01/08/2008

31/07/2008: L’Equateur met fin à l’utilisation de la base de Manta par les forces armées des États-Unis ...

La seule voie à suivre par tous les Etats en lutte contre l'impérialisme, le colonialisme et le pillage, la domination mondiale et les fauteurs de guerre(s) !
Vive la Paix, la Souveraineté et l' Indépendance nationale des peuples !
RoRo

-------- Message original --------

Sujet: L’Equateur met fin à l’utilisation de la base de Manta par les forces armées des États-Unis
Date: Thu, 31 Jul 2008 03:43:51 -0500
De: Correo Frances <frenchnews@ain.cu>
Pour :: Frances List Member <roger.romain@skynet.be>


05/07/2008

05/07/2008: Sainte Ingrid, patronne des bons otages, priez pour nous !

-------- Message original --------

Sujet: FW: Ste Ingrid patronne des bons otages par Fausto Giudice, 4 juillet 2008
Date: Sat, 5 Jul 2008 14:10:23 +0200
De: Joss Rovélas <jossrovelas@msn.com>



Date: Sat, 5 Jul 2008 11:20:47 +0200
Subject: Ste Ingrid patronne des bons otages par Fausto Giudice, 4 juillet 2008
From: Jean-Michel.Vernochet
To: Jean-Michel.Vernochet
 
Sainte Ingrid, patronne des bons otages, priez pour nous !   par Fausto Giudice, 4 juillet 2008


Le retour d'Ingrid Betancourt à la civilisation, « après six ans et quatre mois
passés en captivité chez les narco-terroristes des FARC », a été l'occasion
d'une opération mondiale d'ingridolatrie télévisée en direct. La télévision
publique française, France 2 en premier lieu, a sans doute battu les
records, en consacrant mercredi soir pas moins de 5 heures non-stop à la
« libération » d'Ingrid, et plusieurs heures dans les jours qui ont suivi. La
peste émotionnelle qui a été répandue dans les foyers a de quoi donner la
nausée.
Au-delà de la nausée, il faut tenter de raisonner.

À première vue, Ingrid pète la forme, elle a l'air bien nourrie et en
excellente santé, tout comme les 14 autres « otages » « libérés » avec elle,
dont 3 agents du FBI prêtés à la DEA.  

Deuxièmement, Ingrid a découvert la Vierge, le Père, le Fils et le Saint-
Esprit et envisage d'aller à Lourdes puis au Vatican. Benoît XVI va-t-il la
faire béatifier de son vivant ? À défaut d'une canonisation, elle est bien
partie pour un prix Nobel de la Paix.

Troisièmement, Ingrid est devenue une partisane fanatique de l'Armée
nationale colombienne et des ses Forces spéciales, dont elle arborait la
tenue à sa descente d'avion.


Quatrièmement, Ingrid est devenue une partisane enthousiaste d'Alvaro
Uribe, le narco-président qui est, avec le Mexicain Felipe Calderón, le pion-
clé dans le dispositif yankee en Amérique latine.Ingrid n'a cessé de saluer
l'opération « parfaite, impeccable, géniale » qui a permis sa libération. À en
croire la version officielle, cette opération a été montée par un groupe de
colonels colombiens avec l'aide de spécialistes de la CIA et du Mossad
israélien. Ils ont infiltré les FARC, puis ont intoxiqué le commandant «
Cesar », responsable de la surveillance des prisonniers dont Ingrid, en
l'amenant à les livrer à une équipe de militaires déguisés en guérilléros et
descendus du ciel à bord d'un gros hélicoptère de transport.

Si cette version était vraie, ce commandant des FARC devait être un crétin
fini pour croire que son organisation pouvait disposer d'un tel hélicoptère.

Bref, cette version hollywoodienne, c'est bon pour les gogos transformés
en adorateurs de Sainte Ingrid. La vérité est plutôt à chercher ailleurs :
selon la Radio Suisse Romande, le gouvernement colombien a payé
environ 20 millions de dollars au fameux « Cesar », qui n'a été montré aux
caméras, avec un oeil au beurre noir, que pour entretenir la fiction
hollywoodienne, avant d'être exfiltré, doté d'une nouvelle identité, vers une
autre partie du monde pour y mener une nouvelle vie.

