12/06/2009

12/06/2009: Cuba, les Usa, l' Oea: Déclaration du Gouvernement Révolutionnaire de Cuba...

 

Sent: Friday, June 12, 2009 7:54 PM
To: roger
Subject: Tr : Fwd: "Déclaration du Gouvernement Révolutionnaire de Cuba", du 8 juin 2009.



pour info.
>
> DÉCLARATION DU GOUVERNEMENT RÉVOLUTIONNAIRE DE CUBA
>
> L'Organisation des États américains (OEA) vient, en un geste à la signification historique particulière, d'enterrer formellement la honteuse résolution par laquelle elle avait, en 1962, exclu Cuba du système interaméricain.
>
> Bien que contraire aux objectifs et aux principes mêmes consacrés dans sa Charte, cette décision infâme et illégale était toutefois dans le droit fil de l'histoire de l'OEA, répondait à l'objectif en vue duquel l'organisation avait été fondée, promue et défendue par les États-Unis ; elle s'inscrivait dans la logique de son rôle, à savoir servir d'instrument de l'hégémonie étasunienne dans le continent, et elle correspondait à la capacité de Washington d'imposer sa volonté à l'Amérique latine au moment historique où triomphait la Révolution cubaine.
>
> L'Amérique latine et les Caraïbes vivent aujourd'hui comme région une autre réalité. La décision adoptée par la Trente-neuvième Assemblée générale de l'OEA est le fruit de la volonté des gouvernements les plus liés à leurs peuples, les plus sensibles aux problèmes réels de la région et dotés d'un sens de l'indépendance qui faisait malheureusement défaut en 1962. Cuba reconnaît les mérites des gouvernements qui se sont efforcés d'effacer formellement cette résolution qui a été qualifiée à cette même Assemblée de « cadavre non enseveli ».
>
> La décision d'abroger la Sixième Résolution adoptée par la Huitième Réunion de consultation des ministres des affaires étrangères de l'OEA constitue un camouflet incontestable à la politique suivie par les États-Unis envers Cuba depuis 1959. Elle vise à corriger une injustice historique et constitue une réparation envers le peuple cubain et les peuples d'Amérique.
>
> Malgré le consensus dégagé à l'ultime minute, cette décision a été adoptée contre la volonté de Washington qui a fait des démarches auprès des gouvernements de la région et exercé sur eux des pressions intenses. Elle inflige ainsi à l'impérialisme une défaite en recourant à son propre instrument.
>
> Cuba se félicite de cette marque de souveraineté et de civisme, tout en sachant gré aux gouvernements qui, faisant preuve d'un esprit de solidarité, d'indépendance et de justice, ont défendu le droit de Cuba à retourner dans l'Organisation. Elle comprend aussi leur désir de laver l'OEA de ce stigmate qui avait perduré comme symbole de son servilisme.
>
> Cuba ratifie toutefois une fois de plus qu'elle ne réintégrera pas l'OEA.
>
> Dès le triomphe de la Révolution, l'Organisation des États américains a soutenu activement la politique hostile de Washington contre Cuba. Elle a officialisé le blocus économique, décrété l'embargo sur les armes et les produits stratégiques,  stipulé que les pays membres devaient obligatoirement rompre les relations diplomatiques avec notre État révolutionnaire. Des années durant, elle a même prétendu, malgré notre exclusion, nous maintenir sous sa compétence et nous soumettre à sa juridiction et à celle de ses organes spécialisés. C'est là donc une organisation dont Cuba repousse le rôle et les agissements.
>
> Le peuple cubain a su résister aux agressions et au blocus, surmonter l'isolement diplomatique, politique et économique, et faire face seul, sans plier, à l'agressivité permanente de l'Empire le plus puissant que notre planète ait jamais connu.
>
> Notre pays a aujourd'hui des relations diplomatiques avec tous les pays du continent, exception faite des États-Unis, et il a noué de vastes liens d'amitié et de coopération avec la plupart d'entre eux.
>
> Cuba a par ailleurs conquis sa pleine indépendance et marche irrésistiblement vers une société toujours plus juste, plus équitable et plus solidaire.
>
