10/08/2010

08/10/10: "AU SECOURS, FIDEL CASTRO REVIENT ! "

From: <Xarlo@aol.com>
Sent: Sunday, August 08, 2010 11:21 AM
To:
Subject: Jean Ortiz "AU SECOURS, FIDEL CASTRO REVIENT ! "

 
SVP, faites-en bon usage: diffusez !
 
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AU SECOURS, FIDEL CASTRO REVIENT !
Au moment où nous pensions, «  nous médias bien-pensants », être
débarrassés du « dictateur », le voilà de  retour, manifestement rétabli, et en bonne
santé, après quatre années de  souffrance…
Regretter qu’un être humain ait vaincu la maladie, quelle  élégance ! quel
humanisme ! Regretter qu’un personnage de cette dimension  historique «
radote » sur les dangers de conflagration « inexistants » au Moyen  Orient, sur
une agression possible contre l’Iran, sur les dégâts  environnementaux et
climatiques provoqués par le capitalisme, sur les ravages  des
agro-carburants, des OGM, etc., quel trouble-fête ! Qu’il nous fiche la  paix, avec ses
élucubrations.
Maintenant, soyons sérieux ! Manifestement,  Fidel Castro est de retour
avec la volonté que cela se sache et de surcroît, en  tenue de guerrillero, de
combattant, au moment où le monde va si bien. Je n’ai  jamais cru à la fable
de l’opposition entre les deux frères : mou contre dur et  vice-versa.
Ce sont des fantasmes pré-construits de politologues et de  journalistes
partisans. Ceux-là mêmes qui présentent aujourd’hui Raùl comme un «  modéré »,
le présentaient jadis comme un dur parmi les durs. Raùl gouverne 
collégialement, et c’est cette équipe qui gère la politique intérieure et  extérieure
de l’île. Le récent discours de Raùl devant le parlement est un  constat d’
une grande lucidité sur les problèmes à Cuba, sur la crise, sur les 
nécessaires changements « de structure » et de « concept » au rythme adapté à  une
situation difficile, tout en repoussant l’idée d’un « socialisme de marché
»  à la chinoise.
Si les réformes sont urgentes, on comprend qu’enragent tous  ceux qui
souhaiteraient que Cuba rétablisse le capitalisme et redevienne un  satellite des
Etats-unis. La récente libération de prisonniers politiques a  montré les
vertus du dialogue respectueux, souverain, etc. Aujourd’hui, la balle  est
dans le camp d’Obama. Il doit lever le blocus et libérer les Cinq Cubains 
prisonniers aux Etats-Unis pour avoir infiltré des groupes terroristes.
Oui,  Fidel est de retour, depuis des mois. Il s’exprime dans Granma sur
les grands  problèmes internationaux, sur l’avenir du monde, et ne s’ingère
pas, jusqu’à  présent, dans la politique intérieure, comme en témoigne son
message devant le  parlement du samedi 7 août dernier. Fidel est encore le
premier secrétaire du  PCC. Il est difficile d’envisager, étant donné son poids
historique, que les  changements en cours se fassent contre sa volonté. Le
PCC envisage le Congrès  d’une relève générationnelle dans les mois qui
viennent, mais on ne saura jamais  assez gré à Fidel d’avoir tenu tête à l’ «
Empire » pendant 51 ans. De quoi  rendre l’impérialisme furieux.

Jean Ortiz,
Cubaniste.
Maître  de conférences à l’Université de Pau.

20:27 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : romain, courcelles, histoire, cuba, castro, presse, silence, médias, télévision, usa | |  Facebook | |  Imprimer | | |

30/12/2009

28/12/09: LE DROIT DE L’HUMANITÉ À L’EXISTENCE...

Sent: Monday, December 28, 2009 5:46 PM
To: Undisclosed-Recipient:;
Subject: [romainroger] LE DROIT DE L’HUMANITÉ À L’EXISTENCE

 

Réflexions du compañero Fidel 
LE DROIT DE L’HUMANITÉ À L’EXISTENCE

Les changements climatiques causent d’ores et déjà des dommages considérables, et des centaines de millions de pauvres en souffrent les conséquences.

Les centres de recherche les plus avancés assurent qu’il reste très peu de temps pour échapper à une catastrophe irréversible. Selon James Hansen, de l’Institut Goddard, de la NASA, un niveau de trois cent cinquante parties de dioxyde de carbone par million est encore tolérable ; or, il dépasse actuellement trois cent quatre-vingt-dix et il augmente tous les ans à raison de deux parties par million, soit plus que les niveaux d’il y a six cent mille ans. Les deux dernières décennies ont été les plus chaudes depuis qu’il existe des mesures. Ce gaz a augmenté de quatre-vingts parties par million ces cent cinquante dernières années.

Les glaces de la mer Arctique, l’énorme couche de deux kilomètres d’épaisseur qui couvre le Groenland, les glaciers d’Amérique du Sud qui alimentent les principales sources d’eau douce de cette région, le volume colossal qui couvre l’Antarctique, la couche qui reste encore sur le Kilimandjaro, les neiges qui couvrent l’Himalaya et l’énorme masse gelée de la Sibérie fondent à vue d’œil. Des scientifiques prestigieux redoutent des sauts quantitatifs dans les phénomènes naturels qui provoquent les changements.

L’humanité avait placé de grands espoirs dans le Sommet de Copenhague, qui devait prolonger le Protocole de Kyoto souscrit en 1996 mais entré en vigueur seulement en 2005. L’échec éclatant de ce Sommet a engendré des épisodes honteux qu’il faut dûment éclaircir.

Les États-Unis, qui comptent moins de 5 p. 100 de la population mondiale, émettent le quart du dioxyde de carbone. Leur nouveau président avait promis de coopérer aux efforts internationaux pour faire face à un problème qui touche son pays autant que le reste du monde. Les réunions préalables au Sommet ont mis en lumière que les dirigeants de cette nation et ceux des pays les plus riches manœuvraient pour faire retomber le poids des sacrifices sur les pays émergents et les pays pauvres.

Beaucoup de dirigeants et des milliers d22222e représentants des mouvements sociaux et des institutions scientifiques, décidés à se battre pour préserver l’humanité du pire risque qu’elle a encouru dans son Histoire, se sont rendus à Copenhague à l’invitation des organisateurs du Sommet. Je m’abstiens d’entrer dans le détail de la brutalité dont ont fait preuve les forces de l’ordre danoises contre les milliers de manifestants et d’invités des mouvements sociaux et scientifiques pour me concentrer sur les aspects politiques du Sommet.

Un véritable chaos a régné à Copenhague et des choses incroyables s’y sont passées. Les mouvements sociaux et les institutions scientifiques n’ont pas eu le droit d’assister aux débats. Des chefs d’État ou de gouvernement n’ont même pas eu la possibilité de donner leur opinion sur des problèmes vitaux. Obama et les dirigeants des pays les plus riches ont séquestré la conférence avec la complicité du gouvernement danois, et les institutions des Nations Unis ont été mises sur la touche.

Barack Obama, qui est arrivé le dernier jour du Sommet et n’y est resté que douze heures, s’est réuni avec deux groupes d’invités triés sur le volet par lui-même et ses collaborateurs. Et c’est accompagné de l’un de ces groupes qu’il a eu une réunion dans la salle plénière avec le reste des délégations de plus haut niveau. Aussitôt  après avoir pris la parole, il s’est retiré par une porte dérobée. À cette réunion plénière, hormis le petit groupe choisi par lui, les autres représentants des États n’ont pas eu le droit de prendre la parole. Si les présidents bolivien et vénézuélien ont pu le faire, c’est seulement parce qu’ils l’ont réclamé avec énergie, soutenus par les autres, et que le président du Sommet n’a pas eu d’autre solution que de la leur céder.

Dans une salle contiguë, Obama a réuni les dirigeants des pays les plus riches, de plusieurs nations émergentes les plus importantes et de deux pays très pauvres. Il y a présenté un document négocié avec deux ou trois des principaux pays, il a ignoré l’Assemblée générale des Nations Unies, il a donné des conférences de presse et il est reparti, tel Jules César qui s’exclama au terme d’une ses campagnes victorieuses en Asie mineure : Vini, vidi, vici !