Ce qu'on a tout simplement oublié dans cette gigantesque et obscène
débauche d'images émotionnelles, avec Ingrid, Astrid, Yolanda, Mélanie,
Lorenzo, Nicolas, Carla, Bernard et Rama tournant en boucle pendant des
heures
-, c'est entre autres ceci :

1° - Ce que l'on s'acharne à appeler des « otages » sont des prisonniers de
guerre, tout comme le sont les combattants des FARC détenus par les
forces gouvernementales. Mais évidemment, appeler les prisonniers otages
reviendrait à reconnaître aux FARC un statut de force combattante, ce qui
est exclu pour Uribe et ceux qui l'appuient. Appliquer les Conventions de
Genève sur les prisonniers de guerre aux détenus membres des FARC et
exiger des FARC qu'elles en fassent de même avec leurs prisonniers
donneraient à celles-ci une légitimité.

2° - La guerre menée par l'armée colombienne et les groupes
paramilitaires qu'elle a toujours soutenus a fait en 25 ans des milliers de
morts, dont 3000 syndicalistes et 2000 indigènes, et des milliers de
disparus. Au moins 2 millions de paysans ont été déplacés et sont des
réfugiés de l'intérieur. Des milliers de Colombiens, menacés de mort par
les paramilitaires, ont du se réfugier à l'étranger.


3° - Les FARC doivent renoncer à leur « combat ignoble qui brise des vies
innocentes » (dixit Sarkozy) et « rectifier » leur ligne (dixit Ingrid), ne
cessent de répéter les héros de ce super-doculebrón (néologismie formé à
partir de culebrón version vénézuélienne de la telenovela, et de docu-soap,
série documentaire montée comme une fiction). Ont-ils oublié que la
dernière fois que les FARC ont accepté de réintégrer la vie politique «
normale » en créant l'Union patriotique et en se présentant aux élections,
5000 de leurs membres ont été assassinés ?

Sainte Ingrid va sans doute maintenant s'embarquer dans de nouvelles
croisades pour la libération d'autres « otages ». Mais attention, elle ne
s'occupera que des « bons otages ». Sarkozy va sûrement tenter de
l'embrigader dans sa prochaine opération, visant à libérer « l'otage franco-
israélien » Gilad Shalit, ce caporal prisonnier du Hamas.

 Maintenant qu'elle s'identifie aux Forces spéciales, qui, a-t-elle déclaré, ont
fait voir au monde qu'elles étaient aussi capables que l'armée israélienne,
ce serait logique.

Et qu'on ne compte pas sur Ingrid pour d'autres combats, comme la
libération des 10 500 otages palestiniens détenus par Israël ou encore la
défense de l'environnement. Elle qui se disait écologiste, son groupuscule
s'appelait « Oxygène verte » - a été définitivement guérie de cette maladie
de jeunesse pendant les années passées sous le « plafond vert » de la
jungle, où elle a découvert que de tous les animaux de la jungle, le plus
dangereux, c'est l'homme. L'homme des FARC, bien sûr.



 un des épisodes les plus comiques du doculebrón :
Nico et Ingrid sur le tarmac de Villacoublay


--
Envoyé par Basta ! dans Basta ! JCAJ le 7/04/2008 10:31:00 PM

30/04/2008

29/04/2008: Nous dénonçons la conspiration pour diviser la Bolivie...

-------- Message original --------
Sujet: Soutien au peuple bolivien
Date: Tue, 29 Apr 2008 19:40:26 +0200 (CEST)
Répondre à :: polex-collectif-communiste@orange.fr


Nous dénonçons la conspiration pour diviser la Bolivie

Adolfo Pérez Esquivel, Rigoberta Menchú, Noam Chomsky ,...

La situation en Bolivie est de plus en plus grave. Il est nécessaire de soutenir le Président Evo Morales, en signant et en faisant circuler cet appel, qui sera publié au cours de cette semaine. Exprimez votre soutien à cabohorquez@gmail.com ou à yamp@min.cult.cu

En Bolivie, le processus de changements pour les majorités court le risque d'être brutalement restreint. L'arrivée au pouvoir d'un président indigène, élu avec un soutien sans précédent dans ce pays, et ses programmes de bénéfice populaire et de récupération des ressources naturelles, ont dû affronter dès les premiers moments les conspirations oligarchiques et l'ingérence impériale.
Récemment, l'escalade conspirative a atteint ses niveaux maximaux. Les actions subversives et anticonstitutionnelles avec lesquelles les groupes oligarchiques prétendent diviser la nation bolivienne, reflètent la mentalité raciste et élitiste de ces secteurs et constituent un très dangereux précédent, non seulement pour l'intégrité de ce pays, mais aussi pour celle d'autres pays de notre région. L'histoire montre avec une grande éloquence les terribles conséquences que les processus divisionnistes et séparatistes induits et approuvés par de puissants intérêts étrangers ont eu pour l'humanité sur tous les terrains.
Devant cette situation nous, les signataires, voulons exprimer notre soutien au gouvernement du Président Evo Morales Ayma, à ses politiques de changement et au processus constitutif souverain du peuple bolivien. De même, nous rejetons l'appelé Statut autonome de Santa Cruz pour son caractère inconstitutionnel et pour attenter contre l'unité d'une nation de notre Amérique.