> Elle l'a fait au prix d'un maximum d'héroïsme et de sacrifices, forte de la solidarité des peuples d'Amérique. Elle a épousé des valeurs qui sont contraires à celles du capitalisme néolibéral et égoïste que promeut l'OEA et elle estime avoir le droit et l'autorité nécessaires pour dire NON à l'idée de retrouver un organisme au sein duquel les États-Unis continuent d'exercer un contrôle oppressant. Les peuples et les gouvernements de la région sauront interpréter cette juste position.
>
> On peut comprendre aujourd'hui plus clairement qu'en 1962 que c'est bel et bien l'OEA qui est incompatible avec les désirs les plus brûlants des peuples latino-américains et caribéens, que c'est elle qui est incapable de représenter leurs valeurs, leurs intérêts et leurs vraies aspirations à la démocratie, que c'est elle qui n'a pu trouver des solutions aux problèmes de l'inégalité, de la disparité de richesses, de la corruption, de l'ingérence étrangère et de l'action prédatrice du grand capital transnational. Que c'est elle qui s'est tue devant les crimes les plus horribles, qui fait siens les intérêts de l'impérialisme, qui recourt au complot et à la subversion contre des gouvernements authentiques et légitimement constitués et bénéficiant d'un soutien populaire évident.
>
> Les discours et les prises de position entendus à San Pedro Sula ont été on ne peut plus éloquents. On ne saurait passer comme si de rien n'était sur les critiques dûment fondées à l'anachronisme de l'organisation, à sa coupure d'avec la réalité continentale et à sa trajectoire infâme.
>
> La requête concernant la levée définitive du criminel blocus économique imposé par les États-Unis à Cuba reflète la sensibilité toujours plus irrépressible de tout un continent. C'est avec cet esprit d'indépendance représenté par beaucoup d'orateurs que Cuba s'identifie.
>
> La soif d'intégration et de concertation de l'Amérique latine et des Caraïbes est toujours plus manifeste. Cuba participe activement – et se propose de continuer de le faire – aux mécanismes régionaux représentatifs de ce que José Martí a appelé « Notre Amérique », qui va du Rio Bravo à la Patagonie, et comprend toutes les Antilles.
>
> Consolider, élargir et harmoniser ces organismes et ces groupements, telle est la voie choisie par Cuba, et non l'illusion saugrenue de réintégrer une organisation qui n'admet pas de réformes et qui a d'ores et déjà été condamnée par l'Histoire.
>
> Pour riposter à l'ignominieuse Huitième Réunion de consultation des ministres des affaires étrangères de l'OEA, le peuple cubain – représenté par plus d'un million de personnes réunies sur la place de la Révolution en Assemblée populaire - avait adopté le 4 février 1962 la Deuxième Déclaration de La Havane.
>
> Celle-ci affirmait entre autres :
>
> « Si grande qu'ait été l'épopée de l'indépendance de l'Amérique latine, si héroïque qu'ait été cette lutte, il revient à l'actuelle génération de Latino-Américains d'écrire une épopée encore plus grande et encore plus décisive pour l'humanité. Car si les générations passées ont lutté jadis pour se libérer du pouvoir colonial espagnol, d'une Espagne en décadence et envahie par les armées  de Napoléon, la lutte de libération qu'il nous incombe aujourd'hui nous oppose à la métropole impériale la plus puissante du monde, à la force la importante du système impérialiste mondial, et le service rendu à l'humanité sera encore plus grand que celui rendu par nos ancêtres.
>
> […]
>
> « Cette grande humanité a dit "Assez !" et elle s'est mise en marche. Et sa marche de géants ne s'arrêtera qu'à la conquête de la véritable indépendance pour laquelle ils sont morts plus d'une fois en vain. »
>
> Nous serons loyaux à ces idées qui ont permis à notre peuple de conserver Cuba libre, souveraine et indépendante.
>
> La Havane, le 8 juin 2009

22:49 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, actualite, courcelles, cuba, usa, presse, romain, belgique, imperialisme, silence, socialisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

01/08/2008

31/07/2008: L’Equateur met fin à l’utilisation de la base de Manta par les forces armées des États-Unis ...