Le Premier ministre en personne du Royaume-Uni, Gordon Brown, avait affirmé le 19 octobre : « Si nous n’aboutissons pas à un accord dans les prochains mois, il ne fait pas le moindre doute qu’une fois que l’élévation débridée des émissions aura provoqué des dommages, aucun accord mondial rétrospectif à quelque moment du futur ne pourra en éliminer les effets. À cette date, il sera alors irrémédiablement trop tard. »

Et il avait conclu son discours sur cette péroraison dramatique : « Nous ne pouvons nous donner le luxe de l’échec. Si nous échouons maintenant, le prix à payer sera très lourd.  Si nous agissons maintenant, si nous agissons de concert, si nous agissons en faisant preuve de hauteur de vue et de détermination, nous pouvons encore remporter la victoire à Copenhague. Mais, si nous échouons, la planète Terre sera en danger, et il n’existe pas de plan de rechange. »

Il affirme pourtant à présent avec arrogance que l’Organisation des Nations Unies a été prise en otage par un petit groupe de pays comme Cuba, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et Tuvalu,  et il accuse la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres nations émergentes d’avoir cédé aux séductions des États-Unis pour souscrire un accord qui expédie aux oubliettes le Protocole de Kyoto et ne contient aucun engagement contraignant pour les États-Unis et leurs riches alliés.

Je me vois obligé de rappeler que l’Organisation des Nations Unies a vu le jour voilà à peine soixante ans, après la Deuxième Guerre mondiale, alors que les pays indépendants ne dépassaient pas la cinquantaine. Elle compte aujourd’hui plus de cent quatre-vingt-dix États indépendants, après que la lutte décidée des peuples a eu liquidé l’odieux système colonial.

La République populaire de Chine s’est même vu refuser pendant des années le droit d’entrée à l’ONU, un gouvernement fantoche y usurpant sa représentation à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité. C’est grâce au soutien tenace d’un nombre croissant de pays du Tiers-monde que la Chine bénéficia peu à peu de la reconnaissance de la communauté internationale, ce qui fut un facteur très important pour que les USA et leurs alliés de l’OTAN reconnaissent ses droits à l’ONU.

C’est l’Union soviétique qui contribua le plus par sa lutte héroïque à la défaite du fascisme, au prix de plus de vingt-cinq millions de morts et d’énormes destructions dans tout le pays. C’est au terme de cette lutte qu’elle émergea comme une superpuissance capable de contrebalancer en partie la domination absolue qu’exerçait le système impérial des USA et des anciennes nations coloniales, et sa mise à sac impitoyable des peuples du Tiers-monde. La désintégration de l’URSS a permis aux USA d’étendre leur pouvoir politique et militaire en direction de l’Est, vers le cœur de la Russie, et de renforcer leur influence sur le reste de l’Europe. Ce qui s’est passé à Copenhague n’a donc rien d’étonnant.

Je tiens à souligner les déclarations injustes et outrageantes du Premier ministre britannique et la tentative des États-Unis d’imposer comme accord du Sommet un document dont les pays participants n’ont discuté à aucun moment.

Le ministre cubain des Relations extérieures, Bruno Rodríguez, a affirmé dans la conférence de presse qu’il a donnée le 21 décembre des vérités absolument indéniables. J’en cite quelques paragraphes:

« À Copenhague, je tiens à le souligner, la Conférence des Parties n’a adopté aucun accord, aucune décision concernant des engagements, qu’ils soient contraignants ou pas, ni absolument aucune décision relevant du droit international : à Copenhague, il n’y a pas eu d’accord, tout simplement !

« Le Sommet a été un échec, et l’on veut pourtant berner l’opinion publique mondiale. […] la carence de volonté politique a sauté aux yeux…

« …il a constitué un recul dans l’action de la communauté internationale pour prévenir ou alléger les retombées des changements climatiques…

« …la température mondiale pourrait s’élever de 5º en moyenne… »

Puis notre ministre a apporté d’autres données intéressantes sur les conséquences possibles de cet échec, selon les dernières recherches scientifiques :

« …de la date du Protocole de Kyoto à ce jour, les pays développés ont élevé leurs émissions de 12,8 p. 100… 55 p. 100 de ce volume correspondant aux USA

« Un Étasunien consomme en moyenne 25 barils de pétrole par an, un Européen 11, un Chinois moins de 2, un Latino-Américain ou un Caribéen, moins de 1.

« Trente pays, dont ceux de l’Union européenne, consomment 80 p. 100 des combustibles produits. »

Le fait est que les pays développés signataires du Protocole de Kyoto ont élevé radicalement leurs émissions. Ils veulent toutefois substituer maintenant à la base adoptée pour calculer ces émissions, autrement dit 1990, une nouvelle base, 2005, de sorte que les engagements envisagés par les USA, les plus gros pollueurs, ne représenteraient qu’une réduction de 3 p. 100 par rapport à vingt-cinq ans avant ! C’est là se moquer d’une manière éhontée de l’opinion mondiale…

Le ministre cubain, parlant au nom des pays de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), et défendant la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres États importants à économie émergeante, a ratifié le concept dégagé à Kyoto de

« responsabilités partagées, mais différenciées, ce qui veut dire que les pays à accumulation historique et les pays développés, responsables de cette catastrophe, ont des responsabilités différentes de celles des petits États insulaires ou des pays du Sud, surtout des pays les moins avancés… »

« Responsabilités veut dire financement ; responsabilités veut dire transfert de technologies dans des conditions acceptables. Mais Obama joue sur les mots, et au lieu de parler de "responsabilités" partagées mais différenciées, il parle de "réponses" partagées, mais différenciées…

« …il abandonne la salle plénière sans même daigner écouter qui que ce soit, de même qu’il n’avait écouté personne avant son intervention. »

Obama avait affirmé lors d’une conférence de presse ayant précédé son départ de la capitale danoise : « Nous avons généré ici à Copenhague un accord substantiel sans précédent : pour la première fois dans l’Histoire, les plus grandes économies sont venues ici accepter ensemble leurs responsabilités. »

Dans son exposé clair et irréfutable, notre ministre s’est exclamé :

« Que signifie : "…les plus grandes économies sont venues ici accepter ensemble leurs responsabilités" ? Ça veut dire qu’il fait retomber une part importante du fardeau que représente le financement des mesures d’atténuation et d’adaptation que doivent adopter les pays, surtout ceux du Sud, face aux changements climatiques, sur la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud. Car, il faut bien le dire, la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud et tous les pays appelés par euphémisme en développement ont été victimes d’un braquage, d’un hold-up !

Voilà dans quels termes frappants et irréfutables notre ministre a raconté ce qu’il s’est passé à Copenhague.

Je dois ajouter que le 19 décembre, à dix heures du matin, alors que notre vice-président Esteban Lazo et notre ministre des Relations extérieures étaient déjà repartis, on a assisté à une tentative tardive de ressusciter le document mort-né de Copenhague en tant que document du Sommet. Il ne restait plus alors pratiquement aucun chef d’État et seuls quelques ministres. De nouveau, la dénonciation des membres restants des délégations de Cuba, du Venezuela, de Bolivie, du Nicaragua et d’autres pays a fait capoter la manœuvre. Voilà comme s’est conclu le Sommet : sans gloire !

On ne saurait non plus oublier qu’aux heures les plus critiques de cette journée-là, tard dans la nuit, le ministre cubain des Relations extérieures, et les délégations qui livraient cette digne bataille, ont offert leur coopération au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, dans la lutte toujours plus dure qui se déroulait et dans les efforts à consentir à l’avenir pour préserver notre espèce.

L’organisation écologique World Wide Fund (WWF) a averti que les changements climatiques échapperaient à tout contrôle dans les cinq à dix prochaines années si les émissions n’étaient pas réduites radicalement.

Mais Obama lui-même m’épargne la peine de démontrer ce que j’ai dit sur ses agissements.

Il a déclaré le 23 décembre, dans une interview à la chaîne de télévision CBS, que les gens avaient raison d’être déçus des résultats du Sommet sur les changements climatiques : « …au lieu d’un échec total, d’une inaction totale, ce qui aurait été un énorme recul, nous avons pu du moins nous maintenir en gros là où nous étions… »

Selon l’agence de presse, Obama est le plus critiqué par les pays qui sentent presque à l’unanimité que le Sommet s’est achevé sur un désastre.

L’ONU est maintenant dans une impasse. Demander à de nombreux autres États d’adhérer à un accord arrogant et antidémocratique serait humiliant.