Nous appelons toutes les personnes de bonne volonté pour qu'elles unissent leurs voix pour dénoncer, par toutes les voies possibles, cette manoeuvre divisionniste et déstabilisatrice dans une heure historique pour l'Amérique Latine.

Adolfo Pérez Esquivel (Argentina); Rigoberta Menchú (Guatemala); Noam Chomsky (EEUU); Oscar Niemeyer (Brasil); Eduardo Galeano (Uruguay); Ignacio Ramonet (España/Francia); Elena Poniatowska (México); Frei Betto (Brasil); Gianni Vattimo (Italia); Adolfo Sánchez Vázquéz (España/México); Ernesto Cardenal (Nicaragua); Armand Mattelart (Bélgica); Ramsey Clark (EEUU); Manu Chao (Francia/España); Franz Hinkelammert (Alemania/Costa Rica); Francois Houtart (Bélgica); Alfonso Sastre (España); Paul Leduc (México); Fernando Pino Solanas (Argentina); Roberto Fernández Retamar (Cuba); Howard Zinn (EEUU); Keith Ellis (Canadá); Jorge Enrique Adoum (Ecuador); Belén Gopegui (España); Arturo Roig (Argentina), Jesusa Rodríguez (México); Stella Calloni (Argentina); Joao Pedro Stedile (Brasil); Eric Toussaint (Bélgica); Rafael Cancel Miranda (Puerto Rico); Richard Gott (Reino Unido); Miguel D'Escoto (Nicaragua); Silvio Rodríguez (Cuba); Carmen Bohórquez (Venezuela); Víctor Heredia (Argentina); Blanca Chancosa (Ecuador); Thiago de Mello (Brasil); Juan Mari Bras (Puerto Rico); Hildebrando Pérez (Perú); Pascual Serrano (España); Fernando Rendón (Colombia); Víctor Víctor (República Dominicana); Luisa Vicioso (Rep. Dominicana); Cecilia Todd (Venezuela); Alex Cox (Reino Unido); Danny Rivera (Puerto Rico); Isaac Rosa (España); Jean Marie Binoche (Francia); Ramón Chao (España/Francia); Pablo Guayasamín (Ecuador); Andrés Sorel (España); Ariel Dorfman (Chile); Carlo Frabetti (Italia/España); Carlos Fazio (México); Manuel Cabieses (Chile); Carlos Fernández Liria (España); Cintio Vitier (Cuba); Héctor Díaz-Polanco (Rep. Dominicana/México); Javier Couso Permuy (España); Jaime Caycedo (Colombia); Fernando Martínez Heredia (Cuba); Isabel Parra (Chile); James Cockcroft (EEUU); Fina García Marruz (Cuba); Fernando Morais (Brasil); Juan Madrid (España); Pablo Marcano García (Puerto Rico); Graziella Pogolotti (Cuba); Piero Gleijeses (Italia/EEUU); Raúl Pérez Torres (Ecuador); Miguel Barnet (Cuba); Roberto Diaz Castillo (Guatemala); Nancy Morejón (Cuba); Salim Lamrani (Francia); Santiago Alba Rico (España); Saul Landau (EEUU); Stefania Mosca (Venezuela); Víctor Flores Olea (México); Wim Dierckxsens (Costa Rica); Wozniak (Polonia); Eric Nepomuceno (Brasil); Aldo Díaz Lacayo (Nicaragua); Alfredo Vera (Ecuador); Angel Augier (Cuba); Antonio Elías (Uruguay); Beverly Keene (Argentina/EEUU); Constantino Bértolo (España); Michel Collon (Bélgica); Juan Carlos Camaño (Argentina); César López (Cuba); Emir Sader (Brasil); Fernando Buen Abad Domínguez (México); Eduardo Torres-Cuevas (Cuba); Gennaro Carotenuto (Italia); Gilberto Maringoni (Brasil);Gloria la Riva (EEUU); Hernando Calvo Ospina (Colombia); Higinio Polo (España); Iván Padilla (Venezuela); Jaime Sarusky (Cuba); James Early (EEUU); Jorge Beinstein (Argentina); Jorge Sanjinés (Bolivia); José