes contre le Venezuela, mais à son président démocratique.
La mutinerie des pays dignes contre le putschisme et les abus provenant de présidents et de multinationales d’Espagne dans ce sommet doit nous amener tous à une réflexion : l’heure est venue de changer les relations entre l’ancienne métropole et l’Amérique latine. Les expressions et les avancées dans le sens de l’unité latinoaméricaine doivent comporter l’éloignement d’une ex-métropole qui, avec un chef d’État non élu qui ordonne de se taire aux présidents démocratiquement élus d’Amérique latine et quitte les réunions quand il n’aime pas ce qu’il entend, démontre qu’elle n’a pas compris que les choses ont changé. Si le gouvernement d’Espagne va à ces rencontres pour défendre les multinationales et les présidents putschistes, ce pays européen est de trop dans les sommets latinoaméricains.

Quand un jeune devient adulte et indépendant, le moment arrive où il doit cesser d’inviter à ses anniversaires et fêtes sociales ce camarade de collège violent et brutal qui le harcelait dans la cour de récréation. L’Amérique latine doit choisir entre unité et souveraineté et une métropole qui lui dit de se taire.

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[1] Expression lancée par le lieutenant-colonel Antonio Tejero aux députés de la Chambre lors de sa tentative de coup d’État du 23 février 1981.

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Source : pascualserrano.net et Rebelión
Article original publié le 11 novembre 2007
Sur l’auteur
Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=4115&lg=fr

20:07 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

11/12/2007

Apprendre de nos erreurs ou...

VENEZUELA :
Arnaud Rubi - Apprendre de nos erreurs ou...
Une défaite qui peut être salutaire, estime un coopérant français à Caracas

Erreurs  

Apprendre de nos erreurs ou...

Arnaud Rubi  Envoyer à un(e) ami(e)    Imprimer
 
Depuis Caracas, un jeune coopérant français dresse un premier bilan du référendum...
 
A la surprise générale, le projet de réforme partielle de la Constitution Bolivarienne de Venezuela n'a pas été ratifié par le peuple vénézuélien lors du referendum du 02/12/2007. Pour que nos amis francais se fassent une idée de l'ampleur de la surprise, nous pourrions comparer ce résultat avec la qualification de l'extrême droite au second tour des préseidentielles de 2002.

Apres dix victoires consécutives en neuf ans, les bolivariens se sont réveillés lundi matin avec un sacré “ratón moral” . Bien qu'il soit encore tôt pour tirer toutes les lecons qui s'imposent, nous devons dès maintenant réfléchir et analyser les causes ainsi que les implications de la décision des électeurs vénézuéliens. Sans prétendre présenter une analyse exhaustive, je souhaiterais cependant partager avec vous les réflexions qui suivent, pour qu'elles puissent etre debattues.

Ce texte se divise en trois parties:
A/ Les Bonnes Nouvelles
B/ Quelques éléments d'explication de la victoire du “NON”
C/ Implications du referendum pour le camp bolivarien comme pour l'opposition.


A/ Les Bonnes Nouvelles:
? 1/ Une fois de plus, le peuple vénézuélien s'est massivement rendu aux urnes, démontrant son civisme tout comme son respect de la démocratie .

? 2/ Toute la campagne médiatique de désinformation à l'oeuvre contre le processus bolivarien aux quatre coins du monde s'est vu sérieusement décridibilisée par les évenements du 02 décembre 2007. En reconnaissant immédiatement et sans polémiques sa défaite, en félicitant l'opposition pour leur victoire, Chávez a montré au monde le grand démocrate qu'il est. Bien qu'il ne faille pas s'attendre à un changement dans les stratégies médiatiques utilisées à l'encontre de la Révolution Bolivarienne, on peut tout de même penser qu'il leur sera plus difficile de présenter Chávez comme un dictateur autoritaire qui manipule les élections. Ou tout du moins que la manque de crédibilité et d'éthique de ces grands groupes de presse n'en sautera que plus facilement aux yeux.

? 3/ La transparence du pouvoir electoral ne peut plus se nier. Alors que l'opposition vénézuelienne n'arrêtait pas d'accuser le Conseil National Electoral d'être à la solde de l'exécutif depuis l'arrivée des bolivariens au pouvoir en 1998, cette fois-ci elle joue l'amnésique et savoure sa victoire. Pour autant, le Venezuela a montré au monde entier la qualité de son système démocratique. Il est d'ailleurs intéressant de souligner que pour le référendum de dimanche dernier, aucun observateur international n 'avait été envoyé de manière officielle par les trois organismes qui surveillent généralement les processus élctoraux au Venezuela .

? 4/ La Constitution Bolivarienne du Venezuela est enfin reconnue par tous les secteurs de la société vénézuelienne. L'opposition, qui avait appelé à voter contre la Constitution en 1999, vient de la défendre avec véhémence lors de la campagne contre la réforme de cette dernière. En ce sens, c'est bien le Venezuela dans sa totalité qui sort gagnant du vote du 2 décembre 2007.

? 5/ La “Gifle” que le gouvernement vient de recevoir était sans doute nécessaire. Cela oblige à méditer, reconnaître ses erreurs, et s'améliorer. C'est la seule manière de pouvoir espérer promouvoir la Révolution Bolivarienne.

? 6/ La victoire du “NON” devrait éloigner, pour un moment, (même si nous savons pertinemment que cela ne durera pas longtemps) les risques d’intervention étrangère , qu’une ratification du projet de réforme aurait pu générer. Tous les plans de déstabilisation révélés la semaine dernière peuvent nous laissez penser que même la CIA n’avait pas prévu une victoire du “NON”.

POURQUOI LE “NON” A-T-IL GAGNÉ?
Quand on observe les résultats du vote du 2 décembre 2007, on peut déduire quatre tendances:
- 1/ Il y a 25% du corps électoral vénézuelien qui ne vote jamais.
- 2/ Le “noyau dur” de Chávez a voté en faveur de la réforme.
- 3/ L’opposition a maintenu le nombre de votes qu’elle avait obtenu lors des dernières élections. Elle n’a pas augmenté de manière significative .
- 4/ Une grande partie des 3 millions de Vénézueliens qui ont voté pour Chávez en 2006 se sont abstenus.

Il est évident qu’il n’existe pas un seul facteur pour expliquer la défaite du chavisme lors du referéndum du 2 décembre. Nous présentons ici quelques pistes de reflexión, en insistant sur le fait que toutes n’ont pas eu la même influence, ni n’ont touché de la même manière l’ensemble des électeurs qui ont voté “NON” ou n’ont tout simplement pas voté.

-1/ Une gestion particulièrement mauvaise de la campagne pour le “OUI”, pleine de suffisance et qui laissait penser que la victoire était acquise. Cette arrogance a eu de fortes répercussions.
A/ L’Etat a sous-estimé l’impact que pouvait avoir la campagne intensive de désinformation, et a toléré la circulation de publicités et propagandes remplies de mensonges, ocultant et manipulant le contenu du projet de réforme partiel de la Constitution Bolivarienne.
Le fait de ne pas réagir a permis et même légitimé la diffusión de matrices d’opinion qui annoncaient que si le “OUI” l’emportait, l’Etat allait: “Te kidnapper tes enfants pour les envoyer à Cuba”, “qu’ils allaient t’exproprier ton commerce”, “que plus personne ne serait propiétaire de rien, que tout appartiendrait à l’Etat”, “que Chávez serait président jusqu’à sa mort”, “que le Venezuela serait identique à Cuba”, “qu’il serait désormais interdit de se teindre les cheveux”, “ que les strings seraient interdits sur la plage”etc.…

B/ Nous avons pu assister à un rejet systématique des propositions de l’opposition, sans même prendre le temps d’analyser leur potentielle pertinence. Je me réfère ici particulièrement à la proposition qui consistait à voter la réforme article par article. Je ne suis pas de ceux qui pensent que cela aurait été la meilleure option, car beaucoup d’articles sont organiquement liés entre eux. Néanmoins, je considère qu’il aurait parfaitement été posible de voter par thèmes (nouvelle géométrie du pouvoir; nouveau modèle productif; défense et sécurité; renouvellement des mandats; droit du travail; souveraineté; etc…).

2/ La grande majorité des électeurs, indépendamment de leur orientation politique, n’a simplement pas lu le projet de réforme constitutionnelle. Cette “paresse citoyenne” a une grande responsabilité en ce qui concerne la circulation d’interprétations erronées et dramatisantes, ce qui a eu pour conséquence de faire croire n’importe quoi au peuple vénézuélien.

3/ L’abstention n’a pas joué en faveur des bolivariens. Il est intéressant à ce sujet de rappeler qu’en comparaison des présidentielles de 2006, le taux d’abstention enregistré lors du 2 décembre a augmenté de 20%. Du coup, pendant que l’opposition a amélioré son score de 211.000 votes, les bolivariens ont perdu près de 3.000.000 de votes!

4/ D’une manière plus générale, l’identification d’une grande partie de la classe moyenne, ainsi que de certains secteurs populaires au message de l’opposition est également le résultat d’une politique qui n’a pas suffisamment attaqué les interets de l’oligarchie vénézuélienne, générant une situation dans laquelle beaucoup de vénézuéliens ont offert leur vote à des partis qui ne représentent en rien la défense de leurs intérets de classe:
A/ Selon un rapport de la CEPAL publié en 2007 sur le niveau d’imposition des pays latinoaméricains, le Venezuela arrive en dernière position, en compagnie du Honduras. Ce calcul permet de mesurer la part que représente la collecte d’impots sur l’ensemble du PIB de chaque pays. Alors qu’au Brasil le pourcentage est de 30%, qu’en Argentine il frise les 25%, en Colombie les 20%; le Venezuela arrive à peine à 8%. Cela signifie qu’une très faible minorité de citoyens vénézuéliens paie un impôt sur les revenus. Quand on compare ces données avec des pays comme la France (60%) ou la Suède (prés de 80%), on est obligé de reconnaître que ces pays capitalistes ont su élaborer un système beaucoup plus socialiste que le Venezuela en ce qui concerne la contribution des classes favorisées à l’intérêt général de la Nation.

B/ Comment peut-il se faire qu’il n’existe pas un Impôt sur la Grande Fortune au Venezuela? Si le gouvernement bolivarien proposait l’application de cette taxe, je pense qu’il serait beaucoup plus difficile pour l’opposition de convaincre les classes moyennes et populaires de s’opposer à sa mise en application.

5/ En ce qui concerne l’influence des groupes et personnalités qui se sont déclarés contre le projet de réforme alors qu’ils appuyaient jusqu’ici la Révolution Bolivarienne, il est difficile de mesurer l’impact sur le vote final. Le parti politique “Podemos”, l’ex ministre de la défense Raúl Baduel, ou encore l’ex première dame du Venezuela ont appelé clairement à voter “NON”. Pour leur part, certains groupes trotskystes et anarchistes ont montré leur intention de s’abstenir. Certains ne manqueront pas d’argumenter que ces votes ont été décisifs, au vu du très faible écart entre les deux camps (50.7% pour le “OUI”, contre 49.29% pour le “NON” ). Je dois avouer que je n’ai pas de chiffres en ma possession pour confirmer ou pour infirmer cette affirmation .
Mais au-delà de la potentielle influence de ces personnes et groupes politiques, ce qui est certain c’est que si les résultats finaux avaient été inversés – c’est-à-dire si le “OUI” l’avait emporté avec une marge aussi faible – les grands groupes de presse du monde entier auraient sans aucun doute déclaré les élections truquées. Comme l’a justement reconnu le président Chávez:
“il est préférable pour les bolivariens perdre de cette manière que de gagner avec une différence aussi infime”.

6/ Il y aura toujours des personnes déclarant que l’une des raisons fondamentales de la défaite du “OUI” est que ce projet de réforme constitutionnelle est arrivé trop tôt. Au-delà de se présenter l’année même où l’Etat a décidé le non renouvellement de la concession à la chaine de televisión RCTV , certains analystes pensent qu’il aurait été préférable attendre, et se concentrer pour le moment à faire “mûrir” les conditions objectives et subjectives de la transition au socialisme du XXIeme siècle.


C/ IMPLICATIONS POUR LE GOUVERNEMENT

1/ La victoire du “NON” doit s’interpréter selon moi beaucoup plus comme une défaite du chavisme que comme une victoire de l’opposition. Et ceci pour deux raisons fondamentales. Tout d’abord, l’opposition regroupe des secteurs politiques très divers, depuis l’extrême-droite jusqu’à un groupe d’ultra-gauche, en passant par des centristes et sociaux-démocrates. De plus, selon ce que nous pouvons observer, l’opposition n’a pas de projet alternatif pour le pays, aucun véritable Projet National.
C’est pour cela que j’affirme que l’un des principaux facteurs qui nous permet d’expliquer la victoire du “NON” est précisément le fait qu’ils n’ont pas eu à proposer d’alternatives.
En déclarant “Nous nous opposons à ce projet”, sans avoir à énoncer un projet propre, leurs opportunités de victoire étaient bien plus réelles que s’il s’agissait d’une élection présidentielle!

2/ Il existe au moins deux manières d’interpréter la décision du peuple vénézuélien du 02/12/07:
A/ Voir en ce résultat un échec personnel d’Hugo Chávez. Il est vrai que ce dernier est à l’origine de la proposition, et qu’il s’est très fortement impliqué dans la campagne, allant même jusqu’à déclaré que celui qui votait “NON” votait contre Chávez.
Je ne me reconnais pas dans cette interprétation, mais il est certain que le Président de la République se doit d’être plus diplomate dans ses relations avec ceux qui s’opposent au projet bolivarien. Le fait d’être le “leader” du processus révolutionnaire l’oblige á montrer l’exemple, et cela implique entre autres une conduite qui sache combiner la conviction avec la tolérance. Sinon, il continuera á “offrir” des arguments de forme à ses détracteurs, ce qui leur permettra de ne pas avoir à se prononcer sur le fond du projet révolutionnaire, ni à reconnaitre toutes les victoires sociales et économiques que le gouvernement a su remporter depuis déjà neuf ans.

B/ Une autre lecture des évènements – qui me convainc bien plus – est celle qui consiste à voir dans les résultats du référendum un vote qui vient punir tous les “boli-bourgeois”, les corrompus et autres “cuartorepublicanos ” qui n’ont pas encore disparu et qui, sous couvert de se déclarer chaviste, continuent à exercer des conduites clientélistes et bureaucratiques .

3/ Un des combats que Chávez n’a pas encore pu gagner est bien celui contre la corruption.
Et cette véritable plaie a eu sans nul doute une influence dans la perte des votes en faveur de Chávez.

4/ A cette liste de facteurs nous pouvons également ajouter le rôle de certains maires et gouverneurs “chavistes”, qui ont discrètement appelé à voter “NON”, car ils redoutaient le transfert d’une partie de leurs responsabilités – et donc de leur budget – aux communautés organisées en Conseils Communaux.

5/ Plus que le “début de la fin” du bolivarianisme au Venezuela, je pense que cette défaite doit être interprétée comme un fort avertissement lancé au gouvernement. Il ne faut pas oublier que 63% des Vénézuéliens qui se sont prononcés lors des présidentielles de 2006 ont voté pour Hugo Chávez et un projet bien spécifique maintes fois discuté, à savoir la transition au socialisme du XXIeme siècle.