Poursuivre la bataille et exiger à toutes les conférences, surtout celles de Bonn et de Mexico, le droit de l’humanité à l’existence, en nous fondant sur la morale et la force que nous donne la vérité, telle est à mon avis la seule voie.

Fidel Castro Ruz

Le 26 décembre 2009

17:00 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, cuba, romain, capitalisme, silence, castro | |  Facebook | |  Imprimer | | |

03/10/2009

02/10/2009: Un blocus économique sans équivalent dans l’histoire...

Un blocus économique sans équivalent dans l’histoire
(Néstor Núñez)

Washington s’est bien gagné, en cinquante ans, le titre de
génocide, même s’il fait tout son possible pour échapper au jugement de
l’histoire. Le blocus économique à Cuba a été instauré pratiquement
depuis le triomphe de la Révolution, en janvier 1959. Il constitue
maintenant le cas le plus prolongé d’un siège maintenu par un ennemi
contre sa victime.
De tous les blocus connus dans l’histoire, aucun n’a été aussi
prolongé, obstiné et intégral. Homère a conté comment les grecs ont
assiégé Troie pendant dix ans. Le siège de Leningrad  par les nazis, au
cours de la seconde guerre mondiale, a duré 900 jours.
Mais à Cuba, il y a déjà plusieurs générations qui n’ont pas
connu, dans toute leur existence, autre chose que les difficiles
conditions imposées par la guerre économique, financière et commerciale
à laquelle les soumet le puissant empire.
Des calculs récents montrent que l’île a perdu au moins 96
milliards de dollars en raison de cette agression officielle du pays
nord-américain qui, depuis les années 70, a reçu annuellement
l’approbation de l’occupant de la Maison Blanche, semblable en cela au
César qui, dans l’arène, décidait  d’un seul geste la vie ou la mort du
gladiateur vaincu.
Il s’agit bien d’un authentique acte de génocide et non pas
d’une simple figure de rhétorique journalistique. Les lois
internationales établissent clairement que toute mesure destinée à
laisser mourir de faim ou de maladie un prétendu ennemi doit être
classifiée comme acte de génocide et un bon nombre d’organisations
internationales utilisent ce qualificatif de façon tout à fait justifiée
lorsqu’ils font allusion à ce thème.
Si le peuple cubain a été capable de faire face à une telle
violence et s’il peut faire état de réussites importantes malgré les
tentatives d’asphyxie menées par le puissant voisin du Nord,  cela se
doit en premier lieu à un patriotisme profondément ancré dans tous les
esprits et une grande capacité de résistance, assistés bien sur par la
solidarité de nombreux amis tout autour du monde.
Ce sont ces amis qui, au cours des vingt dernières années, ont
exprimé en vote majoritaire à l’Assemblée Générale de l’ONU leur rejet 
de l’obstination de la Maison Blanche et qui sont parvenus à l’isoler
internationalement, même si l’empire refuse toujours de tenir compte de
la volonté mondiale.

Título en español

Cerco económico sin paralelo

11:21 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, cuba, usa, communisme, presse, television, romain, colonialisme, imperialisme, silence, castro, socialisme, medias | |  Facebook | |  Imprimer | | |

20/02/2009

20/02/2009: Cuba a l'immense mérite d'incarner depuis un demi-siècle une résistance opiniâtre à la toute puissance de l'empire américain ...

 

From: Comité Valmy
Sent: Friday, February 20, 2009 9:28 PM
Subject: Cuba a l'immense mérite d'incarner depuis un demi-siècle une résistance opiniâtre à la toute puissance de l'empire américain


  

Chers amis,

Je souhaiterai d'abord la bienvenue à nos invités Cubains. C'est pour nous un grand honneur de les recevoir et je peux leur dire qu'à travers eux c'est bien à Cuba et au peuple cubain qu'il sera rendu hommage ce soir à l'occasion de 50ème anniversaire de la Révolution de 1959.

Merci également à tous ceux et toutes celles et ils sont nombreux qui assistent pour la première fois à un dîner-débat de l'Académie du Gaullisme. Nous sommes ici dans un espace de liberté et je pense qu'ils ne seront pas déçus par la soirée qu'ils vont passer avec nous.

L'Académie du Gaullisme est, nous nous devons de le rappeler une association gaulliste de stricte obédience, farouchement indépendante du pouvoir politique et des partis politiques, viscéralement attachée à la défense des principes qui guidèrent l'action historique du Général de GAULLE en faveur de l'indépendance nationale, du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, du refus de toute hégémonie et de la justice sociale.

Compte tenu des valeurs qui sont les nôtres, nous ne pouvons que déplorer le caractère catastrophiques du contexte international actuel, dû au fait que nous vivons dans un monde unipolaire facteur de guerres et de troubles sociaux.

A l'heure ou, porteur d'immenses espoirs de changement, un nouveau président américain vient d'entrer en fonction, succédant à un président sortant totalement discrédité après huit ans de mandat, nous ne saurions oublier que le monde se porte très mal et que rarement l'avenir n'est apparu aussi sombre et chargé de menaces si aucune rupture véritable ne s'opère avec ce que nous venons de vivre.

Plusieurs conflits meurtriers ensanglantent la planète, conflit israélo-palestinien, conflit irakien, conflit afghan. Notre pensée va en premier lieu vers les populations civiles palestiniennes de la bande de Gaza, terriblement éprouvées. Pendant plus de trois semaines, elles viennent de subir de la part de l'armée d'Israël, allié privilégié et indéfectible des Etats-Unis un véritable enfer, un déferlement massif de missiles et de bombes à fragmentation ou au phosphore suivies d'attaques terrestres menées par des colonnes de blindés.

Le bilan, encore provisoire, en est accablant. Au moins 1300 palestiniens ont été tués dont plus de 400 enfants et une centaine de femmes, la grande majorité des victimes étant des civiles. Cinq mille blessés palestiniens ont été décomptés dont beaucoup ne survivront pas. La bande de Gaza n'est plus qu'un champ de ruines et de désolation. Côté israélien, on déplore treize morts, tragique déséquilibre. Tout cela est humainement et moralement inacceptable. Mais qui a le courage de le dire et de protester parmi les dirigeants européens au nom du droit du peuple palestinien à disposer de lui-même, au nom du peuple irakien à disposer de lui-même, au nom du peuple afghan à disposer de lui-même ? Faut-il espérer en une prise de conscience salutaire du peuple américain ? Trois ans avant les terribles évènements du 11 septembre 2001, un ancien lieutenant colonel de l'armée américaine, Robert BOWMAN qui avait mené cent une missions de combat au Viêt Nam avant de devenir évêque de l'église américaine déclarait dans The National Catholic Reporter à propos des attentats à la bombe contre des ambassades américaines de Tanzanie et du Kenya : « Nous ne sommes pas haïs parce que nous pratiquons la démocratie, aimons la liberté ou défendons les droits de l'homme. Nous sommes détestés parce que notre gouvernement refuse tout cela aux pays du Tiers monde dont les ressources naturelles sont convoitées par nos multinationales. Cette haine que nous avons semée est revenue nous hanter sous la forme du terrorisme. Au lieu d'envoyer nos fils et nos filles à travers le monde pour tuer des arabes afin que nous puissions nous emparer du pétrole qui dort sous les sables de leurs déserts, nous devrions les y envoyer pour les aider à reconstruire leurs infrastructures, leur fournir de l'eau potable et nourrir leurs enfants affamés. En bref, nous devrions faire le bien au lieu du mal. Qui voudrait nous en empêcher ? Qui pourrait nous haïr pour cela ? Qui voudrait nous bombarder ? C'est cette vérité là que le peuple américain devrait entendre ».Tous, nous souhaitons qu'il l'entende enfin et fasse sienne cette célèbre citation du Général de Gaulle ; « En notre temps, la seule querelle qui vaille est celle de l'homme. C'est l'homme qu'il s'agit de sauver, de faire vivre et de développer ».

Pour nous gaullistes, Cuba a l'immense mérite d'incarner depuis un demi-siècle une résistance opiniâtre et jusqu'ici victorieuse à la toute puissance de l'empire américain dont elle a la malchance d'être le très proche voisin à moins de 180 kms des côtes de Floride.

Une résistance d'autant plus méritoire que l'île de Cuba avec ses 110 000km2 et ses 12 millions d'habitants ne pèse pas lourd face à la première puissance de la planète et à son gigantesque arsenal militaire, surtout depuis qu'elle a perdu la protection que lui accordait autrefois l'Union Soviétique jusqu'à sa disparition en 1990.