Steinsleger (Argentina/México); Julio César Monge (El Salvador); Lasse Söderberg (Suecia); José Hugo Moldiz Mercado (Bolivia); José Pertierra (Cuba/EEUU); Luciano Vasapollo (Italia); Luis Bilbao (Argentina); Manuel Talens (España); Marcos Roitman (Chile): Marlon Santi (Ecuador); Matías Bosch (Rep. Dominicana); Michele Mattelart (Francia); Montserrat Ponsa Tarres (España); Néstor Kohan (Argentina); Pablo Armando Fernández (Cuba); Roberto Montoya (Argentina/España); Sergio Trabucco (Chile); Medea Benjamín (EEUU); Reynaldo González (Cuba); Roberto Sánchez Ramos (España); Setsuko Ono (Japón/EEUU); Vicente Battista (Argentina); Vicente Rodríguez Nietzsche (Puerto Rico); Winston Orrillo Ledesma (Perú); Alberto Lecci (Argentina); Alejandro Moreano (Ecuador); Alessandra Riccio (Italia); Alicia Jrapko (EEUU); Ana Esther Ceceña (México); Angel Juarez Almendros (España); Antoine Chao (Francia); Ángeles Maestro (España); Antón Arrufat (Cuba); Aram Aharonian (Uruguay); Claudia Camba (Argentina); Carilda Oliver Labra (Cuba); Claudia Korol (Argentina); Daniel Lorenzi (Italia); David Acera (España); Faride Zeran (Chile); Diosdado Toledano (España); Félix Julio Alfonso López (Cuba); Francisco (Pancho) Villa (Chile); Irene Amador (Colombia); Francisco de Oraa (Cuba); Jane Franklin (EEUU); Humberto Arenal (Cuba); Juan Brom (México); Lisette Nicole Adoum (Suiza); Jorge Ibarra (Cuba); Luciano Alzaga (Argentina); Marilia Guimaraes (Brasil); José Ignacio López Vigil (Cuba); Manuel de la Rica (España); Maximilien Arvelaiz (Venezuela); Leonardo Acosta (Cuba); Miguel Mirra (Argentina); Milagros Rivera Rérez (Puerto Rico); Oscar-René Vargas (Nicaragua); Osvaldo León (Ecuador); Paulo Nakatani (Brasil); Pepe Viñoles (Uruguay); Red Ronnie (Italia); Rolando Rodríguez (Cuba); Sara Rosemberg (Argentina); Vicente Romano (España); Sergio Ortiz (Argentina); Yamandú Acosta (Uruguay); Antonio Cuesta (España); Antonio Gaztambide (Puerto Rico); Coriún Aharonian (Uruguay); Rosa Miriam Elizalde (Cuba); Daniel del Solar (EEUU); Ángel Guerra (Cuba); Edgar Páez (Venezuela); Eva Golinger (EEUU); Guillermo C. Cohen-DeGovia (México); Estrella Rey (Cuba); Hiram Guadalupe Pérez (Puerto Rico); Humberto Mata (Venezuela); Isabel Monal (Cuba); Jhonny Jiménez (Ecuador); Joseba Macías (País Vasco); Juan Carlos Monedero (España); Julio Pomar (México); René Vázquez Díaz (Cuba); Liliana Játiva (Ecuador); Daniel das Neves (Argentina); Luis Hernández Navarro (México); María del Carmen Barcia (Cuba); Mertxe Aizpurua (País Vasco); Andrés Gómez (Cuba/EEUU); Nayar López (México); Ramon Franquesa (España); Zoyla Lapique (Cuba); Margarita Zapata (México); Miguel Urbano (Portugal); Javier Corcuera (Perú); Alicia Hermida (España); Jaime Losada (España); Alejandro Torres (Puerto Rico); Juan Antonio Hormigón (España); Lidia Fagale (Argentina); Brian Becker (EEUU); Héctor Sosa (Argentina); Ana María Larrea (Ecuador); Ana Villareal (Argentina); Beatriz Chisleanschi (Argentina); Carlos A. Lozano Guillén (Colombia); Judith Rabinovich (Argentina); Sergio Arria (Venezuela); Elinor Cesín (Venezuela).