La seule voie à suivre par tous les Etats en lutte contre l'impérialisme, le colonialisme et le pillage, la domination mondiale et les fauteurs de guerre(s) !
Vive la Paix, la Souveraineté et l' Indépendance nationale des peuples !
RoRo

-------- Message original --------

Sujet: L’Equateur met fin à l’utilisation de la base de Manta par les forces armées des États-Unis
Date: Thu, 31 Jul 2008 03:43:51 -0500
De: Correo Frances <frenchnews@ain.cu>
Pour :: Frances List Member <roger.romain@skynet.be>


05/07/2008

05/07/2008: Sainte Ingrid, patronne des bons otages, priez pour nous !

-------- Message original --------

Sujet: FW: Ste Ingrid patronne des bons otages par Fausto Giudice, 4 juillet 2008
Date: Sat, 5 Jul 2008 14:10:23 +0200
De: Joss Rovélas <jossrovelas@msn.com>



Date: Sat, 5 Jul 2008 11:20:47 +0200
Subject: Ste Ingrid patronne des bons otages par Fausto Giudice, 4 juillet 2008
From: Jean-Michel.Vernochet
To: Jean-Michel.Vernochet
 
Sainte Ingrid, patronne des bons otages, priez pour nous !   par Fausto Giudice, 4 juillet 2008


Le retour d'Ingrid Betancourt à la civilisation, « après six ans et quatre mois
passés en captivité chez les narco-terroristes des FARC », a été l'occasion
d'une opération mondiale d'ingridolatrie télévisée en direct. La télévision
publique française, France 2 en premier lieu, a sans doute battu les
records, en consacrant mercredi soir pas moins de 5 heures non-stop à la
« libération » d'Ingrid, et plusieurs heures dans les jours qui ont suivi. La
peste émotionnelle qui a été répandue dans les foyers a de quoi donner la
nausée.
Au-delà de la nausée, il faut tenter de raisonner.

À première vue, Ingrid pète la forme, elle a l'air bien nourrie et en
excellente santé, tout comme les 14 autres « otages » « libérés » avec elle,
dont 3 agents du FBI prêtés à la DEA.  

Deuxièmement, Ingrid a découvert la Vierge, le Père, le Fils et le Saint-
Esprit et envisage d'aller à Lourdes puis au Vatican. Benoît XVI va-t-il la
faire béatifier de son vivant ? À défaut d'une canonisation, elle est bien
partie pour un prix Nobel de la Paix.

Troisièmement, Ingrid est devenue une partisane fanatique de l'Armée
nationale colombienne et des ses Forces spéciales, dont elle arborait la
tenue à sa descente d'avion.


Quatrièmement, Ingrid est devenue une partisane enthousiaste d'Alvaro
Uribe, le narco-président qui est, avec le Mexicain Felipe Calderón, le pion-
clé dans le dispositif yankee en Amérique latine.Ingrid n'a cessé de saluer
l'opération « parfaite, impeccable, géniale » qui a permis sa libération. À en
croire la version officielle, cette opération a été montée par un groupe de
colonels colombiens avec l'aide de spécialistes de la CIA et du Mossad
israélien. Ils ont infiltré les FARC, puis ont intoxiqué le commandant «
Cesar », responsable de la surveillance des prisonniers dont Ingrid, en
l'amenant à les livrer à une équipe de militaires déguisés en guérilléros et
descendus du ciel à bord d'un gros hélicoptère de transport.

Si cette version était vraie, ce commandant des FARC devait être un crétin
fini pour croire que son organisation pouvait disposer d'un tel hélicoptère.