Une résistance qui est celle de tout un peuple, une résistance véritablement exceptionnelle, héroïque, pour un petit pays victime d'un embargo économique qui lui est imposé depuis 1961 par les américains pour l'étrangler.

Une résistance qui a permis à Cuba de triompher non seulement à une tentative d'invasion mais aussi d'innombrables manœuvres de déstabilisation en tout genre dont des attentats meurtriers de la part de la CIA, ce bras armé combien redoutable de l'impérialisme américain, toujours présent sur le sol même de Cuba, à Guantanamo mais pu pour très longtemps, espérons-le.

En dépit de critiques malveillantes et de la diabolisation dont Fidel CASTRO et Raul CASTRO font régulièrement l'objet de la part des médias apparemment sensibles aux campagnes de désinformation orchestrées par cette même CIA et ses multiples officines, Cuba apparaît pour beaucoup et notamment pour toute l'Amérique latine comme un exemple et un modèle : un petit David qui défie avec succès depuis cinquante ans, l'énorme géant Goliath.

Cuba est également aux côtés du Venezuela d'Hugo Chavez, de la Bolivie d'Evo MORALES et du Nicaragua de Daniel ORTEGA l'un des promoteurs et acteurs majeurs de l'ALBA, l'Alternative Bolivarienne pour les Amériques, une alliance d'états libérés de la tutelle américaine. Ces états ont créés sous le symbole du Libertador Simon BOLIVAR un espace d'échanges solidaires non marchands où chaque état donne ce qu'il a et reçoit ce dont il a besoin, une attitude totalement contradictoire avec les accords de libre échange imposés partout dans le monde par les Etats-Unis au nom de l'idéologie ultralibérale, aujourd'hui en pleine déconfiture.

C'est pourquoi, en tant que gaullistes et en tant que français, nous ressentons une très vive sympathie et une profonde admiration à l'égard du peuple cubain, un peuple courageux, digne et exemplaire malgré sa pauvreté et ses difficultés d'existence, un peuple dont nous nous sentons totalement solidaires.

Pour connaître la réalité de votre pays Monsieur l'Ambassadeur, il est absolument nécessaire d'en connaître l'histoire, ce que négligent ceux qui vous dénigrent par ignorance. Force est de constater que Cuba n'a jamais été véritablement indépendant avant la révolution de 1959 et l'arrivée au pouvoir de l'homme qui a incarné cette Révolution, Fidel CASTRO.

Depuis 1492, date à laquelle Christophe Colomb a découvert l'île de Cuba et en a pris possession au nom du roi d'Espagne, Cuba a été jusqu'en 1898, une colonie espagnole, vouée à la culture de la canne à sucre, important des esclaves africains pour y travailler dans les plantations dans les terribles conditions que nous connaissons. Comme tous les autres peuples d'Amérique latine, le peuple cubain a très vite ressenti un irrépressible besoin de liberté et la volonté de s'émanciper du colonisateur espagnol. La longue période coloniale fut ponctuée par des révoltes permanentes et par deux guerres d'indépendance férocement réprimées par les gouverneurs espagnols. C'est au cours de la deuxième guerre d'indépendance que mourut au combat en 1895 le grand poète José MARTI fondateur du Parti Révolutionnaire Cubain et chef charismatique des partisans de l'indépendance. Aujourd'hui encore José MARTI est considéré comme le grand héros national cubain et un modèle auquel s'est toujours référé Fidel CASTRO.

En 1898, les Etats-Unis sous le prétexte officiel de venir en aide aux insurgés cubains, déclaraient la guerre à l'Espagne et après une victoire éclair, occupaient militairement l'île pendant trois ans. Les américains en profitaient pour prendre le contrôle économique de Cuba où leurs intérêts étaient déjà fortement implantés. Ils s'emparaient également de deux autres possessions espagnoles : Porto Rico et les Philippines. Si les Etats-Unis acceptaient en 1902 de retirer leurs troupes de Cuba et de lui accorder une indépendance toute théorique, ils imposaient à la jeune République de Cuba aux termes de l'amendement Platt, du nom du sénateur américain Octave PLATT le droit de conserver des bases navales dont Guantanamo, laquelle devait abriter un siècle plus tard les sinistres geôles de la CIA. De plus, l'amendement Platt autorisait les Etats-Unis à intervenir dans les affaires de Cuba à tout moment et quand bon leur semblerait. Cuba devenait un pays à souveraineté limitée sous tutelle américaine, une sorte de protectorat, une semi colonie. Quatre interventions militaires eurent lieu en application de l'amendement Platt en 1906, 1909, 1917 et 1919 à la demande des dirigeants cubains. Jusqu'en 1959, le pays devait rester sous le joug yankee qui y développe, outre sa domination économique, son tourisme basé sur l'alcool, le jeu et la prostitution.

Plusieurs présidents dont de nombreux dictateurs se succédèrent, tous soumis au protecteur américain et ses tout puissants ambassadeurs érigés en proconsuls, dans une atmosphère permanente de corruption, de scandales, d'injustice sociale et d'oppression. Le dernier de la liste fut le colonel Fulgencio BATISTA , déjà président entre 1940 et 1944 avant de revenir au pouvoir par un coup d'état en 1952 avec la bénédiction des autorités américaines. C'est ce dictateur et son régime qui furent renversés le 1er janvier 1959 par une insurrection populaire dirigée par un jeune avocat de trente trois ans, Fidel CASTRO, son frère Raul CASTRO et un révolutionnaire argentin qui devait devenir un véritable mythe, Che GUEVARA.

Je rappellerai aussi que cette Révolution reçut le soutien spectaculaire d'un célèbre écrivain américain pris Nobel de littérature, Ernest HEMINGWAY qui avait une résidence à Cuba où il écrivit une grande partie de son œuvre dont le vieil homme et la mer et pour qui sonne le glas. Le 1er janvier 1959 marquait un basculement historique pour Cuba avec le triomphe de la Révolution cubaine. A partir de cette date, le peuple cubain s'était enfin émancipé après des siècles d'oppression et de domination. La politique cubaine ne se décidait plus à Madrid ou à Washington mais à La Havane et c'est toujours le cas aujourd'hui en 2009, cinquante ans après.

Grand amateur de cigares cubains, le gaulliste Jacques DAUER, président fondateur de l'Académie du Gaullisme, notre association, malheureusement disparu le 1er septembre 2008 eut pendant les évènements de mai 1968 une occasion originale de manifester la vive admiration qu'il portait à Fidel CASTRO. Comme tous les gaullistes de gauche, Jacques DAUER considérait que la contestation étudiante de mai 1968 n'était pas dirigée contre le Général de GAULLE, alors au pouvoir mais trouvait son origine dans le malaise ressenti par la jeunesse devant les mirages d'une société moderne où la recherche d'un confort matériel tenait lieu d'un idéal exclusif. Un jour de la première semaine de mai 1968, Jacques DAUER et ses jeunes militants du Front du Progrès, un petit parti de gaullistes de gauche qu'il dirigeait à l'époque investirent par surprise la permanence du député du 5ème arrondissement de Paris, rue Cujas. Comme les locaux donnaient sur la rue par deux vitrines, Jacques DAUER colla sur la première la photo de de GAULLE et sur l'autre celle de Fidel CASTRO ajoutant en bas de cette dernière l'inscription « de GAULLE est un rebelle comme moi ». Une autre photographie d'André MALRAUX ornait la porte d'entrée. Et pendant tout les évènements de mai 1968, au plus fort des émeutes, les étudiants contestataires respectèrent cette vitrine qui resta intacte. Après cette anecdote combien significative, il est temps de donner la parole au Général de GAULLE lui-même. Voici en quels termes, dans une allocution prononcée le 27 avril 1965, l'homme du 18 juin, celui qui fut l'âme de la Résistance et le libérateur de notre pays à la barbarie nazie, énonçait sa conception de la France et sa conception du monde telles qu'il les défendit toute sa vie en des principes à valeur universelle de Phnom Pen à Montréal. « Le fait capital de ces sept dernières années c'est que nous avons résisté aux sirènes de l'abandon et choisit l'indépendance. Quant aux problèmes qui se posent dans le reste de l'univers, notre indépendance nous conduit à mener une action conforme à ce qui est à présent notre propre conception, savoir : qu'aucune hégémonie exercée par qui que ce soit, aucune intervention étrangère dans les affaires d'un Etat, aucune interdiction faite à n'importe quel pays d'entretenir des relations pacifiques avec n'importe quel autre, ne sauraient être justifiées. Au contraire, suivant nous, l'intérêt supérieur de l'espèce humaine commande que chaque nation soit responsable d'elle-même, débarrassée des empiétements, aidée dans son progrès sans conditions d'obédience. De là, notre réprobation devant la guerre qui s'étend en Asie de jour en jour et de plus notre attitude favorable à l'égard des efforts de libération humaine et d'organisation nationale entrepris par divers pays d'Amérique latine, le concours que nous apportons au développement de bon nombre de nouveaux Etats africains, les rapports que nous nouons avec la Chine, etc… Bref, il y a maintenant, une politique de la France et elle se fait à Paris.