6/ Comprendre les raisons de la défaite et faire une véritable auto-critique est indispensable à la survie de la révolution bolivarienne. Nous ne pouvons plus admettre que tous ces “déguisés”, “opportunistes”, membres de la “derecha endógena ” continuent á exercer une influence quelle qu’elle soit au sein de la Révolution. Un grand débat doit s’ouvrir entre les bolivariens, où, loin de vouloir se détruire, nous sachions débattre, argumenter, reconnaitre nos faiblesses, réagir, en luttant avec des idées et non avec des attaques personnelles comme cela s’est trop souvent vu.

7/ Le principal défi qui attend le gouvernement est, à mon sens, l’approfondiseement du travail social, de la politique de transfert de pouvoirs et d’éducation du peuple à la logique, éthique et production socialiste. Je suis convaincu que c’est à travers la progressive prise de pouvoir des communautés organisées que nous marcherons vers une société plus juste. Seule l’alliance entre le “pouvoir constitué” et le “pouvoir constituant” peut nous donner une réponse efficace aux grands maux dont souffre toujours à l’heure actuelle le Venezuela. L’exercice de la “democracia plena” depuis l’échelle territoriale la plus infime (Conseil Comunal) est le seul moyen de faire en sorte que le peuple soit acteur de son histoire, et donc de l’histoire de son pays.
La démocratie représentative a dramatiquement échoué dans sa prétention à résoudre les problèmes instaurés par le capitalisme rentiste parasitaire qui caractérise le Venezuela. C’est pour cela que nous, les révolutionnaires, nous devons redoubler d’efforts, nous regarder sans complaisance, apprendre de nos erreurs et continuer à donner toute notre énergie jusqu’à ce que se matérialise la naissance de cette société que nous savons meilleure.
Le chemin ne sera pas facile, et nous ne pourrons pas compter sur tout le monde. Nous aurons besoin de plus d'humilité et d’efficacité, mais aussi de savoir reconnaître quand nous nous trompons ou quand des critiques de l'opposition peuvent être constructives pour le Venezuela.

8/ Il est important également de ne pas tomber dans le piège de la dramatisation. On n’efface pas neuf ans de victoire par un échec. Le Gouvernement peut compter sur un bilan très positif en ce qui concerne sa politique de lutte contre les inégalités sociales. Comme le souligne la CEPAL dans son rapport sur la pauvreté en Amérique latine, le Venezuela est, avec l'Argentine, le pays qui a le plus réussi à réduire la pauvreté en 2007. Après avoir été déclaré territoire libre d'analphabétisme par l'UNESCO en 2005, les missions d'éducation ont continué à s’intensifier, tout comme dans le domaine de la santé, de la culture, des oeuvres d'infra-structure, du sport etc...

Au niveau économique, le Venezuela peut se vanter d’avoir un taux moyen de croissance du PIB de 9 % par an depuis 2004 et la récupération du “paro petrolero” [12]. En outre, le Gouvernement Bolivarien a réussi à placer dans les Réserves Fédérales du pays plus de 30 milliards de dollars, et surtout, a réussi à enfin se libérer de sa dette externe face au FMI.

Au niveau politique, le Venezuela est passé du stade de pays inconnu, dont l'importance dans le système monde capitaliste était uniquement rattachée à sa fonction de pourvoyeur de matières premières, à un authentique "laboratoire social", vu par les pays exploités comme un sérieux espoir de reéquilibre de l'ordre mondial, et par ses ennemis comme un danger qu'il faut maintenir coute que coute isolé.

9/ En résumé, le processus révolutionnaire vénézuélien est arrivé à un moment-clé de son histoire. Ou il “lave son linge sale”" d'une manière efficace et constructive, ou le peuple vénézuélien cessera à un moment ou un autre d’appuyer le Projet National qu'il défend depuis neuf ans.

IMPLICATIONS POUR L'OPPOSITION

1/Après dix défaites électorales consécutives en neuf ans, et de nombreuses manières de réagir face à elles , l'opposition vénézuélienne a enfin réussi à obtenir plus de voix que les bolivariens. Cela leur permet de pouvoir recommencer à espérer représenter un jour la majorité du pays.

2/Mais pour pouvoir y arriver, elle devra changer radicalement de stratégie. S'ils continuent à concentrer leurs efforts dans l’espoir d’alarmer la communauté internationale, il leur sera plus compliqué d'affirmer que le Venezuela est une dictature où il n'y a pas de liberté d'expression et où Chávez contrôle tous les pouvoirs.

3/ Il serait bien plus judicieux pour eux d’établir un dialogue avec le Gouvernement. Mieux vaut adopter une attitude humble face à la victoire du 2 décembre, car il serait malvenu de se voir plus puissant qu’ils ne le sont . En étant modeste dans la victoire, ils gagneraient en une crédibilité pour représenter une alternative crédible pour le pays.

4/ Au jour d’aujourd’hui, il ne semble pas avoir surgi un leader de l’opposition vénézuélienne. Pour cela, ils doivent premièrement résoudre les sérieuses contradictions idéologiques et stratégiques qui existent au sein des opposants a Chávez. C’est quelque chose que je vois réellement difficile, car dans la mosaique de tendances qui forme l’opposition vénézuélienne, le seul point sur lequel tout le monde se rejoint est qu’il faut sortir Chávez du pouvoir, et ce à n’importe quel prix.

L’opposition devra donc se prononcer et décider ce qu’il va se passer avec la partie des étudiants qui les a appuyés durant la campagne. Quel espace sont-ils réellement disposés à leur octroyer lors de la répartition des rôles? Du même mode, avec Manuel Rosales, qui n'est déjà plus populaire à l'intérieur d'une partie de l'opposition . Il est intéressant de rappeler que son discours prononcé depuis le camp du "Non" immédiatement après l’annonce des résultats a été coupé par Globovisión au moment même où il affirmait soutenir deux réformes proposées par Chávez .
En outre, aux candidats traditionnels de l'opposition se sont unis des nouveaux : anciens bolivariens, comme le Général Baduel, le parti “Podemos”; ce qui nous permettra d'assister probablement à des alliances surprenantes.

CONCLUSION

Bien que la légitimité du président Chávez et du processus révolutionnaire vénézuélien n'ait pas été remise en cause par les résultats du 02/12/07, nous ne pouvons pas nier pour autant que cela nous oblige à réfléchir, à faire notre autocritique, prendre les mesures nécessaires afin de démontrer concrètement la valeur de l’engagement que nous avons avec la Révolution Bolivarienne. Il ne suffit pas de porter un tee-shirt rouge, d'aller aux manifestations, de crier "Vive Chávez", ou d’essayer de répandre le message de la révolution si cela ne se traduit pas dans chacun de nos actes.

Les bolivariens ont moins le droit que quiconque de reproduire la conduite et les pratiques de la quatrième république, puisque ceux-là ne prétendaient pas changer le monde, ou créer “l’Homme Nouveau". L'éthique révolutionnaire nous amène à une responsabilité plus grande.
Face à tel défi, il est indispensable d'être un exemple, d'être cohérent et d'exprimer dans les actions “micro" ce que nous énonçons dans les discours "macro". Car, si nous ne nous améliorons pas,si nous nous détruisons tout seul, nous porterons une attaque “fatale” non seulement à la gauche vénézuélienne, mais aussi à tous les mouvements progressistes du monde entier.



Arnaud RUBI
Radio Venezuela en Vivo

23:21 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/12/2007: Eléments de réponse à l'analyse collective de la défaite au Referendum sur la Réforme constitutionnelle ...

Je crois quand même qu'il faut faire attention: ne pas continuer à transformer en "défaite" (?), un échec qui peut n'être que momentané. On verra la suite ...

RoRo



-------- Message original --------

Sujet:

VICTOIRE DE LA DEMOCRATIE AU VENEZUELA

Date:

Mon, 10 Dec 2007 23:21:27 +0100 (CET)



 

Eléments de réponse à l'analyse collective de la défaite au Referendum sur la Réforme constitutionnelle

 

jeudi 6 décembre 2007, par Romain Migus

www.oulala.net

 

Les résultats du référendum sur la Réforme partielle de la Constitution de la République bolivarienne sont désormais connus de tous. Le "Non" l’a emporté de peu. Devant la surprise de ces résultats, diverses analyses ont été publiées. Nous y ajoutons ici la notre.

 

 

A propos de Podemos, de Baduel et du "mouvement étudiant virtuel"

Comment interpréter leur poids dans l’élection de dimanche ?

Si l’on regarde les chiffres de l’élection, on peut noter que l’opposition augmente son score de 211.888 électeurs (soit 1.3% du corps électoral). Où sont donc passés les 759.826 électeurs qui avaient choisi de voter pour Podemos à l’élection présidentielle de décembre 2006 ? Où sont passés les soit disant partisans du général Baduel ? Où sont "les multitudes" d’étudiants surgis lors de la non-rénonvation de la concession hertzienne publique à RCTV et qui manifestaient contre la Réforme de la Constitution  ?

Il n’est point né de nouvelle force politique au Venezuela . L’opposition a réussi à mobiliser son habituel potentiel électoral. En fait, c’est plus l’apparition médiatique de ces "nouveaux acteurs" de l’opposition, qui a eu pour tache de faire douter les électeurs chavistes. Il en est de même pour les anarchistes libertaires ou une fraction minoritaire du trotskysme. Leurs appels à l’abstention ont été immédiatement relayés dans les media de droite. C’est l’utilisation de nouvelles têtes ou de dissidents revenus à la Raison par les anciens partis et les media commerciaux qui a permis une forte mobilisation de l’opposition et une apathie des secteurs chavistes.

Donc, pas nouveaux leaderships au sein de l’opposition. Au contraire, dans l’Etat d’Aragua, le "Oui" l’a emporté avec plus de 52%, en dépit du fait que le gouverneur soit de Podemos, que le secrétaire général de Podemos soit élu député dans une circonscription de l’Etat d’Aragua, et surtout que le général Baduel soit originaire de cet Etat et fut longtemps commandant de la base de parachutistes basée dans la capitale de l’Etat.

Quant au "mouvement étudiant virtuel" formé pour les coups d’État soft, leur popularité ne survit jamais à l’échéance politique pour laquelle ils ont combattu. Rappelons par exemple que Pora, l’élève ukrainien d’Otpor n’a totalisé que 1.47% des voix aux élections législatives qui ont suivi la Révolution Orange.

 

 

Derrière l’arbre, une forêt de problèmes à régler.

Si l’opposition peut compter sur tout le potentiel électoral qu’elle avait capitalisé en décembre 2006, en revanche dans le camp chaviste, il y a une différence de 2.929.688 voix entre l’élection présidentielle et celle du referendum pour le bloc A, dont la majorité des articles furent proposés par le président Chavez .

Constat : les chavistes sont restés chez eux. Pourquoi ?

Premièrement, un certain triomphalisme régnait dans le camp du président Chavez depuis sa récente élection. Certain ne se sont pas déplacé sûrs de la victoire du "Oui".

Deuxièmement, certains électeurs qui avaient voté Chavez ne se sont pas déplacés car le gouvernement n’a pas donné de réponses à un problème concret : l’insécurité. Bien que l’insécurité au Venezuela ne soit pas arrivée avec Chavez , et bien que celle-ci était tout aussi élevée lors des élections présidentielles, l’opposition a su particulièrement bien utilisé ce facteur pour assimiler le "Non" à l’insécurité au "Non" à la réforme constitutionnelle. Plus généralement, une partie du chavisme a décidé de ne pas aller voter pour exprimer son mécontentement sur la lenteur de certains changements, sans pour autant voter pour une opposition qu’ils détestent. C’est ce qui a permis à deux grands quartiers populaires (Petare et Caricuao) de Caracas de donner le "Non" vainqueur.

Troisièmement, la guerre psychologique et médiatique menée par les media commerciaux fut particulièrement forte et les moyens de communication du gouvernement ou du Parti Socialiste Uni du Venezuela n’ont pas été à la hauteur. Les messages de l’opposition et des media commerciaux étaient généralement courts, basé sur leur interprétation des articles, et très chargés émotionnellement. En résumé, c’était "avec la Réforme, c’est la fin de la liberté et de la démocratie", "l’Etat sera propriétaire de ta maison, ton téléviseur, tes enfants, etc.". Au lieu de répondre sur le même registre, la télévision d’Etat a fait défilé un grand nombre d’intellectuels certes passionnant mais présentés de manière très ennuyeuse, pour venir expliquer pendant des heures la réforme constitutionnelle, texte en main.

Explication rationnelle Vs. Conquête émotionnelle : les vénézuéliens ont exprimés dans les urnes quelle fut la meilleure stratégie. Dans les témoignages que nous avions pu recueillir peu avant le vote, nous avions noté que l’appel à la réaction émotionnelle fait par l’opposition entraînait un vote contraire aux propres intérêts de l’électeur. Ainsi, une ouvrière agricole de l’État du Tachira allait voter "Non" par peur de voir ses jeunes enfants enlevés par des fonctionnaires pour les emmener à Cuba. S’il n’y avait évidemment rien de tel dans la proposition de Réforme partielle de la Constitution, en revanche l’article 307 interdisait le latifundio, et ouvrait donc la voie à une possible propriété pour cette ouvrière agricole. Dans un autre registre, cet homosexuel du centre de Caracas, qui a voté "Non" pour défendre la liberté. Moins vague que la défense de la liberté, l’article 21 interdisait toute discrimination en raison de l’orientation sexuelle. Ou encore cette personne d’un quartier populaire de Caracas qui n’allait pas aller voter par peur que le gouvernement lui enlève sa maison, sans vouloir se rendre compte que le titre de propriété du terrain de sa maison lui a été donné par ce même gouvernement, ou que la réfection de sa maison a été rendu possible par un micro-crédit donné par.le gouvernement. Le résultat de l’élection de dimanche met en évidence une mauvaise gestion communicationnelle de la part du gouvernement dès lors qu’il ne s’agit pas de Hugo Chavez en tant que personne.

Ce que met aussi en lumière le résultat du 2 décembre 2007, c’est la confusion qui règne au Parti Socialiste Uni du Venezuela . Plus de 6.000.000 de militants, et à peine 2/3 qui se retrouvent dans les urnes (car n’oublions pas les apports des sympathisants et des militants du Parti Communiste et du parti Patrie Pour Tous). Où sont donc passés ces militants ? Quel est le nombre réel de militants sincères ?

Certains élus de municipios, dont l’élection s’explique seulement parce qu’ils sont membres du Parti du président Chavez , appelaient ouvertement à voter "Non". Une certaine clarification devrait être nécessaire dans le camp de la Révolution pour continuer à approfondir la transition vers le Socialisme. C’est ce que demandait, dés le lundi après-midi, environ 2000 manifestants concentrés au pied du Palais Présidentiel, aux cris de "Dehors les traîtres à la Révolution", ou encore "Nettoyage général".[1] (1)

 

 

Deux pièges à éviter

Certaines analyses montrent que la réaction du président Chavez empêchera désormais les entreprises de communications internationales de le traiter de dictateur. Rien n’est moins sûr ! Il n’y a qu’à regarder comment Courrier International en France préparait une victoire du "Oui" au référendum[2] (2). Quelques jours plus tard, dans son émission "Tout le Monde en parle", Laurent Ruquier s’enthousiasmait de la défaite des chavistes au motif que "la réforme constitutionnelle donnait les pleins pouvoirs à Chavez et lui permettait de devenir président à vie" (sic). Si ces réactions nous montrent comment aurait été reçu la décision du Peuple vénézuélien si celui-ci avait majoritairement voté pour le "oui", elles nous indiquent surtout que les entreprises médiatiques continueront leurs entreprises de désinformation sur le Venezuela . De la même manière qu’elles ont oubliés le coup d’Etat, le lock-out et le sabotage de l’économie pétrolière dans l’explication du contexte vénézuélien, elles oublieront bien vite le résultat défavorable des urnes accepté par un président démocratiquement élu, pour présenter un dictateur assoiffé de pouvoir au fur et à mesure que le gouvernement continuera sur la voie du Socialisme.