Bref, cette version hollywoodienne, c'est bon pour les gogos transformés
en adorateurs de Sainte Ingrid. La vérité est plutôt à chercher ailleurs :
selon la Radio Suisse Romande, le gouvernement colombien a payé
environ 20 millions de dollars au fameux « Cesar », qui n'a été montré aux
caméras, avec un oeil au beurre noir, que pour entretenir la fiction
hollywoodienne, avant d'être exfiltré, doté d'une nouvelle identité, vers une
autre partie du monde pour y mener une nouvelle vie.

Ce qu'on a tout simplement oublié dans cette gigantesque et obscène
débauche d'images émotionnelles, avec Ingrid, Astrid, Yolanda, Mélanie,
Lorenzo, Nicolas, Carla, Bernard et Rama tournant en boucle pendant des
heures
-, c'est entre autres ceci :

1° - Ce que l'on s'acharne à appeler des « otages » sont des prisonniers de
guerre, tout comme le sont les combattants des FARC détenus par les
forces gouvernementales. Mais évidemment, appeler les prisonniers otages
reviendrait à reconnaître aux FARC un statut de force combattante, ce qui
est exclu pour Uribe et ceux qui l'appuient. Appliquer les Conventions de
Genève sur les prisonniers de guerre aux détenus membres des FARC et
exiger des FARC qu'elles en fassent de même avec leurs prisonniers
donneraient à celles-ci une légitimité.

2° - La guerre menée par l'armée colombienne et les groupes
paramilitaires qu'elle a toujours soutenus a fait en 25 ans des milliers de
morts, dont 3000 syndicalistes et 2000 indigènes, et des milliers de
disparus. Au moins 2 millions de paysans ont été déplacés et sont des
réfugiés de l'intérieur. Des milliers de Colombiens, menacés de mort par
les paramilitaires, ont du se réfugier à l'étranger.


3° - Les FARC doivent renoncer à leur « combat ignoble qui brise des vies
innocentes » (dixit Sarkozy) et « rectifier » leur ligne (dixit Ingrid), ne
cessent de répéter les héros de ce super-doculebrón (néologismie formé à
partir de culebrón version vénézuélienne de la telenovela, et de docu-soap,
série documentaire montée comme une fiction). Ont-ils oublié que la
dernière fois que les FARC ont accepté de réintégrer la vie politique «
normale » en créant l'Union patriotique et en se présentant aux élections,
5000 de leurs membres ont été assassinés ?

Sainte Ingrid va sans doute maintenant s'embarquer dans de nouvelles
croisades pour la libération d'autres « otages ». Mais attention, elle ne
s'occupera que des « bons otages ». Sarkozy va sûrement tenter de
l'embrigader dans sa prochaine opération, visant à libérer « l'otage franco-
israélien » Gilad Shalit, ce caporal prisonnier du Hamas.

 Maintenant qu'elle s'identifie aux Forces spéciales, qui, a-t-elle déclaré, ont
fait voir au monde qu'elles étaient aussi capables que l'armée israélienne,
ce serait logique.

Et qu'on ne compte pas sur Ingrid pour d'autres combats, comme la
libération des 10 500 otages palestiniens détenus par Israël ou encore la
défense de l'environnement. Elle qui se disait écologiste, son groupuscule
s'appelait « Oxygène verte » - a été définitivement guérie de cette maladie
de jeunesse pendant les années passées sous le « plafond vert » de la
jungle, où elle a découvert que de tous les animaux de la jungle, le plus
dangereux, c'est l'homme. L'homme des FARC, bien sûr.



 un des épisodes les plus comiques du doculebrón :
Nico et Ingrid sur le tarmac de Villacoublay


--
Envoyé par Basta ! dans Basta ! JCAJ le 7/04/2008 10:31:00 PM

24/05/2008

18/05/2008: Les coupables de ce génocide, au poteau, ils sont connus!

-------- Message original --------

Sujet: Les coupables de ce génocide au poteau , ils sont connus!(ELH) site Collon
Date: Sun, 18 May 2008 20:56:23 +0200
Répondre à :: melusine <melusine@nerim.net>

 

Les coupables de ce génocide, au poteau, ils sont connus!
Esteban Lazo Hernández     
 
Des propos qu'aucun de nos chers médias n'osera publier. Merci de faire suivre.
 