Certes, cette indépendance que nous pratiquons à nouveau dans tous les domaines ne laisse pas d'étonner voire de scandaliser, divers milieux pour lesquels l'inféodation de la France était l'habitude et la règle. Ceux-là parlent de machiavélisme, comme si la conduite la plus claire ne consistait pas justement à suivre notre propre route ; ils s'alarment de notre isolement, alors qu'il n'y eut jamais plus d'empressement autour de nous. D'autre part, le fait que nous ayons repris notre faculté de jugement et d'action à l'égard de tous les problèmes semble parfois désobliger un Etat qui pourrait se croire, en vertu de sa puissance, investi d'une responsabilité suprême et universelle. Mais qui sait si, quelque jour, l'intérêt que ce pays ami peut avoir à trouver la France debout ne l'emportera pas, de loin, sur le désagrément qu'il en éprouve à présent ? Enfin, la réapparition de la nation aux mains libres, que nous sommes redevenus, modifie évidemment le jeu mondial qui, depuis Yalta, paraissait désormais limité à deux partenaires. Mais comme, dans cette répartition de l'univers entre deux hégémonies et, par conséquent, en deux camps, la liberté, l'égalité, la fraternité des peuples ne trouvent décidément par leur compte, un autre ordre, un autre équilibre, sont nécessaires à la paix. Qui peut les soutenir mieux que nous pourvu que nous soyons nous-mêmes ? ».

Cette très ferme orientation du Général de GAULLE explique la très grande popularité dont il bénéficiait et dont il faisait bénéficier notre pays en Amérique latine. Comment pourrait-on oublier l'extraordinaire succès populaire des voyages officiels qu'il accomplit en Amérique latine en 1964 ? Au Mexique tout d'abord où de GAULLE prononça un discours fameux du balcon du Zocala, sur la place centrale de Mexico devant une foule enthousiaste de trois cent mille personnes qui acclama cette phrase en espagnol qui fait partie de sa légende « Marchanos la mano en la mano » on le vit même porté en triomphe sur les épaules des étudiants mexicains qui arrêtèrent son cortège et le firent descendre de voiture. Il accomplit un long périple en Amérique du Sud dont il visita dix pays, toujours en déplaçant des foules immenses sur son passage et avec toujours le même enthousiasme populaire, champion d'une France libre, indépendante et fraternelle, champion du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Le Général de GAULLE y était apprécié et reconnu comme un modèle et comme une référence.

Le Général de GAULLE avait eu un devancier, un siècle plus tôt en la personne d'une autre de nos gloires nationales, Victor HUGO, l'auteur des Misérables. De la même manière que de GAULLE, Victor HUGO devait incarner cette France libératrice et universelle, cette France éternelle, héritière de la période des Lumières et de la Révolution française qui soutenait l'émancipation des peuples et inspirait les libertadors de l'Amérique latine, en témoigne cette lettre que Victor HUGO adressa en 1870 aux femmes de Cuba. A l'époque, Cuba qui se dressait contre le colonisateur espagnol, était en pleine insurrection. Les gouverneurs espagnols réprimaient cette révolte avec une brutalité sauvage et se livraient à des massacres contre la population. Les femmes s'enfuyaient, beaucoup se réfugiaient à New York. Au début de 1870, une adresse des femmes de Cuba fut envoyée de New York à Victor HUGO, alors opposant républicain à Napoléon III et en exil à Guernesey, pour le prier d'intervenir dans cette lutte. Il répondit par une lettre remarquable d'une profonde humanité et qui a gardé toute son actualité. Cette lettre, c'est aussi un hymne magnifique à la liberté des peuples et à l'amitié franco-cubaine, c'est pourquoi les extraits que je vais en lire seront ma conclusion :

« Femmes de Cuba, j'entends votre plainte. Désespérées, vous vous adressez à moi. Fugitives, martyres, veuves, orphelines, vous demandez secours à un vaincu. Proscrites, vous vous tournez vers un proscrit ; celles qui n'ont plus de foyer appellent à leur aide celui qui n'a plus de patrie. Certes, nous sommes bien accablés ; vous n'avez plus que votre voix, et je n'ai plus que la mienne ; votre voix gémit, la mienne avertit. Voilà tout ce qui nous reste. Qui sommes-nous ? La faiblesse. Non, nous sommes la force. Car vous êtes le droit, et je suis la conscience.

La conscience est la colonne vertébrale de l'âme ; tant que la conscience est droite, l'âme se tient debout ; je n'ai en moi que cette force-là, mais elle suffit. Et vous faites bien de vous adresser à moi.

Je parlerai pour Cuba comme j'ai parlé pour la Crète.

Aucune nation n'a le droit de poser son ongle sur l'autre, pas plus l'Espagne sur Cuba que l'Angleterre sur Gibraltar. Un peuple ne possède pas plus un autre peuple qu'un homme ne possède un autre homme. Le crime est plus odieux encore sur une nation que sur un individu ; voilà tout. Agrandir le format de l'esclavage, c'est en accroître l'indignité. Un peuple tyran d'un autre peuple, une race soutirant la vie à une autre race, c'est la succion monstrueuse de la pieuvre, et cette superposition épouvantable est un des faits terribles du dix-neuvième siècle. On voit à cette heure la Russie sur la Pologne, l'Angleterre sur l'Irlande, l'Autriche sur la Hongrie, la Turquie sur l'Herzégovine et sur la Crète, l'Espagne sur Cuba. Partout des veines ouvertes, et des vampires sur des cadavres.

Cadavres, non. J'efface le mot. Je l'ai dit déjà, les nations saignent, mais ne meurent pas. Cuba a toute sa vie et la Pologne a toute son âme.

L'Espagne est une noble et admirable nation, et je l'aime ; mais je ne puis l'aimer plus que la France .Eh bien, si la France avait encore Haïti ; de même que je dis à l'Espagne : Rendez Cuba ! je dirais à la France : Rends Haïti !

Et en lui parlant ainsi, je prouverais à ma patrie ma vénération. Le respect se compose de conseils justes. Dire la vérité, c'est aimer.

Femmes de Cuba, qui me dîtes si éloquemment tant d'angoisses et tant de souffrances, n'en doutez pas, votre persévérante patrie sera payée de sa peine, tant de sang n'aura pas coulé en vain, et la magnifique Cuba se dressera un jour libre et souveraine parmi ses sœurs augustes, les républiques d'Amérique. Quant à moi, puisque vous me demandez ma pensée, je vous envoie ma conviction.

J'ai toujours eu pour religion la contemplation de l'espérance. Posséder par intuition l'avenir, cela suffit au vaincu. Regarder aujourd'hui ce que le monde verra demain, c'est une joie. A un instant marqué, quelle que soit la noirceur du moment présent, la justice, la vérité et la liberté surgiront, et feront leur entrée splendide sur l'horizon. Je remercie Dieu de m'en accorder dès à présent la certitude ; le bonheur qui reste au proscrit dans les ténèbres, c'est de voir un lever d'aurore au fond de son âme ».

Victor HUGO

21:51 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, courcelles, cuba, usa, presse, television, france, romain, europe, democratie, euro-dictature, amerique, occupation, silence, castro, liberte, socialisme, medias, revolution, information, marxisme, independance, droits de l homme, guevara, histoierz | |  Facebook | |  Imprimer | | |

26/01/2009

05/12/2008: Cuba: en décembre 1958...