L’autre piège est de croire que l’opposition est soudainement devenue démocratique car elle accepte le résultat des urnes. Dés le début de l’après midi du 2 décembre, de nombreux leaders de l’opposition, dont le général parachutiste Raul Baduel, appelaient à ne reconnaître les résultats qu’en cas de victoire de l’opposition. Drôle de vision de la démocratie. On ose imaginer ce qui se serait passé si Chavez ou un membre du gouvernement bolivarien eut tenu un tel discours. Comme nous l’avions déjà montré, l’opposition au gouvernement bolivarien n’est démocratique que lorsque cela arrange son image internationale.[3] (3) Toute une infrastructure était prête pour lancer une Révolution colorée en cas de victoire du "Oui". On peut même avancer que l’intense campagne médiatique nationale et internationale contre la Réforme, l’action des étudiants du "mouvement étudiant virtuel" qui ont bien réussi à imposer une vision d’un gouvernement "répressif" et "totalitaire", le blocus organisé sur des aliments de première nécessité, la guerre psychologique, ont réussi leur objectif d’empêcher l’approbation de la Réforme constitutionnelle. Pour être démocratique, il serait aussi bon de laisser la démocratie se développer sans influer de manière anti-démocratique sur une élection.

L’acceptation des résultats par le président Chavez juste après leur annonce officiel va permettre de desserrer un instant l’étau médiatique autour du Venezuela . Un cours instant puisque le président a annoncé le 5 décembre 2007, qu’il ne pouvait plus présenter de réforme constitutionnelle durant son mandat mais que le Peuple le pouvait. En effet, l’article 342 de la Constitution (défendue désormais par l’opposition "démocratique") prévoit que si 15% du registre électoral présente une proposition de réforme à l’Assemblée Nationale, celle-ci peut décider l’organisation d’un référendum. On peut donc s’attendre à ce qu’une deuxième version de la Réforme constitutionnelle soit proposée aux vénézuéliens dans les années qui viennent. Nous verrons alors la posture des entreprises de communication internationales et l’attitude de l’opposition vénézuélienne.

Pour le reste, le président Chavez reste au pouvoir jusqu’en 2012 malgré la demande de démission lancé par certains membres de cette opposition "démocratique". Le Socialisme vénézuélien a encore plusieurs années d’approfondissement devant lui. En espérant que les erreurs qui ont conduit à la défaite du 2 décembre sauront être analysées par le gouvernement et les militants révolutionnaires pour pouvoir pallier à certaines défaillances et éviter ainsi une répétition du scénario du 2 décembre 2007.

 

Notes :

(1)[1] Voir la video : http://www.aporrea.org/actualidad/n105883.html

(2)[2] Voir Maxime Vivas, "Courrier International dégaine plus vite que son ombre... et nous donne le ton", Le Grand Soir, http://www.legrandsoir.info/article.php3 ?id_article=5785

(3) [3] Voir par exemple "La Contre-révolution endogène unifié" : http://www.legrandsoir.info/article.php3 ?id_article=4007 , "Le Rose Brun" http://www.legrandsoir.info/article.php3 ?id_article=4086 , ou plus récemment "Réforme Constitutionnelle ou Déstabilisation" http://www.legrandsoir.info/article.php3 ?id_article=5755 .

22:41 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

28/09/2007: INTERVENTION DE SON EXCELLENCE M. FELIPE PÉREZ ROQUE, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE LA REPUBLIQUE DE CUBA À LA 31e RÉUNION ANNUELLE DES MINISTRES DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DU GROUPE DES 77 ...

-------- Message original --------

Sujet: [Frances] Ministre des Affaires Etrangeres a la reunion du Groupe des 77
Date: Fri, 28 Sep 2007 14:54:51 -0400
De: Info-Cuba <frenchnews@ain.cu>


acn
Cuba Ministre des Affaires Etrangeres Felipe Perez Roque a la Reunion
du Groupe des 77

INTERVENTION DE SON EXCELLENCE M. FELIPE PÉREZ ROQUE, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE LA REPUBLIQUE DE CUBA À LA 31e RÉUNION ANNUELLE DES MINISTRES DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DU GROUPE DES 77

New York, le 27 septembre 2007


M. le Président,

Au nom du Mouvement des pays non alignés, dont sont membres la plupart
des pays qui forment le Groupe des 77 et la Chine, je tiens à exprimer
nos vœux de succès à l'égard de cette 31e réunion ministérielle.

Je félicite, tout d'abord le Premier Ministre Baldwin Spencer, ainsi
que la délégation d'Antigua et Barbuda, pour leur élection à la
Présidence du Groupe des 77 et la Chine pour l'année 2008.

Dans ce monde d'aujourd'hui, qui traverse une crise économique
mondialisée, et où l'appétit vorace des multinationales et des
puissances avec des prétentions impériales de domination est croissant,
et où même la survie de notre espèce est en danger, les pays du Sud
continuent d'être victimes du fléau de la pauvreté et de l'exclusion.

Actuellement, des 854 millions d'affamés qu'il y a dans le monde, 820
millions vivent dans des pays sous-développés.


L'inégalité entre les pays et à l'intérieur des pays s'accentue. Un
pour cent des personnes les plus riches du monde possèdent 40 p. cent
des richesses, alors que 50 p. cent de la population la plus pauvre
n'en dispose que d'un pour cent.


La réalisation du droit au développement pour les 130 pays du Groupe
des 77 est de moins en moins probable.

La dette historique des états développés envers le tiers Monde ne cesse
d'augmenter, à cause de l'exploitation coloniale qui nous a réduit au
sous-développement.

À ce rythme-là, même pas les modestes objectifs du Sommet du millénaire
ne seront atteints d'ici 2015. Ils deviennent de plus en plus une
chimère qui se dissipe.

Le manque de volonté politique des pays développés pour respecter les
engagements internationaux pris, en plus de l'ordre économique
international de plus en plus injuste qui s'impose, sapent les énormes
efforts que font les pays en développement.

Conformément aux Objectifs de développement du millénaire, nous
devrions réduire de 50 p. cent d'ici 2015 la population atteinte par la
pauvreté extrême dans les pays sous-développés. Alors qu'en 1990, 1,276
milliards de personnes souffraient de pauvreté extrême, ce chiffre a
atteint actuellement les 2,5 milliards de personnes. 1,1 milliards de
personnes n'ont pas accès actuellement à l'eau propre, et 2,6 milliards
n'ont pas accès aux services d'assainissement.
Au rythme actuel,
combien d'années seront nécessaires pour atteindre ce modeste objectif ?

Nous devrions réduire de deux tiers la mortalité des moins de cinq ans
d'ici 2015. En revanche, au rythme actuel cet objectif ne sera atteint.

Nous nous sommes fixé l'objectif d'arrêter et de commencer à réduire,
avant 2015, la propagation du VIH/SIDA. Cependant, l'Organisation
mondiale de la santé affirme qu'actuellement 74 p. cent des médicaments
nécessaires pour combattre le SIDA sont contrôlés par des monopoles ;
77 p. cent des Africains n'ont pas accès au traitement et 30 p. cent de
la population mondiale n'a pas accès régulier aux médicaments.


Un autre objectif était d'universaliser l'enseignement primaire avant
2015. En revanche, 115 millions d'enfants n'ont pas d'accès à
l'enseignement primaire, dont 53 p. cent des filles. 781 millions
d'adultes dans le monde sont des analphabètes, dont 64 p. cent des
femmes
. Au rythme actuel, sera-t-il possible de proclamer
l'accomplissement de cet objectif ?

Nous étions censés assurer la durabilité environnementale avant 2015.
En revanche, la menace que du changement climatique accéléré augmente,
et les causes principales en sont les modèles de consommation
insoutenables des nations industrialisées. Les pays développés
consomment 61 p. cent du pétrole et émettent 63 p. cent du CO2.


On n'a besoin que de 150 milliards de dollars pour atteindre les
Objectifs du Millénaire En revanche, l'aide officielle au développement
n'a représenté, en 2006, que 0,3 p. cent du PNB des pays développés.

Pour donner l'image qu'ils augmentent leurs contributions d'aide
officielle, certains pays donateurs, alors qu'ils renforcent les
conditions d'accès, se servent de la pratique de comptabiliser les
remises de notre dette extérieure comme une aide, une dette qui est,
d'ailleurs, impayable, on le sait.

Le cycle de Doha, qui était censé être conclu en 2005, s'écarte de plus
en plus de sa dimension de développement. Les multimillionnaires
subsides agricoles des pays développés restent immuables, ce qui
accentue la pauvreté rurale, l'insécurité alimentaire et l'endettement
des pays en développement.

M. le Président,

Face aux défis qui caractérisent le monde injuste et unipolaire dans
lequel nous vivons, les 130 membres du G 77 et la Chine, devons et
pouvons devenir une force décisive dans les relations internationales.

Il faut renforcer la coopération Sud-Sud, et travailler en vue de
raffermir l'unité et la coordination du Groupe afin de préserver les
intérêts légitimes de nos peuples.

La diversité du Groupe, loin de nous fractionner, est censée nous unir
et enrichir la concertation de nos positions.

La Présidence cubaine du Mouvement des pays non alignés compte
travailler de concert avec la Présidence du Groupe des 77 et la Chine,
afin de coordonner nos efforts. Les premiers résultats sont déjà
visibles. Nous avons réussi à relancer le Comité de coordination
conjointe entre le Mouvement des non-alignés et le Groupe des 77 et la
Chine, en vue de la concertation des positions sur des questions de la
plus haute importance, telles que le réexamen des mandats et la large
cohérence du système. Avec le soutien des membres des deux groupes, le
CCC a réussi à s'établir comme un interlocuteur qui représente les
intérêts et les préoccupations communs de nos pays.

Nous reconnaissons et remercions le Pakistan pour ses soutien et
contribution en tant que Président du G-77, ce qui a constitué un
facteur d'une valeur extraordinaire pour les progrès enregistrés dans
le travail du CCC. Nous voulons également réitérer notre totale
disposition à continuer de collaborer avec la nouvelle Présidence du
Groupe des 77 et la Chine.

M. Le Président,

Nous voudrions également saisir cette occasion pour remercier le Groupe
des 77 et la Chine pour le ferme et permanent soutien qu'ils nous ont
donné dans notre lutte pour mettre fin à l'injuste politique de blocus
que l'on nous a imposé depuis presque 50 ans. Nous sommes persuadés que
ce soutien sera de nouveau réaffirmé cette année.

Le Groupe des 77 et la Chine, messieurs les délégués, pourra toujours
compter sur l'engagement et la solidarité de Cuba.



Je vous remercie.





-----------------------------

Service en langue francaise
Agence cubaine d'information
frenchnews@ain.cu www.cubainfo.ain

-----------------------------
_______________________________________________
Frances mailing list
Frances@ain.cu
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20:29 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

10/12/2007

10122007: Banque du Sud: 6 présidents d'Amérique latine ont lancé leur riposte au FMI dimanche à Buenos Aires ...

-------- Message original --------

Sujet: [CSP] Création de La Banque du Sud, l'anti-FMI
Date: Mon, 10 Dec 2007 19:40:16 +0100
De: CubaSolidarity <cubasolidarity@club-internet.fr>


From: Denisjpmo@aol.com

Banque du Sud: 6 présidents d'Amérique latine ont lancé leur riposte au FMI dimanche à Buenos Aires

09.12.2007 20:11

La Banque du Sud a été lancée dimanche soir à Buenos Aires, en présence de six présidents de pays d'Amérique latine. Le projet initié par le Vénézuélien Hugo Chavez se veut une riposte au Fonds monétaire international (FMI). Elle doit être le 1er pas vers une monnaie commune à l'Amérique du Sud et renforcer l'autonomie financière du sous-continent, selon les chefs d'Etat. La banque, qui réunit le Venezuela, le Brésil, la Bolivie, l'Equateur, l'Uruguay, l'Argentine et le Paraguay, sera dotée au début d'un capital de 7 mrds de dollars. Elle aura pour objectif de financer des projets de développement. (SWISS TXT)

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200002&sid=8512457&cKey=1197277267000

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Amérique latine
La Banque du Sud, l'anti-FMI

La Banque du Sud a été lancée dimanche soir à Buenos Aires au cours d'une cérémonie à laquelle ont participé six des sept présidents des pays d'Amérique du Sud impliqués dans le projet.
Cette initiative se veut une riposte aux institutions financières internationales existantes, considérées comme trop influencées par Washington.

Pour le moment, la Banque du Sud rassemble le Venezuela, le Brésil, la Bolivie, l'Équateur, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay. L'institution, dotée d'un capital de départ de sept milliards de dollars, a pour but de financer des projets de développement dans la région.

« Cette Banque doit être le premier pas vers une monnaie commune à l'Amérique du Sud », a déclaré le président bolivien Evo Morales au cours de la cérémonie.

Le président uruguayen Tabare Vasquez, seul absent de la cérémonie de signature, ratifiera le document lundi, à son arrivée à Buenos Aires. Comme tous les autres chefs d'État signataires, il doit assister à l'investiture de la présidente argentine élue Cristina Kirchner. Le Français Dominique Strauss-Kahn, nouveau directeur général du FMI, sera également présent.

Les sept pays fondateurs ont 60 jours à partir de dimanche pour trouver un accord sur les modalités du fonctionnement de la Banque du Sud. La quote-part de chaque pays au capital de la Banque n'aurait pas encore été déterminée, tout comme la répartition des droits de vote.

La Banque du Sud aura son siège à Caracas, au Venezuela, et devra limiter ses activités à la seule Amérique du Sud. Les sept pays fondateurs espèrent obtenir l'adhésion des cinq autres pays sud-américains: le Chili, la Colombie, le Pérou, le Guyana et le Surinam.

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie-Affaires/2007/12/09/002-banque-du-sud.shtml

* * * *

Ce week-end à Buenos-Aires, plus de 400 organisations et personnalités ont transmis une lettre ouverte (1) aux présidents des pays fondateurs de la Banque du Sud en exprimant leur appui critique à la création de cette nouvelle entité financière.

La déclaration met en avant les attentes positives quant à la mise en route d'une entité Sud-Sud. Celle-ci vise à reléguer à l'histoire d'une part, les organismes multilatéraux comme la Banque mondiale, le FMI, la Banque interaméricaine de développement (BID) et la Corporation andine de développement (CAF) -largement discrédités par leurs comportements anti-démocratiques, leur manque de transparence et les politiques régressives qu'ils mettent en oeuvre- et d'autre part les expériences négatives de l'ouverture économique qui ont eu pour conséquence toujours plus d'endettement et de sorties de capitaux, la dérégulation et la privatisation du patrimoine public ainsi que des services sociaux fondamentaux dans la région.