INTERVENTION D’ESTEBAN LAZO HERNÁNDEZ, VICE-PRÉSIDENT DU CONSEIL D’ETAT DE LA RÉPUBLIQUE DE CUBA, AU SOMMET PRÉSIDENTIEL « SOUVERAINETÉ ET SÉCURITÉ ALIMENTAIRE. ALIMENTS POUR LA VIE », TENU LE MERCREDI 7 MAI 2008 À MANAGUA (NICARAGUA)



Cher comandante Daniel Ortega, président du Nicaragua ;

Honorables présidents et hauts représentants,

Les chiffres parlent d’eux mêmes. En 2005, nous payions la tonne de riz 250 dollars ; aujourd’hui, nous la payons 1 050, le quadruple. Nous payions la tonne de blé 132 dollars ; aujourd’hui, nous la payons 330, deux fois et demie plus. Nous payions la tonne de maïs 82 dollars ; aujourd’hui, nous la payons 230, quasiment le triple. Nous payions la tonne de lait en poudre 2 200 dollars ; aujourd’hui, nous la payons 4 800, presque le double. C’est là une situation perverse et intenable.

Cette réalité a des retombées internes sur les marchés de la plupart des pays de notre région et du monde, touchant directement la population, en particulier les plus pauvres, et poussant à l’indigence des millions de personnes. Certains pays, voilà à peine quelques décennies, se suffisaient à eux-mêmes en riz et en maïs, mais les recettes néolibérales du FMI les ont incités à libéraliser leur marché et à importer des USA et d’Europe des céréales subventionnées, ce qui a abouti à la suppression de la production nationale. Compte tenu de la flambée des cours susmentionnée, toujours plus de personnes ne peuvent plus se nourrir de ces aliments de base. Il n’est donc pas surprenant qu’elles protestent, qu’elles descendent dans la rue afin de trouver le moyen de donner à manger à leurs enfants.

Dès 1996, au Sommet mondial de l’alimentation, Fidel avait lancé un cri d’alerte : « La faim, compagne inséparable des pauvres, est la fille de la distribution inégale des richesses et des injustices dans le monde. Les riches ne connaissent pas la faim. […] Des millions de personnes sont mortes dans le monde en luttant contre la faim et l’injustice. » La crise alimentaire qui nous convoque aujourd’hui est aggravée par les cours élevés du pétrole sur lesquels influe l’aventure militaire en Iraq et par leurs retombées sur la production et le transport des aliments; par les changements climatiques; par le fait que les USA et l’Union européenne consacrent toujours plus de grains et de céréales à la production de biocarburants; et par les pratiques spéculatives du grand capital international qui mise sur les stocks d’aliments sans s’inquiéter de la faim des pauvres. Mais l’essence même de cette crise ne gît pas dans ces phénomènes récents : elle se trouve dans la distribution inégale et injuste des richesses mondiales et dans le modèle économique néolibéral insoutenable imposé ces vingt dernières années au monde avec un fanatisme irresponsable.

Les pays pauvres qui dépendent des importations d’aliments ne sont pas en mesure de supporter ce coup. Leurs populations n’ont aucune protection. Et le fameux marché n’a, bien entendu, ni la capacité ni le sens des responsabilités nécessaires pour la leur procurer. Nous ne sommes pas face à un problème de nature économique, mais devant un drame humanitaire aux conséquences incalculables qui met même en danger la sécurité nationale de nos pays.

Faire retomber la crise sur une consommation accrue d’importants secteurs de la population dans des pays en développement à croissance économique accélérée, telles la Chine et l’Inde, constitue non seulement une prise de position insuffisamment fondée, mais encore une vision raciste et discriminatoire dans la mesure où elle considère comme un problème que des millions de personnes puissent accéder pour la première fois à une alimentation décente et saine !