Servicio de francés agencia cubana de noticias
Cinquantième anniversaire de la Révolution : Chronologie des principales
batailles et des actions rebelles qui se sont livré en Décembre 1958

 7   Décembre 1958 Prise de La maya
 9   Décembre 1958 Prise de San Luis et de Baire
10  Décembre 1958 Les forces conjointes du premier et du troisième
front commencent le siège de Maffo. Le village est occupé le 30.
16  Décembre 1958 Attaque et prise de la caserne de Lombillo par
les forces de la colonne 11 Candido Gonzalez
16  Décembre 1958 Libération d’Estrada Palma, aujourd’hui Batolomé
Masó, dans  la province de Granma
17  Décembre 1958 Combat de La Aduana, livré par le troisième
Front Oriental et prise de El Cobre.
17  Décembre 1958 Début de l’attaque à Sagua de Tánamo, livrée par
les troupes des colonnes 17 et 19 du deuxième Front. La victoire est
obtenue le 24.
18  Décembre 1958 Prise du village de Fomento, après trois jour de
siège, menée par les combattants de la colonne 8, Ciro Redondo,
commandée par le Che.
18  Décembre 1958 Libération de Guayos et Cabaiguán
19  Décembre 1958 Combat de San José del Retiro (Jiguaní) livré
par les troupes du premier et du troisième Front.
19  Décembre 1958 Les troupes du premier et du troisième Front,
dirigées par le commandant en chef Fidel Castro libèrent le village de
Jiguaní.
19  Décembre 1958 La colonne 20, Gustavo Fraga, du deuxième Front
Oriental Frank País, s’empare de la caserne de Caimanera et libère la
ville.
21  Décembre 1958 Les troupes de Camilo prennent Zulueta. Des
forces du Troisième Front prennent la caserne de Melgarejo.
23  Décembre 1958 Libération de Sancti Spíritu par les combattants
de la colonne 8, Ciro Redondo, et du Directoire Révolutionnaire 13 Mars,
pendant que le Che oblige la caserne de Placetas à se rendre.
23  Décembre 1958 Prise de la ville de Moa
24  Décembre 1958 Prise de Placetas
24  Décembre 1958 Reddition de la caserne de Sagua de Tánamo et
libération du village après 40 jours de combats intenses livrés par les
forces des colonnes 19, José Tey, et 17, Abel Santamaría.
25  Décembre 1958 Prise de Caibarien et de Remedios
25  Décembre 1958 Combat et prise de Puerto Padre
27  Décembre 1958 Libération de Palma Soriano par des troupes de
l’armée rebelle commandées par le Commandant en Chef Fidel Castro
28  Décembre 1958 Libération de la ville de Trinidad par des
troupes du Directoire Révolutionnaire 13 Mars
28  Décembre 1958 Rencontre du Commandant en Chef et du général
Cantillo pour coordonner la reddition de la ville de Santiago de Cuba.
Importante réunion entre le Commandant en Chef et les principaux chefs
de fronts et de colonnes pour coordonner les actions de la prise de
Santiago de Cuba.
28  Décembre 1958 Les troupes de la colonne 8 et du Directoire
Révolutionnaire 13 mars commencent à livrer le combat de Santa Clara.
Les forces du Directoire Révolutionnaire prennent Trinidad.
29  Décembre 1958 Combat et prise de El Cristo par le troisième
Front.
29  Décembre 1958 Les troupes du quatrième Front prennent Gibara.
Le village de santo Domingo est libéré.
30  Décembre 1958 Prise de Jobabo
30  Décembre 1958 La garnison retranchée à Maffo se rend aux
troupes rebelles dirigées par le Commandant en Chef, après vingt jours
de combats intenses.
31  Décembre 1958 Les forces rebelles dirigées par Fidel
commencent le siège de Santiago de Cuba. Prise de Yaguajay sous la
direction de Camilo. Les troupes commandées par le Che prennent Santa
Clara. Après sept ans d’une sanglante dictature, le dictateur Fulgencio
Batista Zaldivar  s’enfuit du pays.



Título en español
Se-Cuba-Historia
Revolución año 50
Principales batallas y acciones rebeldes en diciembre

13:39 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, courcelles, cuba, romain, castro | |  Facebook | |  Imprimer | | |

21/08/2008

20/08/2008: Hugo Chávez nationalise le cimentier français Lafarge ...

La bonne et seule voie à suivre: elle est évidemment contraire à celle suivie par les ricano-occidentaux, dont l' Euro-dictature capitaliste, à laquelle collaborent la social-démocratie, tous les mouvements opportunistes, réformistes et participationnistes...
RoRo

-------- Message original --------

Sujet: NATIONALISATIONS AU VENEZUELA
Date: Wed, 20 Aug 2008 21:14:24 +0000 (GMT)
Répondre à :: fischer02003@yahoo.fr



Hugo Chávez nationalise le cimentier français Lafarge

GUILLAUME LAUNAY ET FRANÇOIS MEURISSE

QUOTIDIEN : mercredi 20 août 2008

Le Venezuela d’Hugo Chávez poursuit sans dévier son entreprise de nationalisation des secteurs qu’il juge stratégiques. Lundi soir, ce sont les cimenteries qui ont basculé dans le domaine public. Si un accord a été trouvé avec le français Lafarge et le suisse Holcim, le deal a échoué avec le mexicain Cemex, qui assure la moitié de la production du pays. Du coup, «la procédure d’expropriation va être engagée», a commenté le ministre de l’Energie et du Pétrole, arguant que le Mexicain «demandait un prix trop élevé».

Lafarge, lui, a préféré négocier. Il faut dire que le Venezuela représente à peine 0,75 % de sa production mondiale. «C’est un processus qu’on subit. Ce qu’on a voulu lors des négociations, c’est veiller à ce que nos intérêts, notamment ceux de nos salariés [500 dans le pays, ndlr] et de nos actionnaires, soient préservés», dit-on chez Lafarge, qui gardera 5 % de sa filiale.

Cette vague de nationalisations a débuté en janvier 2007, un mois après la réélection de Chávez qui avait décidé d’accélérer la révolution bolivarienne. Ont d’abord été concernées l’électricité (avec une dizaine d’entreprises, dont Electricité de Caracas), et les télécommunications (avec CANTV, privatisée en 1991). Puis, le président vénézuélien a repris en main les hydrocarbures : depuis le 1er mai 2007, tous les champs pétrolifères sont exploités par la compagnie nationale PDVSA, seule ou dans des joint-ventures avec des multinationales, toujours minoritaires.

Dans toutes ces nationalisations, le gouvernement rachète les entreprises qu’il convoite, souvent au prix fort. C’est pourquoi les sociétés ne rechignent pas à vendre. Ce fut encore le cas fin juillet, quand l’espagnol Santander a cédé Banco de Venezuela à l’Etat alors qu’un préaccord de vente avait été signé - pour un montant moins élevé - avec une autre banque. Pour Lafarge, Caracas va débourser 176 millions d’euros. Un prix que le groupe français juge «correct».




http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/346346.FR.php
© Libération

21:17 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, actualite, courcelles, cuba, presse, television, romain, resistance, syndicats, social, silence, castro, liberte, socialisme, medias, revolution, venezuela, chavez, information, independance | |  Facebook | |  Imprimer | | |

01/08/2008

31/07/2008: L’Equateur met fin à l’utilisation de la base de Manta par les forces armées des États-Unis ...

La seule voie à suivre par tous les Etats en lutte contre l'impérialisme, le colonialisme et le pillage, la domination mondiale et les fauteurs de guerre(s) !
Vive la Paix, la Souveraineté et l' Indépendance nationale des peuples !
RoRo

-------- Message original --------

Sujet: L’Equateur met fin à l’utilisation de la base de Manta par les forces armées des États-Unis
Date: Thu, 31 Jul 2008 03:43:51 -0500
De: Correo Frances <frenchnews@ain.cu>
Pour :: Frances List Member <roger.romain@skynet.be>


31/07/2008: Non alignés : Cuba préconise « un changement substantiel de l’ordre économique et politique international »...


-------- Message original --------

Sujet: Non alignés : Cuba préconise « un changement substantiel de l’ordre économique et politique international »
Date: Thu, 31 Jul 2008 03:35:45 -0500
De: Correo Frances <frenchnews@ain.cu>
Pour :: Frances List Member <roger.romain@skynet.be>



ACN 1
Service en langue française

Non alignés : Cuba préconise « un changement substantiel de l’ordre économique et politique international »

La Havane, 31.07.08 (acn) « Seul un changement substantiel de l’ordre économique et politique international actuel mettra la prospérité à la portée des pays en voie de développement », a déclaré à Téhéran le
ministre cubain des Affaires étrangères, Felipe Perez Roque.