Cette lettre ouverte remise aux premiers mandataires de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, de l'Equateur, du Paraguay, de l'Uruguay et du Venezuela met en avant la nécessité que la Banque du Sud fasse partie d'une nouvelle architecture financière régionale à laquelle viendraient s'ajouter dans le futur une monnaie commune et un Fonds du Sud dont la fonction serait d'être une Banque centrale à l'échelle continentale.
Signée par des organisations comme l'Alliance Sociale Continentale, la Coordination Andine des Organisations Indigènes, le Comité pour l'Annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM), Jubilé Sud-Américas, Latindadd, Remte, OID, SEPLA, le Programme Dette Externe Illégitime de la Fédération Luthérienne Mondiale, le Service Paix et Justice - Amérique Latine, le Prix Nobel de la Paix Adolfo Pérez Esquivel et les Mères de Place de Mai -Ligne Fondatrice, Nora Cortiñas y Mirta Baravalle, la déclaration met l'accent sur l'importance du caractère public de la Banque du Sud dirigée par les pays participants sur une base égalitaire. Son financement devra s'effectuer proportionnellement à la capacité économique de chacun des pays et son fonctionnement sur une base à la fois sobre et transparente. Son objectif doit être l'intégration sur une base coopérative visant le plein-emploi, la garantie pour tous/tes dans les faits du droit à l'alimentation, à la santé, au logement et à une éducation universelle publique et gratuite, à la redistribution de la richesse, à la préservation de l'environnement et à la fin des inégalités y compris de genre et d'ethnie.

La lettre intitulée « Pour une Banque du Sud souveraine, solidaire, soutenable et pour l'intégration du développement continental » met en avant la nécessité d' « un outil fondamental pour canaliser l'épargne régionale et mettre fin ainsi à des cycles récurrents de saccage de l'effort national et régional à travers des manouvres du système d'endettement et de titres publics, la subvention de groupes économiques et sociaux privés privilégiés et/ou corrompus tant au niveau local qu'international et l'aval permanent à des mouvements spéculatifs d'entrées et de sorties de capitaux ».
notes articles:

|1| Banque du Sud, 2ème lettre ouverte aux Présidents d'Argentine, de Bolivie, du Brésil, d'Equateur, du Paraguay, de l'Uruguay et du Venezuela http://www.cadtm.org/imprimer.php3?id_article=2966

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22:23 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Il existe un risque de coup d’état en Bolivie ...


Interview :: Evo Morales, président de la Bolivie

Le président de la Bolivie s'est entretenu à Rome avec Il Manifesto sur les manœuvres de la droite dans son pays. "Dans mon pays, il existe des groupes paramilitaires et nous avons des photos de l'ambassadeur des États-Unis avec un paramilitaire colombien".

Roberto Zanini*
14-11-2007

Le président de la Bolivie s'est entretenu à Rome avec Il Manifesto sur les manœuvres de la droite dans son pays. "Dans mon pays, il existe des groupes paramilitaires et nous avons des photos de l'ambassadeur des États-Unis avec un paramilitaire colombien". Pendant sa visite dans la capitale italienne, il a dénoncé le jeu sale et affirmé qu'il existe une droite interne qui a sa base dans les groupes oligarchiques, et une droite externe qui a pour base l'ambassade des États-Unis. Leur ambassadeur, Philip Goldberg, a été chef de la Mission des États-Unis au Kosovo, après avoir été le bras droit de l'ambassadeur des États-Unis en Bosnie, Richard Holbrooke. Evo Morales sourit sans arrêt et vous met la main sur l'épaule pour insister sur une idée. Il porte une veste et une chemise brodée sans col. Pour une fois, il a laissé la chompa, le pull traditionnel, dans sa valise.

Il est arrivé en Italie à bord d'un avion vénézuélien, a reçu un prix, a rencontré des représentants d'institutions politiques et patronales, ainsi que les mouvements sociaux italiens, et s'est sans doute efforcé d'éclaircir l'affaire Entel, société de téléphonie appartenant à la Telecom italienne, que la Bolivie veut nationaliser. (Telecom a déposé, par surprise, une demande d'arbitrage international devant un tribunal, le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), que la Bolivie a quitté il y a six mois.) En Bolivie, il a laissé une situation assez tendue : les tentatives séparatistes se font plus âpres, et récemment, l'aéroport de Santa Cruz, au coeur de la zone camba, la zone la plus riche, par opposition à la zone colla, celle des indigènes des montagnes, a été occupé. On a également enregistré un attentat contre un consulat vénézuélien, l'envoi de lettres piégées à des médecins cubains, et des rapports du renseignement indiquent la présence d'instructeurs colombiens.

 

Président, 21 mois après votre élection, où en est la refondation que vous avez promise pour la Bolivie ?

 

Evo Morales. Elle progresse avec des hauts et des bas, avec l'opposition des milieux conservateurs, qui ne veulent pas perdre leurs privilèges. Ils n'acceptent pas que la nationalisation des hydrocarbures ait été blindée et soit garantie par de nombreux mécanismes légaux et constitutionnels ; ils n'acceptent pas que le pouvoir ait été transmis au peuple et ne soit plus le privilège de quelques familles, d'une oligarchie. Je veux dire le pouvoir économique et le pouvoir politique. Parmi eux, il y a des racistes, des fascistes. Mais je suis certain que nous arriverons au bout. Ce sera une rude bataille mais ce sera une révolution démocratique, pacifique et juste.

 

L'Assemblée constituante que vous avez convoquée n'a pas encore approuvé un seul article de la nouvelle constitution, et les conflits venant des milieux autonomistes et de la droite traditionnelle frisent déjà la violence. Y a-t-il une relation entre ces deux milieux ? Existe-t-il un risque de balkanisation de la Bolivie ?

 

Evo Morales. J'exclus totalement la balkanisation. Mais l'extrême droite n'est pas disposée, effectivement, à accepter l'Indien, et est donc littéralement dégoûtée. Et elle réagit. Je le dis en pesant mes mots, mais j'ai des informations selon lesquelles elle ne se situerait plus sur le plan de l'opposition politique, elle parle de coup d'État, de coup militaire. S'il se produisait un coup d'État dans l'un des départements du pays, dit-on, les militaires rencontreraient de l'opposition et seraient vaincus. On va jusqu'à parler d'attentats contra la vie des personnes.

 

Savez-vous s'il existe des groupes paramilitaires dans le pays ?

Evo Morales. Je le sais, et je prévois une chose : nous avons une photographie de l'ambassadeur des États-Unis avec un paramilitaire colombien, prise récemment ici en Bolivie. Heureusement, le paramilitaire a été arrêté et se trouve en ce moment en prison. Nous avons des informations sur la présence, dans notre pays, de forces paramilitaires armées et organisées, formées par des éléments de droite et des délinquants. Lorsque la droite ne peut plus mobiliser comme elle le faisait auparavant, elle passe à l'extrême : le paramilitarisme.

Il y a eu récemment des attentats contre un consulat vénézuélien en Bolivie, contre les maisons de certains médecins cubains, et aussi l'occupation de l'aéroport. D'où émanent ces actions, politiquement ?

Evo Morales. Il existe une droite interne et une droite externe. L'interne vient des groupes oligarchiques, l'externe de l'ambassade des États-Unis.

 

Avant d'être affecté en Bolivie, l'ambassadeur, Philip Goldberg, a été chef de la Mission des États-Unis au Kosovo, après avoir été le bras droit de l'ambassadeur en Bosnie, Richard Holbrooke, d'où est partie l'implosion de la Yougoslavie. Comment se comporte-t-il maintenant ?

Evo Morales. En Bosnie, Goldberg a marqué quelques points de sa carrière diplomatique, mais en Bolivie, il n'y parviendra pas.

 

Quelles relations maintenez-vous avec les Etats-Unis ?

 

Evo Morales. Nous avons des relations avec tout le monde, mais nous n'acceptons pas les provocations. En outre, l'ambassadeur est une chose, le pays en est une autre. Il est certain que M. Goldberg possède sans aucun doute une vaste expérience du bouleversement de gouvernements démocratiques.

 

Et qu'en est-il de la nationalisation du gaz ? L'ancien ministre des Hydrocarbures, Andrés Soliz Rada, dit que les transnationales ont signé de nouveaux accords mais qu'elles ne paient pas vraiment ce qu'elle devraient payer, et qu'en outre, votre gouvernement n'investit pas dans les infrastructures – routes, ponts, usines —mais uniquement dans des projets idéologiques de solidarité pour les personnes âgées et les étudiants. Que lui répondez-vous ?

 

Evo Morales. Que Soliz Rada est un aigri et que j'ai fait une erreur en lui confiant un ministère. Les résultats des nationalisations, par ailleurs, parlent d'eux-mêmes. Si le "bon Juancito Pinto" existe, c'est grâce aux nationalisations, si nous avons pu assigner un montant déterminé aux pensions, c'est grâce aux nationalisations. Avant, il existait un "bon solidarité", mais il dérivait de la privatisation – mal nommée capitalisation — de nos entreprises. Et il n'existait pas même de ressources économiques pour le rendre effectif, il était insoutenable. Aujourd'hui, tout a changé, et l'État a pris en charge par exemple, le versement d'une pension de vieillesse, ce qui n'existait pas avant.

 

J'insiste : est-il vrai qu'il n'y a pas d'investissements dans le secteur industriel ? Croyez-vous que l'industrialisation des hydrocarbures puisse se faire en deux ans ?

 

Evo Morales. En ce moment, notre plus grande faiblesse réside dans le secteur des ressources humaines, celui des experts : ceux dont nous avons besoin, nous devons commencer par les former. La chose la plus importante, c'est qu'avant la nationalisation, l'État recevait moins de 300 millions de dollars pour son gaz et cette année, il compte sur des rentrées de 2 milliards. En 2004, les réserves du pays n'atteignaient pas 2 milliards de dollars ; cette année, elles atteindront 5 milliards. Ce sont des faits.

Vous parlez d'investissements dans le secteur des ressources humaines. Que peut offrir la Bolivie et quel type d'investissements cherche-t-elle ?

Evo Morales. En matière de ressources naturelles, nous avons besoin de bailleurs de fonds. Nous avons besoin d'entreprises, pas seulement italiennes, mais du monde entier, et d'entreprises qui investissent. Et nous commençons à signer des accords bilatéraux. Par exemple, j'ai été en contact ici avec un fabricant de chaussures, et je sais que l'Italie produit des chaussures de qualité, mais pas autant que la Chine, par exemple. Et nous possédons le cuir des hauts plateaux et de l'Est. Une matière qui n'est pas encore exploitée, c'est le cuir du cou des lamas ; dans notre pays, on fabrique traditionnellement les chaussures avec du cuir de cou de lama. Il s'agit d'un exemple d'une matière première dont nous disposons et qui est à exploiter, et il y en a beaucoup d'autres. Mais les entreprises doivent être sensibles et avoir aussi des politiques sociales.

 

Quelles sont vos relations avec le Brésil ? L'entreprise des pétroles du Brésil, Petrobras, se comporte-t-elle comme faisant partie d'un gouvernement ami ou comme une entreprise classique qui ne connaît pas d'amis ?

 

Evo Morales. Il est difficile de s'entendre avec les entreprises, elles ont un seul intérêt, multiplier leur capital. Le président du Brésil essaie de résoudre les problèmes que nous avons avec la dite entreprise, et j'ai beaucoup de respect pour Lula, avec qui nous sommes en train de préparer une réunion en Bolivie, avant la fin de l'année. Je continue de considérer le camarade Lula comme un grand frère et le Brésil comme un grand pays. Nous sommes ici pour résoudre les problèmes, limiter les conditionnements et garantir les investissements.

 

On a beaucoup critiqué votre chavisme, bien que critiquer Chávez soit un sport très pratiqué. Y a-t-il des divergences entre le président du Venezuela et vous ?

 

Evo Morales. Nous sommes différents, mais tous les deux à la recherche de l'égalité, de la justice et de la réduction des inégalités entre les familles et les continents. Notre grande similitude est que nous avons des démocraties de libération et non soumises à l'Empire, nous sommes orientés vers la Vie et l'Humanité, non seulement en Amérique latine mais pour tous les êtres humains de la planète Terre. Nous faisons cependant partie d'un mouvement indigène, nous recherchons l'harmonie avec la Mère Terre. Le socialisme et le marxisme visent uniquement à résoudre le problème de l'être humain, non celui de la Terre. En revanche, nous devons parler de l'environnement, de comment sauver une planète malade.

 

Et mes biocarburants ?

Evo Morales. Je ne partage pas cette idée. Il n'est pas possible que la Terre et ses produits servent les automobiles au lieu de la vie humaine.

 

La coca est un sujet sur lequel on attaque souvent la Bolivie. Vous avez parlé d'industrialisation de la coca, où en est cette affaire ?

 

Evo Morales. Je le dis en toute clarté : la libre culture de la coca n'est pas possible, mais il n'est pas possible non plus d'atteindre le niveau zéro de la coca. Parler de libre culture signifie produire un excédent pour le marché illégal, parler de zéro coca serait méconnaître sa qualité : parler de zéro coca revient à parler de zéro mouvement indigène. Mais la lutte contre les narcotrafiquants que mènent les États-Unis est un prétexte qui cache une lutte à caractère géopolitique. Avec la lutte contre le narcotrafic, les États -Unis créent des bases militaires. Ce que l'on prévoit pour la nouvelle Constitution, c'est que la Bolivie n'accepte pas de bases militaires sur son sol, des États -Unis ou d'autres pays. Si nous parlons de lutte réelle et effective contre le narcotrafic, alors il faudra s'occuper non seulement de l'offre mais aussi de la demande. Et la demande vient de vous, de l'Occident. Et ensuite, il faudra s'occuper également du secret bancaire. Il n'est pas possible que des États et des nations protègent le narcotrafic au moyen du secret bancaire.

 

Que pensez-vous d'Ahmadinejad, avec lequel vous venez de signer un accord nucléaire ? A-t-il droit à un programme atomique ?

 

Evo Morales. Les accords et les relations commerciales et diplomatiques de la Bolivie ne seront jamais orientés vers des politiques qui se proposent de supprimer des vies, nous sommes en faveur d'une culture de la vie, et jamais nous ne poursuivrons de programmes qui la menacent. Certains pays critiquent les programmes nucléaires, mais qui peut le faire ? Uniquement ceux qui ne disposent pas de telles armes. De quel droit certains pays dotés de grands arsenaux nucléaires mettent-ils en question les armes des autres ? Ou tous ou aucun. Pour nous, mieux vaut aucun. Dans les guerres, ce sont les pauvres qui perdent et les riches qui gagnent, la guerre ne sert qu'à quelques groupes pour continuer à accumuler du capital.

 

Quelles sont vos relations avec l'Église catholique ?

 

Evo Morales. J'ai un grand respect pour de nombreux prêtres et religieuses de base, et nous travaillons beaucoup avec leurs écoles et leurs hôpitaux. Mais je regrette d'avoir des différends avec la hiérarchie de l'Église catholique de Bolivie. Je ne sais pas comment cela se passe en Italie, mais en Bolivie, certains hiérarques catholiques font sonner les cloches pour protester contre Evo Morales.

Interview réalisé le 3 novembre 2007 pour le journal communiste italien Il Manifesto : www.ilmanifesto.it

Traduction ARLAC : www.arlac.be

20:37 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Bolivie • Bras de fer entre gouvernement et opposition ...