Aura Piña Rodríguez
Especialista en Gestión Cultural
Ministerio del Poder Popular para la Cultura
República Bolivariana de Venezuela
Celular +58.416-7416710
Oficina +58.212.5097754 / 53


Jean Louis Bertrand

Un site pour être informé de la situation internationale,
des ambitions de l'impérialisme (eh oui ça existe plus que jamais),
des résistances dans le monde (ça se développe!)
de l'action des communistes en France et dans le Monde (il y en a!)

http://pagesperso-orange.fr/polex/

14:57 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : courcelles, histoire, actualite, medias, bolivie, petitions, ameriquenromain, presse, appels, cuba, television, information, silence, usa, imperialisme, solidarite, cia, economie, socialisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |

29/01/2008

«L’espion qui aime Cuba»...

«L’espion qui aime Cuba»
L’ancien agent de la CIA, Philip Agee sera l'invité d’honneur de Che Presente

Des années durant, il a travaillé pour la CIA américaine. Philip Agee sera l’invité d’honneur de la fête annuelle Che Presente.

Bert De Belder
10-10-2007

« CIA », voilà sans doute l’un des sigles les plus universellement connus et détestés. Des dizaines de films et d’innombrables bouquins en tous genres décrivent soit les exploits, soit les méfaits du service secret américain. Mais rares sont ceux qui le dissèquent et le dénoncent de l’intérieur.

 

Philip Agee a tourné le dos à la CIA et aux Etats-Unis: « Nous appelons cela le monde libre, mais la seule liberté est celle des riches d'exploiter les pauvres.» (Photo archives)

- Cliquez sur la photo pour l'agrandir -


Philip Agee lui-même a travaillé durant des années pour la CIA, la Central Intelligence Agency. Entre 1960 et 1968, il a été case officer, l’agent qui assure le suivi des sources humaines secrètes de la CIA pour un pays donné. Il a travaillé en Équateur, en Uruguay et au Mexique. En 1975, il déballait le linge sale de la CIA dans son fameux ouvrage « Journal d’un agent secret. Dix ans dans la CIA ». Sur 598 pages, Agee explique comment la CIA fait de l’espionnage dans des dizaines de pays, infiltre et sape de l’intérieur des organisations sociales et politiques, influence les médias, commandite ou commet des assassinats et met sur pied des opérations paramilitaires. Agee vous familiarise avec les différentes sections de la CIA, il vous assène des centaines d’abréviations et de codes (des opérations secrètes, mais aussi de chaque agent de la CIA, comme ECSIGIL-1 ou ECFONE-3), il montre comment, dans la plupart des pays, les stations de la CIA sont tout simplement hébergées par l’ambassade des États-Unis et il révèle pas moins de 250 noms d’agents de la CIA à travers le monde.

Qu’est-ce qui a amené Philip Agee à tourner le dos à la CIA ? « J’ai commencé à réaliser que ce que faisait la CIA en Amérique latine n’était rien de plus que soutenir les structures traditionnelles du pouvoir, permettant à quelques familles de contrôler la richesse, les revenus et le pouvoir de l’État et de l’économie, alors que la majorité de la population en était exclue. Et le seul ciment qui assurait la mise en place de ce système, c’était la répression politique. J’ai décidé que je ne voulais plus y contribuer. »

Sa lettre de démission à l’ancien directeur de la CIA Richard Helms fut une véritable leçon d’éducation politique : « La classe dirigeante en Amérique latine ne renoncera jamais d’elle-même à son luxe et à ses privilèges. Nous appelons cela le ‘monde libre’, mais la seule liberté, dans ces circonstances, est celle des riches d’exploiter les pauvres. C’est une lutte des classes, et c’est aussi la raison pour laquelle les masses se sentent interpellées par le communisme. » Plus loin : « À Cuba, les gens bénéficient de l’enseignement, des soins de santé et d’une éducation à part entière dans le même temps que, sur le plan du logement, de grands progrès ont été réalisés. Il est clair que Cuba est le seul pays qui ait atteint les objectifs sociaux de l’Alliance pour le Progrès. » Ironique, non ? Car cette « Alliance » - un programme d’aide mis sur pied sous le président Kennedy juste après la victoire de la révolution cubaine – voulait justement empêcher, via des réformes, les pays latino-américains de suivre l’exemple cubain.

Tourner le dos à la CIA est une chose mais se mettre à table, c’est une tout autre paire de manches. Et Philip Agee s’en est bien rendu compte. Durant les années qui ont suivi la publication de son bouquin, l’homme n’a plus connu le moindre repos nulle part. George Bush père était à l’époque directeur de la CIA et il voulut mettre Agee derrière les barreaux, et plus encore. Sous la pression des USA, Agee fuit également expulsé de Grande-Bretagne, de France, des Pays-Bas, de l’Italie et de la RFA. C’est ainsi qu’il finit par atterrir à Cuba, où il passe aujourd’hui ses vieux jours – il a 72 ans – et gère l’agence de voyages Cubalinda contre le boycott américain de Cuba.

15:52 Écrit par Roger Romain, a/conseiller communal, B6180 Courcelles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usa, romain, cuba, cia, histoire, courcelles, imperialisme | |  Facebook | |  Imprimer | | |