Dans ses paroles d’ouverture de la 15ème Conférence des ministres des Affaires du Mouvement des Pays non alignés (NOAL), le ministre cubain a signalé
que le Mouvement – composé actuellement de 118 nations – est appelé à jouer en rôle de premier plan dans les relations internationales, notamment en ce qui concerne la prise des décisions au sein des
organisations internationales.


« Aujourd'hui, nous sommes mieux à même de défendre les intérêts des peuples du Sud », a estimé le ministre cubain des Affaires étrangères qui a dressé un bilan du travail que Cuba a réalisé depuis qu’elle a assumé la
présidence du Mouvement, à l’occasion du 15ème Sommet des NOAL qui s’était déroulé en 2006 à La Havane.

Parmi les résultats les plus importants de la présidence cubaine, le ministre a mentionné la consolidation du processus de concertation entre les nations membres des NOAL au sujet de l’adoption des décisions les plus
importantes au sein de l’ONU. Il a précisé à ce sujet que les décisions du Bureau de coordination des NOAL ont ainsi acquis un poids considérable aux Nations unies.

Le ministre cubain des Affaires étrangères a indiqué que, en tant que président des NOAL, Cuba entend consolider encore la défense des positions du Mouvement au Conseil de sécurité de l’ONU et poursuivre la lutte pour
la démocratisation des relations internationales.

Il a dénoncé que, de plus en plus souvent, les puissances manipulent les organes de l’ONU pour les utiliser contre les nations du Sud, d’où le besoin d’unité entre les Etats membres des NOAL.

Felipe Perez Roque a dénoncé aussi le recours à la guerre et au pouvoiréconomique pour établir une véritable dictature mondiale. Il a estimé que les notions de « souveraineté limitée », « changement de régime » et «guerre préventive » expriment en fait une volonté de mutiler l’indépendance des nations pauvres.

Dans des déclarations ultérieures à l’agence Prensa Latina, le ministre cubain des Affaires étrangères a indiqué que le Groupe des 77 et la Chine travaillent de concert avec les NOAL afin d’établir un agenda commun de thèmes économiques et sociaux d’intérêt prioritaire pour les nations du Sud.

« Cet agenda réclame essentiellement un changement de l’ordre économique et politique international en vigueur étant donné qu’il favorise
uniquement un groupe réduit de pays »,
a indiqué le chef de la diplomatie cubaine.

hv

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Service en langue française
Agence cubaine d'information
frenchnews@ain.cu
www.cubainfo.ain.cu

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20:01 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, actualite, courcelles, cuba, usa, presse, television, romain, solidarite, resistance, capitalisme, amerique, silence, castro, societe, liberte, socialisme, medias, revolution, independance, exploitation, informtation, casto | |  Facebook | |  Imprimer | | |

31/07/2008

05/04/2008: COMMENT LE NEW YORK TIMES INVENTAIT FIDEL CASTRO ?...

-------- Message original --------

Sujet: COMMENT LE NEW YORK TIMES INVENTAIT FIDEL CASTRO
Date: Sat, 5 Apr 2008 19:02:42 +0000 (GMT)
Répondre à :: fischer02003@yahoo.fr



En février 1957, Castro était donné pour mort après un catastrophique débarquement à Cuba. Perdu dans la montagne avec une poignée de rebelles, il semblait condamné à l’oubli. La rencontre avec un journaliste du “New York Times” allait lui conférer une stature internationale. Récit d’une résurrection médiatique.

Lors de son dernier voyage aux Etats-Unis, à l’occasion du Sommet du millénaire de l’ONU, en septembre 2000, Fidel Castro trouve le temps de se rendre au New York Times. Alors qu’il déambule dans les couloirs du célèbre quotidien, devant les portraits de personnalités qui ont marqué le siècle, il s’exclame soudain : “Où se trouve le portrait d’Herbert Matthews ? Ça, c’était un journaliste !“  Mais malgré trente-six ans de service comme grand reporter et éditorialiste, Herbert Matthews ne fait pas partie des légendes officielles du New York Times.

 

En revanche, à 2500 kilomètres de Manhattan, au Musée national de la révolution de La Havane, le journaliste américain a trouvé place dans une vitrine, au beau milieu d’uniformes militaires élimés, de portraits de révolutionnaires et de vieux fusils. On l’aperçoit sur une petite photo en noir et blanc, assis en pleine forêt, cigare aux lèvres et carnet de notes à la main. A ses côtés, le jeune Fidel Castro s’allume lui aussi un cigare.

 

“DÉBARQUEMENT PATHÉTIQUE”

 

Cette scène méconnue s’est déroulée en février 1957, dans le crépuscule humide de la Sierra Maestra, une zone montagneuse à l’est de Cuba. Trois mois plus tôt, Castro se trouvait encore au Mexique, où il s’était exilé après avoir purgé un an et demi de prison pour sa participation, le 26 juillet 1953, à l’attaque de la Moncada, un baraquement de l’armée de Batista à Santiago. Convaincu que les Cubains, exaspérés par la violence et la corruption du régime, étaient prêts à se soulever, il avait élaboré et vanté publiquement un plan tout simple : il allait déclencher une insurrection populaire à travers le pays en faisant coïncider son débarquement, au sud-est de l’île, avec un soulèvement prévu à Santiago de Cuba.

 

Le 25 novembre 1956, Fidel Castro et 81 compagnons embarquent donc à bord d’un vieux yacht, le Granma. Chahutée par une forte mer et des pluies torrentielles, la frêle embarcation s’échoue dans les marécages cubains avec deux jours de retard. Les mitrailleuses de Batista sont au rendez-vous. Informé du projet, ce dernier a déjà écrasé sans mal le soulèvement de Santiago. C’est une hécatombe. Les corps de Raul et Fidel Castro sont officiellement identifiés et enterrés par l’armée.

 

Pourtant, une douzaine de survivants – parmi lesquels les frères Castro et Ernesto Guevara – parviennent à gagner les montagnes. Le 4 décembre 1956, un éditorial du New York Times intitulé “Les violents Cubains” s’interroge sur le but de ce “débarquement pathétique d’environ quarante jeunes hommes se prenant pour une armée d’invasion”. L’éditorialiste n’en revient pas que le chef de cette aventure, Fidel Castro, ait pu délibérément révéler ses plans avant l’opération. “Peut-on imaginer quelque chose de plus fou?” s’interroge-t-il, avant de conclure : “Il n’y a pas la moindre chance qu’une révolte réussisse dans les circonstances actuelles“, en référence à la puissance militaire de Batista.

 

SON FLAIR EST INTACT

 

Effectivement, un mois plus tard, la petite bande qui survit dans la forêt avec l’aide des paysans du coin semble condamnée à l’oubli. La presse cubaine étant censurée, Castro comprend qu’il lui faut contacter la presse étrangère pour rallier l’opinion à sa cause. Il envoie un messager à Ruby H. Phillips, la correspondante du New York Times à La Havane. Trop connue des autorités locales pour entreprendre elle-même ce reportage, Phillips contacte le journal à New York qui dépêche alors Herbert Matthews.

 

Déguisés en touristes, Matthews et sa femme Nancy partent pour la province d’Oriente, où ils retrouvent les hommes de Castro dans la ville de Manzanillo. La nuit tombée, les rebelles conduisent Matthews à travers les champs de canne à sucre et franchissent un barrage de l’armée en le faisant passer pour un riche investisseur américain. Ils finissent par couper à pied dans la forêt. La pente est raide, le sol glissant. Certes, Matthews en a vu d’autres : il a couvert la guerre civile espagnole, la campagne d’Italie… Mais à 57 ans, ce type grand et mince n’est plus au faîte de sa forme.

 

Son flair, en revanche, est intact. Alors qu’il attend toute la nuit, assis sur une couverture, l’arrivée du chef des rebelles, Matthews pressent qu’il s’agit peut-être d’un moment historique. En effet. Le jeune Fidel Castro finit par le rejoindre et lui accorde un entretien de trois heures – le scoop de sa vie. “Il y avait un reportage à écrire et une censure à braver, écrira Matthews dans ses Mémoires. C’est ce que j’ai fait, et ni Cuba ni les Etats-Unis n’allaient être les mêmes après cela.”

 

Deux jours plus tard, Nancy dissimule dans sa gaine les notes de son mari, qui portent la signature de Castro comme gage d’authenticité, et les Matthews rentrent aux Etats-Unis.