Président de la Bolivie depuis janvier 2006, Evo Morales mène une politique qui s’inspire de celle mise en oeuvre au Venezuela. Mais cela déplaît aux Américains et aux riches boliviens.

André Crespin
10-01-2007

Le président bolivien Evo Morales s’est engagé dans un programme similaire à celui de Chavez au Venezuela, ce qui suscite l’enthousiasme populaire. (Photo Lise Vandecasteele)

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Les soins de santé, l’éducation, la nationalisation des hydrocarbures ou encore la redistribution des terres sont au centre des actions du nouveau gouvernement. Les liens étroits que tisse Evo Morales avec ses pairs Fidel Castro et Hugo Chávez déplaisent aux Américains ainsi qu’aux grands propriétaires boliviens, renvoyés dans l’opposition.

Depuis quelques semaines, cette opposition s’est fait remarquer par de multiples actions visant à décrédibiliser et déstabiliser le gouvernement démocratiquement élu d’Evo Morales. Dans une situation complexe, celui-ci veut faire adopter une Constitution favorable au peuple, par l’Assemblée constituante.

La raison directe de cette opposition vient du fait que le gouvernement a approuvé récemment la nouvelle loi de réforme agraire qui vise à redistribuer aux paysans pauvres les terres qui ne sont pas exploitées. Par cette mesure, le gouvernement touche directement les grands propriétaires fonciers qui sont par ailleurs presque tous membres de l’opposition politique ainsi que propriétaires des plus grands médias privés du pays.

L’opposition a organisé le 15 décembre 2006 de grands meetings – rassemblant des centaines de milliers de personnes - dans les quatre départements du pays qui possèdent l’essentiel des ressources gazières et qui revendiquent leur autonomie par rapport au gouvernement central.

Opération déstabilisation

La presse – aux ordres des riches – parle de menace de guerre civile, les groupes fascistes de la région de Santa Cruz multiplient leurs intimidations auprès des militants du MAS (parti d’Evo Morales) et la loyauté de l’armée n’est pas acquise à 100 %. Quelques officiers haut gradés se sont prononcés contre les réformes entreprises par Evo Morales et quelques-uns d’entre eux n’hésiteraient pas à prendre le contrôle de la situation sous prétexte de rétablir l’ordre dans les régions insurgées.

A l’instar de ce qui s’est passé au Venezuela il y a quelques années, l’opposition de l’élite – appuyée par les Etats-Unis - devient virulente et dangereuse pour la stabilité du pays lorsqu’on s’attaque directement à ses intérêts. Une situation similaire à celle du Venezuela risque de se produire en Bolivie, avec l’intensification des grèves menées par l’opposition de droite, pouvant mener à un coup d’état, comme ce fut le cas à Caracas en avril 2002.

Evo Morales et son gouvernement ont su résoudre avec brio les différents conflits qu’ils ont eu avec l’opposition depuis leur arrivée au pouvoir en janvier dernier. Gageons qu’à nouveau le président bolivien saura sortir de cette situation complexe et qu’il pourra poursuivre son travail pour une Bolivie plus juste et plus équitable.

20:35 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Bolivie • Paysans contre «provinces autonomes» ...

Ces deux dernières semaines, la ville de Cochabamba (1 million d'habitants), au centre de la Bolivie, a été le cadre d'affrontements violents. Que s'est-il passé ?

André Crespin
24-01-2007

À Cochabamba, des paysans boliviens exigent la démission du préfet Reyes Villa et montrent leur soutien au président Morales. (Photo Belga)


Le préfet du département de Cochabamba, Manfred Reyes Villa, ancien militaire reconverti en politicien s’opposant au président progressiste Evo Morales, s’est déclaré ouvertement partisan de l’indépendance du département de Santa Cruz. Ce département, le plus riche de Bolivie, abrite la deuxième plus grosse réserve gazière du pays. Reyes Villa a par ailleurs annoncé qu’il allait organiser un référendum pour que les cochabambinos se prononcent sur une future autonomie de leur département. Pourtant, les habitants du département se sont déjà prononcés sur ce sujet il y a sept mois (en votant contre à 55 %). Cette double déclaration a suscité l’indignation des organisations paysannes de Cochabamba, qui veulent que les bénéfices dégagés de l’exploitation gazière profitent au pays tout entier.

Les paysans sont alors descendus des montagnes vers la ville afin d’exiger la démission du préfet Reyes Villa. Avec les habitants des quartiers populaires de Cochabamba (ville), ils ont d’une part bloqué les principaux axes routiers et ont d’autre part tenté de déloger Reyes Villa de sa préfecture le 11 janvier. La répression policière fut violente et les infrastructures de la préfecture furent endommagées par les manifestants.

En réaction à ces événements, l’opposition de droite menée par les fonctionnaires de la préfecture, a appelé à une « marche pour la paix » pour le lendemain. Marche qui a dégénéré en véritable expédition punitive... Elle a regroupé les fonctionnaires de la préfecture, des jeunes de quartiers riches de Cochabamba et des militants fascistes de Santa Cruz venus spécialement en avion pour l’occasion. Armés de battes de base-ball et de chaînes en acier, ils ont brisé le cordon policier qui les séparait des paysans qui n’avaient que leurs mains nues pour se défendre. Le bilan de l’affrontement est de deux morts (un de chaque côté) et 240 blessés, principalement parmi les paysans.

Reyes Villa a refusé catégoriquement de démissionner et prétend qu’Evo Morales est l’unique responsable de la mort des deux manifestants ainsi que de la dégradation de la situation. Entre temps les tensions ne s’apaisent pas et des événements identiques pourraient se présenter bientôt à La Paz et à Santa Cruz où la pression monte.

Le président Morales n’est pas resté sans réaction : « En raison de l’absence d’autorité à Cochabamba, j’ai donné mission à l’armée de garantir la sécurité dans la ville. Elle doit également enquêter sur les événements de la semaine dernière afin de pouvoir sanctionner les responsables. » Morales a également qualifiée d’irresponsable l’attitude du préfet de Cochabamba, Reyes Villa.

L’ambassade des USA mène la danse

Depuis octobre, Philip Goldberg est le nouvel ambassadeur des états-Unis à La Paz. Il a officié de nombreuses années en Yougoslavie. D’abord en Bosnie, de 1994 à 1996, à l’époque où l’Europe et les USA étaient accusés d’y fomenter la guerre civile. En compagnie de Richard Holbrooke, Goldberg avait dirigé les négociations avec le président de l’époque, Milosevic, concernant la scission de la Yougoslavie. Depuis 2004, Goldberg travaillait au Kosovo, y œuvrant cette fois à la scission entre la Serbie et le Monténégro et, jusqu’au moment de son départ, il a été impliqué dans les pourparlers sur l’indépendance du Kosovo.

En Bolivie, il apparaît que l’ambassade des USA est directement impliquée dans la politique de séparatisme menée par l’opposition. Le jour des échauffourées de Cochabamba, Reyes Villa n’était pas présent dans sa ville. Il était à La Paz, en réunion avec les quatre préfets des provinces orientales qui se sont proclamées « autonomes » ainsi qu’avec des représentants de l’ambassade des USA. Par la suite, il a refusé de regagner Cochabamba. Il a préféré s’exiler à Santa Cruz, la province d’où est dirigé tout le travail de sape contre Evo Morales.

Le dimanche 11 février, intal et arlac organisent « 8 heures pour la Bolivie » au Pianofabriek, rue du Fort 35, 1060, Saint Gilles. De 16 h à 22 h 30, entrée 2 euros. Info et réservation : arlac[at]arlac.be ou 0478/53.15.28.

20:34 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Bolivie • La privatisation de l’or bleu par Suez est tombée à l’eau ...

L’Argentine avait déjà remercié Suez en 2005. Aujourd’hui, c’est au tour de la Bolivie de tirer un bilan négatif de la privatisation de l’eau.*

02-05-2007

En 1993, la capitale argentine Buenos Aires et ses dix millions d’habitants voient ses services d’eau confiés pour trente ans à Aguas Argentinas, une filiale de la multinationale française Suez.

 

En 1997, en Bolivie, Aguas del Illimani, autre filiale de Suez, remporte l’appel d’offre pour la gestion de l’eau et d’assainissement de la capitale La Paz et de ses faubourgs.

La participation du privé dans l’approvisionnement de l’eau à domicile a connu une expansion fulgurante dans le monde : elle ne touchait que 90 millions de personnes en 1988 (dont près de la moitié en France), mais 250 millions en 2000.

Pendant toute cette période, Suez et ses filiales vont faire l’objet de critiques en raison de l’augmentation démesurée du prix de l’eau. Et pas seulement ça. Dans la capitale argentine, Aguas Argentinas se verra retirer la concession par décret en septembre 2005. L’opérateur privé a distribué de l’eau contenant des taux élevés de nitrates et n’a pas respecté le contrat de concession. L’entreprise AySA, détenue à 90 % par l’Etat et à 10 % par le syndicat des travailleurs, prend le relais en mars 2006.

« Guerre » populaire contre Suez

En Bolivie, les habitants de la Paz déclenchent leur « guerre » contre Suez en 2005. Cette mobilisation éclate contre l’augmentation des tarifs liée à un service insuffisant qui laisse plus de 200 000 personnes sans accès à l’eau potable.

Le président Carlos Mesa cède à la pression en janvier 2005 et décrète que le contrat liant Suez à La Paz-El Alto est rompu. Suez refuse de mettre en doute l’efficacité de sa gestion ainsi que sa responsabilité dans l’augmentation des tarifs. Seulement, le 3 janvier de cette année, le gouvernement d’Evo Morales arrive à un accord. Suez se retire et laisse la gestion de l’eau à une « nouvelle entreprise publique et sociale ».

Ces mobilisations populaires montrent que les privatisations ne sont pas inéluctables. Peut-être devrions-nous nous en inspirer dans les pays européens ?

 

* Résumé d’un article de Marjolaine Normier, « Bye Bye Suez », Le Jouet enragé, 2007, http://risal.collectifs.net.

20:32 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Edgar Sánchez (MAS, Bolivie): mon siège appartient aux organisations populaires ...

À 28 ans, Edgar Sánchez Aguirre est un des plus jeune parlementaire de Bolivie. Avec une conception bien à lui du mandat d’un dirigeant paysan élu.

Bert De Belder
09-05-2007

Edgar Sánchez Aguirre est un élu du MAS (Mouvement vers le socialisme), le parti du président Evo Morales. Il est originaire de Lagunillas, un petit village de 1 000 à 1 500 habitants dans la province d’Oruro. C’est là qu’en 1999, le MAS a obtenu son premier poste de bourgmestre.

 

À l’époque, Edgar s’intéressait principalement au football. D’abord en tant que joueur et ensuite comme jeune président de l’équipe locale. Mais très vite, il s’est engagé dans le mouvement paysan. De 2002 à 2004, il a dirigé le syndicat des travailleurs agricoles d’Oruro. Plus tard, il est devenu délégué du mouvement des jeunes paysans autochtones des pays des Andes (Venezuela, Colombie, Équateur, Pérou et Bolivie) au sein de la coordination latino-américaine des organisations paysannes. Fin 2005, il a été élu au Parlement pour le MAS, qui a alors obtenu la majorité absolue avec 84 parlementaires et sénateurs sur un total de 157. « Comme lors de l’élection à la présidence d’Evo Morales, qui avec 54 % a obtenu le plus haut score jamais atteint lors d’élections présidentielles en Bolivie », explique Edgar. Où en est-il à présent, après un an et demi passé au gouvernement ?

 

Edgar Sánchez. Il a fallu s’habituer à siéger au Parlement. À présent, nous sommes devenus les « oficialistas » (les officiels, le parti du gouvernement,ndlr) (rire) et nous ne pouvons plus protester contre le gouvernement ! C’est assez étrange comme sentiment car nous étions habitués à lutter pour des changements structurels. J’ai donc choisi de me partager entre le Parlement où j’élabore lois et projets, d’une part, et le travail sur le terrain, d’autre part.

Les décisions politiques prises par le MAS sont basées sur un consensus au niveau des organisations sociales. Ces organisations évaluent la politique du gouvernement et veillent à ce que le MAS ne s’éloigne pas des intérêts du peuple et ne se laisse pas absorber par le système.

 

Pour vous, quelle est l’importance de la coopération internationale ?

Edgar Sánchez. Nous sommes bien conscients que notre pays ne peut progresser seul. Mais nous ne sommes pas seuls, il y a aussi le Venezuela, l’Équateur, le Nicaragua, le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, où des présidents progressistes sont au pouvoir. L’intégration économique et sociale de l’Amérique latine offre de nouvelles perspectives. Nos ancêtres se sont investi des siècles durant et enfin nous y sommes parvenus grâce à l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) (opposée à l’ALCA, l’association de libre-échange que les USA veulent imposer,ndlr) et grâce aux Accords commerciaux des peuples (une alternative aux accords de libre-échange bilatéraux avec les USA, ndlr).

 

Quelle est votre opinion sur le rôle de Cuba en Amérique du Sud ?

Edgar Sánchez. Les gens sont agréablement surpris de tout ce que fait Cuba pour eux. 5 000 jeunes Boliviens ont obtenu une bourse pour aller étudier à Cuba et 1 500 médecins cubains travaillent actuellement en Bolivie. La classe moyenne voit cela d’un œil très critique mais les pauvres sont très contents car auparavant ils n’avaient pas accès aux soins de santé.

20:29 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Bolivie :: La dette extérieure divisée par cinq en un an

La Bolivie a un nouveau président depuis un an et demi, Evo Morales. Allié du Venzuela et de Cuba, il impulse une politique de gauche au pays. Rencontre avec Cristian Inchauste, ambassadeur de Bolivie en Belgique.

Bert De Belder
29-08-2007

En Bolivie, Evo Morales a lancé des programmes sociaux importants : la construction d’hôpitaux publics en zones rurales et urbaines, l’alphabétisation… (Photo archives)

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Evo Morales a lancé des programmes sociaux importants : la construction d’hôpitaux publics en zones rurales et urbaines, l’alphabétisation, le programme d’opérations de la vue Opération Miracle, ont été de grandes réussites. « L’Opération Miracle, effectuée par des médecins cubains, fut un grand succès », explique l’ambassadeur. « A Copacabana, une ville sur la rive du Lac Titicaca, 8000 Boliviens ont été opérés. En plus, il y a des Péruviens qui sont venus de l’autre côté du lac pour se faire opérer chez nous. »

Maître de son propre destin

Ces programmes sociaux ont été réalisés avec l’aide cubaine et vénézuélienne, certes, mais surtout grâce à l’augmentation des revenus comme conséquence des mesures économiques prises par le gouvernement de Morales. Depuis que l’Etat bolivien a pris le contrôle de la production du gaz naturel, la recette a plus que triplé : de 600 millions de dollars d’impôts par an à 2 milliards. Le gouvernement a également effectué la nationalisation du secteur de l’eau, chassant la multinationale française Suez, et de la fonderie d’étain de Vinto, contre la multinationale suisse Glencore. Il y a juste un mois, la Bolivie a aussi pu racheter les raffineries pétrolières de la compagnie brésilienne Petrobras. Tout cela constitue une belle victoire, selon M. Inchauste, car « sous le néolibéralisme, nous étions aliénés de nos propres ressources naturelles, nous n’étions pas maître des contrats et des négociations ». Autres résultats économiques : en trois ans, la dette extérieure du pays a baissé de 5 milliards de dollars à un milliard ; les réserves, par contre, ont grimpé de 1 milliard à 5 milliards de dollars.