Le problème, tel qu’il se traduit dans notre région, est lié essentiellement à la situation précaire des petits agriculteurs et de la population rurale dans les pays sous-développés, ainsi qu’au rôle oligopolistique des grandes sociétés transnationales de l’industrie agroalimentaire. Celles-ci contrôlent les cours, les technologies, les normes, les certifications, les réseaux de distribution et les sources de financement de la production alimentaire dans le monde. Elles contrôlent aussi le transport, la recherche scientifique, les fonds génétiques, l’industrie de fertilisants et de pesticides. Leurs gouvernements, en Europe, en Amérique du Nord et ailleurs, imposent les règles internationales qui régissent le commerce des aliments, ainsi que celui des technologies et des intrants permettant de les produire. Les subventions agricoles aux USA et en Union européenne ne font pas qu’enchérir les aliments que vendent ces pays ; elles imposent en plus un obstacle infranchissable à la vente sur leurs marchés des produits des pays en développement, ce qui a une incidence directe sur la situation de l’agriculture et des producteurs du Sud.

Il s’agit bel et bien d’un problème structurel de l’0rdre économique international en place, non d’une crise conjoncturelle qui peut se régler par des palliatifs ou des mesures d’urgence. La récente promesse de la Banque mondiale d’allouer 500 millions de dollars dévalués pour faire face à cette situation n’est pas seulement ridicule : c’est une plaisanterie de mauvais goût.

Pour s’attaquer à ce problème dans son essence et ses causes mêmes, il faut analyser et transformer les règles écrites et non écrites, les règles accordées et les règles imposées qui régissent aujourd’hui l’ordre économique mondial, ainsi que la création et la distribution des richesses, notamment en ce qui concerne la production et la distribution d’aliments. Ce qui est décisif aujourd’hui, c’est envisager un changement profond et structurel de l’0rdre économique et politique international en vigueur, parce qu’antidémocratique, injuste, exclusif et intenable. Un ordre prédateur, responsable de situations telles que celles que Fidel dénonçait voilà douze ans : « Les eaux se polluent, l’atmosphère s’empoisonne, la nature se détruit. Ce n’est pas seulement la rareté des investissements, le manque d’éducation et de technologies, la croissance démographique accélérée, c’est aussi que l’environnement se dégrade et que l’avenir est toujours plus hypothéqué. »

Par ailleurs, la coopération internationale nécessaire pour faire face à ce moment de crise s’avère indispensable. Des mesures d’urgence doivent permettre d’alléger rapidement la situation des pays où des émeutes sociales ont déjà éclaté. Il faut aussi promouvoir sur le moyen terme des plans de coopération et d’échanges, accompagnés d’investissements conjoints qui accéléreront dans notre région la production agricole et la distribution d’aliments, et assortis d’un engagement résolu et d’une forte participation de l’Etat. Cuba est disposée à contribuer modestement à un effort de ce genre.

Le Programme que nous propose aujourd’hui le compañero Daniel en vue de concerter les efforts, les volontés et les ressources des membres de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) et des pays centraméricains et caribéens mérite tout notre appui. Il présuppose que nous comprenions clairement que la situation alimentaire mondiale n’est pas une opportunité, comme le pensent certains, mais une crise très dangereuse. Il implique que nous reconnaissions expressément que nous devons orienter nos efforts à la défense du droit à l’alimentation pour tous et à une vie digne pour les millions de familles paysannes jusqu’ici spoliées, et non que nous saisissions l’occasion pour favoriser des intérêts corporatifs ou de mesquines opportunités commerciales. Nous avons longuement discuté ce point. Il nous faut maintenant agir unis, avec audace, en faisant preuve de solidarité et d’esprit pratique.

Si tel est l’objectif commun, alors on peut compter sur Cuba. Je conclus en rappelant les paroles prévoyantes de Fidel en 1996, toujours aussi actuelles par leur profondeur : « Les cloches qui sonnent aujourd’hui le glas pour ceux qui meurent de faim tous les jours sonneront demain pour l’humanité entière si celle-ci ne veut pas, ou ne sait pas ou ne peut pas être assez sage pour se sauver elle-même. »

Je vous remercie

21:48 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, belgique, cuba | |  Facebook | |  Imprimer | | |