Les 24, 25 et 26 février 1957, le New York Times publie trois grands articles, dont deux en première page. Ils décrivent en détail la corruption du régime et les atrocités commises par l’armée, tout en dénonçant le soutien militaire et diplomatique des Etats-Unis au régime de Batista.

 

REBELLE CHARISMATIQUE

 

Cette analyse récuse catégoriquement la ligne officielle qui fait de Cuba une île prospère et docile, gouvernée par un régime favorable aux intérêts des Etats-Unis – vision qui perdure au sein du gouvernement et du public américain, malgré les signes croissants du fort mécontentement populaire. Matthews fait l’éloge de tous les groupes d’opposition, mais il distingue et propulse sur le devant de la scène Fidel Castro et le Mouvement du 26-Juillet (ce jour où, trois ans et demi plus tôt, Castro attaquait la Moncada).

 

Il est subjugué par ce rebelle charismatique de 30 ans. Il relève que son programme politique est assez vague, mâtiné de nationalisme, d’anticolonialisme et d’anti-impérialisme, mais souligne que Castro n’éprouve aucune animosité à l’égard des Etats-Unis.

 

Le journaliste estime que ces rebelles sont porteurs d’”un changement radical et démocratique pour Cuba, et donc anticommuniste”. Enfin, il annonce que les guérilleros “dominent” militairement la Sierra Maestra et humilient régulièrement la fleur de l’armée cubaine. Il cite Fidel Castro décrivant ses troupes, “des groupes de dix à quarante combattants”, et évalue lui-même l’entourage du guérillero à une quarantaine d’hommes. En réalité, le Mouvement du 26-Juillet ne compte pas plus de dix-huit compañeros, certes motivés et solidement idéalistes, mais mal armés et complètement isolés.

 

Deux ans plus tard, Castro racontera, à l’Overseas Press Club, à New York, devant un Herbert Matthews un peu gêné, comment il trompa le reporter : durant l’interview, ses hommes échangèrent leurs fripes et tournèrent autour du journaliste pour lui donner l’impression qu’ils étaient plus nombreux. Raul interrompit même l’entretien pour donner des nouvelles d’une “seconde colonne”  imaginaire.

 

Enragé par les articles du Times, Arthur Gardner, l’ambassadeur des Etats-Unis à La Havane, se hâte de rassurer Washington : Batista a la situation “bien en main”. Le commandant militaire de la province d’Oriente, dont les hommes sont chargés d’éliminer les derniers rebelles, affirme d’ailleurs que “les déclarations de cet homme de presse nord-américain sont absolument fausses car il est physiquement impossible de se rendre dans la zone où l’interview imaginaire a prétendument eu lieu. Personne ne peut pénétrer cette zone sans être vu”. “A mon avis”, conclut-il, Matthews “n’a jamais mis les pieds à Cuba”.

 

Dans l’île, toutefois, les articles font l’effet d’une bombe. Castro, qui a envoyé un de ses hommes à New York pour les photocopier en urgence, fait distribuer sous le manteau des milliers de copies, de La Havane à Santiago de Cuba. Quel ques jours plus tard, Batista lève temporairement la censure, permettant aux radios et journaux locaux de commenter les articles du Times : tous les opposants au régime apprennent ainsi que Castro est vivant, et que la lutte continue. Une propagande inespérée.

 

Pour sauver la face, le ministre de la défense cubain déclare alors que “Monsieur Matthews n’a pas interviewé l’insurgé communiste Fidel Castro” et que “l’interview et les aventures décrites par le correspondant Matthews peuvent être considérées comme le chapitre d’un roman de fiction”. Il s’étonne même de ce que le reporter n’en ait pas profité pour se faire photographier avec Castro afin d’authentifier cette fable. Le New York Times s’empresse alors de publier la déclaration du ministre… accompagnée de la photo, prise par l’un des rebelles, désormais exposée au Musée de La Havane. Batista est convaincu qu’il s’agit d’un montage.

 

Mais le président de la Banque nationale de Cuba a compris. Il lui souffle alors : “Si c’est publié dans le New York Times, c’est vrai à New York, vrai à Berlin, vrai à Londres et vrai à La Havane. Vous pouvez être certain que le monde entier croit à cette histoire.”  La suite est connue. Le 8 janvier 1959, après deux ans de combats, Fidel Castro fait une entrée triomphale à La Havane avec des milliers de guérilleros. Cela fait maintenant deux ans qu’Herbert Matthews, devenu le “Monsieur Cuba” du New York Times depuis cette fameuse interview, écrit presque tous les articles et les éditoriaux sur le sujet. Jamais il ne s’est départi de sa première impression : Castro, répète-t-il, n’est pas un communiste. Il implore les Américains d’ignorer son mauvais caractère et ses déclarations intempestives. Il les enjoint même de soutenir cette révolution sociale et les prévient que, dans le contexte de la guerre froide, la détérioration des relations avec Cuba ferait tomber l’île dans l’escarcelle des communistes qui tentent déjà, là-bas, de s’approprier la révolution.

 

RESPONSABLES DE L’ÉCHEC

 

Mais en 1960, la ligne rouge est franchie : la réforme agraire heurte directement les intérêts économiques américains et les relations diplomatiques se tendent dangereusement. Au sein du New York Times, Matthews est graduellement marginalisé, jugé coupable de subjectivité. Il continue d’écrire des éditoriaux mais n’est plus envoyé sur place. En janvier 1961, le président Eisenhower rompt les relations diplomatiques avec La Havane; la révolution glisse vers le communisme – les Etats-Unis ont perdu Cuba. Pour la droite américaine, les alliés de Batista et la presse conservatrice, Herbert Matthews et le New York Times sont, et demeurent aujourd’hui, les responsables de cet échec.

 

En 1960, l’ambassadeur Earl T. Smith, qui remplace Gardner, accuse le journaliste d’avoir influencé le département d’Etat américain. Devant le sous-comité du Sénat aux affaires intérieures, il annonce que les articles du New York Times “ont permis à Castro d’acquérir une stature internationale et une reconnaissance mondiale. Jusque-là, Castro n’avait été qu’un autre de ces bandits des montagnes d’Oriente (…)”. La même année, une caricature parue dans la revue conservatrice The National Review montre Castro, à cheval sur Cuba, avec cette légende : “J’ai trouvé mon job dans le New York Times.”  Dans une lettre adressée à son ami Ernest Hemingway, rencontré pendant la guerre civile espagnole, Matthews raconte que des manifestants se sont groupés devant l’immeuble du New York Times pour protester contre lui. “Qu’est-ce que je ne dois pas subir ces temps-ci”, se plaint-il. Il est profondément déçu par la tournure que prennent les événements, tant à Cuba qu’aux Etats-Unis. Mais il reste persuadé qu’il ne s’est pas trompé, que Castro n’était pas communiste, qu’il a opéré un rapprochement pragmatique avec ce parti seulement à partir de 1960.

 

Après avoir reçu des menaces de mort, le journaliste est placé sous protection du gouvernement. Il doit quitter préci pitamment l’estrade de l’université du Nouveau-Mexique suite à une alerte à la bombe. Il est aussi exclu de l’Association interaméricaine de la presse et préfère éviter l’Overseas Press Club. En 1965, Eisenhower lui-même l’accuse d’avoir, “presque à lui tout seul”, fait de Castro “un héros national”.

 

Même après sa mort, en 1977, vingt ans après sa rencontre avec Fidel Castro dans la Sierra Maestra, Matthews est resté dans le collimateur des conservateurs. En 1987, William Ratliff, un chercheur de la Hoover Institution de l’université Stanford, dira encore : “Rarement dans l’histoire un seul écrivain aura donné le ton avec autant d’influence (…) quant à un personnage, un mouvement, un phénomène historique.”  Herbert Matthews niera toujours avoir “fait” Castro. A ses yeux, il s’agissait “d’un homme promis à une destinée hors du commun qui aurait fini de toute façon par s’imposer”. C’est fort probable. Mais les articles du New York Times ont peut-être accéléré le cours de l’histoire.

 

Deux ans plus tard, Castro racontera comment il trompa le reporter. Raul interrompit même

l’entretien pour donner des nouvelles d’une “seconde colonne”  imaginaire.`

 

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19:58 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, actualite, courcelles, cuba, usa, presse, romain, resistance, amerique, silence, castro, liberte, socialisme, medias, revolution, information, democatie | |  Facebook | |  Imprimer | | |