« Il reste des défis »

Tout va bien, donc ? Non, il reste des interrogations, des défis importants, comme la question de l’autonomie : les provinces les plus riches exigeant une plus grande autonomie. « Mais en fait, la Bolivie connaît déjà un grand degré d’autonomie et de décentralisation, raconte M. l’Ambassadeur. On connaît une décentralisation au niveau des préfectures – un peu comme le modèle français – et au niveau des communes, ce dernier à travers la Loi sur la Participation populaire – la seule bonne mesure du président néolibéral, Sánchez Lozada. »

Un diplomate qui bouge

« Ça a été un jour très chargé », me dit, souriant, l’ambassadeur de Bolivie en Belgique, M. Cristian Inchauste Sandoval, quand je rentre dans son bureau. « J’ai été toute la matinée au Palais de Justice. » Effectivement, c’était ce jour-là, le lundi 20 août, qu’un juge devait décider du sort de Rosa Claros, une femme bolivienne sans papiers qui a été arrêtée et enfermée au centre fermé de Bruges… après avoir appelé la police lors d’une agression subie par sa copine équatorienne ! Heureusement, le juge a eu le bon sens de libérer la brave femme. N’empêche que les policiers au Palais de Justice étaient surpris d’y voir apparaître l’ambassadeur…

« Je veux aider concrètement les gens »

Affaire peu conventionnelle. « C’est ça notre conception de la diplomatie », explique M. Christian Inchauste.«  Nous voulons être proches de nos gens et les aider concrètement. »

La dite « diplomatie des peuples », concept développé par le Ministre bolivien des Affaires étrangères, M. David Choquehuanca, veut rompre avec le schéma classique de la diplomatie. M. Inchauste : « Il s’agit d’être au service de la communauté bolivienne à l’étranger – ils sont trois millions, dont un millier en Belgique – et d’activement chercher des contacts avec des partis, des organisations sociales, des associations culturelles et d’autres organisations du pays d’accueil. Tout en n’abandonnant pas la diplomatie traditionnelle, bien entendu. » Avec cette approche ouverte à tout le monde, la Bolivie veut partager sa musique, ses danses, la beauté du pays, mais aussi l’analyse, la vision et les changements de société propulsés par le gouvernement du président Evo Morales Ayma, au pouvoir depuis janvier 2006.

 


20:27 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

«Les Indiens ne sont plus des citoyens de seconde zone!»...

Interview :: Roberto Tardío du ministère de la Santé bolivien

Le docteur Roberto Tardío explique comme le MAS, le parti d'Evo Morales, a grandi et a pris de l'importance auprès du peuple.

Pol De Vos
24-10-2007

Vous êtes très engagé dans la lutte des paysans. Pourquoi ?

 

Roberto Tardío. En tant que médecin, j’ai toujours voulu aider les paysans, j’étais très touché de voir la discrimination dont la population indienne faisait l’objet dans les hôpitaux publics. Ils y étaient vraiment mal traités. J’ai souvent soigné des paysans blessés lors de manifestations ou de confrontations avec l’armée.

 

Comment Evo Morales, un paysan indien, a-t-il pu devenir président de Bolivie ?

Roberto Tardío. Beaucoup de paysans venus des plaines de l’est travaillaient autrefois dans les mines des montagnes. Lorsque les mines ont fermé, des milliers d’anciens mineurs sont partis à l’est à la recherche d’un nouvel avenir en agriculture. Evo Morales vient lui aussi de la zone minière des Andes. Forts de leur expérience syndicale, ils ont développé des organisations de paysans puissantes. Evo Morales a commencé comme responsable des sports.

 

Mais il est mondialement connu comme le leader des cultivateurs de coca…

Roberto Tardío. C’est vrai. La feuille de coca est, conformément à la tradition, un produit de consommation courante en Bolivie. C’est un excellent anti-douleur, elle est aussi utilisée contre les maux d’estomac, etc. Cela n’a donc rien à voir avec la production de cocaïne qui nécessite un processus de transformation chimique complexe auquel les paysans n’ont pas accès. Les USA ont obligé le gouvernement bolivien à combattre la culture de la feuille de coca sans proposer aux paysans un gagne-pain alternatif. C’est pour cette raison qu’ils se sont organisés et qu’Evo Morales est devenu leur leader dans ce combat. Son influence en tant que leader de l’opposition n’a cessé de croître jusqu’à ce qu’en 2005, il soit élu président. Grâce aux Etats-Unis pourrait-on dire… (rire)

 

Derechos Indígenas Evo Morales, président de la Bolivie rencontre les autorités indigènes et les commandants paysans (18 juin 2007). (Photo www.redindigena.info)

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A-t-il pu améliorer les conditions de vie des paysans ?

Roberto Tardío. En nationalisant l’exploitation gazière, il a permis à l’Etat d’avoir les moyens nécessaires pour améliorer les soins de santé et développer, par exemple, une assurance maladie générale.

Aujourd’hui il existe déjà une sécurité sociale pour les personnes âgées à partir de 60 ans, dans un premier temps, nous allons l’étendre à tous jusqu’à 21 ans. Plus tard, nous espérons pouvoir l’étendre à tous les âges.

Nous avons réalisé de beaux progrès dans la lutte contre l’analphabétisme, une lutte importante car les analphabètes ne sont pas associés au développement du pays. Evo Morales lutte également contre la corruption et le blanchiment, c’est pourquoi il a supprimé le secret bancaire. Et une réforme agraire radicale est en cours.

Le fait que les enfants de paysans puissent obtenir une bourse pour faire des études, même à l’université, est une autre belle réalisation.

Nous visons en outre d’autres changements structurels que l’on obtiendrait grâce à une nouvelle constitution, à savoir, une démocratie plus participative, un frein à la privatisation, un plus grand rôle de l’Etat sur le plan économique, etc.…

 

On dit que l’assemblée constituante (le parlement) se trouve dans une impasse.

Roberto Tardío. Il faut une majorité des deux tiers pour que la constitution soit votée et le MAS ne l’a pas. L’opposition peut arrêter ou bloquer les propositions qui limitent le pouvoir des élites par une discussion absurde sur qui de La Paz ou Sucre doit être la capitale de la Bolivie. Ce qui occasionne un certain retard. Néanmoins les propositions qui ne pourront être approuvées avec une majorité des deux tiers au 14 décembre 2007 feront l’objet d’un referendum national.

 

Au Venezuela, l’opposition a aussi tenté de boycotter l’économie.

Roberto Tardío. C’est une autre paire de manches. Certains secteurs voudraient spéculer, par exemple avec le prix de la viande. Mais en se procurant de la viande moins chère en Argentine et en la commercialisant, nous avons pu casser cette spéculation. De même, les boulangeries industrielles voulaient doubler le prix du pain en raison d’une légère augmentation du prix de la farine. Nous avons alors construit de nouvelles boulangeries qui concurrencent les boulangeries privées. Et le peuple est content puisque leurs pains sont meilleurs, plus grands et moins chers…

20:23 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Bolivie • Evo Morales est à la Bolivie ce que Mandela est à l’Afrique du Sud ...

C’est ce que dit Blade Nzimande, secrétaire général du Parti communiste sud-africain (SACP). Il a fait partie d’une délégation de son pays en visite en Bolivie.

Pol De Vos
21-02-2007

Blade Nzimande


Une délégation sud-africaine comprenant, entre autres, des membres du parti gouvernemental ANC et du Parti communiste SACP, s’est rendue début février en Bolivie. Le pays présente des similitudes étonnantes avec notre pays, écrit Blade Nzimande dans son rapport, dont voici quelques extraits.

« La Bolivie est l’un des pays les plus pauvres de l’Amérique du Sud. 72 % des 8 millions d’habitants sont indiens. Les contradictions entre races et classes y vont fortement de pair, tout comme en Afrique du Sud. L’Indienne des campagnes est tout à fait au bas de l’échelle sociale.

Nous avons été surpris de l’amertume avec laquelle la population indienne parle des élites du pays. Pour la population indienne, Evo Morales représente ce que Nelson Mandela représente pour l’Afrique du Sud. Ils veulent un changement radical de société et une amélioration de la situation socio-économique des Indiens.

Notre délégation a été très impressionnée par le rôle des Indiennes dans la lutte pour les changements sociaux. Le militantisme semble avoir libéré l’énergie des femmes comme jamais auparavant. Elles sont actives à tous les niveaux du mouvement : dans le MAS (parti de Morales, NdlR), au gouvernement et au sein de l’assemblée constituante.

Le MAS est plutôt satisfait du résultat de la première année du gouvernement Morales. Surtout des mesures qui soumettent à nouveau au contrôle de l’État l’exploitation du gaz, des mines et de l’eau, mesures complétées par les plans d’une réforme agraire radicale.

Le principal défi de la période à venir est l’adoption de la nouvelle constitution. Tout comme en Afrique du Sud, la bourgeoisie bolivienne tente d’obtenir un État fédéral grâce auquel les provinces riches – surtout celles de l’Est – pourront garder leurs richesses pour elles. Dans cette optique, la bourgeoisie bénéficie du plein soutien des états-Unis. »

Rapport complet de Blade Nzimande (en anglais) : Bolivia and Latin America : New Spaces for the Communist Parties ? À trouver sur le site www.sacp.org.za sur la page « Umsebenzi Online ».

20:22 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Cuba • L'absence de Fidel Castro signifierait-elle le chaos ?

Le responsable Relations Internationales du Parti communiste cubain parle des défis auxquels Cuba est confronté.

Leonel Herrera
07-02-2007

Fernando Remirez (au centre) lors d'une rencontre à Cuba avec Peter Mertens et Lydie Neufcourt, membres de la direction du PTB. (Photo Solidaire)

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Comment va votre président Fidel Castro ?

Fernando Remirez. Il récupère bien, son état est satisfaisant. Selon certains analystes, il ne reprendrait jamais plus la tête du gouvernement et la passation de pouvoir aurait déjà eu lieu. Non seulement, nous voulons qu’il revienne mais, compte tenu des dernières nouvelles concernant sa santé, nous sommes convaincus que ce sera le cas. Ce qui se passe en ce moment à Cuba n’est pas une transition mais une continuation de la révolution et du socialisme. Selon le gouvernement Bush, l’absence de Fidel va engendrer une situation chaotique et favorable à une intervention. Or à Cuba, la situation est tout à fait stable.

 

Il n’y aura donc pas de passage au capitalisme ?

Fernando Remirez. Nous pensons que non. La majorité des Cubains soutiennent le socialisme et la révolution.

 

La révolution est-elle menacée ?

Fernando Remirez. Par une attaque des Etats-Unis. Le plus grand défi auquel est confronté le peuple cubain a toujours été de préserver son indépendance et sa souveraineté. (…) Certains fonctionnaires haut placés ont mis en garde contre des facteurs internes qui risqueraient de compromettre la continuité de la révolution, comme la corruption et la disparition de l’esprit révolutionnaire chez les nouvelles générations. Ils ont raison. Nous devons faire front à ces défis. Mais nous nous identifions très fort au sentiment d’indépendance et de défense de la révolution.

Les gouvernements nord-américains ont tenté de nous anéantir en 1961 avec l’invasion de la baie des cochons, mais aussi par des centaines d’actes terroristes qui ont coûté la vie à 3000 Cubains, et un embargo commercial qui n’est rien d’autre qu’une guerre économique qui nous a coûté près de 86 milliards de dollars. Pourtant, Cuba tient bon grâce au soutien de la grande majorité du peuple. Mais nous devons prêter plus d’attention aux nouvelles générations et à leurs questions politiques.

 

Vous parlez « d’approfondir la révolution ». Quelles sont les mesures prises récemment ?

Fernando Remirez. L’analphabétisme a été éradiqué très tôt, dès le début de la révolution en 1961. Le degré de scolarisation moyen atteint aujourd’hui le niveau d’enseignement secondaire et nous comptons près de 800 000 diplômés de l’université. Mais comme cela ne suffit pas, nous avons ouvert 3000 nouvelles classes là où il n’existait pas d’enseignement supérieur. Nous avons ainsi pu augmenter le nombre d’étudiants et atteindre un chiffre record encore jamais atteint dans l’histoire, à savoir 620 000 universitaires.

Par ailleurs, nous avons récupéré un grand nombre de jeunes qui ne travaillaient ni ne faisaient d’études, de sorte que la moitié d’entre eux étudient à présent à l’université. Et, afin de satisfaire les besoins culturels de la population, nous avons lancé une série de nouvelles chaînes télévisées éducatives.

Dans le domaine des soins de santé, nous avons élaboré un vaste et ambitieux programme visant la modernisation des principaux hôpitaux du pays avec augmentation du personnel.

Nous avons également pris des mesures en faveur des groupes à faible revenu. L’an dernier, le salaire minimum et la pension minimum ont été doublés, nous avons mis sur pied un réseau de distribution de vivres pour les groupes les plus vulnérables, les pensionnés notamment. Nous avons augmenté les allocations familiales pour les familles dont un membre est handicapé.

Concernant ce que nous appelons « la révolution énergétique », nous nous efforçons de produire de l’énergie plus efficacement : depuis 2005 les « pannes » ne sont plus qu’un mauvais souvenir. En 2006, la croissance économique a augmenté de 12,5% par rapport aux années précédentes et le taux de mortalité infantile était plus faible que jamais. Ces mesures nous ont permis d’approfondir la révolution et de relever le niveau de vie des Cubains. Malgré les problèmes, nous allons de l’avant.

 

Quelle est la recette du succès de la révolution ? Quels sont les facteurs qui ont permis à la révolution de survivre depuis 48 ans ?

Fernando Remirez. C’est parce que nous nous identifions complètement aux intérêts du peuple. Soulager les besoins des Cubains a toujours été la priorité et l’objectif central de notre lutte.

Leonel Herrera est un correspondant du journal Diario Co Latino

20:20 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Ignacio Ramonet: Il y a une véritable censure sur les propos de Fidel Castro ....

Un des fondateur d’ATTAC, directeur du Monde diplomatique, Ignacio Ramonet signe Fidel Castro, Biographie à deux voix, résultat de plus de cent heures de conversations avec le chef d’État cubain. Rencontre.

28-02-2007

« Quand on parle de Cuba, c’est tout de suite une dictature, la répression, ce sont les images qui sont véhiculées. Il me semblait qu’il y avait là une injustice à l’égard de Cuba… Donc mon intention était de traverser ce que j’appelle la muraille de la haine. » (Photo archives)

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Ignacio Ramonet. Toutes les questions que tout le monde se pose sur Cuba sont dans le livre. Il va y avoir des critiques, c’est évident, mais je continue de penser que le devoir d’un journaliste, c’est effectivement d’aller à contre-courant. Dans le contexte qui est le mien, celui de l’Europe, je considère qu’il y a une véritable censure sur les propos de Fidel Castro et qu’il est une des personnalités qui a le moins souvent la possibilité de s’exprimer dans les médias européens. L’objectif de mon livre est de retracer tout un itinéraire et de répondre à la question : qui est Fidel Castro ?

Je crois que ceux qui critiquent systématiquement Cuba vont continuer de le faire, ceux qui défendent systématiquement Cuba vont continuer à le faire, le livre s’intéresse plus directement à ceux qui voudraient se faire de bonne foi, par eux-mêmes, une idée de qui est Fidel Castro, de ce qu’est la révolution.

 

Pourquoi insistez-vous tant sur le fait que les jeunes lisent le livre ?

Ignacio Ramonet. Je suis très lié au mouvement d’altermondialisation, je fais partie de ceux qui ont essayé de lancer le Forum social mondial, je fais partie de l’idée initiale d’ATTAC. Tout ce mouvement qui est très ouvert dans la critique contre la globalisation est, en même temps, très critique contre Cuba. Quand on parle de Cuba, c’est tout de suite une dictature, la répression, ce sont les images qui sont véhiculées. Il me semblait qu’il y avait là une injustice à l’égard de Cuba.

D’ailleurs, il y a une certaine contradiction à admirer la révolution bolivarienne et à ne pas voir que, pour Chávez, président du Venezuela, Fidel Castro est une référence permanente ; pour Evo Morales (Bolivie), c’est la même chose, même pour Lula (Brésil) qui n’a jamais pris de distances officielles à l’égard de Cuba, au contraire qui s’y est référé.

Donc mon intention était de traverser ce que j’appelle la muraille de la haine. Il est possible qu’il y ait des critiques à faire à Cuba, mais ces critiques aussi systématiques aussi négatives m’ont toujours paru excessives, en tout cas, non rationnelles ou irrationnelles.

Je crois que c’est important pour que des nouvelles générations transmettent le relais, pour qu’elles puissent réfléchir sur cet itinéraire, qu’elles aient la connaissance rafraîchie avec le regard d’aujourd’hui sur la révolution cubaine. On ne peut pas comprendre ce qui se passe en ce moment en Amérique latine (pour la première fois depuis longtemps, il y a eu le mouvement social, la montée de la gauche, le mouvement critique qu’il y a en ce moment) si on ne fait pas la connexion avec ce qu’est la révolution cubaine, ce qu’a représenté la révolution, le désir de libération de Cuba.

 

Que représente ce livre pour le grand journaliste qu’est Ignacio Ramonet ?

Ignacio Ramonet. Pour les journalistes qui s’intéressent à la politique internationale, interviewer Fidel Castro est effectivement un objectif. Avoir la possibilité de discuter avec quelqu’un qui a été un acteur et un témoin de 55 ans d’histoire, avoir la possibilité d’échanger avec lui sur la manière dont s’est passée la crise d’Octobre, ses relations avec Kennedy, l’expérience avec Che Guevara, ses relations avec l’Union soviétique… c’est évidemment un moment extraordinaire, d’un grand intérêt intellectuel, pour un journaliste. L’intérêt professionnel, c’est d’essayer de transmettre cette parole, ces propos de manière à ce que d’autres puissent vivre ce moment intellectuel.

Propos recueillis par Marie-Dominique Bertuccioli, journaliste à Radio Habana Cuba (RHC), mai 2006

Ignacio Ramonet, Fidel Castro. Biographie à deux voix, Fayard/Galilée, 750 pages, 28 chapitres, 31,40 euros. En vente au Shop 171 : www.solidaire.org/shop


20:18 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Chavez devait-il se taire ?


Vive altercation entre le président vénézuélien Hugo Chavez et le roi d’Espagne

Les images de l’incident entre Chavez, président vénézuélien, et Juan Carlos, roi d'Espagne, ont fait le tour du monde. Chavez est-il ce président impulsif présenté par les médias ?

Pol De Vos
21-11-2007

Chavez est-il vraiment impulsif ou la télévision a-t-elle tronqué la réalité? (Photo DR)

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Le 10 novembre, durant la session plénière du 17e Sommet ibéro américain à Santiago de Chili, un affrontement sans précédent a eu lieu entre le président vénézuélien  Hugo Chávez, le Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero, le président nicaraguayen Daniel Ortega et le roi d’Espagne Juan Carlos Ier.

« Pourquoi tu ne la fermes pas ? », a lancé le roi espagnol au président vénézuélien. Dans toute la presse européenne, l’incident a été présenté comme le fait d’un président vénézuélien impulsif, qui s’est attaqué à tout le monde, aussi bien à Aznar, qu’au pape, qu’aux Etats-Unis ou à l’Union européenne. Or, les longs échanges du sommet de Santiago n’ont rien à voir avec le collage superficiel montré à nos télévisions.

Avant l’incident, le Président argentin Nestor Kirchner a critiqué le comportement des multinationales espagnoles en Argentine. À la fin de la conférence José Luis Zapatero, Premier ministre espagnol, s’est fait le chantre du social-libéralisme, condamnant toutes les autres visions du Monde comme « totalitaires ». Puis, il mit en garde les pays latino-américains « qu’un pays ne pourra jamais avancer s’il cherche dans des facteurs extérieurs des justifications quant à ce qui empêche son développement. »

Eux, ils sont baisés

C'est à ce discours arrogant que Chavez a répondu. Il a expliqué comment Aznar, le prédécesseur de Zapatero, avait donné des instructions à l'ambassade espagnole à Caracas en 2002 pour appuyer le coup d'Etat au Venezuela, de connivence avec Washington. Il ajouta l'anecdote suivante : « En 2000, j’ai reçu José Maria Aznar. Il m’a dit que le Venezuela pouvait devenir un pays développé s’il rejoignait son club de pays. Mais pour ça, il fallait que j’abandonne mes relations avec Cuba. Je lui ai demandé qu’est-ce qu’ils comptaient faire pour Haïti, pour les pays d’Amérique Centrale. Et ce monsieur m’a répondu, je m’excuse des mots que je vais prononcer, ‘Eux, ils sont baisés !’. Eh bien, au Venezuela nous avons une autre idée de l’humanité. Aznar est un fasciste. »

Immédiatement, Zapatero s’est solidarisé avec son prédécesseur, en invoquant le respect des idées d’autrui.

Chavez essaya de répondre, mais sa très grande altesse, Juan Carlos de Bourbon, le fustigea d’une réplique digne d’un absolutiste : « Pourquoi tu ne la fermes pas ? »

Puis, Ortega, président du Nicaragua, prit la parole pour reprendre à son compte la critique des propos de Zapatero. Il critiqua fortement l’entreprise espagnole d’électricité Unión Fenosa, l’accusant même d’être une structure maffieuse. C’en est trop pour sa majesté don Juan Carlos de Bourbon. Il quitta la réunion et n’assista pas à la clôture officielle de l’événement.

Chavez est vu ici comme un héros. À la sortie du sommet, les présidents Correa (Equateur), Morales (Bolivie), Ortega (Nicaragua), Chavez (Venezuela) et le vice-président cubain Carlos Lage se sont rendus à une concentration de 50 000 personnes en soutien à leur vision. Romain Migus, un analyste, commente dans la revue Bellaciao : « Le lieu de la concentration était hautement symbolique : le Stade National du Chili, ce même stade où les « facteurs externes sans importance » de Zapatero avaient fait taire dans le sang l’espérance démocratique du Peuple chilien. »

20:09 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

09/12/2007

Venezuela: la démocratie des bidonvlles ...

Las Delicias, bidonville de Caracas, 4 mars 2007. Les habitants ont élu le porte-parole de leur comité de quartier. Il en existe déjà 16 000 dans le pays.

Pol De Vos
18-04-2007

La démocratie des bidonvilles
Les pauvres deviennent propriétaires de leur habitation
Hugo Chávez veut une nouvelle forme d’État

Les électeurs sont enthousiastes : « Voilà sept ans que nous attendions ce moment et enfin le pouvoir a été transmis au peuple ! »

Il y a sept ans, le Venezuela comptait près de 15 millions de pauvres, dont 8 millions vivaient dans une misère extrême, sur une population de 25 millions d’habitants. La plupart vivaient dans des bidonvilles. Beaucoup étaient sans emploi ou se retrouvaient dans l’économie informelle, tentant de survivre jour après jour en effectuant toutes sortes de petits boulots.



Les progrès matériels directs réalisés ces sept dernières années ont incité les habitants des bidonvilles à soutenir en masse la révolution bolivarienne. (Photo Comac, août 2005)

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Les progrès matériels directs réalisés ces sept dernières années ont incité les habitants de ces bidonvilles à soutenir en masse la révolution bolivarienne. Ils s’organisent et participent aux initiatives des comités de quartier.

Chaque conseil de quartier possède sa propre dynamique. Les membres du comité établissent une sorte de registre de la population. Plus tard, le porte-parole du comité est élu. Le comité peut alors être légalement enregistré et recevoir des subsides. Le gouvernement vénézuélien a annoncé qu’en 2007, il débloquerait près de 4 milliards d’euros pour ces comités, soit trois fois plus qu’en 2006. Grâce à ces fonds, il peut mettre sur pied des projets dans divers domaines comme l’enseignement, l’aménagement de routes, les soins de santé, l’agriculture ou le logement.

Les porte-parole sont réélus à intervalles réguliers. Ils sont « la voix du quartier ». Ils ne décident rien, cette compétence revient à l’assemblée des habitants. La plupart des participants soutiennent le président Chavez, mais ses opposants y participent également ce qui tend à les affaiblir par endroits.

Comités de travailleurs et de paysans

On prévoit qu’environ 21 000 comités de quartier seront actifs d’ici la fin de l’année. Hugo Chavez a en outre proposé d’également développer ces comités dans les usines et les campagnes. Les « Consejos Comunales » (Conseils Communaux, ndlr) ont donc deux nouveaux petits frères, à savoir les « Consejos de Trabajadores » auprès des travailleurs et les « Consejos de Campesinos » auprès des paysans. Le Parti communiste du Venezuela (PCV) a joué un rôle important dans la préparation de la proposition de loi qui octroie aux comités de travailleurs une base légale. Leur rôle le plus important sera de permettre aux travailleurs de participer à la direction de l’entreprise et surveiller le fonctionnement du syndicat, tant dans les entreprises publiques que privées.

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Les pauvres deviennent propriétaires de leur habitation
Les comités de quartier prennent leurs racines dans la lutte contre la pauvreté. En décembre 2001, Chavez promulguait sa loi agraire qui jetait les bases d’une profonde réforme. En février 2002, il instaurait dans le cadre de cette loi les Comités de terres urbaines (CTU). Ainsi, les pauvres qui pour la plupart avaient construit illégalement une cabane dans un bidonville se voyaient offrir une chance de régulariser leur bien en prouvant qu’ils l’avaient construite eux-mêmes. Ils devenaient donc propriétaires légaux d’une habitation. Ce système très simple a donné lieu à une mobilisation énorme. Fin 2005, il existait près de 5 000 CTU dans tout le pays, soit 5,7 millions de gens organisés au total. Outre les assemblées des comités locaux, des assemblées sont également prévues au niveau régional, réunissant de 10 à 20 CTU et sur l’ensemble du territoire urbain.

Les thèmes les plus souvent abordés concernent l’enseignement, l’aménagement de routes, la culture et les problèmes sociaux dans le quartier. Mais une forme d’organisation plus vaste s’imposait. En effet, avec la nouvelle loi votée début 2006, les « consejos communales » ou comités de quartier ont vu le jour.

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Hugo Chávez veut une nouvelle forme d’État
Pour le président vénézuélien, les comités populaires constituent la base d’une réforme drastique de la structure politique du pays.

« Enfin le pouvoir a été transmis au peuple », clamait avec enthousiasme un habitant de Las Delicias, un bidonville de Caracas. Cela reflète les projets de Chávez par rapport aux comités de quartier.

Ils représentent un apprentissage des plus importants sur le plan politique. Dans un premier temps, on devient porte-parole d’un quartier, on s’investit pour l’obtention de titres de propriété, pour l’amélioration des routes ou la mise sur pied d’activités sociales. Petit à petit, on s’aperçoit que ce n’est pas uniquement le quartier qui est concerné, mais aussi la ville et l’ensemble du pays.

Dans bien des domaines, la structure étatique actuelle (Justice, police, bureaucratie), datant de l’époque des gouvernements néolibéraux des années 1990, apparaît bien plus comme un frein contre les réformes que comme un « bastion de la révolution ». Le pays a donc besoin d’une nouvelle structure étatique démocratique bâtie à partir des quartiers populaires organisés. C’est ce que Chávez a annoncé lors de l’investiture du nouveau gouvernement.

Les comités des travailleurs sont aussi un élément stratégique pour mener au processus révolutionnaire. « Il s’agit du développement d’une organisation politique des travailleurs, qui va plus loin que l’organisation syndicale centrée sur l’entreprise », explique Oscar Figuera, secrétaire général du parti communiste du Venezuela.

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Plus d’infos ?

Si vous souhaitez en savoir plus sur ce qui se passe actuellement au Venezuela, nous vous invitons à lire le dernier numéro d’Études marxistes (no 77), dans lequel Pol De Vos propose une analyse de la révolution bolivarienne au Venezuela sous le titre « Venezuela, anti-impérialisme et socialisme ». Prix : 7,50 euros.
Vous pouvez le commander sur ptb@ptb.be/shop ou au 02 504

21:59 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Venezuela • La télévision est-elle interdite ?

Fin mai, la licence d’émission de RCTV, le plus gros réseau de télévision du Venezuela, expirait. Le président Hugo Chávez a refusé de la prolonger. Pourquoi?

Pol De Vos
06-06-2007

Ce 2 juin, Caracas a été submergée par une marée humaine estimée à plusieurs centaines de milliers de personnes, toutes venues apporter leur soutien au président Chávez (Photo Belga)


Chávez a invoqué la participation au coup d’État d’avril 2002 ainsi que toute une série d’infractions à la législation concernant les émetteurs. Infractions qui se produisaient déjà avant que Chávez soit président. D’anciens présidents avaient déjà, eux aussi, sanctionné RCTV. La licence d’émission de RCTV a été retirée pour les fréquences hertziennes nationales, mais il n’y a pas de limitation d’émission via le câble ou par satellite. De même, les émetteurs de RCTV peuvent continuer à fonctionner normalement.

Les médias avaient soutenu le coup d’État

En avril 2002, un coup d’État a tenté de renverser le président Hugo Chávez. Organisé par l’élite locale, avec le soutien de la CIA. Il y a eu au moins 18 tués. Le président Chávez a été enlevé et détenu pendant deux jours, jusqu’au moment où une insurrection populaire a reçu le soutien de l’armée et a ramené Chávez au pouvoir. L’émetteur de TV de l’État a été retiré des ondes, alors que les quatre gros émetteurs privés ont tous soutenu le coup d’État : ils ont appelé à la confrontation, félicité le « dictateur-pour-48-heures » Pedro Carmona et refusé de diffuser ne serait-ce qu’une seule prise de vue du soulèvement populaire qui réclamait le retour de Chávez. Durant le coup d’État, le vice-amiral Ramirez Perez, qui avait collaboré à sa préparation, a dit à la TV : « Nous avions une arme mortelle : les médias1. »

De même, l’organisation des droits de l’homme « Human Rights Watch » a écrit à l’époque : « Loin de diffuser des informations exactes et précises, les médias essaient de provoquer le mécontentement populaire et une opposition radicale contre le gouvernement2. »

Combien de temps la chaîne VTM pourrait-elle continuer à émettre si elle se mettait à soutenir ouvertement une tentative de coup d’État (avec enlèvement de Verhofstadt ou du roi en prime) en Belgique ?

Nous sommes aujourd’hui cinq ans plus tard. Aucun de ces émetteurs n’a entre-temps été fermé ou empêché. Aucun journaliste n’a été emprisonné ni même accusé de quoi que ce soit. Le gouvernement Chávez a négocié un accord avec chacun de ces émetteurs, afin d’empêcher que se reproduisent désormais une attitude aussi antidémocratique et des distorsions aussi grossières des faits.

Mais, fin mai 2007, la licence d’émission de RCTV arrivait à expiration. Le président Chávez a décidé de ne pas la prolonger. Il veut utiliser la fréquence d’émission pour un canal de TV nationale participative. L’autorisation d’émettre est donc cédée à un nouvel émetteur public. L’intention est d’émettre des émissions et des reportages réalisés par des producteurs de TV indépendants. L’émetteur n’est pas repris par l’État, mais dirigé par une asbl au sein de laquelle ne siègera qu’un seul représentant du gouvernement.

Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolás Maduro, a déclaré qu’il valait mieux démocratiser les canaux de TV et de radio au lieu de les laisser aux mains d’une famille de milliardaires qui n’utilise la licence d’émission que pour intoxiquer les cerveaux des gens. Et d’ajouter qu’aujourd’hui, 95 % des stations de TV, 94 % des radios et 98 % des journaux vénézuéliens sont toujours aux mains d’entreprises privées3.

L’opposition proaméricaine a sauté sur la suppression de la licence d’émission pour accuser Chávez d’« atteinte à la liberté de la presse » et même de « crime contre le droit international ». Dans quelques universités et dans des quartiers cossus, quelques milliers de jeunes ont organisé des protestations violentes. Ils ont provoqué des destructions massives et ont été dispersés au canon à eau. La police a dû encaisser des jets de pierres et de bouteilles, mais on lui a également tiré dessus. Onze policiers ont été blessés. Ces protestations rappellent des actions antérieures de l’opposition proaméricaine qui s’était opposée par tous les moyens possibles à la politique du président Chávez. Le 2 juin, Caracas, la capitale, a été submergée sous une marée humaine de plusieurs centaines de milliers de personnes, toutes venues apporter leur soutien à leur président.

1 Pour plus d’infos sur le coup d’Etat au Venezuela, voir : Venezuela, anti-impérialisme et socialisme, Etudes marxistes n° 77, pp. 11-79. • 2 Human Rights News, 9 octobre 2002. • 3 www.debateabierto.net

Le mouvement des médias locaux1

Depuis que Hugo Chávez, après le coup d’État manqué, est redevenu président (le 13 avril 2002), le nombre des radios locales a explosé. En 2002, 13 d’entre elles avaient une licence. En juin 2005, elles étaient 170. Outre ces 170 radios reconnues, il y en a encore certainement 300 qui n’ont pas de papiers officiels. Elles ont été fondées par des organisations des quartiers populaires, des groupes indigènes de la région amazonienne ou des paysans des Andes2.

En 1999, l’Assemblée nationale a approuvé une « loi sur les télécommunications ». Cette loi a ouvert de nouvelles possibilités de développement de médias locaux. Ce mouvement de « médiactivisme » local a démarré petit à petit. Mais son évolution a pu s'accélérer via une « réglementation à l’usage des radios et télévisions de quartier », sortie en 2002. Pour mieux contrer les problèmes incessants de dysfonctionnement des structures étatiques, les militants se sont finalement regroupés dans une « Association nationale des médias alternatifs et locaux » (ANMCLA). De plus en plus de radios locales se sont unies au mouvement croissant des quartiers. Et quelques stations de TV – comme Catia-TV (dans le district urbain du même nom) – sont nées3.

Détail piquant : les grandes sociétés de médias ont accusé ces radios locales – qui ont dû se démener pour obtenir une licence – d’être des radios d’État. Par exemple, le 26 juin 2005, El Universal qualifiait ces radios de quartier de « médias de l’État enrôlées pour la propagande et le prosélytisme politique ». Mais ces médias locaux sont très chatouilleux quant à leur autonomie. Ils sont surtout au service des besoins locaux. Ils ne craignent d’ailleurs nullement de critiquer les manquements du gouvernement ou de dénoncer les problèmes concrets que pose la corruption. Dans cette optique, ils jouent un rôle dans la vie politique et interviennent en quelque sorte comme chiens de garde.

 

1 Venezuela, anti-impérialisme et socialisme. Etudes marxistes n° 77, pp. 11-79 .• 2 Sujatha Fernandes. Growing Movement of Community Radio in Venezuela. ZNet, 26 déc. 2005. (www.venezuelanalysis.com/articles.php?artno=1637); 3 Catia TVe Collective. Catia TVe, Television From, By and For the People. 19 juillet 2006.

Les 25 et 26 août, dans le cadre de l’Université marxiste d’été: L’Amérique latine et la gauche. Un panel de spécialistes brosseront le portrait du continent et discuteront des perspectives. Plus d’info à INEM, rue de la Caserne 68, 1000 Bruxelles, 02/504 01 44, fax : 02/513 98 31, inem@marx.be

 

21:56 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Venezuela • Des ordinateurs 40% moins chers ...

Le gouvernement vénézuélien a annoncé que les « ordinateurs bolivariens » étaient prêts. Les services sociaux en seront les premiers bénéficiaires.

Pol De Vos
20-06-2007

Une grande partie de la population vénézuélienne apprécie la conduite du gouvernement Chavez. (Photo Indymedia Colombia)

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Les nouveaux ordinateurs ont été présentés au public dans l’état de Falcon où est établie l’usine VIT. Quatre modèles différents seront produits au Venezuela avec la technologie chinoise. VIT (Venezuela de Industria Technologica) est une coentreprise de l’entreprise chinoise Lang Chao et du ministère vénézuélien du commerce et de l’industrie légère. La capacité de production de l’usine est de 150 000 unités. La production a été lancée fin 2006 et les premières 1 619 unités ont été distribuées aux étudiants en médecine générale.

En octobre de l’année dernière, le président Hugo Chavez a promis un pc à chacun des 11 000 étudiants en seconde année de médecine et a commencé à honorer sa promesse. 80 000 ordinateurs et 6 000 portables seront produits au cours de la première année. « Le prix proposé par les autres marques est de 930 dollars. Ici il coûte 690 dollars, soit 40% moins cher », a expliqué le président Hugo Chavez lors de la présentation. « Par ailleurs, ils sont garantis 3 ans alors que les autres marques n’offrent qu’une garantie d’un an ».

Les nouveaux ordinateurs fonctionneront avec le système d’exploitation « open-source » Linux et seront d’abord utilisés dans le cadre des programmes sociaux (les missiones) du gouvernement, dans les entreprises nationales et l’administration. On prévoit également une vente massive dans le pays et dans le reste de l’Amérique latine.

D’après Chris Carlson – Venezuelanalysis, 2 juin 2007

21:54 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Cuba • L’île envoie ses fils et ses médecins ...

Cuba, ce n’est pas seulement de bons cigares, du rhum et la révolution. C’est aussi un pays qui exporte ses projets sanitaires.

Bert De Belder
04-04-2007

Dans notre pays, la vente des oeufs de Pâques, comme ici devant l’usine Ford à Genk, profitera aussi aux projets sanitaires cubains. (Photo Solidaire, Peter Vanloffelt)

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Le docteur Elaine Sánchez Díaz est médecin généraliste à Yaguajay, une petite ville de province au centre de Cuba où Médecine pour le Tiers Monde (M3M) soutient des projets sanitaires. Lena Van der Bruggen, responsable des projets Cuba de M3M, l’a rencontrée alors qu’elle venait de passer deux ans dans les bidonvilles de la capitale vénézuélienne Caracas.

Lena Van der Bruggen : « Au Venezuela, le docteur Elaine a vu des maladies auxquelles elle n’avait jamais été confrontée à Cuba. Les gens ne la prenaient pas au sérieux car les médecins en général ne vont pas dans les quartiers les plus défavorisés. Même ses médicaments, les habitants des bidonvilles les regardaient avec méfiance. Mais au bout d’un moment, le dr Elaine est parvenue avec les habitants du quartier à mettre sur pied des activités sanitaires et est devenue directrice de stage de six médecins vénézuéliens en formation. Ces deux années ont filé et sont pour le dr Elaine une riche et inoubliable expérience. »

Mais tous ces médecins cubains qui partent à l’étranger en mission de solidarité entraînent certaines lacunes à Cuba. A Yaguajay, par exemple, six médecins sont partis à l’étranger. Une solution est de donner davantage de responsabilités aux infirmiers. On attache aussi beaucoup d’importance à la formation des promoteurs sanitaires qui organisent des actions de prévention comme les petits marchés de la santé et conseillent les habitants. Ainsi, tous mettent la main à la pâte. »

La vente des œufs de Pâques continue, on pense pouvoir récolter 9 000 euros. Pour toute commande : info@m3m.be, 02 209 23 60. Vous pouvez également verser un don au profit des projets Cuba soutenus par M3M sur le compte 001-1951388-18, communication « SOCU-020407 ». Pour plus d’infos : www.m3m.be.

Cuba remercie les lecteurs de Solidaire

Peut-être est-ce aussi grâce à vous. En effet, la formation des promoteurs sanitaires à Yaguajay est en partie possible grâce aux dons versés par les lecteurs de Solidaire au profit de la campagne de M3M. Lundi 2 avril, les dons de 132 lecteurs s’élevaient à 3 840 euros. Merci.

21:51 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Cuba • Le président cubain dont Bush rêve, reçu à Bruxelles ...

De Gucht a reçu Caleb McCarry, désigné proconsul par Bush pour remplacer Fidel Castro après la « transition ». L’Initiative Cuba socialiste proteste.

Katrien Demuynck
09-05-2007

La Belgique va-t-elle vers la soumission complète aux États-Unis ? (Photo Xinhua)

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L’Initiative Cuba socialiste (ICS) n’est pas la seule qui a un problème avec le voyage à travers l’Europe du proconsul pour Cuba assigné par Bush. En Irlande, il a été chassé d’un campus universitaire. Dans son communiqué de presse, ICS explique pourquoi.

Caleb McCarry est un citoyen des États-Unis nommé en juin 2005 par Condoleezza Rice pour prendre, dès la période dite de transition, le pouvoir à Cuba. Il dirige la Commission for Assistance to a Free Cuba dont les membres sont nommés par les USA et formeront le futur gouvernement cubain. Bref, Caleb McCarry sera pour le futur Cuba ce qu’était Bremer pour l’Irak.

Ceci est évidement bien plus qu’une provocation symbolique, puisque le gouvernement des USA s’octroie le droit de déterminer l’avenir politique et économique d’un pays souverain. Ce futur gouvernement vassal a obtenu des moyens de l’ordre de 59 millions de dollars pour rendre possible sa propre prise de pouvoir à Cuba. Dans deux rapports (2004 et 2006) de cette « commission », est détaillé comment sera appliqué le « plan Bush ». Comme à la fin de 2006, les avancées se faisaient attendre, plus de 80 millions de dollars ont encore été injectés afin de couvrir les dépenses des années 2006 et 2007. Soit, 31 millions pour financer l’opposition interne à Cuba, 10 millions pour stimuler la subversion dans les universités, 24 millions pour inciter la propagande contre Cuba, et 15 millions pour obtenir le soutien de la communauté internationale.

C’est dans ce but que McCarry voyage dans toute l’Union européenne et qu’il a obtenu ce rendez-vous au cabinet du ministre De Gucht.

La Belgique dans les ornières de Bush ?

Peut-être vient-il chercher du soutien pour la suppression de la gratuité des soins de santé, la privatisation des cliniques et écoles, la remise au travail des pensionnés à Cuba, car tout cela et plus encore est décrit dans le « plan Bush ». Ou bien la Belgique pourra-t-elle aider à l’invasion de Cuba, car toute personne au courant de la situation sait qu’il faudra une grande opération militaire étrangère pour parvenir à ce changement de régime voulu à Cuba. Sur le site officiel du gouvernement des États-Unis, chacun peut lire la totalité du « plan Bush », à part... un volet secret. Quoi d’autre que la description des opérations militaires peut être décrit dans ce volet puisque tout le plan est rempli de violations flagrantes des droits internationaux.

Jusqu’à présent la Belgique a toujours eu une position diplomatique autonome vis-à-vis de Cuba. Notre pays s’est distancié de l’agressivité des États-Unis (blocus, tentatives de changement de régime, provocation par air et par mer, attentats terroristes). McCarry est le porte-parole de la ligne agressive néo-conservatrice du gouvernement Bush.

C’est pourquoi cette visite suscite un certain nombre de questions. Est-ce avec ce genre de personnage que la politique étrangère de la Belgique devrait coopérer ? Cette réception au ministère de De Gucht étant en rupture avec la politique de la Belgique, n’a-t-on pas utilisé la dissolution du Parlement pour pouvoir s’en écarter ? Et surtout en ce qui concerne notre politique avec Cuba, évoluerons-nous vers une soumission totale vis-à-vis des États-Unis ?

21:48 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |

Film Sicko • Les soins de santé aux USA sont moins bons qu’au Canada ou à… Cuba ....

Même hors compétition, Michael Moore a de nouveau fait grand bruit au Festival de Cannes.

Leen Swinnen
06-06-2007

Après l’industrie automobile (Roger & me), le lobby de l’armement (Bowling for Columbine) et la guerre contre l’Irak (Fahrenheit 9/11), Moore s’attaque de nouveau à un ennemi très puissant : l’industrie de la santé. Cette industrie représente en effet 15% du PNB1 des Etats-Unis. Et même si à Washington on a quatre lobbyistes de l’industrie de la santé par député, des millions d’Américains n’ont pas accès au système. « Les assurances trouvent les raisons les plus invraisemblables pour rejeter des dossiers médicaux pourtant parfaitement légitimes » explique-t-il. Et Sicko en montre de nombreux exemples. Une jeune fille de 22 ans ne peut pas soigner un cancer car, selon les statistiques de l’assureur, les jeunes de cet âge n’ont pas le cancer. Un couple de pensionnés a été obligé de vendre la maison et de s’installer dans une petite chambre chez leur fils parce qu’ils n’arrivent plus à payer les honoraires médicaux.

Pourtant, le film n’est pas trop lourd. Tout comme dans Fahrenheit 9/11, Michael Moore sait garder un ton aéré. Il ne se limite pas non plus aux plaintes : il reconnaît qu’un système « différent et meilleur » existe déjà. Chez les voisins du Canada, par exemple, ou chez les alliés de toujours, en Grande-Bretagne et même… à Cuba, ce petit pays du tiers monde.

Moore ne serait pas Moore s’il n’accompagnait pas sa thèse d’un coup médiatique de son cru. Avec un groupe de sauveteurs qui, suite aux attentats du 11 septembre, souffrent de graves problèmes de santé mais ne reçoivent pas d’aide aux USA, il est parti pour la base militaire américaine de Guantanamo. Car dans cette base militaire US établie sur le sol cubain, on dispense de très bons soins aux prisonniers (torturés). Mais - c’était un peu prévisible - on les a envoyés promener. Alors, avec ses pompiers malades, il se rend à Cuba.

Des millions d'Américains n'ont pas accès aux soins de santé. «Les assurances trouvent les raisons les plus invraisemblables pour rejeter des dossiers médicaux pourtant parfaitement légitimes», explique Michael Moore.

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21:45 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | | |